mardi 3 février 2015

Anderlecht: la famille d’Amadou dénonce les «pressions de l’école»

Ann-Charlotte Bersipont Le Soir

Le procès-verbal dressé par la police après l’agression ne mentionne en aucun cas Charlie Hebdo. Selon la famille de la victime, l’Athénée aurait sommé l’élève de se taire.


• © Le Soir


 

Cet après-midi, Amadou – cet élève de l’Athénée Leonardo Da Vinci d’Anderlecht tabassé par une dizaine d’autres –, devait rencontrer la ministre de l’Education Joëlle Milquet. Pris de vertige, il n’a pas pu se rendre au rendez-vous. Son frère aîné Diallo l’y a remplacé. Ce dernier a maintenu la version d’Amadou, selon laquelle l’école aurait fait pression sur lui pour qu’il ne soit pas fait allusion à Charlie Hebdo.

Une version démentie par le préfet responsable de la zone d’Anderlecht, Alain Faure : «  Le procès-verbal dressé par la police juste après l’agression ne fait aucunement mention de Charlie Hebdo comme motif de discorde entre les deux jeunes, mais bien d’un match de boxe.  »

Alain Faure, qui est aussi chargé de dresser un rapport sur l’affaire, se dit «  surpris  » des propos tenus par le grand frère d’Amadou, d’autant qu’à ce stade, lui n’a eu aucun retour de la part de la victime.

Diallo a représenté son frère au cabinet de la ministre Milquet pour «  trouver des solutions  » : selon lui, «  son frère a peur de retourner à l’école et souhaiterait poursuivre sa scolarité dans un autre établissement  ». Diallo a confirmé la version selon laquelle la pétition contre le professeur d’histoire aurait été lancée par le professeur de religion islamique de l’école. Toujours par rapport à cette pétition, Alain Faure a quant à lui fait état d’un «  style littéraire surprenant  » pour des élèves de cet âge. Les deux professeurs seront entendus mercredi.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CA SE CORSE


Si le prof de religion islamique devait être l’agent pétitionnaire, Joëlle Milquet serait dans un très mauvais cas de figure.

En effet cela rendrait malheureusement inévitable un amalgame entre religion islamique et terrorisme islamiste. «  Diallo a confirmé la version selon laquelle la pétition contre le professeur d’histoire aurait été lancée par le professeur de religion islamique de l’école »

Exactement ce que le politique essaye à toute force d’éviter. 

Amadou et Dialo ne sont pas précisément des noms musulmans mais plutôt africains, donc vraisemblablement portés par des élèves chrétiens. « Selon Fatiha Ismaili, la préfète de l’école il n’y aurait pas de lien établi entre les bagarres et le débat sur Charlie Hebdo » Le préfet coordinateur a intérêt à mener son enquête avec soin si on veut éviter un clash majeur et une situation qui risque de devenir incontrôlable à Anderlecht et ailleurs. On imagine que cette affaire fait « le buzz » sur les réseaux sociaux.

MG

 

ANDERLECHT: SELON L’ÉCOLE, IL N’Y A PAS DE LIEN ENTRE L’AGRESSION ET CHARLIE HEBDO (VIDÉO)

Ann-Charlotte Bersipont et Pierre Bouillon Le Soir

Le préfet coordinateur s’est déplacé dans l’établissement ce mardi matin pour faire la lumière sur les faits. Il remettra son rapport, mercredi, à la ministre de l’Education.

 

Le préfet coordinateur connaît bien l’école puisqu’il en a été le préfet. Il devra établir les circonstances des faits graves relatés par Amadou.

Alain Faure rencontrera aussi Yacob Mahi, professeur de religion islamique dans l’école d’Anderlecht. Il est accusé par Amadou et par d’autres professeurs d’avoir influencé les élèves de la classe. On le soupçonne ainsi d’avoir inspiré la pétition réclamant la démission du professeur d’histoire. Si le fait était avéré, Alain Faure devrait ce mercredi recommander à la ministre d’engager une procédure disciplinaire à l’encontre de YacobMahi.

Selon Fatiha Ismaili, la préfète de l’école, que nous avons pu approcher ce matin, il n’y aurait pas de lien établi entre les bagarres et le débat sur Charlie Hebdo. C’est une hypothèse qu’Alain Faure lui-même n’exclut pas.

 

 

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