mardi 14 avril 2015

Günter Grass, écrivain et Nobel, est décédé


POUR SALUER FRANÇOIS MASPÉRO ET…

Pierre Assouline, La république des livres.



Pour ceux qui ne le connaissaient pas, François Maspéro, qui vient de disparaître à 83 ans , était quelqu’un de pudique, discret, réservé. Du genre qui pèse chacun de ses mots avant de les employer. Des qualités manifestées tant dans son activité d’éditeur (« éditeur engagé » clament ce matin les médias, mais s’agissant de lui, c’était d’une telle évidence que cela en devenait pléonastique) que dans celle de traducteur et d’écrivain. Tout le contraire d’un bateleur de médias.

Il fut autrefois le fondateur et l’âme des éditions Maspéro, résolument engagées à gauche, et l’animateur de la légendaire librairie « La joie de lire », rue Saint-Séverin au Quartier latin. Résolument marqué à l’extrême-gauche en toute indépendance des chapelles (sa collection «Cahiers libres» lancée en 1959 était un clin d’œil complice aux « Cahiers » de Charles Péguy) même si au lendemain de 68 il se rapprocha de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) millésimes Krivine.

A ce double titre, il joua un rôle essentiel dans la vie des idées en France dans les années 60 et 70, même si les esprits étroits ont toujours du mal à imaginer qu’un éditeur et un libraire puissent avoir l’importance d’un intellectuel dans la circulation des idées. Jusqu’au jour où il passa la main. Ses engagements politiques étaient certes contestables mais leur cohérence sur la durée force le respect.



Etant ce qu’il est, François Maspéro le fit avec élégance. C’est à peine si un jour (sur ma sollicitation et dans les colonnes du journal dont je m’occupais alors), il laissa exploser sa colère dans une « tribune libre » où il s’en prenait à Alain Geismar et à tous ceux qui se flattaient d’avoir volé des livres à « La joie de lire », puisqu’il était de notoriété publique que cette librairie était l’une des rares à ne jamais porter plainte, et pour cause : cela eût été le comble pour un éditeur qui ne cessait de dénoncer la répression policière et qui, ès-qualités, avait fait l’objet de dix-sept condamnations pour avoir, notamment, défié la censure. Si bien que nombre de militants révolutionnaires y pratiquaient le chapardage à grande échelle sans état d’âme. C’est aussi de cela et des amendes suite aux condamnations que cette librairie est morte en 1976, disait en substance Maspéro dans cet article en affichant son mépris pour ces néo-bourgeois qui s’en font une gloire aujourd’hui.

Mais s’agissant de sa maison d’édition, dont il s’était éloigné en 1982, il avait toujours eu l’élégance de rester dans sa réserve quoiqu’il pensât de l’évolution des éditions de La Découverte,lesquelles avaient repris le fonds Maspéro. Il s’était toujours défendu d’exprimer la moindre critique ou le moindre jugement sur la maison quand elle passa dans le giron du groupe Wendel Investissement. Mais il y a dix ans il était sorti du retrait qu’il s’était imposé pour remettre les points sur les i. Car c’est de l’héritage des éditions Maspéro qu’il s’agissait.

Dans un article de la revue Medium (No3) sous le titre « A propos d’un héritage « structuralo-marxiste », il s’en prenait à la brochure de la Découverte « 1983/2003 vingt ans d’engagement ».Il est vrai qu’à la lire, on avait le sentiment qu’au début des années 80 les auteurs-phares de Maspéro ne produisaient plus rien, que cet effondrement était spectaculaire, qu’il s’incarnait en Althusser à la fois dans la chute des ventes de ses livres et dans le meurtre de sa femme, que les lecteurs aussi bien que les auteurs avaient pris acte de l’échec théorique du structuralo-marxisme pour aller voir ailleurs, que le tiers-mondisme de la maison était à l’image de son fondateur quelque chose de l’ordre du « franciscano-maoïsme »… N’en jetez plus !



Aussi François Maspéro prit-il sa plume pour répondre point par point. Calmement. En rappelant par exemple que ceux qui passaient pour n’avoir« plus rien produit » après 1983 s’appellaient tout de même Jacques Rancière, Pierre Macherey, Etienne Balibar, Emmanuel Terray, Alain Badiou, Dominique Lecourt, Alain Lipietz, Yves Lacoste, Pierre Vidal-Naquet, Jean-Pierre Vernant, Jean Chesneaux, Michel Wievorka entre autres, autrement dit des pointures des sciences humaines.

Le paradoxe est qu’au même moment La Découverte revendiquait haut et fort cet héritage qui constitue son fond, tout en assurant que vingt ans avant, il fallait tout reconstruire sur les ruines fumantes des éditions Maspéro. Dur de garder son identité quand elle a été historiquement forgée par un autre. Mais est-il toujours indispensable de tuer le père, surtout quand il a récupéré son nom ?

Pour comprendre l’homme que fut François Maspéro, toutes activités et toutes sensibilités confondues, il faut garder à l’esprit qu’il était resté un enfant de la guerre. Si l’état-civil et Wikipédia indiquent bien qu’il est né le 19 janvier 1932, sa vraie date de naissance était le 24 juillet 1944. Il n’avait pas 13 ans. Il a vu la Gestapo arrêter son père, le grand sinologue et résistant Henri Maspéro, lui-même fils du grand égyptologue Gaston Maspéro, et l’expédier à Buchenwald où il est mort à la veille de sa libération. Sa mère, également déportée, a survécu à Ravensbrück. Son frère est mort les armes à la main à 19 ans dans un maquis de la Libération.

Dès lors, il y eut un avant et un après. La clé de l’existence de François Maspéro, ce fut l’absence de son frère. Car on ne cesse jamais d’aimer les ombres quand elles nous sont brutalement tombées dessus à l’adolescence. La guerre l’a hanté à travers les guerres d’indépendance des anciennes colonies : Indochine, Madagascar, Maghreb… Ses proches ne s’étonnèrent de le voir démarrer sa carrière d’éditeur par un livre de Pietro Nenni sur La Guerre d’Espagne mais c’est bien entendu la guerre d’Algérie qui marqua l’acmé de son engagement.

Retiré de l’activisme éditorial, il écrivit des livres publiés par le Seuil Le Sourire du chat (1984),Le Figuier (1988), Les Passagers du Roissy-Express (1990), L’Honneur de Saint-Arnaud (1992),Le Temps des Italiens (1994), La Plage noire (1995), Les abeilles et la guêpe (2002), L’Ombre d’une photographe. Gerda Taro (2006) récits, reportages, carnets de voyages, biographie, autobiographie, traduisit des livres Luis Sepùlveda, Alvaro Mutis, Augusta Roa Bastos, Eduardo Mendoza, Carlos Ruiz Zafon, Cesar Vallejo, Arturo Perez Reverte, Francesco Biamonti, John Reed, milita pour les causes bosniaque et palestinienne.

Sur la tombe des Maspéro, le grand-père d’origine italienne avait fait graver ces deux mots : « Ma spero» («mais jespère»). Un patronyme qui sonne comme une devise. A lire l’émouvanttémoignage de son ami Marcel-Françis Kahn, on comprend que cet homme, qui avait déjà fait une tentative de suicide, s’est donné la mort. C’était chez lui samedi dernier, au moment même où à Buchenwald, cimetière de son père, des rescapés venus de partout dans le monde observaient une minute de silence à leur mémoire à tous.

 

…ET POUR SALUER GÜNTER GRASS

La guerre encore et toujours, mais différemment, avec Günter Grass, à peine plus âgé que François Maspéro, qui vient également de disparaître à 87 ans. La guerre marque aussi pour lui sa vraie date de naissance. D’abord parce que l’écrivain doit tout à sa participation au « groupe 47 », mouvement générationnel constitué notamment de Martin Walser, Heinrich Böll, Uwe Johnson, Siegfried Lenz autour de rencontres annuelles ; ils s’accordaient sur la nécessité de réinventer la littérature, sous une bannière morale et engagée, en réaction à la catastrophe dont l’Allemagne commençait à se relever. Ils discutaient théorie littéraire des ruines. Des œuvres en sortirent, ce qui n’allait pas de soi. Il y avait un passé à liquider et ils s’y employèrent afin de donner une conscience aux jeunes allemands issus de ce nouveau monde.



Günter Grass en émergea avec sa « trilogie de Dantzig » (Le Chat et la souris/Katz und Maus et Les Années de chien/Hundejahr, après Le Tambour), si rabelaisienne, burlesque et grotesque (il devait la découverte de Rabelais à Paul Celan auquel il se lia lors de son séjour à Paris) et ironique. Ce fameuxTambour (1961), on l’entendit résonner un peu partout dans le monde (et on peut parier que son prix Nobel de 1999 –« « pour avoir dépeint le visage oublié de l’Histoire dans des fables d’une gaieté noire”- doit autant au succès du livre qu’à celui du film que Volker Schlondorff sût en tirer). Par la suite, le souverain pontife de la critique littéraire allemande Marcel Reich-Ranicki, qui l’avait tant porté aux nues à ses débuts, le lâcha le jugeant de plus en plus lourd, laborieux, insupportable. Mais Grass était déjà trop installé dans le paysage littéraire international, avec ses conclaves réguliers de traducteurs accourus de partout à Lübeck, pour en être affecté autrement que dans son orgueil et son amour-propre. Régulièrement, il réagissait en électron libre à l’actualité, ce qui n’allait pas sans susciter de violentes réactions. Ainsi lors qu’il prit position contre la réunification de l’Allemagne :

 Nous devrions avoir conscience, nos voisins l’ont, de la masse de souffrance que cause l’Etat unitaire, de l’étendue du malheur qu’il a apporté aux autres et à nous-mêmes (…) Auschwitz, ce lieu d’épouvante, cité comme exemple de traumatisme permanent, exclut à l’avenir un Etat unitaire allemand. Si, comme il reste à craindre, il s’impose quand même, son échec est écrit d’avance » (discoursprononcé à Tutzing le 1e février 1990)

Il remit cela peu après dans Tout un monde (Ein weites Feld, 1995) dans lequel il reprochait à l’ex-RFA d’avoir pris en otage l’ex-RDA en l’amenant à l’horreur libérale, alors que lui entendait préserver son héritage socialiste, ce qui ne manqua pas de provoquer une nouvelle polémique. Cela aurait pu durer jusqu’à sa mort, quelle que fut la qualité de ses textes, malgré En crabe/Im Krebsgang, 2002, ou la pertinence de ses prises de position, tant il semblait intouchable dans son olympe de nobélisé, s’il n’avait publié ses mémoires en 2006 sous le titre Pelures d’oignon/Beim Häuten der Zwiebel, et la révélation scandaleuse de son engagement volontaire à 17 ans dans la division Frundsbergde la Waffen SS à la fin du IIIème Reich.



Tout le monde se demanda pourquoi le-grand-écrivain, conscience de la gauche depuis des décennies, avait tant tardé à le confesser car ce ne sont pas les occasions qui avaient manqué. Grass soutint que le moment était venu, maintenant et pas avant, car il attendait d’avoir à écrire quelque chose de « directement autobiographique »… Peu convaincant. Il avoua à demi-mots que cette vérité-là, il n’avait jamais pu se l’extraire des tripes avant tant elle était complexe, douloureuse, inacceptable. En fait, étant donné que, de son propre aveu, Michaël Jurgs, son biographe autorisé, n’avait jamais rien su de cette affaire, l’écrivain avait essayé de désamorcer la publication prochaine d’une enquête de journaliste, ou d’une nouvelle biographie, révélant ce passé caché. Cette anticipation d’une dénonciation annoncée parut tout à fait plausible, surtout depuis la divulgation peu avant d’un grand nombre de dossiers d’archives récupérés dans les ruines de l’Allemagne nazie, et longtemps conservés à l’abri des regards dans l’ex Union soviétique et dans les pays de l’Est, notamment l’ex RDA.

On se souvient du commentaire que fit le traducteur et essayiste Georges-Arthur Goldschmidt après la publication de Pelures d’oignon et les interviews de Günter Grass pour sa promotion. Il ne lui reprocha pas de n’avoir pas eu assez de force de caractère et de courage pour ne pas se laisser embarquer à 17 ans, mais plutôt ce qu’il appelle « son indifférenciation linguistique » :

« Il parle de cet engagement dans le style et le ton de l’époque, sans recul ; on dirait qu’il y est encore. Il s’agit chez lui d’une normalisation. Il écrit certes contre l’oubli, mais qu’est-ce donc qu’il ne faut pas oublier ? Son écriture, peut-être, même sans qu’il le veuille explicitement, fait passer le nazisme du côté des pertes et profits et tant pis pour le lecteur. »

A relire Grass, à supposer qu’on ne se lasse pas d’un style si baroque qu’il en est saturé dans l’accumulation de figures de style, l’enchevêtrement des différentes narrations, le mélange des genres, le foisonnement des citations cryptées, le télescopage des néologismes et des anachronismes, il apparaît tout autant hanté par la honte et la culpabilité, que par une volonté de réconciliation avec l’Histoire. Fort en gueule sinon grande gueule, trop attendu dans ses provocations, d’un radicalisme lassant tant il était prévisible et systématique, moraliste désormais inaudible car discrédité depuis ses aveux sur son passé, anticonformiste dont l’œuvre était couverte de prix et de récompenses, il prétendait simplement « dire ce qui doit être dit »,titre d’un de ses poèmes. Il faisait alors penser à ces naïfs qui prétendent énoncer la vérité parce qu’ils disent ce qu’ils pensent.

(« François Maspéro » photo Tristan Jeanne-Vales/ Opale ; éLa joie de lire » photo D.R. ; « François Maspéro » photo Klavdije Sluban ; « Günter Grass » photos D.R.)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, Littérature de langue française, Littérature


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« IL Y A PLUSIEURS VÉRITÉS» (GG)


Günter Grass, aussi, était à la fois Faust, le disciple et ami de Willy Brandt, l’éternel indigné et donneur d’alarme (« ein Meister der Beschwörung »), conscience engagée, en perpétuel éveil de la gauche allemande, la voix de sa raison, la voie de rectitude- et Méphisto-l’esprit qui toujours nie, l’éternel dénégateur qui comme Socrate égare la jeunesse et qui, adolescent, rejoignit la Waffen SS à l’insigne de la tête de mort : « Sich irren, sich engagieren, sich streiten ».  « Ein Funke der Moderne » (Die Zeit), étincelle de la modernité, Homo complexus germanicus : à la fois sapiens et demens,  -« le chantre et critique implacable de l’Allemagne nouvelle »-plus écrivant (Schreiber)qu’écrivain (Schrifsteller), éternellement en crise- crise de notre civilisation européenne,-ce Janus au double visage- et sismographe de cette crise, éternel accusateur mis en accusation, pompier et incendiaire : Es wohnen, ach zwei Seelen, in meiner Brust. (Faust)

Né à Dantzig (Gdansk) de mère cachoube c’est-à-dire polonaise et de père allemand, ce cosmopolite de coeur était un pont vivant entre l’Est et l’Ouest.

Qu’elle le veuille ou non, l’Allemagne est orpheline, l’Europe perd un de ses fils les plus doués. Un lion des lettres est mort ce soir.

MG

 

GÜNTER GRASS: EIN FUNKE DER MODERNE

DIE ZEIT

Sich irren, sich engagieren, sich streiten: Günter Grass symbolisierte einen Schriftstellertyp, den viele jüngere Autoren heute ablehnen. 

Grass wurde in seinen letzten zwei, drei Lebensjahrzehnten fast zu einer Symbolfigur für das, was die nachwachsenden Generationen ablehnten.  

GÜNTER GRASS, LES CONTRADICTIONS D'UN DESTIN ALLEMAND

Daniel Vernet

 

Gunter Grass en Espagne le 21 janvier 2006. Reuters

L'ÉCRIVAIN, QUI S'ÉTAIT DONNÉ LA MISSION DE SE COLTINER L’HISTOIRE DE SON PAYS DANS CE QU’ELLE AVAIT DE PLUS TRAGIQUE ET DE PLUS DÉTESTABLE, AVAIT RENDU PUBLIC SON ENRÔLEMENT À 17 ANS DANS LA WAFFEN SS.

Günter Grass, la conscience morale de la littérature allemande d’après-guerre, est tombé de son piédestal le jour où par honnêteté envers lui-même et envers ses lecteurs, compatriotes ou étrangers, il a reconnu qu’il ne méritait peut-être pas ce statut. Il s’était donné à lui-même la mission de se coltiner avec l’histoire allemande dans ce qu’elle avait de plus tragique et de plus détestable. Il rendait public qu’en 1945, âgé de 17 ans, il s’était enrôlé dans la Waffen SS, l’arme la plus redoutée de la troupe nazie. Et non seulement il avait été un de ces soldats honnis mais il l’avait tu pendant des décennies, tout en se faisant le chantre et parfois le critique implacable de l’Allemagne nouvelle.

Nous l’avions rencontré en 2005, dans sa maison des environs de Lübeck où les lacs et les collines rappellent sa région natale de Gdansk. Il travaillait alors à cette biographie publiée deux ans plus tard en français sous le titre Pelures d’oignonen 2007.  Il n’avait rien dit de la révélation qu’il s’apprêtait à faire mais il avait insisté sur le «scepticisme»qui s’attache à toute œuvre biographique. Et avait ajouté: 

«Cette autobiographie est aussi une protestation contre la prétention à l’existence d’une seule vérité. Il y a plusieurs vérités».

Il y avait plusieurs vérités dans l’homme et l’écrivain Günter Grass. C’est en «pelant les oignons» (traduction littérale du titre original en allemand) que ces vérités apparaissent, l’une après l’autre, comme les couches des oignons.

Son roman précédent, En crabe (Seuil, 2002) avait déjà provoqué une polémique parce qu’il peignait des Allemands en victimes de la Deuxième guerre mondiale. Le Zeitgeist, l’esprit du temps, contre lequel Grass et quelques écrivains de sa génération se révoltaient alors après l’avoir inspiré, voulait que les Allemands aient été des bourreaux. Les présenter en victimes, c’était renverser l’ordre des choses. En crabe racontait l’histoire du paquebot Wilhelm-Gusthoff, envoyé par le fond en 1945 par une torpille soviétique. Neuf mille réfugiés de Poméranie, de Pologne, des Sudètes qui tentaient de rejoindre l’Amérique avaient péri noyés.

LE GROUPE 47

Günter Grass prétendait, avec quelque exagération, qu’il était le premier écrivain à sortir ces tragédies de l’oubli. Heinrich Böll, avant lui, avait écrit sur les souffrances allemandes mais son livre avait attendu cinquante ans avant d’être publié. Les Allemands, des victimes, «oui des victimes de leur propre histoire», nous avait dit Günter Grass. Quand en 1998, un autre écrivain, Martin Walser, avait dénoncé l’utilisation de la responsabilité dans les camps d’extermination comme une «massue morale» assenée aux Allemands, l’auteur du Tambour avait encore montré son désaccord. On peut le penser personnellement mais pas le dire publiquement, avait-il déclaré.

Avec Martin Walser, Günter Grass avait fait partie du même groupe de jeunes écrivains qui à peine sortis des camps de prisonniers alliés avaient formé en 1947, le Groupe dit justement 47. Chacun livrait ses œuvres à l’appréciation des autres. Les discussions et les disputes littéraires allaient bon train. Mais on y parlait aussi politique. On rêvait d’une«autre» Allemagne qui aurait rompu avec son passé. 

Le Groupe 47 s’était dissous en 1967 sur des désaccords par rapport à l’Opposition extraparlementaire (APO), annonciatrice du mouvement de 68, qui manifestait contre la grande-coalition entre les chrétiens démocrates et les sociaux-démocrates dirigée par un ancien membre du parti nazi, le chancelier Kurt Georg Kiesinger.

C’était l’époque où les fils demandaient des comptes aux pères; qu’avaient-ils fait sous le règne d’Hitler? Le sujet avait été quasiment tabou pendant toutes les premières années de la République fédérale. Il revenait en boomerang sur les représentants de la démocratie allemande. L’interrogation restait souvent sans réponse mais elle préparait une alternance politique.

Les élections générales de 1969 étaient l’occasion d’un changement politique profond au profit de la social-démocratie. Pour la première fois depuis la création de la RFA en 1949, Willy Brandt, un ancien émigré, avait une chance d’arriver au pouvoir. Günter Grass et nombre de ses collègues qui s’étaient jusqu’alors réfugiés dans la littérature, prirent leur carte du Parti social-démocrate (SPD) et se lancèrent dans la campagne électorale. Ils étaient sûrs d’avoir aidé à porter Willy Brandt, le «bâtard», comme avait dit Adenauer sans excès d’élégance au cours d’une campagne précédente, à la chancellerie fédérale. Brandt promettait «d’oser plus de démocratie» et de normaliser les relations avec le camp communiste. Les intellectuels allemands avaient retrouvé une cause.

LE NOUVEAU COURS DE LA POLITIQUE ALLEMANDE

Après la chute de Brandt et son remplacement par Helmut Schmidt Grass mettra quelques distances avec le SPD, même s’il reprit sans enthousiasme du service en faveur de Gerhard Schröder et des Verts en 1998. Pour lui, Brandt, qui avait fui l’Allemagne en 1933 et y était revenu à la Libération, représentait le nouveau cours de la politique allemande qu’il craignait toujours de voir remis en question. 

Au moment de la chute du mur de Berlin, il s’était montré très critique envers la réunification qu’il considérait comme une annexion brutale des Allemands de l’est. Il avait exprimé ses doutes dans un roman, Toute une histoire, mal reçu par la presse. Le «pape» de la critique littéraire, Marcel Reich-Ranicki, un ancien du Groupe 47, avait été caricaturé sur la couverture du magazine Der Spiegel déchirant à belles dents le livre de Grass.

La levée de l’interdit sur l’histoire du nazisme lui devait beaucoup mais en même temps Günter Grass regrettait que «la génération 68», après avoir protesté contre les pères qui s’étaient tu, n’ait pas voulu «prendre en compte ce que cette génération [des pères] avait souffert –par sa faute certes», avait-il ajouté devant nous dans sa maison du Schleswig-Holstein.

Par son histoire personnelle, l’écrivain, prix Nobel de littérature en 1999, réunissait les contradictions d’un destin allemand: la naissance dans une ville redevenue polonaise après la guerre, dans laquelle Grass voyait le noyau d’une réconciliation germano-polonaise, le silence gardé pendant un demi-siècle sur l’engagement dans les Waffen SS, le soutien aux jeunes qui demandait des comptes, une forme de militantisme en faveur d’une«bonne» Allemagne et le souvenir de toutes les victimes. «Jamais on n’aurait dû se taire sur tant de souffrance, simplement parce que notre faute et la confession du repentir l’emportaient sur tout le reste», fait-il dire à un héros du roman En crabe. Un testament.

Daniel Vernet

 



EIN BESCHWÖRER UND MAHNER

Inbegriff des engagierten Autors. (FAZ)


Der Schriftsteller Günter Grass im Jahr 2011  |  © Uwe Zucchi/dpa

"Er ist ein Meister der Beschwörung", heißt es in Günter Grass' autobiografischem Buch Beim Häuten der Zwiebel 

Der große Grass

Mit dem Tod des 1927 in Danzig geborenen Literatur-Nobelpreisträgers Günter Grass kommt eine ganze Epoche an ihr Ende. Und doch: Vieles, was sich dem literarischen Werk und der gesellschaftlichen Wirkung dieses Autors verdankt, wird bleiben.

13.04.2015, von JOCHEN HIEBER


© HELMUT FRICKESechs Jahrzehnte lang Anreger, Mahner, Forderer: Günter Grass

Der Tod von Günter Grass ist ein historisches Datum in vielerlei Hinsicht. Mit ihm endet, siebenundachtzig Jahre nach der Geburt des Weltautors in Danzig, ein exemplarisch deutsches Leben, das – jenseits aller zeitbedingten Brüche und Widersprüche und trotz des späten Einbekenntnisses einer so kurzen wie juvenilen Mitgliedschaft in der SS – auf der ganz persönlichen Ebene ungemein konsistent, konsequent, letztlich also auch völlig gerundet und deshalb emphatisch geglückt erscheint.

Autor: Jochen Hieber, Redakteur im Feuilleton. Folgen: 

Wobei dieses späte Bekenntnis bleibend brisant ist. Denn er, Grass, hat Zeit seines erwachsenen und öffentlichen Lebens immer und immer wieder seine eigenen Generationsgenossen wie deren Väter dazu aufgefordert, ihr Verhalten zwischen 1933 und 1945 offenzulegen. Bezeichnend ist dafür seine Auseinandersetzung mit der Vita von Kurt Georg Kiesinger, der von 1933 an Mitglied der NSDAP und zwischen 1966 und 1969 CDU-Kanzler der ersten Großen Koalition war. Noch heftiger geriet der Konflikt mit dem damaligen Finanzminister Karl Schiller, der der SPD angehörte, Grass also sowohl politisch als auch persönlich viel näher stand.

Aber was er von anderen forderte, hielt er selbst – von wenigen Vertrauten abgesehen – gegenüber der Öffentlichkeit verborgen. Und als er seine an sich belanglose SS-Mitgliedschaft, die Mitgliedschaft eines gerade Sechzehnjährigen in den letzten Kriegsmonaten, dann 2006  im autobiographischen Buch „Beim Häuten der Zwiebel“ schließlich einbekannte, begründete er sein Jahrzehnte währendes Schweigen mit „nachwachsender Scham“.  Nicht einer eigenen Schuld wegen, sondern aufgrund dieses Schweigens und Verschweigens bleibt dieser Fall ein problematischer Moment seiner ansonsten überaus gradlinigen und von wenig Selbstzweifeln angefochtenen Biographie.

Ein Vorbild für García Márquez, Rushdie oder Irving

Mit dem Tod von Günter Grass verliert die Weltliteratur einen Repräsentanten des Geistes- und Künstlerlebens, der im Lauf der vergangenen fast sechs Jahrzehnte die mit Abstand wichtigste, deshalb gewichtigste Stimme unseres Landes war – und damit eben auch ein weltliterarischer Lehrer von einsamer, singulärer Statur: Vielfach haben Schriftsteller vom Range eines Gabriel García Márquez, eines Salman Rushdie oder eines John Irving bekundet, dass ihr eigenes Werk ohne den Einfluss und die Anregungen des Erzählers Grass nicht denkbar gewesen wäre.

Und gleich die Summe seines poetischen Vermögens zeigte Grass im Debütroman von 1959, dem Jahrhundert-Epos „Die Blechtrommel“. Es handelt, intoniert von der unvergleichlichen Hauptfigur Oskar Mazerath, von den kleinen Leuten im großen Weltverhängnis des zwanzigsten Jahrhunderts.

Dieser blechtrommelnde Oskar ist ein literarisches Unikum. Seine Geschichte von Geburt an, jene seiner Familie und jene der Zeitläufte im Danzig der Vorkriegs- und Kriegsjahre sowie jene des restaurativen Wiederaufbaus nach 1945 im Westen erzählt der ebenso hellsichtige wie abgefeimte Gnom im Rückblick, als zwangsinternierter Patient  einer Düsseldorfer Klinik. Die Entscheidung, als Dreijähriger mit dem körperlichen Wachstum aufzuhören, kognitiv und als Beobachter wie als Agitator des Geschehens aber weiterzuwachsen, war von ungeheuren Tragweite für die „Blechtrommel“: Fraglos der Geniestreich des gerade dreißigjährigen Jungautors Grass, vorbildlos, wuchtig und voller erzählerischer Effekte.

An der Seite der ganz großen Werke

Es gibt kein anderes Buch in unserer Sprache, das in der jüngsten Epoche der internationalen Belletristik von vergleichbarer Präsenz war – und damit an die Seite der allerersten Hervorbringungen unserer Literaturgeschichte gehört, also an die Seite von Goethes „Werther“, von Fontanes „Effi Briest“, Thomas Manns „Buddenbrooks“, Kafkas „Prozess“, Döblins „Berlin Alexanderplatz“ oder Musils „Mann ohne Eigenschaften“.

Wobei gerade die Nähe zu den „Buddenbrooks“ signifikant ist. Beide Male eine Familiengeschichte, die bei Thomas Mann im Lübecker Großbürger-Milieu des neunzehnten, bei Grass nun im Danziger Kleinbürger-Milieu des zwanzigsten Jahrhunderts angesiedelt ist. Beide Mal ein Debütroman, dessen literarische Vorläufer (bei Mann ein paar Erzählungen, bei Grass der Gedichtband „Die Vorzüge der Windhühner“ von 1956) eine derartige Eruption künstlerischen Vermögens keineswegs erwarten ließen. Diese Debütromane kamen gleichsam aus dem Nichts – und blieben im langen und auch danach noch überaus produktiven Leben der beiden Autoren letztlich beispiellos, mithin auf eine frühvollendete Weise singulär. Jedenfalls lassen sich derartige Genie-Eruptionen im Grunde nicht erklären.

Mit dem Tod von Günter Grass verlieren die deutsche Kultur und die deutsche Politik einen der einflussreichsten, ebenso streitbaren wie umstrittenen Anreger, Mahner, Forderer und Förderer. Und eben auch einen genuinen Erfinder, denn seiner Idee und seiner Energie entsprang die in der gesamten Geschichte Deutschlands bislang einzigartige, weil ganz und gar demokratische Verbindung von Geist und Macht. Vordergründig zeigte sich dies in der Gründung der sozialdemokratischen Wählerinitiative, deren Wurzeln bis in die fünfziger Jahre zurückreichen, die ihren Höhepunkt in den sechziger Jahren erlebte – und Grass zur Komplementärfigur des anderen großen Deutschen dieser Epoche machte, Willy Brandt, dem ersten sozialdemokratischen Kanzler der Bundesrepublik.


Nie ohne Pfeife: Günter Grass im Jahr 2005 irgendwo auf der Strecke zwischen Fulda und Dresden.© DANIEL PILAR


Der Briefwechsel zwischen den beiden, der als Buch vor zwei Jahren veröffentlicht wurde, offenbart hintergründig aber auch den Höchststand dessen, was an direkter Einflussnahme des kritischen Geistes auf die konkrete Politik überhaupt möglich erscheint – bis hin zu der entscheidenden Weichenstellung der Ära Brandt, also den Ostverträgen mit der damaligen Sowjetunion und mit Polen, auch zu den Vereinbarungen mit dem anderen deutschen Staat, der DDR.

Ein absolut legendärer Augenblick unserer Literatur

Mit diesem Tod verliert die deutsche Nachkriegsliteratur, die sich in der Gruppe 47 ihr wirkungsreiches Forum schuf, ihren global erfolgreichsten Autor und ihre unverbrüchliche Gründerfigur – jetzt, wo er, Günter Grass, nicht mehr ist, gibt es lediglich noch zwei weitere große Persönlichkeiten, die für diesen literarischen und gesellschaftskritischen Neuanfang nach den Jahrtausendkatastrophen des Nationalsozialismus und des Holocaust stehen: Martin Walser, wie Grass Jahrgang 1927, und den zwei Jahre jüngeren Hans Magnus Enzensberger.

Welch eine enorme Erfindung war diese Gruppe 47. Wobei ihrem Gründer, dem 1908 geborenen Schriftsteller Hans Werner Richter, vor allem organisatorisches Ingenium zukommt, den mehr als zwanzig Jahren jüngeren Autoren Grass, Walser und Enzensberger (und ihresgleichen) aber das Verdienst, mit den bei den jährlichen Tagungen vorgetragenen neuen Texten und mit ihrer daraus resultierenden Bekanntheit die deutsche Literatur zu einem so wichtigen Medium der Zeit- und Welterfahrung gemacht zu haben, wie es dies seit der Weimarer Klassik nicht mehr gegebenen hatte – und wie es dies seit dem Ende der Gruppe 47, das man emphatisch auf das Jahr 1967 datieren kann, auch nie mehr gegeben hat.

Günter Grass war unter allen Mitgliedern der Gruppe der weitaus robusteste, deshalb so etwas wie ihr geborener Wortführer. Die Debütlesung aus der „Blechtrommel“ fand im November 1958 im Allgäuer Landgasthof Adler des Dorfes Großholzleute statt: ein absolut legendärer Moment in der Geschichte unserer Literatur.

Resistenz gegen die Wiedervereinigung

Er, Günter Grass, unermüdlich schreibend, redend, räsonierend, reflektierend, schimpfend, polemisierend, aber auch auf sensible und subtile Weise Vorschläge machend, hat ein dem schieren Umfang nach enormes Werk hinterlassen. Es ist gewaltig auch in seinem Rang, der neben der alles überragenden „Blechtrommel“ vor allem von der Novelle „Katz und Maus“ (1961), der Barockparabel „Das Treffen in Telgte“ (1979), der Novelle „Im Krebsgang“ (2002) und den beiden Bänden mit Reden und Aufsätzen („Denkzettel“ von 1978 und „Widerstand lernen“ von 1984) markiert und bestätigt wird.

Gegenüber dem überragenden Ereignis der jüngsten deutschen Vergangenheit, der Wiedervereinigung der Jahre 1989 und 1990, blieb Günter Grass auf hartnäckige Weise resistent und skeptisch und agierte damit eher unter seinen intellektuellen wie poetischen Möglichkeiten – der Roman „Ein weites Feld“ (1995) und dessen Scheitern wirken wie ein Symbol dafür. Letztlich mögen die Gründe für die Vereinigungs-Resistenz in der eigenen Biographie zu suchen sein. Günter Grass, der trotz aller „nachwachsenden Scham“ erst mit nahezu achtzig Jahren von seiner SS-Zeit sprechen konnte, war nichtsdestotrotz ein Leben lang von der deutschen Schuld überzeugt. Ihr hat er sich gestellt.

Und der Schuld an Auschwitz war auch sein Widerstand gegen die deutsche Wiedervereinigung geschuldet: Ein Land, so seine Denkfigur, das ein derart ungeheures Verbrechen auf sich geladen hatte, bleibt besser geteilt, seine beiden Teile bestenfalls miteinander assoziierend. Selbst die ganz späte Gedicht-Invektive gegen Israel unter dem Titel „Was gesagt werden muss“ (2012) ist psychologisch nur mit dem tiefen Schuld-Trauma des Günter Grass zu erklären – und mit einer merkwürdigen Projektion. Im Grunde wollte dieser Autor mit seiner Invektive Israel davor bewahren, durch die Politik gegenüber den Palästinensern selbst dauerhaft Schuld auf sich laden. Auch wenn man es so erklärt: Besser wird das Gedicht dadurch keineswegs. 

Im Gelingen wie im Scheitern, im gesellschaftlichen Engagement wie im zurückgezogenen Schreiben – und bei seiner Mehrfachbegabung: auch im Zeichnen und Bildhauern –, im demokratischen Rechthaben wie im politischen Irrtum, dies alles dauerhaft im Zentrum des literarischen Lebens stehend und 1999 mit dem Literatur-Nobelpreis zumal für „Die Blechtrommel“ gekürt: Günter Grass ist einer unserer Großen. Sein Tod gibt Anlass, uns in Dankbarkeit vor einem exemplarischen Landsmann, Lehrer und einzigartigen Künstler zu verneigen.

 

 

GÜNTER GRASS IST TOT

Der Spiegel


Mit der „Blechtrommel“ schrieb Günter Grass Weltliteratur, als gesellschaftspolitischer Moralist erregte er Widerspruch. Jetzt ist der große deutsche Nachkriegsautor und Nobelpreisträger mit 87 Jahren in Lübeck gestorben.

LÜBECK –  

Günter Grass ist tot. Der Schriftsteller und Literaturnobelpreisträger starb am Montag im Alter von 87 Jahren in Lübeck, teilte der Steidl Verlag in Göttingen mit. Grass ist demnach einer Infektion erlegen. Der Schriftsteller galt als einer der weltweit bedeutendsten deutschen Autoren der Gegenwart. Lebenslang schaltete er sich leidenschaftlich in gesellschaftspolitische Debatten ein. Gleich sein erster, 1959 erschienener Roman „Die Blechtrommel“ geriet zum Welterfolg. 40 Jahre später wurde Grass für sein Gesamtwerk mit dem Literaturnobelpreis geehrt.

„Die Blechtrommel“ brachte dem gebürtigen Danziger auch international den Durchbruch. Sie gehört zu den wichtigsten Romanen der deutschen Nachkriegsliteratur und gilt als Jahrhundertwerk. Das Nobelpreis-Komitee nannte das Buch die „Wiedergeburt des deutschen Romans im 20. Jahrhundert“.Grass erzählt darin von den Erlebnissen des aus Danzig stammenden Zwerges Oskar Matzerath, der sich mit drei Jahren weigert, weiter zu wachsen.

Tod eines Unbequemen: Günter Grass


Das Erscheinen des Bildungs- und Schelmenromans rief in der Bundesrepublik manche Sittenwächter auf den Plan, die sich an den teils deftigen erotischen Szenen störten. Seit den „Buddenbrooks“ von Thomas Mann habe kein Erstling einen derartigen Aufruhr verursacht, befand das Nobelpreiskomitee. Die Verfilmung des deutschen Regisseurs Volker Schlöndorff wurde 1980 mit dem Oscar für den besten ausländischen Film ausgezeichnet.

Tweets zum Tod von Günter Grass

Heiko Maas

@HeikoMaas auf Twitter: "Der Schriftsteller als Zeitgenosse, wie ich ihn meine, wird immer verquer zum Zeitgeist liegen« Wir trauern um Günter #Grass."

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Der zuletzt in Behlendorf bei Lübeck lebende Grass hatte nach dem Krieg eine Steinmetzlehre gemacht und in Düsseldorf und Berlin Kunst studiert; er war Bildhauer und Grafiker. Er zeichnete auch und schrieb Gedichte. „Die Blechtrommel“ bildet zusammen mit der Novelle „Katz und Maus“ (1961) und dem Roman „Hundejahre“ (1963) die sogenannte Danziger Trilogie.


Seit den 1960er Jahren hat sich Günter Grass als Gesellschaftskritiker engagiert.  Foto: dpa

Weitere wichtige Werke sind die Novelle „Aus dem Tagebuch einer Schnecke“, die Romane „Der Butt“ (1977) und „Die Rättin“ (1986), das skandalumrankte Buch „Ein weites Feld“ (1995) sowie die Novelle „Im Krebsgang“ (2002). Fast ein halbes Jahrhundert nach der „Danziger Trilogie“ schrieb Grass seine „Erinnerung der Trilogie“ mit drei autobiografischen Bänden.

Der erste autobiografische Band „Beim Häuten der Zwiebel“ sorgte 2006 für manchen Aufschrei. Überraschend machte Grass öffentlich, dass er als 17-Jähriger am Ende des Zweiten Weltkriegs Mitglied der Waffen-SS war. Dem Autor wurde vorgeworfen, seine SS-Zugehörigkeit zu lange verschwiegen zu haben, während er andere immer wieder wegen ihrer NS-Vergangenheit öffentlich kritisiert habe.

In der Bundesrepublik engagierte sich Grass schon seit den 1960er Jahren alsGesellschaftskritiker. Seit den 1960er Jahren warb er in Wahlkämpfen für die SPD. Aus Protest gegen deren Asylpolitik trat er 1992 zwar aus der Partei aus, blieb ihr aber bis zuletzt verbunden. Früh setzte er sich auch für eine deutsch-polnische Verständigung und für den Verzicht auf die ehemaligen deutschen Ostgebiete ein. Immer wieder löste er heftige Kontroversen aus, zuletzt 2012 wegen eines Israel-kritischen Gedichts.

Das Gesamtwerk des Literaturnobelpreisträgers ist im Göttinger Steidl Verlag erschienen. (dpa)

 

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