samedi 14 février 2015

"En prison, le courant de pensée dominant c’est la haine d’Israël, des juifs et du monde occidental"

ROMAIN HUBAUT 



François Troukens, cinéaste et réalisateur belge, évoque le processus de radicalisation au sein des prisons. Et pour cause, avant de pouvoir exercer son métier, le cinéaste a passé dix années de sa vie en prison et a donc vécu ce phénomène de l'intérieur. François Troukens est l’Invité du samedi de LaLibre.be. 

A COMBIEN D’ANNÉES DE PRISON AVEZ-VOUS ÉTÉ CONDAMNÉ ET POUR QUELS FAITS EXACTEMENT ?

J’ai été condamné à dix-neuf ans et j’ai purgé dix ans de prison. Ma première condamnation, c’était pour une attaque de fourgon. J’étais l’un des convoyeurs et j’avais organisé un faux hold-up. J’ai purgé deux ans et demi sur quatre pour ce délit, et en sortant j’ai été recruté par le grand banditisme puisque j’avais des connaissances dans le milieu de la sécurité. Je connaissais les données en termes d’informations sécuritaires sur tout ce qui est fourgon : je connaissais les trajets, les horaires des fourgons etc.

AVEC LE DRAME DE CHARLIE HEBDO, LE MONDE DES MÉDIAS A OUVERT LES YEUX SUR UNE PROBLÉMATIQUE : LA RADICALISATION DANS LES PRISONS. VOUS L'AVEZ RESSENTIE EN PRISON ?

Il faut vraiment avoir à l’idée que la prison est le terreau de la radicalisation. Le problème réside dans le fait que les gens qui sortent de prison se prennent pour des caïds parce qu’ils ont été dans la "cour des grands", ils viennent dans les cités pour répandre leurs idées extrémistes et pour donner envie aux jeunes de devenir eux aussi des caïds, des personnes importantes qui se battent pour une "cause juste". Et pour devenir un caïd, on fait soit une connerie, soit on part se former au jihad en Syrie.

AVEZ-VOUS DÉJÀ ÉTÉ LE TÉMOIN OU LA CIBLE D’UNE TENTATIVE DE RADICALISATION ?

Oui. J’ai eu affaire à des mecs comme des témoins de Jéhovah, des évangélistes ou des islamistes qui tentent de te persuader qu’ils ont raison. Comme je n’avais pas envie de me prendre la tête, je leur disais que j’étais agnostique et que je respectais les croyances de tout le monde. Et puis, lorsque l’on est condamné pour grand banditisme, on est plus respecté et même craint parfois

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CQFD

 

Aucun commentaire: