mardi 28 avril 2015

Enfin des idées pour la gestion des fins de carrière


Béatrice Delvaux Éditorialiste en chef 

On l’a souvent écrit : réformer les pensions s’impose pour garantir leur financement, mais reculer l’âge de la fin de carrière n’est ni crédible ni jouable, si ce n’est pas assorti d’un projet concret pour les fins de carrière. L’espérance de vie a beau augmenter, la réalité dans les entreprises pour les hommes et femmes de plus de 55 ans n’est pas toujours le roman rose que certains voudraient écrire. Cadre ou ouvrier, ils entendent ainsi souvent qu’ils sont une charge financière, un boulet technologique. Les restructurations d’entreprise le prouvent à souhait. L’avis rendu hier par la Commission pension vient donc à point et doit être salué.

1. Ce rapport comble en partie le trou béant de la gestion des fins de carrière dans la politique « pensions » du gouvernement Michel. La proposition qui est sur la table – la pension à temps partiel – apporte en effet une réponse à la suppression déraisonnable des crédits temps, ainsi qu’à la volonté de mettre fin aux prépensions. La Commission propose, de plus, un système flexible, qui rend à l’individu une certaine maîtrise de ses choix de (fin de) carrière et intègre les éléments d’évolution de la société (espérance de vie et mutation technologique par métier). Il offre ainsi des possibilités à ceux qui veulent lever le pied plus vite. Ajoutons que la pension à temps partiel a le mérite de permettre aussi la transmission de l’expérience graduellement.

2. Le point négatif réside dans le prix que le travailleur aura à payer pour cette pension anticipée, qu’il devrait désormais s’offrir, alors qu’elle était autrefois payée par la collectivité. Ce choix a priori dès lors réservé aux « riches » est corrigé socialement dans l’avis par une compensation prévue pour les métiers pénibles.

3. Cette compensation est-elle trop restrictive ? La pension à temps partiel est-elle praticable ? Le lien individualisé à l’espérance de vie, choquant ? Messieurs, Dames, les autres experts, les partenaires sociaux, les hommes politiques, « tirez » avec de bonnes munitions. C’est tout l’intérêt de ce rapport : il existe, et les jours qui viennent doivent servir à abreuver le gouvernement et la Commission de remarques, critiques, etc. Car il y a dans cet avis de quoi en tirer une politique équitable, finançable et de ce temps.

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES VIEUX PROFS

J’ai passé quelques heures ce week-end avec une brochette de profs en fin de carrière. Un régal ! Tous sont intarissables sur leur passion professionnelle et leurs enthousiasmes de pédagogues. Mais il faut y mettre un triple bémol : ces intellectuels sont affligés par la baisse du niveau des élèves que leur impose le décret inscription, indignés par les directives infantilisantes des inspections imposées par la Communauté française et surtout, ils sont anéantis par les perspectives d’un allongement général des carrières. Bref ils se sentent mal compris et mal aimés. Plus qu’une erreur, c’est une faute politique grave. Nos enseignants ne sont-ils pas les sentinelles de la démocratie ? Il n’est pas bon de les décourager.

MG

 

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