vendredi 13 mars 2015

Un adolescent australien décrit la voie du jihad, de l'école au "martyre"

La libre Belgique



"Mon martyre approchant, je veux vous raconter mon histoire": Un adolescent australien présumé mort cette semaine dans une vague d'attentats suicide en Irak a décrit sa funeste conversion, des bancs de l'école à l'enfer du jihad.

Dans un manifeste de 4.400 lignes publié en ligne, Abou Abdoullah al-Australide raconte comment "un écolier athée de la bourgeoise Melbourne est devenu un soldat du Khilafah (Califat) prêt à sacrifier (sa) vie pour l'islam à Ramadi, en Irak".

Derrière ce nom de guerre se cache vraisemblablement Jake Bilardi, 18 ans, un jeune homme frêle aux cheveux bouclés ébouriffés, reconnu par des amis et des fidèles d'une mosquée sur des photos le mettant en scène aux côtés de combattants du groupe Etat islamique (EI) en Irak.

Les autorités australiennes ne l'ont pas officiellement identifié mais une autre photo tirée d'une vidéo de propagande qui émanerait de l'EI montre une voiture blanche avec le portrait en insert du jeune homme au volant d'une voiture blanche, utilisée cette semaine dans une attaque suicide contre une unité de l'armée irakienne dans l'ouest de l'Irak.

"LES ACTES DES TALIBANS ÉTAIENT JUSTIFIÉS À MES YEUX"

"Malgré des hauts et des bas comme tout le monde, ma vie dans une banlieue ouvrière de Melbourne était très confortable", écrit-t-il dans un anglais très maîtrisé pour son âge.

Il situe le frémissement de sa conscience à l'époque où, élève de primaire, il prenait régulièrement son petit-déjeuner devant la télévision. "Je regardais presque tous les matins l'émission "Sunrise" de Channel 7. On y débattait de questions comme 'Encore une attaque en Amérique, devrions-nous nous méfier des musulmans en Australie?'".

"Je voyais les talibans comme un simple groupe d'hommes d'honneur désireux de protéger leur pays et leur peuple contre l'envahisseur, et même si je n'étais pas forcément en accord avec leur idéologie, leurs actes étaient à mes yeux complètement justifiés".

C'est à l'entendre l'aîné de la fratrie, passionné de relations internationales, qui lui avait parlé d'Oussama ben Laden et d'Al-Qaïda. "Mais je sais qu'il n'est pas heureux que je sois ici (en Irak, NDLR), et je peux assurer que, non, il ne m'a pas 'radicalisé'".

PROJET D'ATTENTATS À MELBOURNE

Il poursuit seul, isolé, sur internet, sa formation intellectuelle et politique, profitant de l'ordinateur portable offert par le gouvernement de l'Etat de Victoria à tous les lycéens. Ses recherches, dit-il, révèlent "les mensonges et les trahisons" de l'Occident, particulièrement dans les conflits en Irak et en Afghanistan.

Lentement, dans l'ombre, l'adolescent développe "une haine et une opposition farouche au système représenté par l'Australie et la majorité des pays du monde". Une conversion totale, irréversible.

"De supporteur modéré des groupes militants islamiques dans différents pays, je suis devenu convaincu que la révolution mondiale violente était la réponse aux maux du monde", explique l'adolescent.

Il évoque également un "plan B" s'il ne parvenait pas à rejoindre les jihadistes en Irak ou en Syrie, si les autorités australiennes faisaient échec à ses projets.

"Ce plan consistait à lancer une vague d'attentats à la bombe à Melbourne, en visant les consulats étrangers et des cibles politiques/militaires et des attaques à la grenade et au couteau dans des centres commerciaux et des cafés". Le massacre devait se conclure par la mort de l'auteur dans un attentat suicide à l'explosif "au milieu des kuffar (infidèles)".

Mais Jake Bilardi, parti en août 2014, n'a pas été arrêté par les autorités: son passeport n'a été annulé qu'en octobre.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CYGNE NOIR ?

Cet article est extrêmement dérangeant. Il semble démentir une thèse devenue courante selon laquelle les djihadistes sont des ados recrutés dans les prisons et dans les banlieues troubles des grandes villes parmi une jeunesse de désœuvrés brouillée avec l’école et flirtant avec la délinquance. Nous avons à faire dans le cas présent à un jeune WASP converti écœuré par les contradictions de notre système socio-politique. « Je suis devenu convaincu que la révolution mondiale violente était la réponse aux maux du monde", explique l'adolescent. » Est-ce à dire que notre civilisation occidentale à bout de souffle secrète des jeunes mutants prêts à détruire des vies humaines, à commencer par la leur dans le dessein de se révolter contre un système dont ils sont issus et dans lequel ils ne se reconnaissent pas ?  C’est sans doute la plus terrifiante des hypothèses. Faut-il y voir un cygne noir annonçant comme une métamorphose tragique des mentalités ?

C’est assurément l’hypothèse de Houellebecq dans « Soumission ». Un cygne noir n’est pas plus annonciateur de métamorphose qu’une hirondelle isolée n’est la une garantie du retour du printemps.

MG


"J'AI ÉTÉ UN ISLAMISTE CONVAINCU DURANT 20 ANS" : LE TÉMOIGNAGE DE USAMA HASAN DEVENU UNE FIGURE DE LA LUTTE CONTRE LE RADICALISME

LA LIBRE BELGIQUE

INTERNATIONAL

Dans une vidéo réalisée pour la Commission européenne et relayée par Le Figaro, un ancien islamiste raconte comment il s'est enfoncé dans le radicalisme mais, surtout, comment il est parvenu à s'en sortir. 

Usama Hasan revient ainsi sur le début de son histoire et avoue "avoir été un islamiste convaincu durant 20 ans". Il a d'ailleurs été faire le jihad en Afghanistan lors de l'invasion du pays par l'URSS. Depuis, il explique avoir réalisé que"l'extrémisme était un problème majeur pour l'islam et les musulmans du monde entier". Aujourd'hui chercheur pour le think tank, Quilliam Foundation, il lutte contre l’extrémisme.

"J'ai grandi à Londres dans une famille nombreuse. Nous avons reçu une éducation totalement vouée à la religion, avec 5 prières par jour dès notre plus jeune âge. Entre 5 et 11 ans, j'ai mémorisé l’entièreté du Coran en arabe. Mes parents voulaient m'éduquer dans l'extrême dévotion et m'isoler du monde extérieur. Lorsque notre grand-père est venu nous rendre visite, ma mère a caché la télévision car il y était opposé. Il trouvait que c'était un instrument satanique. Avec mes cinq frères et sœurs, nous vivions difficilement notre foi en Grande-Bretagne", se rappelle-t-il.

En Grande-Bretagne, il explique avoir dû faire face à de nombreux incidents racistes, certains violents. Des incidents qui ont contribué à faire monter sa colère. "J'ai vu ma mère être harcelée par des employés du secteur public. Tout ça, ça a de quoi vous mettre en colère. Les groupes islamistes affirmaient que les vrais musulmans seraient toujours confrontés à l'hostilité des non musulmans. La solution, selon eux, c'était donc de créer un Etat islamique et vivre dans un environnement purement musulman".

UN GOÛT DU MARTYRE

C'est à peu près au même moment qu'il s'engage dans une organisation salafiste et fondamentaliste. "Lorsque j'ai appris que des membres de mon mouvement partaient en Afghanistan, j'avais déjà acquis un certain amour pour le jihad et un goût du martyre. En fait, ce que je recherchais, c'était mourir au combat et avoir une fin glorieuse"

Lorsqu'il est revenu, Usama Hasan explique avoir célébré les attentats du 11 septembre. "J'ai honte de l'admettre aujourd'hui. Même si je les ai célébrés, je me sentais coupable que des milliers de civils soient morts. Je me suis alors remis en question. Notre interprétation de l'Islam était-elle la bonne?"

UN VIRAGE À 180 DEGRÉS

"Suite aux attentats, j'ai été contacté par Al Qaeda, elle voulait me recruter", avoue-t-il. Une proposition qu'il n'a pourtant pas acceptée. "Suite aux attentats à Madrid, j'ai prêché contre eux à la mosquée, ça m'a valu ma première menace de mort". Depuis, il est d'ailleurs régulièrement menacé.

"J'ai beaucoup appris ces 30 dernières années, et j'essaie de transmettre ces leçons à mes enfants. Nous commettons tous des erreurs et nous espérons que nos enfants ne les reproduiront pas. A ceux qui, aujourd'hui, souhaitent faire le jihad, je leur dis que j'étais exactement comme eux, en colère, mais qu'ils doivent parler à ceux qui l'ont déjà vécu et essayer d'apprendre d'eux", conclut-il. 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« NOTRE INTERPRÉTATION DE L'ISLAM ÉTAIT-ELLE LA BONNE? »

C’est sans doute la question clef celle dont la réponse est de nature à déterminer l’avenir de l’humanité de. L’humanité n’attend ni un nouveau Dieu, ni à nouveau prophète mais simplement de nouveaux exégètes du Coran capablesd’en offrir une lecture plus généreuse, plus ouverte et plus compatible avec le monde d’aujourd’hui. Vouloir s’immerger dans un nouveau Moyen Âge islamiste s’est tourner le dos à la réalité. A quoi bon connaître le texte fondateur par cœur si on le comprend de manière réductrice. Ce qu’il faut c’est d’exercer son esprit critique pour en comprendre la quintessence et l’esprit. Et cela est vrai pour tous les textes fondateurs. Nous vivons à l’ère des intégristes qui entendent donner le ton chez les adepte des de la religion du livre.

Le djihadisme du califat du Daech c’est le triomphe de Thanatos sur la civilisation : c’est la mort de l’humanité. Peu le savent mais le premier sens de « jihad » c’est le travail sur soi pratiqué dans le dessein de s’améliorer et d’être plus disponibles pour les autres.

MG

 

 

 

 

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