dimanche 22 mars 2015

Sans concurrence, l'archer politique Reynders tire à tout va

Thierry Fiorilli

Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

Depuis le retrait sous sa tente de Philippe Moureaux, et malgré les très récurrents coups d'éclat d'Olivier Maingain, Didier Reynders ne souffre plus guère de concurrence au tournoi des meilleurs archers politiques du royaume.


Didier Reynders. © Belga

C'est lui qui décoche le plus de flèches, et le plus rapidement, c'est lui qui touche le mieux ses cibles et c'est lui qui y parvient avec le plus somptueux mélange de grâce et de férocité. Preuve encore : l'entretien qu'il nous accorde cette semaine dans Le Vif. Le vice-Premier ministre MR y crible consciencieusement, pêle-mêle, sourire aux lèvres, le PS, le CDH, la N-VA, le CD&V et les syndicats. Et par la bande, sans même avoir prononcé une seule fois son nom, ce frère d'armes et frère ennemi à la fois qu'est le Premier ministre, Charles Michel.

DIDIER REYNDERS CRIBLE DE FLÈCHES CONSCIENCIEUSEMENT, PÊLE-MÊLE, SOURIRE AUX LÈVRES, LE PS, LE CDH, LA N-VA, LE CD&V ET LES SYNDICATS

Les propos de Reynders surviennent alors que le gouvernement fédéral reste en posture délicate. Le dernier baromètre La Libre-RTBF a beau le créditer de 5 % supplémentaires d'avis favorables parmi les citoyens belges (pour un total de 25 %), la confiance n'est pas franche et massive à l'égard de l'équipe Michel. Et nulle part : en Flandre, les troupes de Bart De Wever, poids lourd de l'exécutif, perdent ainsi des plumes tant en termes d'intentions de vote que de soutien à leurs principaux dirigeants (les ministres fédéraux Jambon et Van Overtveldtexceptés...). Et au sein même du gouvernement, CD&V et N-VA continuent à cultiver au vu et au su de tous le mépris qu'ils se vouent réciproquement. Pour Didier Reynders, pas forcément en hausse de popularité, l'occasion est trop belle : il accuse donc les deux partis flamands de donner l'impression de vouloir empêcher les réformes bien plus que de les mener. En canardant avec plus d'insistance les chrétiens-démocrates et singulièrement Kris Peeters, déjà la poupée vaudou préférée de De Wever et les siens.

C'est une manière de confirmer que le duo MR - N-VA mène le bal aux commandes du pays. Un duo recommandé ou exploré par Reynders et son clan, pas celui de Charles Michel donc, in nihilo tempore, bien avant que l'actuelle majorité fédérale voie le jour. C'est une façon aussi de discréditer ou d'affaiblir l'axe MR - CD&V dont Michel est l'instigateur et le symbole depuis la campagne électorale du printemps 2014. C'est encore un moyen de fragiliser davantage les chrétiens-démocrates flamands, caution "de gauche" de l'équipe gouvernante et composante indispensable pour garantir ce "centre-droit raisonnable" que défend officiellement le Premier ministre. Le "raisonnable" de ce centre-droit serait le CD&V. Et Reynders prend un malin plaisir à faire comprendre à tout le monde que ce même CD&V se révèle être le maillon faible de la coalition. Autrement dit, qu'il est grand temps de passer à la vitesse supérieure et d'imposer d'authentiques réformes de droite.

Ce que la N-VA attend avec avidité, évidemment. Le parti nationaliste doit re-radicaliser son attitude, ses propos et ses décisions s'il veut garder dans son giron les très nombreux électeurs venus du Vlaams Belang, lors des dernières élections. Ce même Vlaams Belang qui profite aujourd'hui du recul de popularité de la formation de Bart De Wever.

Bref, l'interview de Didier Reynders annonce sans doute des affrontements particulièrement âpres et virils entre partenaires du gouvernement fédéral. Pas sûr que ça augure d'ouvertures imminentes pour les syndicats, dans leur combat contre le saut d'index et la réforme des prépensions. Le carquois du vice-Premier MR, lui, semble encore plein à craquer.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CAVALIER SEUL

Cet homme est redoutable. Mais pour qui roule-t-il ? Moureaux le flingua autrefois en l’appelant « le banquier des rupins ». Ca lui colle à la peau.

A l’évidence, il n’est au service que de lui-même et de ses idées qui ne sont pas très éloignées de celles de la N–VA : « de kracht van verandering ». Reynders veut des réformes tandis que la gauche conservatrice exige le statu quo et le respect des droits acquis. 

On le comprend de mieux en mieux, la suédoise est une colaltion à géométrie variable avec un axe Michel-Peeters (CD&V /MR tendance Michel) et un axe Reynders-De Wever (N-VA/MR tendance Reynders).

C’est dire que le maillon faible de cette alliance pourrait bel et bien être ce MR divisé contre lui-même. 

 

 


M. REYNDERS GRIMÉ EN "NOIRAUD", LA BELGIQUE ACCUSÉE DE NÉOCOLONIALISME

AFP La Libre Belgique


La Belgique a été accusée jeudi sur les réseaux sociaux et par Human RightsWatch (HRW) de ne pas avoir soldé son passé colonial, après que son ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, se fut grimé en "Noiraud", un personnage du folklore bruxellois censé représenter un roi africain, lors d'une manifestation caritative. "Allez-vous vous présenter avec ce visage teint en noir lors de votre prochaine rencontre avec des responsables africains? Honte à vous! ", a lancé sur Twitter le directeur pour les situations d'urgence de HRW, Peter Bouckaert. 
L'actrice et activiste américaine Mia Farrow a "retweeté" un message d'un autre responsable de l'organisation de défense des droits de l'homme, qui jugeait "choquant" et "embarrassant" que le ministre se soit accoutré de la sorte.

La polémique, qui a pris la Belgique par surprise, est née de la diffusion mercredi par la télévision française France 2 d'un reportage sur le "défilé des Noirauds", auquel ont participé samedi le libéral Didier Reynders, mais aussi le bourgmestre de Bruxelles, le socialiste Yvan Mayeur. L'actuel roi Philippe avait lui aussi pris part au cortège lorsqu'il était adolescent, avec son frère, le prince Laurent, et tous deux avaient également effectué des collectes dans les bons restaurants de Bruxelles.

Les membres de ce groupe fondé en 1876 déambulaient, comme chaque année en période de carnaval, dans le centre de Bruxelles pour récolter dans les restaurants des fonds destinés à l'enfance défavorisée. Afin de ne pas être reconnus, ils ont le visage teint au cirage et sont vêtus d'un haut-de-forme blanc, d'un habit noir et de pantalons bouffants de couleur vive. Pour l'occasion, la statue de Manneken Pis, symbole de la ville, porte elle aussi un costume de "Noiraud". Ce groupe folklorique est né pour sauver de la faillite une crèche des Marolles, un quartier populaire de la capitale. "C'est avec bonheur et bonne humeur que j'y ai participé", a expliqué M. Reynders sur son blog.

Le correspondant à Bruxelles de France 2, François Beaudonnet, s'interrogeait: "Qu'une personnalité politique de premier plan puisse se promener grimé de la sorte et se mettre en scène à la manière d'un chef de tribu africaine a de quoi étonner, n'est-ce pas? ". "S'agit-il d'une belle tradition généreuse ou de folklore aux relents colonialistes? ", ajoutait-il dans une référence au statut de puissance coloniale que fut la Belgique au Congo, au Rwanda et au Burundi, jusqu'au début des années 1960.


C'est plutôt "une sottise de journaliste français en mal d'informations", a réagi à la télévision belge un ancien bâtonnier du barreau de Bruxelles, Jean-Pierre Buyle, Noiraud lui aussi, relayant le sentiment de nombreux internautes belges.

La chaîne publique RTBF se demandait toutefois s'il ne s'agissait pas plutôt d'un "vrai pavé dans la mare de la part d'un observateur extérieur à l'oeil plus aiguisé que les défenseurs à tout crin du folklore et de la tradition? ".

En 2012, la justice avait refusé d'interdire la bande dessinée "Tintin au Congo", elle aussi accusée de véhiculer des stéréotypes racistes.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MESSAGE CACHÉ ?

Comment un homme réputé aussi intelligent peut-il se montrer aussi peu inspiré et avisé. Plus qu’une erreur, c’est une faute grossière que ne commettrait pas un débutant en politique à moins qu’il y ait un message caché pour un électorat caché autrement dit une sorte de clin d’œil vers la N-VA. Avec lui, tout est possible. « Il est grand temps de passer à la vitesse supérieure et d'imposer d'authentiques réformes de droite. »

Certains demandent sa démission. On ne peut pas dire que Didier Reynders par ce déguisement absurde contribue à promouvoir l’interculturel.

MG


ZIJN OPTREDEN ALS ‘NOIRAUD’ OP 14 MAART SPEELT MINISTER VAN BUITENLANDSE ZAKEN DIDIER REYNDERS NOG LANG PARTEN. VERSCHILLENDE PROMINENTEN VRAGEN IN EEN OPEN BRIEF, GEPUBLICEERD IN DE STANDAARD, ZIJN ONTSLAG.

Bij dezen vragen we Didier Reynders af te treden als onze minister van Buitenlandse Zaken, op grond van onmiskenbare onbekwaamheidZijn aftredenzou getuigen van politieke moed en leiderschap in de collectieve strijd tegenracisme en discriminatie, die we niet langer kunnen uitstellen.’

Zo besluit de open brief die ondertekend werd door onder anderen auteur DyabAbou Jahjah, mode-ontwerpster Rachida Aziz, Sarah Bracke (Harvard, VUB, UGent). De ondertekenaars vinden het niet kunnen dat minister Reynders (MR) op zaterdag 14 maart zich verkleedde als ‘noiraud’.

 

 

 

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