lundi 2 février 2015

"Plus les jeunes sont intégrés, plus ils risquent de se radicaliser"

Céline Bouckaert

Le Vif Source : De-Standaard

Connue en Belgique depuis la parution en 2001 de son rapport très controversé sur la criminalité des "jeunes allochtones en Belgique", ainsi que son aide à Bart De Wever dans la lutte contre le radicalisme, la criminologue néerlandaise Marion van San estime que de nombreux jeunes radicalisés sont issus de la classe moyenne et même de milieux aisés.


Opération antiterroriste à Verviers © BELGA

Dans une opinion publiée dans le quotidien De Standaard, la chercheuse contredit l'hypothèse que les jeunes Européens qui rejoignent la Syrie sont victimes d'une société qui ne les accepte pas et ne leur offre pas d'opportunités.

"Ces dernières années, on a beaucoup étudié le radicalisme et l'extrémisme partout dans le monde et ces études démontrent que les jeunes qui se radicalisent sont souvent issus de la classe moyenne. Il y a également des exemples de jeunes hommes et femmes de classes aisées. Pensez par exemple aux terroristes du 11 septembre, dont la plupart provenaient de familles en vue" écrit Marion Van San, qui a étudié environ 90 familles de jeunes partis combattre en Syrie.

Selon Van San, les enfants et petits-enfants d'immigrés qui ont grandi en Belgique font tout pour s'intégrer et être acceptés socialement. Par conséquent, ils auraient des attentes sociales plus élevées que les autres. "Ils sont plus souvent sensibles à l'exclusion et à la discrimination (supposée). En cas d'expérience négative, ils peuvent se détourner de la société et chercher leur salut dans une identité de groupe déviante".

D'après elle, le comportement "occidental" de ces jeunes, les sorties et la consommation d'alcool et de drogues douces, adopté avant leur radicalisation prouve que celle-ci n'est pas due à une intégration ratée.

Si elle ne plaide pas pour l'abolition de mesures destinées à lutter contre la pauvreté et la discrimination sur le marché de l'emploi, la criminologue affirme qu'il ne s'agit pas de la bonne méthode pour combattre le radicalisme et l'extrémisme. Pour elle, il vaut mieux analyser en profondeur les jeunes concernés et les familles dont ils sont issus. "Tout le reste ne sert à rien" conclut-elle.



‘HOE BETER JONGEREN GEÏNTEGREERD ZIJN, DES TE MAKKELIJKER RADICALISEREN 

De Standaard


De Nederlandse onderzoekster Marion van San. Foto: Photo News

De Nederlandse onderzoekster Marion van San verschijnt vandaag voor de commissie Radicalisering in het Vlaams Parlement om haar visie op de Syrië-strijders te geven. In een opiniestuk in De Standaard zet ze zich aftegen de stelling dat jongeren die naar Syrië trekken vooral het slachtofferzijn van een samenleving die hen niet accepteert.

Ook de Belgische gezinnen waaruit jongeren vertrokken zijnzijn niet allemaalafkomstig uit de lagere klasse’, zegt Van San in het opiniestuk. ‘De jongeren die vertrokken zijnzijn niet allemaal laaggeschoolden en gefrustreerden en voor de discriminatie waarvan zij het slachtoffer geweest zouden zijnis op casusniveaumeestal weinig empirisch bewijs te vinden.’

UITSLUITING

Van San doet al enkele jaren beschrijvend onderzoek bij families van jongerendie naar Syrië zijn afgereisdwaardoor ze nauwe contacten heeft met zowatnegentig betrokken gezinnen. Het gaat om heel diverse, vaak harmonieuslevende familiesUit de contacten blijkt dikwijls de onmacht van de ouders om de radicalisering van hun kind terug te draaien.

Van San voelt meer voor de stelling dat ‘hoe beter jongeren geïntegreerd zijn, hoe groter de kans is dat zij radicaliseren’. De kinderen en kleinkinderen van immigranten zijn hier geboren en opgegroeiden willen geaccepteerd worden.‘Het gevolg daarvan is dat zij hogere maatschappelijke verwachtingen hebbendan anderen en vaak gevoeliger zijn voor uitsluiting en (vermeendediscriminatie’, schrijft Van San.

WESTERS GEORIËNTEERD

Ze vindt bewijs voor die stelling in het feit dat geradicaliseerde jongeren voorhun radicalisering vaak erg ‘westers georiënteerd’ zijnuitgaan, alcohol of drugs gebruikenen zich later hebben bekeerd’. In veel gevallen hebben ze hun school afgerond en is hun vriendenkring etnisch gemengd.

Tot slot waarschuwt ze om met ‘schijnoplossingen’ het probleem van radicaliserende jongeren te bestrijden. ‘Dit is geen pleidooi om te morrelen aande fundamenten van het armoedebeleid of geen werk meer te maken van de al veelvuldig aangetoonde discriminatie op de arbeidsmarktMaar men moet niet de illusie koesteren dat die maatregelen radicalisme en extremisme zullentegengaan.’

 

 ARMOEDEBESTRIJDING VOLSTAAT NIET OM EXTREMISME TEGEN TE GAAN

Hoe beter geïntegreerd, hoe meer kans op radicalisering

Jongeren die vanuit ons land gaan vechten in Syriëzijn niet allemaallaaggeschoolden of gefrustreerdenzegt Marion van San. Heel wat jongeren die radicaliserenkomen uit de middenklassezelfs uit de hogere klasse. Pas als we dat begrijpenkunnen we radicalisme ook aanpakken.

RADICALISERING DREIGT VOORAL BIJ GEÏNTEGREERDE JONGEREN’

‘Men moet niet de illusie koesteren dat men radicalisme en extremisme kantegengaan door jeugdwerkloosheid of discriminatie te bestrijden’, vindt de Nederlandse onderzoekster Marion van San.



NIET MINIMALISEREN? 

Intussen werden Belkacem en co. met veel uiterlijk vertoon in de boeiengeslagen. Van San ergert zich aan die steekvlampolitiek die wellicht moetverdoezelen dat justitie en politiek jarenlang niks hebben gedaanVolgens haarheeft men nog altijd geen zicht op de achtergrond van die jongeren. “Hoe geraken die jongeren geradicaliseerdWat is hun thuissituatieWaar komen zein die oorlog terecht en wat voor opleiding krijgen ze ginder?” We weten het niet. “Is het een kleine groepDat zou ik op dit moment niet durven beweren.Dat zei men destijds ook van de Marokkaanse jongens die op het verkeerde pad terechtkwamenen vervolgens bleek dat de helft van de Marokkanen tussen 18 en 23 jaar in Rotterdam al eens in contact gekomen is met de politie voor één of meerdere misdrijven…” Zou de situatie in Brussel, Antwerpen of Mechelenminder dramatisch zijn? De vraag stellen is ze beantwoorden. Maar exactecijfers zijn er nietomdat ‘etnische registratie’ in België verboden is. Maar hoe kan je een probleem aanpakkenals de juiste gegevens ontbreken of gewoontaboe zijnDat geldt niet alleen voor de meervoudige handtasdief, maar ookvoor jihadisten of ‘martelaars’ 


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TABOU?

Il est grand temps d’y voir clair. Il est bien certain qu’à défaut d’apporter des réponses scientifiquement fondées, madame Van San pose de bonnes questions même si celles –ci sont extrêmement embarrassantes. « Selon elle, les enfants et petits-enfants d'immigrés qui ont grandi en Belgique font tout pour s'intégrer et être acceptés socialement. Ils auraient des attentes sociales plus élevées que les autres. Ils sont plus souvent sensibles à l'exclusion et à la discrimination). En cas d'expérience négative, ils peuvent se détourner de la société et chercher leur salut dans une identité de groupe déviante". “De moslimgemeenschap is als één lichaamZelfs moslims die hier geboren zijnvoelen meer verwantschap met hun broeders en zusters in Syrië dan met (autochtone) leeftijdsgenoten met wieze zijn opgegroeid.” (Van San)

S’il devait s’avérer que beaucoup de jeunes radicalisés sont issus de la classe la mieux intégrée, toute la théorie de la victimisation et de la marginalisation sociale par l’école et la société est à revoir. 

Vraiment ? Il se pourrait bien au contraire que  la responsabilité de notre enseignement dans la radicalisation de ces jeunes soit d’autant plus grande.

 

Si madame Van San a le droit à l’erreur en revanche les politiques qui font appel à ses services ne l’ont absolument pas. "La Belgique est la championne de l'hypocrisie en matière de criminalité des allochtones", déclare-t-elle au magazine Elsevier Il y a fort à parier que sa venue aujourd’hui en commission au parlement flamand va faire polémique et que l’opposition socialiste ne manquera pas de sortir son artillerie lourde contre Bart De Wever qui chouchoute la dame. Signalons, pour l’anecdote, que le site internet du Vlaams Belang ne tarit pas d’éloge à son endroit. Lourde ambiance en perspective surtout après la publication du sondage de popularité de nos élus.

MG

 

 

LA CRIMINOLOGUE QUI CHUCHOTE À L'OREILLE DE LA DROITE FLAMANDE

Le-Vif

Bart De Wever a fait appel à Marion Van San pour élaborer sa lutte contre le radicalisme. Spécialité de cette Hollandaise : des recherches "sans tabou" sur la délinquance des allochtones. Une "raciste scientifique" pour certains, une "mercenaire" pour d'autres.


"Madame, votre travail ne nous apprend rien. Et au fond c'est un soulagement." En 2001, les députés Vincent Decroly (Ecolo) et Pieter De Crem (CD&V) tombent à bras raccourcis sur la criminologue hollandaise Marion Van San. La scène se passe en Commission de la Justice : quinze députés de tous bords scalpent méticuleusement la criminologue. En cause, son rapport sur la criminalité des "jeunes allochtones en Belgique", commandité par le ministre de la Justice d'alors, Marc Verwilghen (VLD).

Manque de rigueur scientifique, soupçon d'orientation idéologique : les reproches pleuvent. "Si j'ai deux Turcs dans mon village et que l'un d'eux commet un délit, dois-je en conclure comme vous que 50 % des Turcs sont des criminels ?", entend-on. 

Amère, Marion Van San retourne aux Pays-Bas, où elle explore inlassablement la délinquance des minorités en menant des enquêtes de terrain qui recueillent un certain succès médiatique. Dans la presse hollandaise, elle raconte son expérience belge : "La Belgique est la championne de l'hypocrisie en matière de criminalité des allochtones", déclare-t-elle au magazine Elsevier. Son nom réapparaît en 2007 à la faveur d'une étude réalisée avec deux collègues de l'Université de Rotterdam pour le compte du ministre flamand Marino Keulen(Intégration) et du ministre fédéral Patrick Dewael (Intérieur). Encore deux VLD. Son sujet : la situation des étrangers en séjour illégal, ainsi que le lien entre clandestinité et criminalité. 

L'annonce de cette étude provoque à nouveau l'émoi. La Crer (Coordination pour la régularisation) dit craindre le "racisme scientifique" de Marion Van San. Du côté du monde académique, c'est la stupéfaction. Quatre universités travaillent depuis plus d'un an sur le même sujet... à la demande de l'administration fédérale. Pourquoi cette enquête parallèle ? 

En 2008, le rapport de Van San & co sort dans une discrétion médiatique remarquable. Ses auteurs avertissent le lecteur que leur recherche n'offre "aucune garantie de représentativité" (une vraie curiosité de la part d'une étude universitaire), mais n'en concluent pas moins que les étrangers en situation illégale ont une criminalité deux fois plus élevée que les étrangers régularisés. Marion Van San conseille aux autorités belges "d'ouvrir les métiers en pénurie aux migrants extra-européens puis de renvoyer ceux-ci dans leur pays une fois le travail fini". Est-elle encore dans son rôle de criminologue ? Ses propos n'offusquent plus personne, en tout cas. Pas de doute, le pays est sorti de "l'hypocrisie" qu'elle dénonçait six ans plus tôt. 

Voilà Marion Van San désormais en mesure d'afficher un profil "respectable" pour le monde politique : des recherches disons décomplexées sur des sujets sensibles, une capacité à éviter la polémique, une légitimité universitaire. De plus elle n'est pas belge, elle est donc valorisable comme "experte internationale". Pour un élu de droite, elle est l'arme parfaite. 

Des qualités qui n'ont pas pu échapper à Bart De Wever quand il l'a recrutée comme experte dans son "sommet radicalisme". La thèse du bourgmestre d'Anvers est connue : "Il faut arrêter de penser que le radicalisme s'enracine uniquement dans la discrimination et le fait d'être défavorisé." Il lui reste à trouver une caution scientifique. Ce n'est pas en Belgique qu'il va la trouver. D'où Marion Van San ? Son porte-parole, Philippe Beinaerts, s'en défend : "Vous relayez des accusations contre une experte pour donner une image fausse de Bart De Wever. On a invité Marion Van San en raison de sa grande expérience et de ses compétences, point." 

"Elle n'est absolument pas reconnue comme experte internationale du radicalisme, rétorque Marco Martiniello (Ulg). Je range Marion Van San dans la catégorie des consultants, et non des chercheurs scientifiques : ceux-là ont pour mission de démontrer des résultats convenus avant l'étude. Or je ne croirai jamais que Bart De Wever n'a pas d'agenda caché en s'emparant de cette problématique. Je ne suis donc pas surpris de retrouver Marion Van San auprès de lui : elle travaille souvent pour des élus de droite." 

Marion Van San, elle, très évasive sur sa collaboration avec Bart De Wever, nous précise qu'elle mène depuis quatre ans une étude sur le radicalisme pour le compte du Coordinateur National de la Lutte contre le Terrorisme à La Haye et de l'Institut pour les questions multiculturelles à Utrecht. "Heureusement ils savent que je suis une scientifique intègre qui connaît son sujet." 

Le monde scientifique suivra très attentivement l'expérience anversoise. 

Diederick Legrain

 

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