vendredi 13 février 2015

Poitiers : trois lycéens exclus pour harcèlement antisémite

L'Obs


La victime, qui n'est d'ailleurs pas juive, a enduré ces brimades antisémites et négationnistes, infligées de vive voix ou par SMS, sans rien dire durant des mois.



Image d'illustration de lycéens stationnant devant lycée professionnel Jean-Lurçat, le 16 septembre 2010 à Paris. (FRED DUFOUR / AFP)

 

Trois élèves de seconde du lycée Louis-Armand de Poitiers ont été exclus pour huit jours pour avoir harcelé, par des plaisanteries antisémites et à caractère négationniste, un de leurs camarades. Ironie du sort, ce dernier n'est d'ailleurs pas juif. 

L'un des trois élèves concernés est en outre convoqué en avril devant un juge des enfants pour répondre de ces faits, apprend l'AFP mercredi 11 février de sources concordantes.

"TU DÉFENDS LES JUIFS, TU ES JUIF"

Tout a commencé en octobre dernier lorsqu'un élève aperçoit une inscription antisémite sur la trousse d'un autre lycéen ("juif = cramé") et lui demande alors s'il a bien conscience de ce qu'il a écrit. "Tu défends les juifs, tu es juif", lui aurait alors rétorqué le propriétaire de la trousse, qui va se mettre à le harceler avec la complicité d'autres camarades.

La victime a enduré ces brimades, infligées de vive voix ou par SMS, sans rien dire durant des mois. Mais l'adolescent a fini par rompre le silence la semaine dernière et les trois lycéens en cause ont aussitôt reconnu les faits.

"Les élèves faisaient comme s'il était juif et plaisantaient sur des thématiques qui tournent autour du camp d'extermination nazi à Auschwitz, c'est-à-dire que 'ça allait gazer pour lui' et autres plaisanteries d'extrême mauvais goût, toutes en lien avec cette thématique qu'on peut qualifier d'antisémite et aussi de négationniste", explique à un correspondant de l'AFP le proviseur du lycée Louis-Armand, Bernard Soulignac.

"CETTE PLAISANTERIE A COÛTÉ SIX MILLIONS DE MORTS"

"Donc j'ai prononcé à leur égard une exclusion de huit jours, qui est le maximum que peut faire un chef d'établissement", souligne-t-il. "Je pense que c'est une sanction de nature éducative, elle doit montrer la gravité de ce jeu plus que malsain." "Moi, je n'appelle pas ça une plaisanterie! Cette plaisanterie a coûté six millions de morts", poursuit Bernard Soulignac, ancien professeur d'histoire.

Les parents de la victime ont signalé les faits à la police, qui a entendu les trois jeunes mercredi matin. Le lycéen propriétaire de la trousse, qui apparaît comme le meneur de ce harcèlement, est convoqué à la mi-avril devant un juge des enfants pour répondre d'injures racistes, antisémitisme et menaces de mort.

Les deux autres seront convoqués pour un rappel à la loi par un délégué du procureur de la République.


UN PROF DÉRAPE DEVANT UNE ÉLÈVE JUIVE: "ON DEVRAIT TOUS LES METTRE DANS DES WAGONS"

La Libre Belgique


Plainte a été déposée au parquet pour racisme et antisémitisme.

Nouvel incident d’intolérance dans un établissement scolaire bruxellois, plus inacceptable puisqu’il est le fait d’un enseignant. Lors d’un cours de mathématiques à une classe de 5e secondaire, il a fixé du regard une élève de confession juive, puis déclaré : "On devrait tous les mettre dans des wagons." Bien que prise de court, Sarah a néanmoins répondu au professeur qu’on "ne rit pas avec ces choses-là". Quelques instants plus tôt, le prof de math visant une élève d’origine polonaise lui a déclaré : "Tu devrais rentrer en Pologne." Ceci en singeant l’accent allemand.

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MANQUE DE DIVERSITÉ DANS LES ÉCOLES BRUXELLOISES ?


Ces divers articles sévères de La Libre révèlent une situation que connaissent plusieurs athénées communaux volontiers accusés d’élitisme et d’écrémage systématique en faveur des meilleurs élèves autrement dit, ceux qui, le plus souvent sont issus des milieux sociaux les plus favorisés.

Les enfants issus de milieux israélites sont très souvent bons élèves, les perdre c’est perdre le levain qui fait monter la pâte, autrement dit c’est une catastrophe pour une école.

« Certains établissements, en particulier dans le centre-ville bruxellois, dont Bockstael, ont vu leur population scolaire changer. » C’est un euphémisme. 

Il fait bien voir que pour beaucoup de parents d’élèves, le succès d’une école se mesure au taux de réussite de ses anciens élèves à l’université, pour l’augmenter on pratiquait en effet l’écrémage et la sélection dans des classes homogènes, le plus souvent peu mixifiées socialement.

Cela permettait d’obtenir des chiffres impressionnants : « 80% de réussites à l’université » un excellent slogan marketing mais à quel prix ? Ces temps-là sont-ils révolus ? Globalement, oui et ils ne reviendront plus. D’abord parce que la classe moyenne a largement émigré vers la périphérie verte et massivement opté pour l’enseignement catholique, ensuite parce que le décret a fait entrer une masse d’élèves terminant leurs primaires avec 50 % des points. . « Avant (le décret), l’athénée était fréquenté par une population plus aisée venant de Wemmel, etc. Maintenant, ce sont vraiment les gosses du quartier". Donc on ouvre les vannes en première et on écrème à partir de la seconde. « C’est comme Evian », me confia un jour un ancien prof, un vieux de la vieille. « On boit goulument et puis on évacue ».

Il faut savoir que des profs dans son genre sont des anciens de l’établissement qui y avaient été admis à la seule condition de sortir de primaire avec 80% et cela depuis la fondation de l’établissement un siècle auparavant.

C’est aux pouvoirs organisateurs qu’il appartiendrait de corriger le tir en donnant aux directions des directives précises et en s’adaptant aux nouvelles populations. C’est semble-t-il ainsi que fonctionne le tout nouvel Athénée Marguerite Yourcenar dernier né de la flottille des athénées et lycées de la Ville de Bruxelles. On y pratique une vraie pédagogie différenciée inspiré des principes de Célestin Freinet. 

Mais à ce qu’il semble, la préfète qui le dirige, une ancienne de Jacqmain, a beaucoup de mal à suivre la philosophie de sa très dynamique équipe enseignante qui elle croit en sa mission : élever le niveau scolaire d’une population scolaire fragilisée socialement.

Pierre Capers, le préfet de Bockstael que je ne connais pas est confronté à un dilemme : soit maintenir le cap de l’excellence (vous avez dit excellence) qui est celui suivi par son établissement depuis sa fondation, soit changer le fusil pédagogique d’épaule et s’attaquer au problème de la mise à niveau d’élèves issus de milieux très défavorisés et cela avec une équipe de profs habituéà sélectionner à tour de bras.

Mission impossible. Ce qui est sûr, c’est que le processus qui est décrit ici a entraîné l’agonie de l’enseignement officiel à Bruxelles, singulièrement dans sa version communale et cela au profit de l’enseignement libre qui poursuit sa politique élitaire dans quelques bahuts réputés dont chacun connaît les noms. L’enseignement n’y est certes pas meilleur, il y est plus sélectif, c’est tout. 

Soulignons pour terminer que la Libre Belgique a un malin plaisir à pointer des incidents de ce genre dans les écoles officielles. On lance un brûlot pendant un jour ou deux, ensuite silence radio mais la mal médiatique est fait à la réputation chèrement acquise d’un établissement. L’exemple de l’athénée Vinci d’Anderlecht est particulièrement agaçant : mitraillage médiatique pendant plusieurs jours, ensuite silence radio. Drôle de déontologie.

MG  

 

 

L'ATHÉNÉE EMILE BOCKSTAEL " JUDENFREI "

Marie-Cecile Royen Le Vif

20/01/2015 

Source: Le Vif/L'Express

Victime de harcèlement, une adolescente juive a dû quitter l'athénée Emile Bockstael, à Laeken. Un échec à mettre au compte d'un antisémitisme ordinaire que les autorités bruxelloises sont impuissantes à maîtriser.



"Le réseau public ne parvient plus à garantir le "vivre ensemble" entre ses murs." © Debby Termonia

Dans cet établissement secondaire de la Ville de Bruxelles, à Laeken, il n'y a pas eu de manifestations ni de pétition pour s'inquiéter de l'absence de Sarah (prénom d'emprunt), lors de la rentrée de septembre 2014. A 15 ans, elle aurait dû être en 4e latin-sciences avec tous ses camarades. C'était la dernière élève juive de l'athénée Emile BockstaelElle a rejoint la cohorte de ces jeunes juifs forcés, pour des raisons de sécurité, de migrer vers l'enseignement libre confessionnel. Le réseau public ne parvient plus à garantir le "vivre ensemble" entre ses murs. Du coup, les trois grandes écoles juives de la capitale sont submergées de demandes mais n'ont pas les moyens d'accueillir 30 ou 40 nouveaux élèves par an, surtout lorsque ceux-ci arrivent en cours d'année scolaire. La question se pose : doivent-elles s'agrandir alors que de nombreuses familles juives doutent de leur avenir dans le royaume de Belgique ? L'opinion publique et le pouvoir politique se mobilisent-ils vraiment contre l'antisémitisme ? Beaucoup d'incertitudes planent.

Comme avant-guerre mais avec des variantes (l'existence de l'Etat d'Israël et le conflit israélo-palestinien), les membres de cette communauté représentent une toute-puissance fantasmatique : celle du lobby juif, une sorte de gouvernement mondial. Mais une puissance toute théorique. Isolés, les jeunes juifs ne font pas le poids. Sarah l'a expérimenté, et ses frères avant elle. Sa famille habite - plus pour longtemps, la maison est à vendre - dans un quartier tranquille de Laeken, à deux pas de l'athénée. La décoration chaleureuse trahit l'origine marocaine du père. La mère est d'origine ashkénaze polonaise et française pied-noir d'Algérie. La famille est observante et très impliquée dans la communauté. Ce qui n'empêche pas l'ouverture aux autres. "J'aurais voulu que ma fille ait des amis de tout bord, confie sa maman. Moi-même, j'ai fait mes études à Bockstael. On était davantage de juifs, il n'y avait pas de problème. Aujourd'hui, j'en arrive à me culpabiliser de l'avoir laissée dans cette fosse aux lions." Car, comme tous les enfants, Sarah ne lui avait pas raconté les petites vexations qu'elle subissait au quotidien de la part de certains camarades musulmans.

LES ÉVÉNEMENTS S'ACCÉLÈRENT

Tout s'est emballé après l'attentat antisémite du musée juif de Belgique, le 24 mai 2014. Le 30 mai, une minute de silence a été observée dans tous les treize établissements secondaires de la Ville de Bruxelles en mémoire des quatre victimes de Mehdi Nemmouche. Le bourgmestre Yvan Mayeur (PS) et son échevine de l'Instruction publique, Faouzia Hariche (PS), ont fait lire un très beau texte sur les valeurs de l'enseignement bruxellois. Cela n'a pas empêché un élève de Bockstael d'écrire sur son mur Facebook : "Si j'avais été là, j'en aurais tué plus." Il a été renvoyé immédiatement. Le préfet des études a convoqué tous les parents des élèves qui avaient approuvé cette phrase. La direction de l'école n'a pas transigé.

Ensuite, la vie a repris son cours. Vint le Mundial. A 14 ans, on ne réfléchit pas. Sarah s'est affichée sur Facebook grimée aux couleurs de la Belgique, un drapeau tricolore sur les épaules et un autre, israélien, entre les mains. C'est l'époque de l'opération Bordure Protectrice : l'armée israélienne pilonnait la bande de Gaza en réponse à des tirs de roquettes du Hamas, faisant des centaines de victimes. Un tombereau de 288 messages d'insultes et de menaces s'est abattu aussitôt sur le Facebook de la jeune fille, certains émanant de ses camarades de classe, d'autres d'amis de ceux-ci, que la gamine ne connaissait même pas. C'était l'incident de trop. Ses parents décident alors de la retirer de Bockstael, comme ils l'avaient déjà fait pour leurs deux fils, des jumeaux âgés aujourd'hui de 23 ans, et pour le même genre de raison : des intimidations à caractère antisémite. Seul l'aîné de leurs trois fils avait pu terminer ses études dans cet établissement bruxellois en suivant le cours de religion juive. C'était une autre époque, une autre population scolaire. Les parents ont choisi la morale laïque pour les enfants suivants, par souci de discrétion. L'épisode Facebook a réactivé leur sentiment d'être victimes d'une injustice, abandonnés. Le 20 août, la mère de Sarah laisse parler son coeur dans un courriel adressé à l'échevine de l'Instruction publique. L'objet est dénué d'ambiguïté : "Changement d'école pour cause d'antisémitisme". Son appel reste sans réponse.

MONTÉE DU COMMUNAUTARISME

L'affaire aurait pu en rester là si des élèves de Bockstael n'avaient continué à harceler Sarah. Le 10 septembre, la jeune fille reçoit sur son mobile une photo qui montre X, un ancien condisciple, faisant le salut nazi et mimant une moustache hitlérienne avec l'index et le majeur, le tout accompagné d'un message : "X dit que ton cul manque un peu." Son père dépose alors plainte à la police locale de Bruxelles-Capitale-Ixelles. Il cite les trois garçons qui auraient agi ensemble : le propriétaire de l'appareil qui a envoyé la photo, l'ado X présent sur celle-ci et un troisième, rapidement mis hors de cause. Harcèlement, racisme et antisémitisme : aux yeux des policiers, les faits sont le signe d'une montée du communautarisme, en plus d'être caractéristiques de la cruauté adolescente. Ils convoquent et auditionnent les suspects. En général, pour de telles causes impliquant des mineurs, la justice privilégie des modes alternatifs de résolution des conflits. Ainsi, en juin 2014, le parquet de Bruxelles a classé sans suite l'affaire de la petite Océane, une gamine juive molestée par un groupe de camarades de l'athénée des Pagodes, à Laeken, en 2011. La fille la plus agressive a été renvoyée de son école. Le parquet avait proposé une conciliation entre les parties. Le père d'Océane a refusé. Son amertume est immense.

La direction de Bockstael a réagi sans tarder. "Le préfet des études a fait plus que ce qu'il pouvait", affirme la mère de Sarah. Il a d'abord envisagé le renvoi pur et simple des fautifs. Puis, il a décidé de leur laisser une dernière chance : deux jours d'exclusion, un retrait de points de comportement, la rédaction d'un travail de réflexion sur le principe de la tolérance religieuse, avec menace d'exclusion immédiate en cas de récidive. Il a aussi proposé que les familles se rencontrent. Une seule a saisi la perche. Ce couple de parents (dont l'un des deux est conseiller communal à la Ville de Bruxelles) s'est présenté, avec enfants, au domicile de Sarah. "Les parents se sont excusés et ils ont eux-mêmes puni leur fils, souligne la mère de Sarah. On a beaucoup discuté. Ils étaient de bonne volonté."

LE SENTIMENT D'INJUSTICE EST LE PLUS FORT

Certes, il avait été convenu d'en rester là, mais le sentiment d'injustice a été le plus fort. "Pourquoi ma fille doit-elle leur laisser sa place ?", se rebelle la mère de Sarah. Son mari est tout aussi résolu à ne pas enterrer l'affaire, pour le principe. Après réflexion, ils ont pris contact avec Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l'antisémitisme (LBCA). A peine sorti de sa campagne contre la venue à Bruxelles du prédicateur koweïtien antisémite Al-Suwaidan, celui-ci s'est mobilisé à nouveau. "Sarah a subi une double peine, analyse-t-il. Elle a dû quitter l'école et elle est réduite au silence. C'est un drame humain pour elle comme pour ses parents. Sur le plan collectif, c'est aussi un symbole : l'athénée Emile Bockstael est désormais judenfrei, il n'y a plus d'élèves juifs. Le brassage d'enfants d'origines différentes dans les écoles de Bruxelles était pourtant une bonne chose. Moi-même, j'ai bénéficié de cette mixité à Dachsbeck. Cela permet d'humaniser l'autre, de le dédiaboliser. Aujourd'hui, les élèves d'une grande école bruxelloise n'auront plus l'occasion de rencontrer un de leurs camarades juifs. C'est grave. On en payera les conséquences dans quinze ou vingt ans."

Un premier contact, d'abord épistolaire, a lieu entre le président de la LBCA et Faouzia Hariche, échevine de l'Instruction publique. Commence alors une valse à plusieurs temps. La toile de fond est sans équivoque : la Ville de Bruxelles s'est engagée institutionnellement contre le racisme et l'antisémitisme. Mais de la parole aux actes, il y a une marge pour plus ou moins de sensibilité. Aujourd'hui, Faouzia Hariche est désolée d'avoir laissé le mail de la mère de Sarah sans réponse : "Je n'ai pas vu ce courrier, explique-t-elle. Il a sans doute été noyé dans la masse de ceux que j'ai découverts à mon retour de vacances, le 25 août."

L'échevine répond immédiatement au mail de Rubinfeld, le 18 novembre. Faouzia Hariche affirme avoir appris avec regret le départ de Sarah, le 20 août, et avoir "immédiatement" chargé son inspection scolaire d'une enquête à l'athénée Bockstael. L'inspecteur est descendu sur les lieux le 17 novembre, jour où devait avoir lieu un contact entre Le Vif/L'Express et le préfet des études, lequel s'est, dès lors, dérobé à toute question. On peut toutefois imaginer que l'intervention de la LBCA et l'investigation du Vif/L'Express ne sont pas étrangères à cette réaction "rapide". Dans son courriel, l'échevine s'inquiète de possibles "débordements médiatiques" (alors que pas une ligne n'était sortie sur cette affaire) au préjudice de la "mission pédagogique des enseignants de l'établissement qui travaillent pour une "école ouverte à tous"". Plus grave : elle prête à Sarah un rôle provocateur avec bien plus de force qu'elle ne condamne ses harceleurs présumés. "S'il est vrai que les faits reprochés aux camarades de classe étaient avérés, l'enquête a démontré, malheureusement, que Sarah a tenu des propos anti-palestiniens inacceptables." D'où sort-elle cela ? Sarah était discrète. Vu la configuration de sa classe, majoritairement pro-palestinienne, l'inverse eût été téméraire.

Le 8 décembre a lieu une réunion entre Faouzia Hariche, son chef de cabinet, le préfet des études de Bockstael, le directeur général de l'Instruction publique, le président de la LBCA et la famille de Sarah. En séance, l'échevine s'excuse pour la phrase incriminant injustement Sarah. Elle attribue son erreur au fait qu'elle aurait pris pour argent comptant la version des garçons, telle qu'elle lui a été rapportée. "J'ai été mal informée, se plaint-elle. Il ne peut pas y avoir la moindre banalisation de l'antisémitisme." 

 


L’ATHÉNÉE BOCKSTAEL ACCUSÉ DE PRATIQUER L’ÉCRÉMAGE 

STÉPHANIE BOCART  La Libre

"Il y a vraiment un dysfonctionnement à l’athénée Emile Bockstael qui dure depuis plusieurs années", confie ce parent d’élève. Taux d’échec "invraisemblablement élevé", "orientation négative", "brimades et humiliations" à l’encontre d’enfants, "absence de dialogue avec la direction"…Plus d’une vingtaine de parents de l’athénée Emile Bockstael, soutenus par l’ASBL Infor Jeunes Laeken, se sont réunis au sein d’un collectif pour dénoncer "cette situation alarmante, qui devrait amener les autorités à s’interroger sur leurs pratiques".

UN PUBLIC DISPARATE

Pour comprendre, il faut se rappeler que l’athénée E. Bockstael, situé à Laeken, "était l’une des écoles de la Ville de Bruxelles appelée ‘performante’ ou ‘élitiste’, indique notre interlocuteur. Mais, avec l’instauration du décret Inscription (NdlR : qui régule les inscriptions en 1re secondaire depuis 2010), l’athénée n’a plus le choix des inscriptions. Donc, c’est une catastrophe car il se retrouve avec une population scolaire vraiment disparate".

C’est, de fait, l’un des effets pervers du décret : pour départager le trop-plein d’inscriptions dans les écoles fortement prisées, à chaque élève correspond un indice composite calculé en fonction de critères, dont trois sont géographiques (les distances école primaire-domicile, école secondaire-domicile et école primaire-école secondaire). Conséquence ? Certains établissements, en particulier dans le centre-ville bruxellois, dont Bockstael, ont vu leur population scolaire changer.

"Aujourd’hui, la population de l’athénée est un peu plus défavorisée, explique notre source. Avant (le décret), l’athénée était fréquenté par une population plus aisée venant de Wemmel, etc. Maintenant, ce sont vraiment les gosses du quartier"Or, poursuit-elle, "en 6e primaire, le niveau est dramatique - il faut vraiment travailler là-dessus - : avec un CEB considéré comme réussi avec 50 %, des enfants passent en 1re secondaire en sachant lire et calculer à moitié. Résultat : en 1re secondaire, c’est une catastrophe. On se retrouve avec une population qu’il faut aider".

 

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