jeudi 30 avril 2015

Frères ennemis plus que jamais

Béatrice Delvaux, Editorialiste en chef (Le Soir) 



ANALYSE DES RÉSULTATS DU GRAND BAROMÈTRE CONCERNANT LES INTENTIONS DE VOTE.

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Attention, les chiffres donnés aujourd’hui sont un sondage. Usons donc de prudence, du recul dans le temps et de la confrontation à la réalité. Mais il n’empêche que le tableau politique projeté, va secouer dans les états-majors des partis. Le PS en chute en Wallonie, devancé par le MR : c’est un peu comme si le rêve secret des libéraux, longtemps vu comme un inaccessible Graal, était soudain à leur portée.

Il reste du temps d’ici la prochaine élection. Mais à ce stade, il semble en tout cas possible que la transgression ne soit pas nécessairement kamikaze. La transgression ? Monter au pouvoir avec la N-VA, seul francophone dans une coalition de partis flamands, reculer l’âge de la pension, faire un saut d’index, défendre Bart De Wever seul avec lui, contre tous (l’épisode berbère) : les gestes posés par Charles Michel depuis son accession au 16 rue de la Loi ne semblent pas l’anéantir. « Tout ce qui ne vous tue pas, vous rend plus fort » : l’adage vaudrait donc aussi en politique. Car à ceux qui objecteront que dans notre sondage, le MR ne gagne pas, mais reste stable, il semble évident à l’aune de l’enfer qu’on lui avait promis, qu’en soi, cette « stagnation » est un succès. D’autant que le PS lui encaisse, et lourdement.

Les socialistes le savent : ils ont un problème d’existence. Dans l’opposition au fédéral mais aussi en Wallonie comme à Bruxelles, où l’incarnation manque de force à gauche. On tient des discours de critique, de lutte contre le fédéral, mais on peine à donner du contenu et de la vision stratégique au destin des régions. Magnette peut corriger le tir très vite, pour Vervoort cela reste à prouver. Souci donc à Bruxelles aussi, où les socialistes doivent leur moins mauvaise prestation aussi la faiblesse libérale.

Gare à l’ivresse bleue : une législature, c’est long. Et Charles Michel devra régler son déficit de popularité et de charisme francophone. Il faudra à un moment donné se souvenir que c’est au sud du pays, pas au nord qu’il devra gagner les élections. Le resserrement des positions PS-MR ne devrait lui, qu’attiser la guerre que se livrent aujourd’hui les deux partis. Rien ici n’est de nature à calmer le duel Magnette/Michel. Sauf peut-être le constat dangereux rappelé hier : l’urgence est de redonner au citoyen le goût de la politique. Ce défi concerne tous les partis.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

REDONNER AU CITOYEN LE GOÛT DE LA POLITIQUE.  UN DÉFI POUR TOUS LES PARTIS.


Il est là, le vrai défi. Le citoyen fait peu de cas de l’idéologie, il veut que le pays tourne, or il ne tourne pas rond et tous les efforts de l’opposition de gauche pour torpiller la suédoise ne font qu’empirer les choses sans rien résoudre du tout. L’échec de la tentative d’organiser une nouvelle grève générale achève de décrédibiliser l’opposition tandis que le MR dépasse le PS dans les sondages. Mais tout cela ne réussit pas à rendre la suédoise populaire en Wallonie. Paradoxe des paradoxes, Charles Michel est plus populaire en Flandre qu’en Wallonie. Et voilà qu’on apprend que les Flamands en ont marre des réformes institutionnelles et redécouvrent les charmes de la Belgitude. Décidément pays est carrément surréaliste. 


VLAMING IS STAATSHERVORMING BEU

De Morgen BronBelga

Voor het eerst sinds de jaren negentig kalft in Vlaanderen de steun voor eenstaatshervorming afDat blijkt uit een onderzoek van het Instituut voorSociaal en Politiek Opinieonderzoek (ISPO) van de KU Leuven, waaroverDe Standaard en Het Nieuwsblad berichten.

Uit het onderzoek blijkt dat voor nauwelijks 5,7 procent van de Vlaamse kiezersde staatshervorming een rol speelde bij het maken van een keuze tijdens de verkiezingen van vorig jaarZelfs bij de N-VA-kiezers haalt slechts een op de negen kiezers de staatshervorming aan als een stembepalend onderwerp.

In 2007 speelde de staatshervorming wel mee bij 13,3 procent van de kiezers in VlaanderenDrie jaar later, na de val van de regering over de BHV-kwestie, was dat zelfs 19,7 procent

De kiezers die meer of alle bevoegdheden in Vlaamse handen willenhebbenvoor het eerst sinds lang geen meerderheid meerVlamingen identificeren zichdaarentegen meer dan vroeger met België.

VLAMING HOUDT WEER VAN BELGIË

De Standaard Wim Winckelmans


Voor het eerst sinds de jaren negentig kalft de steun voor een staatshervorming afDat blijkt uit een onderzoek van de KU Leuven. Meer dan vroeger krijgt België de voorkeur.

Na de verkiezingen van mei 2014 bevroeg de KU Leuven in haar gereputeerdeISPO-onderzoek 1.183 kiezers over hun overtuigingenDe communautaire trendbreukvergeleken met de verkiezingen van 2007 en 2010, springt in het oog.

Voor het eerst sinds de jaren 90 neemt de animo voor meer Vlaamsebevoegdheden af. Het aantal separatistische kiezers halveertterwijl de groep die voorstander is van de huidige staatsstructuur meer dan verdubbelt. De kiezersdie meer of alle bevoegdheden in Vlaamse handen willenhebben voor het eerstsinds lang geen meerderheid meerVlamingen identificeren zich daarentegenmeer dan vroeger met België. De voorkeur voor Vlaanderen als ultiembeslissingscentrum ligt lager dan ooit en de tendens naar verdere vervreemdingvan de Franstalige Belgen lijkt omgebogen.

Die vaststellingen zijn opmerkelijkaangezien de Vlaams-nationalistische N-VA de grote overwinnaar van de afgelopen verkiezingen was. Die zege kan volgensde ISPO-onderzoekers niet verklaard worden door een toenemend Vlaams-nationalistisch bewustzijnVeeleer lijkt het dat de N-VA anticipeerde op het veranderende denkpatroon bij de kiezers met de befaamde ‘bocht van Bracke’, waarin de partij volop ging voor een ‘sociaaleconomische herstelregering’. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE VIRAGE DE BRACKE

Il s’agissait de mettre les problèmes communautaires en arrière-plan pour donner la priorité au socio-économique. C’est un virage en épingle à cheveu qui risque de faire déjanter la N-VA tandis qu’il sert les intérêts du MR qui y retrouve son corebusiness à la grande joie de ses électeurs.  

'VLAMINGEN HOUDEN WEER MEER VAN BELGIË'

Knack

Voor het eerst sinds de jaren negentig kalft in Vlaanderen de steun voor eenstaatshervorming afDat blijkt uit een onderzoek van van het Instituutvoor Sociaal en Politiek Opinieonderzoek (ISPO) van de KU Leuven. Voorslechts 5,7 procent van de kiezers is de staatshervorming stembepaldend.

© BELGA

De Standaard en Het Nieuwsblad berichten over het onderzoek.

Daaruit blijkt dat voor nauwelijks 5,7 procent van de Vlaamse kiezers de staatshervorming meespeelde bij het maken van een keuze tijdens de verkiezingen van vorig jaarZelfs bij de N-VA-kiezers haalt slechts een op de negen kiezers, 11 procent, de staatshervorming aan als een stembepalendonderwerp.

'BOCHT VAN BRACKE'

In 2007 speelde de staatshervorming mee bij 13,3 procent van de kiezers in VlaanderenDrie jaar later, na de val van de regering over de BHV-kwestiewasdat 19,7 procent, en bij N-VA-kiezers zelfs 40 procentDe kiezers die meer of alle bevoegdheden in Vlaamse handen willenhebben voor het eerst sinds langgeen meerderheid meerVlamingen identificeren zich daarentegen meer danvroeger met België.

Volgens onderzoeker Koen Abts heeft de N-VA geanticipeerd op de veranderende verzuchtingen bij de kiezers door de 'bocht van (Siegfried) Brackete makenen het regeringswerk vooral op economischethema's te richten.

(Belga/RR)

 

N-VA KLOPT WEER OP NAGEL VAN GELDTRANSFERS VAN VLAANDEREN NAAR WALLONIË

NU AL VOORPROEFJE VOOR KIESCAMPAGNE VAN 2019

Bron: Het Laatste Nieuws

Vlaams minister-president Geert Bourgeois gaat de geldtransfers tussenVlaanderen en Wallonië in kaart brengen. Dat N-VA plots weer de communautaire kaart bovenhaaltheeft volgens politicoloog Bart Maddensmaar één reden: "Het Vlaams-nationalistische blazoen opblinken tegen de verkiezingen van 2019."

Vlaams Belang blijft op de geldtransfers hameren. Drie parlementaire vragenheeft de partij erover aan N-VA gesteld. Pas bij de derde kreeg Vlaams Parlementslid Stefaan Sintobin een antwoord van Vlaamse minister-presidentGeert Bourgeois (N-VA). 

Een opmerkelijk antwoord: Bourgeois gaat een studie bestellen naar de transferstussen Vlaanderen en Wallonië. De N-VA'er laat Sintobin ook weten dat hij de geldoverdracht naar Wallonië wil monitorenHoe precies is afhankelijk van de resultaten van de nieuwe studie

Tegelijk kan Bourgeois geen vermindering of stopzetting van de geldtransfersgaranderen. "Daarvoor is onvoldoende democratisch draagvlak", stelt de minister-president. "Bij de zesde staatshervorming is de financieringswetaangepast en die kreeg de steun van de meerderheid bij de Vlaamse partijen."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE GRAND RETOUR DU DOSSIER COMMUNAUTAIRE

CHASSER LE COMMUNAUTAIRE EN BELGIQUE ET IL REVIENT AU GALOP.

Mais voilà, si ces petits jeux passionnent le personnel politique de la N-VA, ils semblent amuser de moins en moins le peuple flamand qui s’éloigne d’eux (ils sont tombés sous la barre des 30% dans les sondages) et ils redécouvrent le mot Belgique. C’est un scoop et c’est tout à fait hallucinant. Comme quoi en politique, c’est l’imprévisible qui mène la danse. 

"Je ne parviens plus, en conscience, à croire en l'avenir de notre Etat », pensait le grand François Perin qu’il faut relire absolument.  . « Il est difficile de rester parlementaire d'un Etat auquel on ne croit plus et dont le système politique paraît absurde." Et cela pour trois raisons : « trois maux, "incurables et irréversibles", dont souffre selon lui la Belgique : le nationalisme flamand, la particratie et le pouvoir exorbitant des syndicats. » "J'ai cru qu'une réforme institutionnelle de type fédéral serait de nature à garantir la cohabitation paisible des deux grandes communautés du pays et je me suis investi politiquement dans ce sens, confessera Perin en juin 2013, trois mois avant sa mort. « Mais j'ai compris très vite que le fédéralisme, que nous considérions, nous les francophones, comme un aboutissement, n'était pour les Flamands qu'un moyen de progresser plus vite sur la voie de l'indépendance."

Et voilà pourquoi nous autres Belges nous éloignons-nous, et nous désintéressons-nous tellement de la politique. « En Wallonie, que de conservatisme de tout bord, que de bornés et d'aveugles, que de sclérose et de vieillissement ! D'une certaine façon, nous devons être reconnaissants à l'égard des Flamands tentés par l'égoïsme et le goût de l'hégémonie de nous faire sortir de notre inertie !"

Quelle lucidité.

MG

 

QUAND LE FÉDÉRALISME ÉTAIT UNE UTOPIE

François BrabantJournaliste politique au Vif/L'Express

Plusieurs écrits de François Perin, l'un des artisans de la transformation de la Belgique en un pays fédéral, sont réédités. L'occasion de redécouvrir cette figure majeure du mouvement wallon, dont les idées ont inspiré les fondateurs d'Ecolo.



Francois Perin en compagnie de Jean Gol© BELGAIMAGE

Une démission-désertion, du dépit, et même un soupçon de dégoût. Le 11 juin 1985, François Perin claque la porte du Parti réformateur libéral et met un terme à sa carrière politique. L'intellectuel liégeois justifie son acte en déclarant ne plus pouvoir "cautionner la politique conservatrice" menée par la coalition Martens-Gol, qui rassemble sociaux-chrétiens et libéraux. L'ancien ministre reproche à son président de parti, Louis Michel, de s'éloigner du libéralisme des Lumières pour lorgner la droite dure, incarnée au Royaume-Uni par Margaret Thatcher. Mais la motivation profonde de sa décision réside ailleurs : esprit caustique, inclassable, Perin éprouve le besoin de recouvrer une totale liberté de pensée.

Son geste de 1985 est, à vrai dire, le prolongement d'un autre, survenu cinq ans plus tôt. Le 26 mars 1980, François Perin démissionne, à la surprise générale, de son mandat de sénateur. En plein débat sur la création des premiers gouvernements régionaux, il laisse apparaître l'énorme scepticisme que lui inspire l'avenir du pays"Je ne parviens plus, en conscience, à croire en l'avenir de notre Etat, lâche-t-il. Il est difficile de rester parlementaire d'un Etat auquel on ne croit plus et dont le système politique paraît absurde." Au cours de sa brève allocution, le sénateur expose les trois maux, "incurables et irréversibles", dont souffre selon lui la Belgique : le nationalisme flamand, la particratie et le pouvoir exorbitant des syndicats.

La Belgique, François Perin ne l'a jamais beaucoup aimée. En revanche, il a longtemps cru que le fédéralisme serait à même de donner au pays un nouveau souffle, une nouvelle cohérence. Cet espoir déçu le fera basculer vers un rejet total de l'introuvable patrie belge, comme l'illustre un florilège de ses écrits, aujourd'hui réédités et commentés par l'essayiste Jules Gheude"J'ai cru qu'une réforme institutionnelle de type fédéral serait de nature à garantir la cohabitation paisible des deux grandes communautés du pays et je me suis investi politiquement dans ce sens, confessera Perin en juin 2013, trois mois avant sa mort. Mais j'ai compris très vite que le fédéralisme, que nous considérions, nous les francophones, comme un aboutissement, n'était pour les Flamands qu'un moyen de progresser plus vite sur la voie de l'indépendance."

ECOLO ET LE FÉDÉRALISME RADICAL

De 1974 à 1976, Perin intègre le gouvernement Tindemans II, où il obtient le portefeuille des Réformes institutionnelles. Peu après, il se rapproche des libéraux. A la même époque, un bouillonnement nouveau gagne les sociétés européennes. Un peu partout, et notamment en Wallonie, les pionniers de l'écologie politique s'organisent. Cette préhistoire du parti Ecolo est racontée par Benoît Lechat, ancien journaliste à l'agence Belga, dans un livre publié en janvier dernier, quelques semaines avant son décès. L'un des grands mérites de l'ouvrage est de montrer à quel point les écologistes wallons ont été imprégnés par les thèses fédéralistes.

Le père fondateur d'Ecolo, Paul Lannoye, a lui-même été l'un des dirigeants du Rassemblement wallon. Ce physicien namurois, assistant à l'ULB, partage avec François Perin l'idée que la particratie gangrène la Wallonie et que la région a besoin d'un sursaut. Même si les deux hommes se sont distanciés au début des années 1970, leur diagnostic reste identique. "Nous prenons conscience que le combat est d'abord un combat contre nous-mêmes, professe Perin. En Wallonie, que de conservatisme de tout bord, que de bornés et d'aveugles, que de sclérose et de vieillissement ! D'une certaine façon, nous devons être reconnaissants à l'égard des Flamands tentés par l'égoïsme et le goût de l'hégémonie de nous faire sortir de notre inertie !"

Ironie de l'Histoire : c'est à peu près au moment où François Perin quitte la politique que le parti se rallie à des positions plus conventionnelles, ou plus réalistes, et délaisse le fédéralisme radical de ses débuts. La fin d'une utopie.˜

François Perin. Une plume, par Jules Gheude, Les éditions de la province de Liège.

Ecolo. La démocratie comme projet, par Benoît Lechat, éd. Etopia.

 

 

 

 

 

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