dimanche 29 mars 2015

Da Vinci: Milquet engage une procédure en suspension contre le professeur de religion islamique

Pierre Bouillon 

Le Soir

Après enquête sur les incidents à Leonardo da Vinci, la ministre Joëlle Milquet lance une procédure disciplinaire à l’encontre de Yacob Mahi.




Le 27 janvier, Amadou, un élève de Leonardo Da Vinci (Anderlecht), se faisait durement tabasser à quelques pas de l’athénée, par une bande de jeunes – dont certains étaient des élèves de l’école. Quelques jours plus tard, la victime s’épanchait dans la presse et faisait valoir l’existence d’un lien entre sa mésaventure et ses prises de position, en classe, en faveur de Charlie Hebdo, exprimées à l’occasion d’un cours d’histoire.

Aussitôt, Joëlle Milquet (CDH), la ministre de l’Education, dépêchait sur les lieux un préfet-enquêteur. Au bout d’une investigation de deux jours à peine (la ministre exigeait une enquête rapide…), le préfet déposa un rapport intermédiaire, forcément léger, et qui porta Milquet à charger quatre autres préfets de mener une nouvelle enquête.

Ils ont remis leur rapport à la ministre la semaine dernière.

PROCÉDURE DISCIPLINAIRE CONTRE UN PROFESSEUR

Après quelques jours de réflexion, Joëlle Milquet annonce jeudi soir, par communiqué, qu’une une procédure disciplinaire va être engagée à l’endroit de l’un des professeurs de l’école. Celui-ci sera auditionné la semaine prochaine par les responsables du ministère. Il fera l’objet d’une « mesure de suspension préventive ».

Le communiqué ne cite pas le nom de l’enseignant visé. Mais il s’agit, sans doute aucun, de Yacob Mahi, le professeur de religion islamique de l’athénée.

Dès le début de l’affaire, cet enseignant avait été suspecté d’être l’instigateur de pétitions ciblant le professeur du cours d’histoire – qui, lui aussi, en classe, s’était déclaré favorable à Charlie Hebdo. Selon les enquêteurs, Mahi aurait bel et bien joué un rôle dans cette pétition.

Mais il y a plus grave.

L’ENSEIGNANT FAIT L’OBJET D’UNE ENQUÊTE JUDICIAIRE

Le communiqué de Milquet signale qu’elle va engager une « procédure en suspension préventive dans l’attente des résultats d’une procédure judiciaire, laquelle devra de déterminer si l’intéressé a adopté des comportements inappropriés à l’égard de certains élèves ».

Selon nos informations, cette enquête judiciaire fait suite à une plainte déposée le 10 février 2014 pour attentat à la pudeur à l’endroit d’un mineur âgé de 16 à 18 ans - on parle d’échanges de SMS entre le professeur et un ou des élèves.

Autre fait reproché à Yacob Mahi : mis en cause dans l’affaire secouant Leonardo da Vinci, l’enseignant avait diffusé une lettre ouverte le 4 février. Si son but avait été de calmer le jeu, c’est l’inverse qui s’était produit.

UNE LETTRE OUVERTE CONTROVERSÉE

Morceaux choisis : « Oui, j’ai dit dans les médias que l’islam considère l’homosexualité comme contre nature et je n’ai jamais stigmatisé un homosexuel, ni même jugé ou condamné sa personne. J’ai le droit, au nom de la liberté d’expression, de considérer que son acte me pose un souci. »

Dans ce texte, le professeur évoquait le philosophe français Roger Garaudy, condamné pour négationnisme : « Ai-je péché quand je cite un auteur, non pas dans ses excès éventuels, mais dans sa pensée élaborée même si je ne pense pas comme lui ? » Un peu plus loin, l’enseignant désignait Garaudy comme son « maître à penser ».

Faisant grand bruit, cette lettre ouverte avait été l’occasion de se demander si l’on peut accepter qu’un professeur tienne à l’extérieur de l’école des propos qu’il ne serait pas autorisé à formuler à l’intérieur. Sur ce point, Milquet avait été claire. Interrogée sur cette lettre ouverte sur Télé Bruxelles, le 6 février, elle avait déclaré :« Une jurisprudence très claire permet de prendre en considération des éléments et des prises de position qui peuvent altérer la manière d’enseigner, même si c’est fait en dehors de l’école. »


 

COMMENTAIRE DE DIVERCIY

 

Garaudy est à l’index depuis longtemps. Le citer ouvertement constitue-il pour autant un délit, un crime contre la pensée ? Chacun jugera en conscience. Garaudy a eu des mots très durs contre le sionisme et Israël en général. On sait qu’il s’est converti à l’islam, sur le tard -comme Béjart du reste et le légendaire commandant Cousteau- après avoir chrétien et marxiste. Beaucoup de musulmans modérés le citent abondalemment.

On aimerait prendre connaissance du rapport des juges/préfets avant de prendre position sur cette affaire. La Ministre n’a pas droit à l’erreur et elle le sait. Les musulmans l’attendent au tournant et pas seulement eux.  Milquet a voulu absolument l’enseignement : c’est un siège éjectable, le PS en est convaincu. Le destin de Milquet méritera d’être suivi de près. 

MG

 

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