mardi 17 mars 2015

Baromètre politique: Charles Michel gagne des points, De Block progresse encore, Di Rupo chute

S.TA., V.R. ET M. CO. 


POLITIQUE BELGE

Le sondage trimestriel de La Libre-RTBF-Dedicated livre la suite de son verdict.

Lors du précédent Baromètre La Libre/RTBF/Dedicated (Novembre 2014), le gouvernement fédéral dirigé par Charles Michel (MR) vivait ses premières semaines dans un climat social difficile. La rentrée parlementaire lors de laquelle le PS dans l’opposition tirait à boulets rouges sur les ministres N-VA, leurs fréquentations parfois douteuses et certains propos sans doute maladroits, était tout sauf sereine. A l’époque, la confiance à l’égard du gouvernement fédéral était donc peu propice aux réjouissances puisqu’elle atteignait péniblement 20 %.

Si les chiffres recueillis ce mois-ci ne sont pas encore synonymes de Nirvana pour le gouvernement de centre-droit, ils sont indéniablement plus positifs puisqu’avec 25 %, la progression est flagrante. On ne cesse de le répéter mais le début d’année 2015 a surtout été fédéral avec des mesures sécuritaires et une actualité sociale omniprésente. Autre élément réjouissant pour le gouvernement fédéral : les opinions défavorables sont en baisse (36 % en mars 2015 contre 42 % en novembre 2014). L’exercice sera d’autant plus intéressant à suivre dans trois mois.

C’est essentiellement en Flandre que la popularité du gouvernement est bonne puisque 28 % des sondés ont une opinion située entre assez bonne et excellente (26 % en novembre 2014), contre 23 % à Bruxelles (15 % en novembre 2014) et 19 % en Wallonie (12 % en novembre 2014).

En Flandre, les électeurs N-VA sont manifestement les plus satisfaits de la politique menée par le gouvernement MR/N-VA/Open VLD et CD&V puisqu’ils sont 56 % à en avoir une bonne opinion. Viennent ensuite les électeurs de l’Open VLD (46 %) et du CD&V (36 % d’opinion favorable). Par contre au SP.A, ils sont 62 % à avoir une opinion mauvaise voire très mauvaise. 7 % des électeurs de la SP.A considèrent quand même que l’action du gouvernement est assez bonne.

UNE WALLONIE PLUS SOFT

A Bruxelles, ce sont bien entendu les électeurs du MR qui, à 55 %, jugent l’action gouvernementale très positive tandis qu’ils sont 90 % au PS à la juger mauvaise. Par contre, et le détail ne manque pas de piquant, 33 % des électeurs du CDH jugent aussi positivement l’action du gouvernement fédéral contre 31 % qui la trouvent mauvaise.

En Wallonie, enfin, 64 % des électeurs du MR sont convaincus par l’équipe Michel alors qu’au PS, ils sont 63 % à la juger sévèrement. Au CDH, on est moins enthousiaste qu’à Bruxelles puisqu’ils sont 20 % à être en phase avec le gouvernement fédéral contre 53 % de déçus. Les électeurs CDH en Wallonie et à Bruxelles n’ont manifestement pas la même façon de réagir. Une conclusion qui n’est pas valable pour les électeurs du PS où l’on trouve plus d’indécis à l’égard de l’action gouvernementale côté wallon que côté bruxellois où manifestement l’opposition est plus tranchée. Chose étonnante en Wallonie toujours, 8 % des électeurs du PTB trouvent l’action gouvernementale entre assez bonne et excellente. A Bruxelles, la gauche de la gauche trouve à 84 % que l’action du gouvernement est mauvaise.Stéphane Tassin

 

 

BRUXELLES

Di Rupo détrôné

Le phénomène Maggie De Block n’est en rien démenti dans la capitale, où la notoriété/popularité de la libérale flamande fait un bond spectaculaire de quatre points. Ce faisant, elle passe de la troisième marche podium à la première pour détrôner le président du PS et ex-Premier ministre Elio Di Rupo. Le maintien du capital sympathie de Maggie De Block est d’autant plus surprenant que la ministre fédérale de la Santé n’occupe plus vraiment le devant de la scène médiatique. Elio Di Rupo, par contre, est en mauvaise posture dans le volet bruxellois de ce baromètre puisqu’il perd cinq points et une première place qu’il occupait depuis la fin 2010. A l’image de son parti qui lui aussi est en net recul par rapport au sondage précédent pour ce qui concerne les intentions de votes.

MICHEL TAQUINE

Chez les libéraux bruxellois, on scrute volontiers les popularités de Didier Reynders et de Charles Michel. Bonne nouvelle pour ce dernier, la fonction de premier ministre lui fait gagner en popularité dans la capitale. Il passe de la huitième à la quatrième place et suscite 20 % d’opinions favorables alors qu’il y a quelques mois encore, il stagnait autour des 12 %. Il taquine désormais la position de Didier Reynders (27 %). Le patron des libéraux bruxellois semblant pâtir de sa faible implication actuelle dans le débat belgo-belge. Le ministre des Affaires étrangères perd en effet une deuxième place qu’il occupait depuis plusieurs baromètres trimestriels. Au rayon "poids lourds", on notera la contre-performance de Laurette Onkelinx ou celle de Joëlle Milquet qui a perdu le contact avec le trio de tête.

CLERFAYT SOURIT

La campagne présidentielle qui a animé le FDF ces dernières semaines semble avoir souri à Bernard Clerfayt, candidat malheureux. Battu par un Olivier Maingain toujours populaire, le député-bourgmestre de Schaerbeek réalise une belle percée dans ce classement bruxellois avec 13 % d’opinions favorables. Il devance même Didier Gosuin, leader du parti au gouvernement régional et champion des voix de préférence aux dernières élections régionales. Pour rester dans les personnalités régionales de la capitale, on relèvera la faible performance du ministre-président Rudi Vervoort. Stagnant à la trente-huitième place, le socialiste ne parvient toujours pas à percer, alors qu’il occupe son poste depuis près de deux ans. Le leader de l’opposition MR, Vincent De Wolf fait quant à lui du surplace.

 

 


WALLONIE

DI RUPO EN BERNE

Depuis qu’il n’est plus Premier ministre, son étoile, malgré son retour à la présidence du PS, ne cesse de pâlir. Et s’il conserve la première place du côté wallon, c’est qu’il resta longtemps inatteignable. A l’image de son parti, Elio Di Rupo fait plus que fléchir. A ce train-là, il perdra son leadership avant les prochaines élections. Le phénix qu’il est pourra-t-il retrouver les joies enivrantes de l’irrésistible ascension ? Le plus étonnant, sans doute est cette poussée continue de Maggie De Block (Open VLD) qui conforte une deuxième place qu’elle occupe depuis près d’un an désormais sans pour autant briller politiquement dans l’exécutif Michel. Le Premier ministre qui rappelons-le occupait la seizième place du Baromètre en avril 2014 et qui pointe désormais à la quatrième place, juste derrière Didier Reynders.

PEETERS À LA HAUSSE

Une des surprises intéressantes de ce classement est sans nul doute Kris Peeters. Le vice-Premier CD&V passe de la quatorzième à la huitième place. Son exposition médiatique importante liée à son rôle de "participopposition" au sein du gouvernement fédéral n’est sans doute pas étrangère à cette montée en puissance. Lui qui ne voulait qu’une chose à la veille des dernières élections : retrouver sa place de ministre-Président flamand, revêt donc un costume plus belgicain que par le passé. Il est le deuxième Flamand le plus populaire de Wallonie. Une autre montée intéressante concerne Olivier Maingain. Sa réélection récente à la tête des FDF n’a évidemment pas joué en sa défaveur. Paradoxe, s’il en est, il ne parvient cependant pas à faire décoller la cote de son parti au sud du pays.

BORSUS DÉBARQUE

Après dix ans passés sur les bancs de l’opposition au Parlement wallon, le nouveau ministre fédéral, Willy Borsus (MR) commence donc doucement à se construire une popularité au sud du pays. Alors qu’il était cinquantième il y a un an encore, il fait son entrée à la vingtième place du classement. L’exposition fédérale, il n’y a donc que cela de vrai ? On peut le penser quand on voit les noms de Jamar, Galant, Ducarme (chef de groupe MR à la Chambre) et Marghem à ses côtés dans le "Top 20". Seul Daniel Bacquelaine (quarante-quatrième place) ne semble pas bénéficier de l’effet "ministre fédéral". Malgré la sixième réforme de l’Etat et le déplacement annoncé du centre de gravité vers les régions, c’est toujours le niveau fédéral qui semble attirer tous les regards.

FLANDRE

MAGGIE SUPERSTAR

Mais comment fait-elle ?", doivent se dire ses homologues. Comment Maggie De Block, qui est une ministre de la Santé plutôt discrète, plus discrète en tout cas que quand elle avait en charge l’Asile et l’Immigration, fait-elle pour continuer, inlassablement à grimper dans le baromètre de popularité "La Libre"/RTBF ? Est-ce justement à cause de cette discrétion que les citoyens prendraient pour un gage de sérieux ? Allez savoir. En tout cas, Miss Maggie est désormais seule à la première place du hit-parade des personnalités politiques les plus populaires au nord du pays - une popularité qui dépasse d’ailleurs largement les frontières de la Flandre. La ministre Open VLD a réussi le tour de force de devancer Bart De Wever, l’homme fort de la N-VA. Une réelle performance.

DE WEVER FATIGUE

Bart De Wever est la victime la plus spectaculaire de l’irrésistible ascension de Maggie De Block. Habitué depuis des années à occuper la première place du podium, il est désormais condamné à mener la poursuite derrière la ministre Open VLD. Et cette position, il ne la doit pas seulement à l’excellente performance de Maggie De Block. Il la doit aussi à sa méforme. Le président de la N-VA a pris un coup de mou : il perd deux points de popularité. C’est d’ailleurs la quatrième fois consécutivement qu’il en perd. La toute-puissante de Bart De Wever commence-t-elle à énerver ? Lui reprocherait-on plutôt son refus d’endosser le poste de Premier ministre qui lui revenait pourtant de droit, affichant ainsi une répugnance à mettre les mains dans le cambouis ?

MICHEL EN PREMIER

Voilà, c’est fait. Le Premier ministre Charles Michel dépasse désormais Elio Di Rupo dans le baromètre de popularité en Flandre. Il s’affiche désormais en dix-septième position alors que son prédécesseur socialiste rétrograde à la vingtième place. Il devient du même coup le premier francophone du classement. Il est d’ailleurs probable que son ascension ne s’arrêtera pas là. Elio Di Rupo était encore le cinquième homme politique le plus populaire de Flandre il y a moins d’un an. Charles Michel dispose du potentiel pour aller plus haut encore. Le Wavrien parle un meilleur néerlandais que le président du PS, et représente un courant de pensée plus répandu en Flandre que celui de son prédécesseur.

 




COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

LA REPUBLIQUE DES SONDAGES


Il n’est pas facile d’être belge en 2015.

Il faut en effet, si on veut comprendre quelque chose au tournant que prend la politique chez nous, se farcir ce genre de lecture rébarbative et tenter d’en tirer une analyse. Il n’est, du reste pas plus facile d’être européen, aujourd’hui. Pourquoi tant de complexité et si peu de réponses claires aux défis qu’il nous faut relever et qu’on répugne tous à affronter ? Une chose est devenue claire pour tous : nous vivons largement au-dessus de nos moyens. Les recettes du PS : toujours plus d’impôts et de dette pour financer un Etat social qui dévore les finances publiques. La Flandre n’en veut plus et elle refuse de financer désormais le gouffre wallon, il faut regarder De Wever avant tout comme l’anti Di Rupo par excellence. Sa première ambition : vaincre le doudou montois nommé Elio. Attention, il est en train d’y réussir et paradoxalement avec l’aide des syndicats socialistes qui exaspèrent l’opinion flamande et pourrissent la vie des Belges. 

Quant à la droite elle exige toujours plus d’austérité et de réformes. Les syndicats disent non à toute avancée dans ce sens, comme Joëlle jadis aux réformes communautaires.  

Un forumeur commente : « Le clan socialiste apprend à ses dépens que sa recette est usée. Favoritisme, clanisme, carriérisme, complaisance opportuniste, abaissement du niveau d'éducation au plus petit commun dénominateur, culture de la  médiocrité, irresponsabilité comptable, abandon des principes, ...et j'en passe, finissent par exaspérer ceux parmi les citoyens qui croient encore en certaines vertus comme le courage, l'intégrité, l'excellence, le civisme, le mérite, l'effort, le respect d'autrui, la tolérance, le savoir, la compassion, la non-violence, les actes conformes aux paroles.
Un simple rabibochage ne suffira pas cette fois car la confiance est perdue. » C’est dur, c’est même rude mais c’est ce que pensent beaucoup les Bruxellois qui réfléchissent. Mais, évidemment ce n’est pas l’avis de tous, voyez plutôt :« Imbécile, tu ne vois pas que cette merde de droite nous mène en bateau et que cette politique de régression nous défavorise socialement et financièrement. Pour écrire de telles conneries vaux mieux fermer sa gueule pauvre con . »

Nous avons tous entendu cela, en famille, au bistrot, devant la machine à café et aussi ceci : « Le PS chute au profit du PTB mais hélas, peu de gens savent la véritable idéologie de ce parti. » Et encore cela « L'an prochain Charles Michel, auréolé de toute sa gloire, sera l'invité d'honneur de la Vlaams Nationaal Zangfeest. et vous continuerez à baver sur le PS. »  C’est dire si la morosité est grande chez les citoyens lambdas qui n’arrivent plus à nouer les deux bouts, entendent leurs enfants dire qu’ils ont l’intention de quitter la Belgique une fois leurs études terminées, qui se rendent compte de plus en plus que les grandes surfaces leur font bouffer de la merde, que les trains n’arrivent pas à l’heure, que le chômage les menace de plus en plus, qu’ils n’arrivent plus à rembourser leurs hypothèques, bref que la vie devient horriblement chère et compliquée et que le spectacle d’un monde qui se démonde (pardon d’insister) est de plus en plus insupportable et déprimant. Il n’y a plus d’avenir disent-ils et beaucoup le pensent.

Mais il y a aussi le cri des populistes qui achèvent de noircir le tableau « Et l'an prochain, le PS et le CDH seront les invités d'honneur de la réception donnée par le parti Islam qui aura atteint les 5% d'intention de vote dans les sondages; vous préférez ce cas de figure? » Mais le sentiment général, c’est de plus en plus l’indifférence par rapport au spectacle triste que nous offre la politique : les pantalonnades de Laurette et de Denis Ducarme au parlement, le duo clownesque Goblet en Auguste (FGTB) et Pieter Timmermans l'administrateur de la Fédération des entreprises de Belgique dans le rôle du clown blanc. Un couple royal guindé qui en fait beaucoup mais n’est guère populaire et Monsieur le prince Guignol qui en fait des tonnes.

« C'est un peu comme Mons 2015, y'a des gens que ça intéresse encore? » On parle de quoi : de la politique ou carrément du régime démocratique ?  C’est une vraie question. Certes, il y a les sceptiques : « Moi je n'y crois pas du tout à ces sondages. S'ils sont truqués comme les questions de La Libre pour lesquelles certains (qui ont du temps à perdre pour tenter d'influencer les mouvances sociales...) s'amusent à voter autant de fois qu'ils le veulent... Rien que de l'écrire ça me donne envie de vomir. »

« Envie de vomir ! » L’expression est forte mais rend bien le climat politique actuel : « Personne ne vous demande de "croire" ce sondage comme s'il était une anticipation d'un résultat électoral futur. Voyez ça plutôt comme l'expression d'une tendance. Un nouveau "baromètre" paraîtra dans trois mois, et confirmera (ou infirmera) le sondage actuel : un sondage n'est jamais qu'un "instantané". »« Combien de personnes interrogées? Uniquement les lecteurs de La Libre je suppose, aucune représentation de la Belgique ... »

Que faut-il retenir de tout ceci ? Sans doute le très surprenant succès de Maggie De Block qui fait la nique à tous ses collègues.

Sa recette ?son secret ? Personne ne comprend. Cette grosse dame toujours souriante me fait penser à la reine des abeilles sans qui la ruche ne saurait survivre : image de la mère nourricière et généreuse, ultime refuge des enfants perdus, ces petits Belges que nous sommes.

MG

 

Aucun commentaire: