vendredi 6 février 2015

"Une ligne de rupture politique se dessine autour de l'islam"

Walter Pauli

Le Vif :Source : Knack

Une nouvelle lutte s'est emparée de la rue de la Loi : celle du souvenir de la Seconde Guerre mondiale.


Bart De Wever © BELGA

Le PS a été le premier parti à se servir de références aux camps de concentration. La présidente du PS bruxellois, Laurette Onkelinx, n'a eu qu'à regarder Theo Francken pour entendre résonner le bruit des bottes. Et la semaine dernière, le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a comparé la déchéance de la nationalité des djihadistes belges en Syrie aux lois nazies contre les juifs.

LES ANNÉES 30 ET 40 COMME ARGUMENT POLITIQUE

La N-VA a mal pris les tentatives francophones d'établir un rapport entre le Mouvement flamand d'aujourd'hui et la collaboration flamande de l'époque. Même quand le roi Albert II a évoqué les "années trente" dans un discours de Noël il y a quelques années, Bart De Wever l'a pris pour son parti et a accusé le souverain d'abuser de l'histoire.

Par conséquent, il est remarquable que la N-VA utilise les années trente et quarante comme argument politique. Bart De Wever a qualifié l'extrémisme musulman du "pire fléau de l'humanité depuis Hitler". Là aussi, il tire des conclusions trop rapides. Depuis la Seconde Guerre mondiale, la variante asiatique du communisme a plus de morts sur la conscience que le fondamentalisme musulman : la révolution culturelle de Mao et les killing fieldsdes Khmers rouges sont imprégnés du sang de millions de victimes. Le nationalisme exacerbé s'est également avéré un fléau pire que le fondamentalisme musulman. Les guerres d'indépendance ou de sécession en Indonésie, au Biafra, au Sri Lanka, en Érythrée eu au Soudan ou plus près de nous, celui de la violence irlandaise ou basque, les guerres en ex-Yougoslavie et les combats dans l'est de l'Ukraine d'aujourd'hui : ces drames ont exigé plus de vies humaines que tous les attentats et décapitations de l'État islamique et de Boko Haram réunis.

INSPIRÉS PAR LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Aussi discutables que soient les références historiques à la Seconde Guerre mondiale, d'autres membres de la N-VA s'en sont inspiré ces derniers temps. La semaine dernière, son porte-parole Joachim Pohlmann expliquait au quotidien De Morgen que la lutte contre le fondamentalisme musulman était intrinsèquement la même que la guerre menée par Winston Churchill contre les nazis : "Pour Churchill, il était impossible de faire la paix avec une idéologie totalitaire. (...) Churchill était prêt à en porter les conséquences. (...) Aujourd'hui, nous sommes à nouveau confrontés à une idéologie totalitaire. Les circonstances sont différentes, mais les principes sont toujours d'application".

On sous-estime l'homme politique qu'est Bart De Wever si l'on imagine que le président de la N-VA se préoccupe uniquement de l'éducation historique. Il utilise la Seconde Guerre mondiale pour construire l'image de l'ennemi : l'islamisme, l'islam (trop) radical. Les partis et les mouvements anti-islamiques ont le vent en poupe, qu'il s'agisse du Front National de Marine Le Pen, du PVV de Geert Wilders ou de Pegida en Allemagne. En Belgique, l'anti-islamisme est pour l'instant le business principal d'un parti : le Vlaams Belang de Filip Dewinter. Ce dernier n'a pas attendu l'attentat contre Charlie Hebdo pour modifier le cap de son parti : autrefois c'était le VB contre les allochtones, maintenant, c'est contre l'islam. Dewinter se frotte les mains : la peur ou même l'aversion de l'islam progresse indéniablement parmi ses compatriotes.

NOUVELLE LIGNE DE RUPTURE POLITIQUE

Une nouvelle rupture politique se dessine autour de l'islam.

Ce public est plus large que ce qu'on pourrait supposer. Selon le sociologue de la VUB Mark Elchardus, le sp.a pourrait fortement progresser s'il était prêt à combiner un discours radical social de gauche avec une attitude aussi décidée envers l'islam. En jargon sociologique, cela signifie que beaucoup d'électeurs socialistes traditionnels reviendraient vers un parti qui adopterait un point de vue classique de gauche combiné à une prise de position d'une nouvelle droite.

Ce que Dewinter prêche, ce que De Wever suggère et ce qu'Elchardus écrit, indique qu'une nouvelle ligne de rupture se dessine autour de l'islam. Les références à la Seconde Guerre mondiale n'ont rien à voir avec le passé, mais avec le présent. Elles constituent un nouvel élément dans la lutte pour l'électeur flamand.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« HIER LE NAZISME ET LE STALINISME, AUJOURD'HUI L'EXTRÉMISME MUSULMAN. »


Il manque un élément essentiel à ce raisonnement du pire.

La barbarie sanguinaire du Daech est insoutenable mais elle est sous-tendue par une logique machiavélique : entretenir par des attentats et des exécutions cruels un climat d’islamophobie en Europe dans le dessein de radicaliser l’islam majoritaire modéré.  « Dewinter se frotte les mains : la peur ou même l'aversion de l'islam progresse indéniablement parmi ses compatriotes. » « Ce public est plus large que ce qu'on pourrait supposer »

Il suffit pour s’en convaincre de lire les 46 réactions que cet article a suscitées.


MG


« Hier le nazisme et le stalinisme, aujourd'hui l'extrémisme musulman. Et c'est contre cette menace contemporaine que nous devons lutter, car ils nous ont déclaré une guerre sans merci. »

« Est-il vraiment besoin de faire des comparaisons pour ouvrir les yeux et se rendre compte que l'Islam intégriste, ne menace plus seulement les pays du Maghreb. Depuis près de 30 ans, il progresse partout, même en Belgique ou en France et est non seulement un Danger pour le monde dit démocrate, mais pour l'ensemble de la population mondiale. Cela ne s'évalue pas au nombre de tués contrairement à ce que prétend à tort ce journaliste. Ces gens sont les pires barbares que le monde ait connus depuis des siècles. Il convient de s'en débarrasser au plus tôt. »

 

«  Il semblerait que d'aucuns ressentent, superficiellement mais à fleur de peau , qu' '"Allahou akbar, Allahou akbar " , murmuré ou hurlé à toutes les sauces, en toutes circonstances, dans le lointain ou un peu plus près de chez nous, ça fait fort "Heil Hitler, Heil Hitler", murmuré ou hurlé à toutes les sauces, en toutes circonstances , dans le lointain ou un peu plus près de chez nous . Certains d'entr'eux comptent sur le réflexe d'Arthur Neville Chamberlain , à Munich, d'autres sur celui de Winston Churchill, juste après Munich. Sur laquelle de ces prises de position, ces gens-là du PS, du Cdh, du MR, etc ... s'alligneront-ils ,s'ils y pensent ? A surveiller, et Allah reconnaîtra les siens . »

"Lsp.a pourrait fortement progresser s'il était prêt à combiner un discours radical social de gauche avec une attitude aussi décidée envers l'islam.", lit-on dans l'article ! Quel angélisme ! Le réservoir électoral des gauchistes se trouvent parmi les immigrés principalement maghrébins. Je doute très fort qu'ils en viennent à adopter une politique anti-islamique : ce serait donc scier la branche sur laquelle ils sont assis ! »

« C'est reparti pour un tour......La révolution française à donné la terreur, la guillotine, les procès de masse et le génocide des vendéens......le communisme àdonné le Stalinisme, les goulags, les kmers rouges et le maoïsme........le national-socialisme a donné les camps et la Shoah........le christianisme a donné l'inquisition et l'islam nous donne l'islamisme ce mélange de nazisme et de marxisme. Toutes les idéologies meurtrières ont toujours trouvé leurs collabos. Hier ils pactisaient avec le communisme et le national socialisme, aujourd'hui ils pactisent avec l'islamisme l'avatar de l'islam. Eternel recommencement. »



L'EI SE DÉVELOPPE FORTEMENT EN LIBYE, BASE DE DÉPART POTENTIELLE DES ATTENTATS EN EUROPE

Le Vif

Le groupe djihadiste Etat islamique gagne du terrain en Libye, a averti jeudi un haut responsable libyen qui demande à la communauté internationale de tenir compte de cette menace croissante.



La ville de Derna, en Lybie, devenue "émirat islamique" de l'EI. Novembre 2014 © Reuters

"L'EI se développe en Libye, de manière exponentielle, l'EI commet des atrocités chaque jour", a déclaré Aref Ali Nayed, ambassadeur libyen aux Emirats arabes unis et conseiller du Premier ministre libyen Abdullah al-Thani. "Il n'est pas possible de combattre l'EI en Irak sans tenir compte aussi de la composante libyenne", a-t-il estimé.

M. Nayed estime que l'EI est actif dans sept villes de Libye et a mené des attaques dans une douzaine d'endroits dans le pays. Il met aussi en garde contre un afflux en Libye de combattants étrangers recrutés par l'EI et venus du Yémen, de Tunisie, d'Algérie et de Tchétchénie.

La Libye, affirme-t-il, pourrait servir de base de départ à des attentats en Europe qui "se trouve à une heure de vol seulement". "Il n'y a pas de stratégie globale contre l'EI" alors que le groupe djihadiste "est une menace existentielle pour mon pays", déplore-t-il.

Plusieurs attaques récentes en Libye ont été revendiquées ou attribuées au groupe Etat islamique. La plus spectaculaire a visé le 27 janvier l'hôtel Corinthiaau coeur de la capitale libyenne, et s'est soldée par la mort de neuf personnes dont cinq étrangers.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CONTRE MODÈLE

Pour qui aurait encore le moindre doute, ceci est la preuve suprême que l’islamisme se veut un contre modèle de caractère totalitaire de la société pluraliste et démocratique européenne, la nôtre.

Entre eux et nous s’est engagée une guerre totale à l’issue très incertaine.

MG

 

FEMME JIHADISTE, SOIS PIEUSE ET TAIS-TOI

Cordélia Bonal Libération 



La photo d'une toute jeune Française partie en Syrie il y a plusieurs mois. Les mains sont celles de son frère. (Photo Christian Hartmann. Reuters)

LA BRIGADE AL-KHANSA, MILICE FÉMININE DE L'ETAT ISLAMIQUE, A PUBLIÉ UN «MANIFESTE» À L'USAGE DES FEMMES REJOIGNANT LE GROUPE.

«Tout comme les hommes, les femmes ont été créées pour peupler la terre. Cependant, par la volonté de Dieu, elles sont faites par Adam et pour Adam. Le créateur a décidé qu’il n’y avait pas de plus grande tâche pour elles que d’être une épouse pour l’homme. […] La place des femmes est à la maison.» Un vieux traité catho ? Non, l’Etat islamique.

Ces phrases sont extraites d’un document publié le 23 janvier sur un forum jihadiste, intitulé «Les femmes et l’Etat islamique, manifeste et étude de cas». Une sorte de guide des bonnes pratiques à l’usage des femmes de jihadistes, rédigé par la branche média de la brigade al-Khansa. Cette milice féminine basée à Raqqa, fief de l’Etat islamique en Syrie, et composée en partie de femmes étrangères, a pour fonction de contrôler l’application de la charia par les femmes. Le document a été traduit en anglais et mis en ligne ce jeudi par la Quilliam Foundationthink-tank britannique spécialisé dans les problématiques d’islamisme et de déradicalisation.

Le «manifeste» est divisé en chapitres : le manifeste de la femme musulmane, l’échec du modèle féminin occidental, les fonctions secondaires autorisées, la différence entre étudier et gagner sa vie, le voile, la justice…

Au chapitre mariage, la brigade al-Khansa l’autorise pour les filles dès neuf ans, l’idéal étant tout de même 16-17 ans. Au chapitre éducation, les petites filles et adolescentes doivent apprendre la vie du prophète, l’histoire de l’islam, la charia, mais elles doivent aussi savoir coudre et cuisiner – dans la série mode d’emploi à l’usage de la ménagère jihadiste, en novembre, les femmes du groupe Al-Zawra, rattaché à l’Etat islamique, avaient publié quelques recettes énergétiques à préparer pour leurs maris combattants, comme le gâteau aux dattes.

 

«Les femmes dans l’Etat islamique.» (Image extraite du document)

Evidemment, les femmes doivent être voilées, par «respect pour leur corps» et pour«maintenir la société à distance». La brigade al-Khansa se félicite que depuis«l’établissement du califat», toutes les robes un peu trop découvertes aient été retirées des magasins de Raqqa. Au chapitre «esthétique», la brigade dit tout le mal qu’elle pense de la mode occidentale : la chirurgie esthétique, les piercings, les«cheveux rasés par endroits et pas à d’autres».

Les femmes ne sont pas censées travailler, pour ne pas être corrompues et pour ne pas avoir à sortir de chez elles. En fait, la femme n’est autorisée à sortir que dans trois cas: pour combattre en tant que jihadiste si, et seulement si, les hommes sont en nombre insuffisants pour protéger le pays et si l’imam l’y autorise formellement ; pour étudier la religion ; pour exercer la fonction de médecin ou d’enseignante, dans le strict respect de la charia.

A Raqqa, en mars 2014. La pancarte rappelle l’obligation du port du niqab. (Photo Reuters)

L’émancipation des femmes occidentales est, bien sûr, considérée comme une totale dépravation : les femmes qui travaillent sont pleines d’«idées corrompues et de croyances de pacotille»Le modèle choisi par les infidèles de l’Occident a échoué à la minute où les femmes ont été "libérées" de la cellule familiale.»

Tout au long du manifeste, le message est clair : dans le jihad au sens où l’entend l’Etat islamique, la place des femmes n’est pas au combat mais à la maison. Rassurons-nous, la femme n’est pas pour autant obligée d’être inculte : «Oui, nous disons : "Restez à la maison", mais cela ne signifie pas que nous soutenons l’illettrisme ou l’ignorance. Nous soulignons simplement la distinction entre le travail – qui implique pour une femme de quitter la maison – et les études, qu’elle doit suivre.»

Comme le souligne Charles Lister, de la fondation Quilliam«ce document bat en brèche l’idée selon laquelle il y aurait pour les femmes occidentales un romantisme, un esprit d’aventure, à rejoindre l’Etat islamique. Il montre qu’elles ont une place, mais que cette place n’est qu’une place de soutien, pas de combat. Il y a une vraie différence entre ce que peuvent dire les femmes jihadistes sur Facebook et la réalité sur place».

 

 

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