jeudi 16 avril 2015

Un patron paye ses employés 5.500 euros par mois après avoir lu une étude sur le bonheur

La Libre

F.D. 


Dans la ville de Seattle, aux États-Unis, un patron paye désormais ses 120 employés 70.000 dollars par an minimum, soit 5.500 euros par mois. Avant cela, leur salaire tournait autour des 48.000 dollars, soit 3.540 euros par mois. Qu'est ce qui a poussé ce patron à augmenter de la sorte ses employés? Un zèle exemplaire? Une croissance exponentielle des chiffres d'affaires de la compagnie?

Non, Dan Price a lu une étude. Cette dernière, réalisée par le psychologue Daniel Kahneman, prix Nobel d'économie de 2002, et Angus Deaton, économiste, révèle qu'une fois passé le cap des 75.000 dollars par an de revenus par ménage, gagner plus ne rend pas plus heureux.

Les mesures objectives de bien être, explique Slate, comme la fréquence et l'intensité des moments de joie, de peine, d'anxiété et de tendresse, ne change pratiquement pas à partir de cette barre. Mais à l'inverse, pour ceux qui gagnent en dessous des 70.000 dollars par an, voir leur salaire augmenter a un impact positif.

"UN NOUVEAU PACTE SOCIAL"

Mais comment Dan Price s'y est-il pris pour augmenter ses employés sans ruiner son entreprise? Il a fait ce que les patrons font rarement: il a diminué son salaire. Et c'est un euphémisme, car en effet, ce jeune PDG à la barbe et cheveux longs, qui a lancé son business à 19 ans, a fait passer son salaire d'un million de dollars... à 70.000 dollars par an, pile ce qu'il faut pour être heureux, d'après l'étude.

En janvier dernier, un autre patron avait décidé d'augmenter ses employés en diminuant son salaire. Après avoir lu le livre Le Capital au XXIe siècle, le PDG d'Aetna, grande entreprise d'assurance maladie américaine, a augmenté le salaire des employés d'environ 11%, en exigeant d'eux qu'ils lisent à leur tour l'ouvrage. "Ce n'est pas juste une histoire d'augmenter les gens, il s'agit d'un nouveau pacte social" avait-il déclaré.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PARABOLE DES TEMPS NOUVEAUX


Se non è vero è bene trovato. Cela, se lit comme une parabole des temps nouveaux et mérite d’être médité en ce beau matin de printemps. Il s’agit d’une nouvelle version, actualisée de la parabole des talents. Cela pourrait être  de la main de Voltaire ou plutôt de Rousseau « Après avoir lu le livre Le Capital au XXIe siècle, le PDG d'Aetna, grande entreprise d'assurance maladie américaine, a augmenté le salaire des employés d'environ 11%, en exigeant d'eux qu'ils lisent à leur tour l'ouvrage. "Ce n'est pas juste une histoire d'augmenter les gens, il s'agit d'un nouveau pacte social" avait-il déclaré. (….)Un autre patron avait décidé d'augmenter ses employés en diminuant son salaire, après avoir lu Le Capital au XXIe siècle.

On rêve éveillé car voici venir le capitalisme nouveau et vertueux de surcroit de quoi faire manger sa barbe au prophète Karl Marx.

Mais une hirondelle, si élégante soit-elle, ne fait pas le printemps du capitalisme. En effet il faut bien voir que ce sont les Tea Parties qui ont aujourd’hui le vent en poupe. Toutefois, à force d’avoir lu et relu Morin, nous savons que seul l’imprévisible peut nous sauver de l’impasse tragique dans laquelle s’enfonce l’humanité. Dan Price, le patron vertueux serait-il un un cygne noir, un black swan ?

"A black swan is an event, positive or negative, that is deemed improbable yet causes massive consequences. Taleb shows in a playful way that Black Swan events explain almost everything about our world, and yet we—especially the experts—are blind to them."

Ne jamais oublier que ce sont le cygnes noirs qui toujours ont changé le monde. Celui de Dan Price-un nom à retenir- est particulièrement élégant. Comme la colombe de Noé, il semble annoncer une ère nouvelle. Wait and see.

MG

LE CAPITAL AU XXIE SIECLE

Le Capital au xxie siècle  publié en 2013, étudie la dynamique de la répartition des revenus et patrimoines dans les pays développés depuis le xviiie sièclee siècle. Pour l’auteur, le Français Thomas Piketty  la répartition des richesses constitue désormais un problème politique fondamental pour la stabilité des sociétés démocratiques modernes. Les résultats de son étuderemettent en cause la relation de Kuznets établie dans les années 1950 qui laissait à penser que le développement économique s'accompagnait mécaniquement d'une baisse des inégalités de revenu. Les inégalités observées en ce début de xxie siècle sont comparables aux niveaux d'inégalités du xixe siècle et du début du xxe siècle. Piketty rejoint Marx et affirme que le capitalisme, s'il n'est pas régulé, génère des inégalités grandissantes. Il suggère plusieurs mesures politiques pour limiter la hausse des inégalités et notamment la création d'un impôt mondial. sur le capital. Il insiste aussi sur la nécessité de mettre en place des évaluations précises des hauts patrimoines.

L'ouvrage a obtenu un grand succès public en France d'abord mais surtout aux États-Unis où il est devenu en quelques semaines un succès d'édition

(…) Il est historique et évident que la richesse se concentre progressivement (et à un rythme qui va en s’accélérant) dans les mains de quelques uns… (…)Depuis les années 1975, les inégalités de revenus sont reparties à la hausse : les taux d’imposition des tranches maximum du travail et du capital ont chuté devant les offensives néolibérales et la mondialisation ; l’inflation est jugulée par les banques centrales oscillant entre 1 et 2% et la croissance est revenue dans les pays développés proche de ses tendances historiques (autour de 1%/an).(…)  L’accumulation aidant, le capital est encore plus concentré chez les « super riches » que les revenus: 1% possèdent 35% du patrimoine américain; 10% se partagent 70% ; les 90% restant de la population se partagent quant à eux uniquement 30% du patrimoine national. La tendance est partout la même avec un peu de « retard » pour l’Europe.(…)Si le système est laissé à lui-même, les inégalités vont continuer à croître et nous parviendrons rapidement à la situation ante-1914 avec quelques héritiers immensément riches. Comment réagiront nos sociétés démocratiques ? Combien de temps les mythes de la répartition et de la possibilité d’ascension méritocratie résisteront-ils aux faits ? (…)Piketty relit la pensée économique (Smith, Ricardo, Marx...) comme parcourue de la peur de la captation de la richesse par une minorité.

Suite sur Wikipedia

 

 

 

 

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