jeudi 23 avril 2015

Le MR, la sirène de Bernard Clerfayt

MATHIEU COLLEYN  a Libre Belgique 



 

Bernard Clerfayt est-il en train de négocier son passage au MR ? Ce scénario, déjà évoqué par le passé, a repris de la vigueur hier alors que plusieurs personnes affirment avoir aperçu le bourgmestre FDF de Schaerbeek au siège libéral de l’avenue de la Toison d’Or. Autant l’écrire tout de suite, l’intéressé dément. "Je n’étais pas à midi au siège du MR", affirmait-il hier à deux reprises alors qu’il était interrogé par téléphone par "La Libre". "Vous pouvez faire taire cette rumeur", assène-t-il. L’insistance quant à l’heure du rendez-vous ainsi que les témoignages d’hier alimentent évidemment le doute et les discussions à l’intérieur du parti du Premier ministre.

DE WOLF LÂCHÉ PAR LE PARTI

Cette possibilité est renforcée par la situation personnelle de Bernard Clerfayt au sein du FDF depuis les élections présidentielles qui ont remis Olivier Maingain en selle. Mais ce scénario est également soutenu par le problème numéro un du MR bruxellois : il ne dispose plus de leader charismatique capable de relancer le parti, enfoncé dans l’opposition au lendemain des élections régionales de 2014. Le MR doit se relancer, or personne ne semble en mesure de revendiquer un quelconque leadership. Ce mal libéral est en réalité patent depuis le décès, en 2007, de Jacques Simonet dont l’humour et le sens de la formule donnaient un guide aux libéraux bruxellois.

Vincent De Wolf, dernière tête de liste MR aux élections régionales, est quant à lui totalement grillé en interne. "Le dossier du leadership du parti est clairement sur la table d’Olivier Chastel et de Charles Michel", confie un libéral bruxellois. Pour cause, Vincent De Wolf continue d’agacer à l’intérieur du groupe qu’il dirige au parlement régional. Ce qu’on lui reproche surtout, c’est de sans cesse tirer la couverture à lui et d’exiger de ses députés qu’ils fassent sa publicité personnelle. Cette tendance a d’ailleurs provoqué un clash en début de semaine avec le député Boris Dilliès qui, lui, se profile mais pèche par manque d’expérience. Par ailleurs, il n’est pas apprécié dans les autres partis, ce qui ne favorise guère les alliances.

Dans un contexte pareil, l’arrivée d’un Bernard Clerfayt, bourgmestre charismatique, aurait comme un goût de pain béni pour les instances dirigeantes du parti libéral. Certains MR l’imaginent déjà chef de groupe à la place de Vincent De Wolf. Les tentatives de débauchages lancées par les réformateurs (via Didier Reynders notamment) sont d’autant plus vivaces que Bernard Clerfayt, candidat malheureux à la présidence du parti, n’est plus à son aise au FDF. La campagne interne a révélé les profondes divergences qui subsistent entre lui et Olivier Maingain, dont la mainmise sur le parti est aujourd’hui totale. On se rappellera que Bernard Clerfayt avait affirmé l’existence d’un accord préélectoral entre le FDF et le PS avant les élections régionales. Ce qu’avaient démenti Olivier Maingain et Didier Gosuin, autre poids lourd du parti.

Le départ de Bernard Clerfayt serait lourd de conséquences pour le FDF qui, après avoir perdu le maïorat de Linkebeek suite au départ au MR de Damien Thierry, perdrait celui de Schaerbeek, seconde commune de Bruxelles. Ce scénario se heurte toutefois à des considérations plus personnelles. Le FDF est en effet chevillé à la famille Clerfayt. Georges, le père de Bernard, avait présidé le parti avant qu’Olivier Maingain, en 1995, s’installe à sa barre.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CLERFAYT A LA TÊTE DE LA REGION BRUXELLOISE ?


Le moins qu’on puisse dire c’est que le Ministre Président Vervoort, un très brave homme au demeurant, est qu’il se révèle effacé, tellement discret qu’il passe complètement inaperçu au contraire de Yvan Mayeur le très remuant bourgmestre de Bruxelles. C’est dire que ses chances de réélection sont minces. Il eut deux challengers du côté du MR, donc un de trop : le très falot Vincent De Wolf, l’autre étant le sémillant Didier Reynders. Imaginons un instant que Bernard Clerfayt, brillant économiste et municipaliste talentueux, passe effectivement au MR pour des raisons avancées dans cet article de la Libre. Il devient ipso facto le challenger de Rudi le Rouge. Ses chances de le remporter contre lui en 2019 sont réelles. Surtout, son talent naturel et son sens de la gouvernance feraient de cet excellent bilingue (moins bon que Thielemans mais aussi bon que Picqué) un grand patron de la région bruxelloise, le visionnaire dont elle a besoin pour relever les défis qui l’attendent. Trois mandats successifs de bourgmestre (dont deux défis gagnés face à la virulente Laurette Onkelinx) d’une des communes les plus difficiles de la Région lui ont donné une parfaite maîtrise des problèmes d’une très complexe municipalité avec une importante population d’origine étrangère. Clerfayt et son Collège (FDF/écolo/CDh) ont transformé Schaerbeek en quelques années en une des communes pilotes de la région où il fait bon vivre dans un climat raisonnablement interculturel. Il y a fort à parier que son lieutenant Michel De Herde qui a sollicité il y a quelques années déjà son transfert au MR le suive désormais dans cette démarche.  Clerfayt Ministre-Président en 2019, c’est ce qu’on espérer de meilleur pour Bruxelles. Mais on n’en est franchement pas là…

MG

 

 

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