lundi 2 février 2015

Le PS avait promis l’enfer à Michel. Le CD&V s’en charge

Béatrice Delvaux éditorialiste en chef 

CD&V et PS se renvoient toujours la balle sur « qui a laissé tomber l’autre » dans la foulée des élections, mais une chose est certaine, ils doivent s’en mordre les doigts : le PS n’est pas bien du tout dans l’opposition (il s’écrase dans notre sondage), et le CD&V n’est pas bien du tout au gouvernement (militaires, taxshift, etc.).

Alors, on efface tout et on recommence ? Le CD&V provoque la crise, le gouvernement tombe et on reprend de la tripartite ? Ouh ! Pas si simple. Le climat soudain sécuritaire conforte la puissance de la N-VA. Mais c’est tout autant la faiblesse des socialistes qui empêche les sociaux-chrétiens flamands de miser sur une « alternative », comme ils disent. L’incapacité actuelle d’Elio Di Rupo à tirer profit de l’opposition au gouvernement n’en finit plus d’étonner au CD&V. Ils ne sont pas les seuls : certains socialistes commencent à s’interroger en coulisses sur la stratégie menée tant sur le fond que sur la forme par leur président.

Avec un PS qui plonge et un MR qui n’est absolument pas puni par son entrée dans un gouvernement avec la N-VA, on aurait pu penser que la principale menace qui planait sur Charles Michel était écartée. La grande surprise est donc qu’il n’en est rien, car le plus grand danger n’est pas venu de ceux – le PS – qui promettaient l’enfer au Premier ministre et à son parti, mais de ceux – les Flamands – qui voulaient les emmener au paradis.

La paix sociale ne semble rien y faire : contrairement à la tripartite où les six partis ont travaillé au succès d’une équipe disparate, le gouvernement Michel est miné par une bagarre entre partis du même bord idéologique qui se torpillent. Le CD&V semble ainsi soudain abhorrer le compagnonnage de la N-VA : certains de ses ministres seraient des hardliners dangereux, la N-VA instrumentalise la sécurité, n’en a que faire du social et reste obsessionnelle sur son objectif d’indépendance, De Wever force la main du kern en le mettant devant le fait accompli de ses injonctions, etc. On se pince : on croirait entendre un discours francophone.

C’est un vrai retournement de situation : le débat droite/gauche dont la N-VA avait voulu faire une ligne de fracture (et donc de séparation) Flandre/Wallonie est devenu intra flamand. Et l’accord social intervenu vendredi ne semble pas solidifier les rangs des partis du nord, au gouvernement.

CD&V et ACV tiennent tête à De Wever, dans un combat jusqu’au boutiste sur les dossiers « de gauche », car le parti de Wouter Beke a le sentiment de jouer sa survie d’ici 2019. Charles Michel peut-il faire le poids dans l’arbitrage de ce duel entre deux partis qui ont fait de son gouvernement un champ de bataille électoral ? Les semaines à venir seront extrêmement intéressantes.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE TRIOMPHE DE L’IMPREVISIBLE


Le grand perdant de ce sondage est incontestablement le président du PS dont la ligne politique actuelle ne semble guère faire l’unanimité chez les sondés. Elios’en consolera grâce au succès médiatique considérable de son projet Mons capitale de la culture qui semble faire un tabac grâce à un matraquage médiatique impressionnant.

L’analyse de Béatrice Delvaux est, comme toujours, d’une précision chirurgicale indépassable.

Fort de son joli score personnel, Chris Peeters pourrait être tenté de tirer la prise au fédéral en vue de reconduire la tripartite avec le PS, tout en demeurant dans le gouvernement flamand auprès de la N-VA.

Tout est possible avec un CD&V qui doute de lui et subit de terribles pressions de la part de la puissante ACW (le pendant flamand de la CSC). « Uit de regering stappen betekent electorale zelfmoorderin blijvenals die gewantrouwde en zelfs uitgesloten partner dreigt een kruisweg te worden

Le CD&V est confronté à un dilemme insupportable : le suicide politique ou le chemin de croix. En sa qualité de parti chrétien démocrate il y a fort à parier qu’il optera pour le Golgotha.

MG

 


HIT-PARADE DES PERSONNALITÉS: MAGGIE DE BLOCK DÉTRÔNE DI RUPO

BELGA  La Libre

CHARLES MICHEL ENREGISTRE AUSSI UNE BELLE PROGRESSION. 

La ministre fédérale de la Santé publique, Maggie De Block (Open Vld), depuis longtemps la personnalité préférée des Flamands, domine désormais aussi les classements de popularité en Wallonie et à Bruxelles, où elle entre d'emblée à la première place. Elle détrône l'ancien Premier ministre, Elio Di Rupo, d'après un sondage Ipsos réalisé fin janvier pour Le Soir, RTL-TVi, VTM et Het LaatsteNieuws. Avec 61% d'opinions favorables dans les deux régions majoritairement francophones, Maggie De Block fait une entrée fracassante dans le hit-parade des personnalités. Elle relègue Elio Di Rupo à la deuxième place en Wallonie (48% d'opinions favorables, -12 points par rapport au précédent sondage en mai 2014), et à la troisième place à Bruxelles (46% d'opinions favorables, -16 points).

Charles Michel profite de son statut de Premier ministre et enregistre de fortes progressions: +9 points en Wallonie, où il ne reste toutefois qu'en septième position, et +7 points à Bruxelles, où il se place quatrième.

Le classement francophone est par ailleurs marqué par l'arrivée d'une flopée de nouveaux ministres fédéraux ou régionaux dans le top 25.

En Flandre, Maggie De Block et Kris Peeters restent indéboulonnables à la première (69%) et deuxième place (63%). Ils sont talonnés par Charles Michel, qui se paie le luxe de dépasser Bart De Wever pour son entrée dans le classement (61%). Le président de la N-VA perd six points, à 59% d'opinions favorables et atterrit à la quatrième place. Le ministre N-VA de l'Intérieur Jan Jambon progresse par contre solidement (+14 points à 47%) et se place en sixième position. Quant au secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, il fait son entrée dans le classement à la 14e place, avec 30% d'opinions favorables.

Elio Di Rupo perd quant à lui 18 points de popularité en Flandre, où il se retrouve à la 22e position.

Le sondage a été réalisé du 23 au 28 janvier auprès de 2.642 répondants. La marge d'erreur oscille entre 3% et 4,1%.


CD&V MOET ZICH ZORGEN MAKEN

Bart Eeckhout is politiek journalist voor De Morgen.


©Wouter Van Vooren

UIT DE REGERING STAPPEN BETEKENT ELECTORALE ZELFMOORD; ERIN BLIJVEN, ALS DIE GEWANTROUWDE EN ZELFS UITGESLOTEN PARTNER DREIGT EEN KRUISWEG TE WORDEN

Bart Eeckhout

(…)Zeker, CD&V moet zich zorgen maken. CD&V gaat een eenzameregeerperiode tegemoetals outcast in het centrum. In een regering met (rechtse) partners die toch besloten lijken te hebben om er nog wat van te makenzal ersteeds minder geduld zijn voor die ene coalitiegenoot die telkens weer met de voeten sleept
Het grootste probleem is dat de christendemocraten vastzitten in hun isolementUit de regering stappen betekent electorale zelfmoorderin blijvenals die gewantrouwde en zelfs uitgesloten partner dreigt een kruisweg te wordenZonder verrijzenis op het einde. De kiezer beloont dergelijk defensiefregeringswerk immers meestal niet. Kris Peeters weet dat.

 

 

 

 

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