samedi 21 février 2015

Onkelinx: «La démocratie est asphyxiée»

Rédaction en ligne

Le Soir

 

La cheffe de groupe PS à la chambre s’insurge contre le gouvernement fédéral qui rejette tous les débats au sein du parlement.


• aurette Onkelinc. Photo Pablo Garrigos.



Laurette Onkelinx a toujours la dent dure envers la majorité suédoise. Elle confie au Soir que « ce gouvernement est en difficulté continuelle, vu toutes les divisions internes » et qu’il rejette le débat au parlement, citant en exemple les questions autour du radicalisme. Mais elle ne veut pas uniquement se concentrer sur la majorité. Elle explique qu’Elio Di Rupo va lancer « le grand chantier des idées » au sein du PS. Selon elle, son parti « sera de nouveau au centre du jeu » grâce à cette réflexion. Laurette Onkelinx considère le fait de se trouver dans l’opposition comme « une opportunité de bousculer les idées, de prendre du recul »



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE GRAND CHANTIER DES IDEES


Puisque le parti socialiste se sent tout à coup pousser des ailes et des idées, qu’il s’attaque donc au chantier le plus urgent, celui de l’enseignement que  lâchement il a cédé à Joëlle Milquet, comme la patate chaude dont on cherche à tout prix à se débarrasser. Ce n’est sans doute pas le seul chantier d’avenir mais c’est incontestablement le plus porteur celui qui permettrait de marquer des points rapidement. Son parti dit-elle « sera de nouveau au centre du jeu » grâce à cette réflexion interne. C’est un aveu  lumineux qu’il ne l’est plus du tout aujourd’hui.

MG

 


GARDER SA GAUCHE AVEC LA DROITE: OUH LA!

Béatrice Delvaux Editorialiste en chef (Le Soir)


Cela tourne au sketch. Comme si le CD&V s’était trompé de gouvernement et n’arrêtait pas de ne pas s’en remettre. Que ce soit au gouvernement flamand ou au fédéral, les sociaux-chrétiens flamands n’en peuvent visiblement plus, ou supportent en tout cas chaque jour avec douleur, d’être embarqués dans l’attelage Open VLD/N-VA/MR. Que ce soit sur les militaires en rue, la concertation sociale, et aujourd’hui sur l’absence de saut d’index pour les loyers ou la suppression de l’exemption pour raisons familiales des chômeurs, les différends se multiplient. Au nord du pays, le CD&V s’est heurté plus d’une fois aux intentions politiques de la ministre N-VA Liesbeth Homans dans sa volonté de « moraliser » ou « responsabiliser » les chômeurs et les précarisés. Le dernier élément en date était une polémique sur les places de crèches que la ministre voulait réserver en priorité aux parents qui travaillent, provoquant le refus pur et simple de ses partenaires chrétiens du gouvernement et leur colère par des propos « humoristiques » à propos des chômeurs qui emmènent leurs enfants au café.

Sur la forme, on peut être étonné par ces divisions, dès lors que des mesures soudain contestées par le CD&V semblent avoir été approuvées lors de négociations avec ses partenaires. Mais sur le fond, on comprend évidemment que les sociaux-chrétiens se battent furieusement pour défendre un modèle de société qui n’est pas – c’est ce qu’ils disent chaque jour de plus en plus ouvertement – celui promu par les nationalistes et les libéraux.

Quand on voit le prix électoral et populaire payé par le PS pour avoir concédé (troqué) la suppression des allocations d’insertion dans le gouvernement précédent, on se dit que Kris Peeters et les siens, dont le parti joue une carte existentielle ici, ne veulent pas perdre leur âme auprès d’électeurs devenus moins nombreux et donc très précieux. Les sujets de discorde ne sont en effet pas légers en termes de symbolique et de sens pour une partie de la population, notamment à gauche du spectre électoral. Hier, même certains observateurs flamands, en général favorables aux réformes entreprises par le gouvernement Michel, remarquaient que la non-application du saut d’index aux loyers accroissait la perception d’inéquité dans la manière dont les contributions étaient réparties. Et de rappeler la phrase de Jean-Luc Dehaene – tiens, un CD&V – : «  Si l’on veut que les efforts demandés soient supportables, il faut donner l’impression que tous contribuent.  » Pas sûr que cela fasse changer la N-VA d’avis : elle a tout à gagner à suggérer que les sociaux-chrétiens courent comme des poules sans tête, alors qu’elle suit sans faillir sa ligne droite, qui veut que l’individu tienne son sort entre ses mains.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SHADOW BOXING


« Je conteste, donc je suis » hurle Kris Peeters dans les deux langues nationales. On n'entend que lui, on ne voit que lui, il prend presque autant de place que Bart de Wever et c’est le but recherché.

Tandis que cela grenouille beaucoup au sein de la SPa qui se cherche un nouveau président et que d’aucuns envisagent de créer un parti de gauche puissant en Flandre pour donner le change à la N-VA, le CD&V pratique le grand écart entre son électorat de gauche et un gouvernement flamand de droite ainsi qu’une coalition fédérale de centre-droit. Ce qui surprend le plus c’est l’apparente loyauté à la déclaration gouvernementale des ministres de signature N-VA. Personne ne s’y attendait. À défaut de marcher sur les eaux, Charles Michel a appris à se déplacer sur les œufs sans faire d’omelettes mais qu’il y prenne garde la législature sera longue et les embûches innombrables. La fonction dit-on crée l’homme. Et c’est qu’il est coriace et résiliant cet homme-là.

MG

 

 

 

 

 

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