samedi 7 février 2015

François Hollande à propos de l’Ukraine: «Il y a un risque de guerre aux portes de l’Europe»

D’après AFP

La chancelière allemande s’est quant à elle prononcée contre une solution militaire.



• © Sergei KarpuRReuters - François Hollande lors de sa visite à Moscou ce vendredi.

La chancelière allemande Angela Merkel a fait savoir samedi qu’elle était opposée à la livraison d’armes occidentales à l’armée ukrainienne, alors que le président américain réfléchit à cette option,d’après son secrétaire d’Etat John Kerry.




© Michael Dalder, Reuters - Angela Merkel lors de la 51ème conférence sur la sécurité à Munich ce samedi.

« Je suis intimement convaincue que ce conflit ne peut être réglé militairement (.) Les progrès dont l’Ukraine a besoin ne peuvent être atteints avec plus d’armes », a-t-elle dit à la Conférence sur la sécurité de Munich, au lendemain de sa rencontre avec Vladimir Poutine et François Hollande à Moscou.

François Hollande n’était pas présent à Munich ce samedi mais s’est exprimé depuis Tulle, en Corèze, où il était en visite.

« Je pense que c’est une des dernières chances. (…)Si nous ne parvenons pas à trouver un accord durable de paix, nous connaissons parfaitement le scénario : il a un nom, il s’appelle la guerre »a-t-il déclaré.

« Je savais que ce serait difficile, je savais que c’était risqué mais je savais que c’était indispensable », a ajouté François Hollande. « Je suis donc dans le processus. Je ne veux pas donner de pronostic, je suis aujourd’hui dans la recherche, qui prendra encore quelques jours, pour aboutir à une conclusion ».

« La chancelière et moi-même, nous considérons qu’il y a un risque de guerre aux portes de l’Europe », a martelé le président français, rappelant qu’il y a « déjà de nombreuses victimes ».

Un échange téléphonique est prévu dimanche entre Vladimir Poutine, le président ukrainien Petro Porochenko, la chancelière allemande et François Hollande.

UKRAINE. UN FUTUR PLAN DE PAIX EST EN COURS DE "PRÉPARATION"

L’Obs

C'est ce qu'assure Moscou après cinq heures de négociations entre Angela Merkel, François Hollande et Vladimir Poutine pour mettre un terme à 10 mois d'un conflit qui a fait plus de 5.300 morts.




Angela Merkel, Vladimir Poutine et François Hollande, au Kremlin vendredi 6 février. (Maxim 

Des négociations "constructives" et "substantielles" entre Angela Merkel, François Hollande et Vladimir Poutine ont permis de trouver samedi 7 février un accord pour la "préparation" d'un futur plan de paix intégrant les propositions franco-allemandes et celles des présidents russe et ukrainien, a indiqué le porte-parole du Kremlin.

Au terme de près de cinq heures de négociations au Kremlin, le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a annoncé que le président français et la chancelière allemande avaient quitté le Kremlin et rentraient chez eux. Un entretien téléphonique entre les présidents russe, français, ukrainien et la chancelière allemande est prévu dimanche pour discuter du projet de plan de paix visant à mettre fin à dix mois de guerre.

"Un travail est conduit maintenant sur un document qui pourrait être commun sur la mise en oeuvre de l'accord de Minsk" signé le 20 septembre entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes prorusses, a précisé, de son côté, l'entourage de François Hollande.

Avant d'arriver à Moscou, le président français et la chancelière allemande s'étaient montrés prudents sur les chances de réussir à convaincre Vladimir Poutine d'accepter ce plan, dont le contenu n'a pas été dévoilé et qui a été défini dans l'urgence face à l'intensification des combats.

L'initiative de paix franco-allemande, soutenue par Washington, l'Union européenne et l'Otan, avait tout de la médiation de la dernière chance après dix mois d'un conflit qui a fait plus de 5.300 morts et a provoqué une crise internationale rappelant les crispations Est-Ouest de la Guerre froide.

 

"FAIRE VIVRE L'ACCORD DE MINSK" L’Obs

Avant de quitter Berlin, Angela Merkel avait énoncé son credo : trouver une solution ukrainienne pour défendre "la paix européenne".

"Nous nous engageons pour mettre fin au bain de sang et pour faire vivre l'accord de Minsk", le seul accord de paix pour l'instant signé par les Ukrainiens comme par les rebelles prorusses, a ajouté la chancelière, avant de tempérer les espoirs de ceux qui pensent que la paix est proche. "Nous ne savons pas si nous allons réussir à parvenir à un cessez-le-feu, si nous allons y parvenir aujourd'hui ou s'il faudra d'autres discussions", avait-t-elle insisté.

François Hollande avait observant la même prudence que la chancelière :

CHACUN EST CONSCIENT QUE LE PREMIER PAS DOIT ÊTRE LE CESSEZ-LE-FEU MAIS QU'IL NE PEUT PAS SUFFIRE ET QU'IL FAUT ALLER CHERCHER UN RÈGLEMENT GLOBAL."

"On ne peut pas préjuger du résultat", avait-t-il ajouté.

La veille au soir, les deux dirigeants européens avaient exposé leur plan au président ukrainien Petro Porochenko.

La présidence ukrainienne a indiqué dans la nuit, après plusieurs heures de négociations, que l'initiative franco-allemande "laisse espérer un cessez-le-feu" alors qu'environ 220 personnes, en majorité des civils, ont péri dans les bombardements et les combats pendant les seules trois dernières semaines. (…)

OBAMA RÉSERVE SA RÉPONSE SUR LES ARMES

Parallèlement à l'initiative franco-allemande, les Etats-Unis continuaient de réfléchir à la possibilité de livrer des armes à l'armée ukrainienne, qui accumule les revers dans les régions séparatistes de Donetsk et de Lougansk.

Mais en visite jeudi à Kiev, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a douché les espoirs du gouvernement ukrainien quant à une annonce immédiate sur la livraison d'armes à l'Ukraine en disant que Washington privilégiait "une solution diplomatique".

Barack Obama "passe en revue toutes les options dont celle de la livraison d'armes défensives" et prendra sa décision "prochainement", a ajouté John Kerry, afin notamment de laisser une chance au plan de paix des Européens.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

C’EST VERHOFSTADT QUI FAIT LA BONNE ANALYSE

Il y a longtemps qu’on n’avait plus entendu sa voix.

L’Ukraine, dit-il, ne saurait redevenir un satellite de Moscou, comme le voudrait Poutine, ni un Etat tampon non aligné entre l’Est et l’Ouest, ce qu’aimerait Merkel mais plutôt un Etat qui détermine lui-même son destin démocratiquement.

Pas question donc d’offrir à Poutine Kiev sur un plateau d’argent.

Sous le règne du président pro russe Viktor Janoekovitsj (2010-2014) l’Ukraine était en train de devenir exactement cela. Les manifestants de la place Maidanrêvaient d’un Ukraine démocratique débarrassé de la corruption. La propagande de Moscou crut y voir un attentat fasciste. Les manifestants réussirent à chasser Janoekovitj et en  octobre 2014, la droite extrême perdit 31 sièges  sur 37 en faveur du parti centriste pro Europe. Et c’est cette formidable victoire que Poutine tente de briser aujourd’hui par les armes.

Hollande et Merkel se sont rendus à Moscou (comme autrefois Chamberlain et Dalladier à Berlin) pour implorer Poutine de faire de l’Ukraine une zone tampon dont il retirerait ses troupes russes pour autant que Kiev demeure neutre, c’est à dire renonce à rejoindre l’Otan ou l’Europe et aussi à négocier des accords avec Moscou.

Selon notre ancien premier ministre libéral, ceci réduirait l’Ukraine au statut d’instrument entre les blocs. Une solution précaire donc car nous autres Belges savons ce que valent les traités de neutralité depuis l’envahissement du royaume neutre par la puissante et peu scrupuleuse Allemagne de Guillaume II . 

Tout ceci équivaut à dire aux Ukrainiens de « cessez de rêver à la démocratie, à l’égalité des chances, à un partage équitable du gâteau nommé bien-être. Contentez-vous d’être un port de passage pour machines lourdes allemandes et gaz russe. 
Les positions de Poutine et du duo Merkel-Hollande sont inconciliables.

En cas d’échec de ces négociations, l’Europe et les Etats Unis seraient placés dans l’obligation morale de fournir de l’armement lourd au Ukrainiens. Donc, en conclusion, selon Verhofstadt nous sommes responsables de l’Ukraine. Si la démarche diplomatique devait échouer, ce serait donner les mains libres à Poutine en faisant fi de notre ordre juridique international et en bafouant le droit des Ukrainiens de disposer d’eux-mêmes. 

Surtout ce serait un coup terrible, un de plus, porté à la réputation déjà chancelante de l’Europe qui se gargarise de « démocratie » et de « droits des hommes » par rapport à une Amérique agressive et une Chine brutale ?

« Het is dus meer dan tijd voor dadenOekraïne ligt op het Europese continent, aan ons om er mee voor te zorgen dat het geen buffer of satelliet wordtwel eennormaal land waar een mens zijn kinderen wil zien opgroeien. 

MG


OEKRAÏNE IS BUFFER NOCH SATELLIET, EN IS ONZE VERANTWOORDELIJKHEID

Guy Verhofstadt is fractieleider van de Alliantie van Liberalen enDemocraten voor Europa (ALDE).De Morgen

 



Internationale politiek is doorgaans een ondoorzichtig kluwen van economischebelangen, militaire strategie en politieke symboliek. The Grand Chessboardnoemde een voormalig adviseur van Carter en Clinton het. Maar voor elke regel een uitzondering: de kristalheldere inzet van het overleg dat Angela Merkel en François Hollande naar Moskou brengtDie inzet is: Poetin stoppen en hem zijntroepen doen terugtrekken.

We kunnen de Russische president niet geven wat hij wilen dat is van Oekraïneopnieuw een satellietstaat van moedertje Rusland makenOnder Viktor Janoekovitsj (2010-2014) was dit plan al aardig op de goede wegOekraïnekende onder zijn bewind 'kapitalisme voor vrienden'. De demonstranten op Maidan wilden dan ook een democratisch Oekraïnekomaf maken met de allesverziekende corruptie. De Russische propaganda leek uit de Sovjettijd tekomenZe probeerde het volksprotest weg te zetten als een fascistisch complot. Uiteindelijk slaagden de demonstranten erin Janoekovitsj te doen vertrekkenBijde verkiezingen van oktober 2014 verloor extreem rechts 31 van zijn 37 zetelsten voordele van het pro-Europese centrum. Het is deze fantastische vooruitgangdie Poetin manu militari wil tenietdoen.

Een veelgehoord scenario is dat Hollande en Merkel van Oekraïne eenbufferstaat willen maken in de hoop dat dit voor Poetin voldoende is om zijntroepen terug te trekkenIn dit plan zou Oekraïne verplicht neutraal moetenblijven. Geen toetreding tot de Europese Unie en de NAVO, maar ook geenallianties of bijzondere verdragen met Rusland. Hoe redelijk dit aanbod ook mag lijken, het kan alleen een oplossing op korte termijn zijn om het geweld in Oekraïne te stoppen.

'BUFFERSTAAT' MAG DAN ONSCHULDIGER KLINKEN DAN 'SATELLIETSTAAT', HET HOUDT EVENZEER IN DAT EEN LAND EN ZIJN BEVOLKING WORDEN HERLEID TOT EEN INSTRUMENT VAN TWEE MACHTSBLOKKEN

Guy Verhofstadt

Ten eerste omdat dergelijke vormen van opgelegde neutraliteit zelden of nooitstandhouden. Als Belgen weten we maar al te goed hoe het ons is vergaantijdens de Eerste WereldoorlogHet is daarnaast vanuit principieel oogpunt geengoed idee'Bufferstaat' mag dan onschuldiger klinken dan 'satellietstaat', het houdt evenzeer in dat een land en zijn bevolking worden herleid tot eeninstrument van twee machtsblokken. Het is als zeggen: stop maar met dromenover democratiegelijke kansen en een eerlijke verdeling van welvaartjulliezijn nu een vacuüm dat geopolitieke schokken moet opvangenIn het bestegevaleen doorvoerhaven van Russisch gas en Duitse machines.

De Oekraïners zijn ook in 2004 op straat gekomen voor vrijheid en democratie.Na deze kortstondige Oranje Revolutie kregen ze opnieuw een oligarchischregime. Dat heeft hun moraal echter niet gebroken, want bijna tien jaar later zijnze met nog grotere vastberadenheid dezelfde strijd aangegaandie om vrij enongedwongen hun lotsbestemming te kunnen bepalenDat perspectief ontnemenwe hen door hun land te reduceren tot bufferstaat.

De posities van Merkel en Hollande enerzijds en Poetin anderzijds liggenmijlenver uit elkaarIndien de onderhandelingen in Moskou falenplaatst dit Europa en de VS voor een duidelijke beslissing om Oekraïne te helpen zichzelfte verdedigenOnder meer door het land te voorzien van inlichtingensatellietbeelden en cyberverdediging.

Oekraïne is onze verantwoordelijkheid. In de eerste plaats omdat onzeeconomieën voor tientallen miljarden aan export en investeringen met elkaarzijn verbonden. Maar veel belangrijkerals we falen en Poetin vrij spel gevenbetekent dit dat we verzaken aan onze internationale rechtsorde en het principeoverboord gooien dat elk land het recht op zelfbeschikking heeftEuropa heeftzo vaak de mond vol van democratie en mensenrechtenen we voelen onsstiekem beter dan het 'agressieve' Amerika en het 'onderdrukkende' China. Het is dus meer dan tijd voor dadenOekraïne ligt op het Europese continent, aan onsom er mee voor te zorgen dat het geen buffer of satelliet wordtwel een normaalland waar een mens zijn kinderen wil zien opgroeien.

 

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