mercredi 4 mars 2015

La N-VA engluée au pouvoir?

Béatrice Delvaux Editorialiste en chef 

Et si la N-VA était en train de devenir un parti comme un autre ? C’est ce que des acteurs de la scène politique sont en train de se dire, pour le regretter ou s’en réjouir, le constater ou le provoquer. La N-VA s’est ainsi distinguée en fustigeant un système belge qui, selon elle, agonisait car géré par des partis sans vision, se cherchant des poux à des fins électorales. On allait voir ce qu’on allait voir : la N-VA au pouvoir, c’était « décision-action ». Or, à quoi assiste-t-on ? A des querelles sans fin sur des points qui ne mériteraient pas trois secondes entre gens de bonne foi. Un exemple ? Les aidants proches, sur lesquels Jan Jambon a nié l’évidence de fond, aveuglé par la volonté de tacler Kris Peeters.

La N-VA est arrivée au pouvoir en disant que la Belgique avait besoin de grandes réformes qui rendraient l’économie plus efficiente. Or, à quoi assiste-t-on ? A des querelles sans fin et des anathèmes lancés depuis Anvers, pour interdire de regarder hors de l’épure de l’accord de gouvernement, même quand celui-ci est visiblement étriqué pour réaliser les grands desseins visés, comme pour la fiscalité. On s’est battu sur l’idée, puis sur le terme (tax shift), puis sur le timing, puis sur celui qui allait en parler, puis sur celui qui allait y toucher. Comme si la forme et les egos l’emportaient sur le fond et l’objectif.

Le CD&V pousse certes chaque jour la N-VA dans ses retranchements, mais au moins elle déploie sa guérilla au nom d’un principe philosophique, cohérent et pas futile : l’« équité ». Là où la N-VA donne surtout l’impression de « chipoter ». Arrêtez de « kibbelen » – de vous chamailler – déclarait d’ailleurs samedi au Morgen   l’ex-patron du Voka aux partis du gouvernement, agacé de voir le temps passer sans rien voir venir. Mine de rien, on sera vite à un an de Michel Ier. Si le Voka semble déçu, le mouvement flamand s’inquiète de ce parti nationaliste qui, dit-il, se belgicise. Vu du côté flamingant, des ministres indépendantistes qui gèrent les dossiers fédéraux efficacement, et le doigt sur la couture du pantalon, protègent la Belgique jusqu’à la Maison-Blanche, et apprennent le français pour communiquer avec leurs citoyens, cela fait tache. Et voilà que le milliardaire Marc Coucke, emblème de la Flandre qui a réussi, ne défend pas le saut d’index et déclare au  Soir   que ce ne sont plus la Belgique et la Wallonie qui ont un problème, mais la Flandre qui se belgicise.

La N-VA n’est pas du genre à mordre la poussière, mais elle est aujourd’hui, poussée, si pas à la faute, du moins à la banalisation. Le CD&V n’y est pas pour rien, mais l’exercice du pouvoir, lui, y est pour beaucoup.



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

L’IMPRÉVISIBLE

En somme, le grand gagnant de cette suédoise c’est fondamentalement le MR qui voit son programme électoral très largement appliqué dans l’accord gouvernemental, à mi-chemin entre le néo conservatisme économique de la N-VA et le libéralisme très social du CD&V  caractérisé par les tribulationdu très médiatique Chris Peeters.  Ce serait le rêve sans les très gênantes affaires Kubla et De Decker qui font tache

En face,le PS se déconstruit tout seul et la Flandre se belgicise.

Renvoyer le PS dans l’opposition c’est l’équivalent d’une réforme de l’Etat lançait jadis un Reynders goguenard. On constatera que le Liégeois de Uccle, remis de sa frustration de ne point être devenu commissaire européen  est comme un poisson qui frétille dans les eaux gouvernementales.

N’étant ni devin ni prophète, nous n’avons pas la moindre idée de la manière dont les choses vont évoluer tout au long des quatre années qu’il reste à accomplir. Il se dit, mais cela demeure très discret, que les milieux indépendantistes renâclent devant l’apparente dé radicalisation des excellences de la N-VA. 

Imaginons par hypothèse que Di Rupo aie réussi à reconduire une tri partite fédérale et que la N-VA soit « out » au fédéral et « in » à la région flamande.  Nous serions à deux doigts de l’indépendance flamande.  Il semble de plus en plus évident que le premier objectif de Bart De Wever soit de fait la mise hors-jeu  du PS honni et diabolisé en Flandre. La Belgique fut longtemps un Etat CVP. Il se pourrait bien, mais c’est fort tôt pour le dire, que contre toute attente, elle soit en train de devenir un Etat N-VA. 

MG  

 

 

 

 

 

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