dimanche 31 mai 2015

Bruxelles: la mère d'un élève de l'athénée Adolphe Max porte plainte pour antisémitisme

BELGA 


 

La mère d'un élève de 14 ans, scolarisé en 1ère année à l'athénée Adolphe Max à Bruxelles, a porté plainte vendredi matin pour antisémitisme, a rapporté Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l'Antisémitisme (LBA). 

Le jeune garçon refuse de retourner en cours par peur des représailles. L'élève francophone porte le nom juif de l'ancien mari de sa mère, décédé, mais n'est pas d'origine juive. A partir de novembre, il explique avoir été identifié comme "le juif" et avoir était menacé d'agression et victime d'insultes répétées telles que "sale juif", "sale flamand", ou de propos virulents faisant référence à Hitler. L'élève a alors arrêté de fréquenter les cours, où il ne se rend plus depuis le 5 mai.

 

L'école a dès lors averti sa mère de son absence. Celle-ci a porté plainte mardi auprès de la police, contre un élève sénégalais musulman âgé de 15 ou 16 ans, scolarisé dans une autre classe de 1ère année, pour le racket du smartphone de son fils ainsi que pour un vol de bijoux et d'argent chez la grand-mère du garçon.

A son retour en cours, le fils aurait été intimidé physiquement. Le jeune cité dans la plainte l'aurait plaqué au mur.

Sa mère a rencontré la direction de l'école jeudi, et a finalement décidé de retirer son enfant de l'établissement.

"Comme à l'athénée Emile Bockstael ou à Jacqmain, c'est encore l'enfant victime d'actes antisémites qui doit quitter l'école", estime Joël Rubinfeld. "Les élèves qui commettent ces actes ne sont pas plus inquiétés que ça. Par la force des choses, des parents qui ne voulaient pas que leurs enfants vivent en vase clos les mettent aujourd'hui dans des écoles juives".



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

GIUERRE SCOLAIRE


C’est avec un malin plaisir que la Libre se plait à pointer ce type de dysfonctionnement dans une école de l’enseignement officiel. Ce type de réaction médiatique participe clairement de la guérilla scolaire. Certes, c’est un acte grave et un véritable drame qu’après un autre établissement de la ville de Bruxelles on déplore à nouveau un acte antisémite de la part d’un gamin musulman.  

Il faut y mettre bon ordre et agir avec la plus vigoureuse énergie. Le cours commun de citoyenneté est un pas dans la bonne direction mais il ne fera sens que si les valeurs qu’il promeut percolent dans l’ensemble des cours dispensés en tant qu’aptitudes transversales du savoir-être.

MG    

 

 

Religion/morale: près de 18% des élèves du secondaire veulent être dispensés

C.Bo.

La Soir



La ministre de l’Éducation, Joëlle Milquet, avait lancé un sondage auprès des écoles pour connaître les intentions des parents.

• DR

Les résultats sont tombés : 17,83 % des élèves du secondaire demanderont la dispense du cours de religion-morale. Ils seront 7 % dans le primaire. La ministre de l’Éducation, Joëlle Milquet, a présenté ces résultats mercredi.

Mi-avril la ministre avait demandé aux écoles d’interroger les parents sur leurs intentions. C’était seulement un sondage puisque le choix définitif entre religion/morale/autre chose se fera, selon les écoles, en juin ou septembre.

Les parents avaient jusqu’au 13 mai pour répondre.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN ELEVE SUR CINQ EST CONCERNÉ


Cela signifie que dans certaines écoles notamment à la ville de Bruxelles, les chiffrent pourraient atteindre un élève sur deux. C’est dire qu’il faudra des locaux pour accueillir ces « déserteurs » et du personnel pour les occuper pédagogiquement. De grosses perturbations en perspective. Il est clair que les profs de morale et de religion pourraient être réquisitionnés et affectés à cette « surveillance ». On imagine un prof de religion islamique chargé d’occuper un groupe de moralistes réfractaires ou un prof de religion catho en charge du groupe voisin. Un beau meli-mélo. Mais rien de tel dans le libre catho où tout le monde ira bravement suivre un cours de religion chrétienne. De quoi ranimer vite fait une nouvelle guerre scolaire, sauf qu’on aura beaucoup de mal à recruter des militants de l’enseignement public parmi les parents citoyens. La guerre est finie et perdue depuis longtemps.

MG

samedi 30 mai 2015

La députée Özdemir exclue du CDH pour avoir refusé de reconnaître le génocide arménien

P.Sc Le Soir

L’élue CDH et conseillère communale est « invitée » par le parti à remettre ses mandats.


  Photo Reuters

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Photo Reute

L’élue CDH et conseillère communale Mahinur Özdemir a été reçue par le Comité de déontologie, d’éthique et d’arbitrage du CDH. Ce dernier a pu constater son refus de reconnaître le génocide, mis en avant la veille par un reportage télévisé.

Tout est en effet parti d’un reportage dans le journal télévisé de la chaîne RTL diffusé le 28 mai. En introduction, le vice-président du parlement wallon Maxime Prévot, invité sur le plateau, affirme avec fermeté que tous les membres du CDH sont tenus de reconnaître le génocide arménien. La chaîne a voulu vérifier ces propos en se rendant au parlement bruxellois, où se trouvait la députée CDH d’origine turque Mahinur Özdemir.

LA DÉPUTÉE ÉVITE LA CAMÉRA

Les journalistes contactent alors la cellule communication de la députée qui, prévenue par SMS et visiblement mal à l’aise, quitte les lieux. La chaîne reçoit alors un mail indiquant que Mahinur Özdemir est sous certificat médical. Pas d’interview possible.

Le lendemain au conseil communal, rebelote. La députée évite la caméra et les questions des journalistes, qui, elle s’en doute, porteront sur la question du génocide.

Un reportage qui a semé l’embarras au sein du parti. Ce vendredi, le Comité de déontologie, d’éthique et d’arbitrage du CDH a donc reçu la députée, lui demandant de «  réaffirmer qu’elle reconnaît sans équivoque le génocide arménien, conformément à ce qui est stipulé dans le code de déontologie des candidats et Parlementaires CDH  », explique un communiqué des Humanistes. Or Mahinur Özdemir s’y est refusée.

« CONTRAIRE AUX VALEURS DÉFENDUES PAR LE CDH »

Face à ce refus, le parti a décidé l’exclusion de la députée, estimant que nier le génocide arménien est «  contraire aux valeurs défendues par le CDH  ». «  La reconnaissance d’un génocide ne supporte pas une attitude ambiguë et réclame une totale clarté  », précise le communiqué.

Constatant que Mahinur Özdemir « ne partage pas cet engagement fondamental », le Comité de déontologie, d’éthique et d’arbitrage du CDH l’a donc « invitée » à remettre ses mandats de députée régionale et de conseillère communale.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

RESPECT

Un coup de chapeau au CDH qui met les valeurs éthiques et humanistes avant l’opportunisme électoraliste. Respect !

Reste à voir si le PS osera l’accueillir l’enfoulardée perpétuelle dans ses rangs…C’est un camouflet pour Elio qui s’est montré laxiste vis-à-vis du député maire de Saint Josse sur le même sujet. Une affaire à suivre.

MG

 

Un institut bruxellois refuse l'entrée à l'école à des jeunes filles en jupe longue

Le Vif

Source : Belga

Une dizaine de jeunes filles en jupe longue, de l'institut De Mot-Couvreur à Bruxelles, se sont vues refuser l'entrée vendredi matin par la direction qui leur a demandé d'aller se changer, a rapporté l'échevine bruxelloise de l'Enseignement Faouzia Hariche sur base entre autres des informations révélées par le quotidien La Capitale.



Des filles en jupe longue - Image d'illustration © Reuters

Une centaine de personnes a manifesté en matinée devant l'établissement et la police a été appelée pour disperser la foule. L'échevine précise qu'elle attend de vérifier les faits avant de se positionner. La direction doit lui faire parvenir un rapport lundi.

L'échevine appelle à un apaisement des esprits pour que les élèves puissent se concentrer sur leurs examens. Elle prévient toutefois de son opposition si la modification du règlement évoquée dans la presse s'avérait exacte: "Le règlement ne doit pas déterminer le nombre de centimètres que doit faire une jupe. Il exige seulement que la tenue soit décente et propre." Le groupe Ecolo-Groen rapporte que les parents d'élèves ont été informés d'un changement du règlement en ce sens il y a quelques semaines. Plusieurs jeunes filles se sont fait refuser l'entrée depuis. Le groupe Ecolo-Groen interpellera le conseil communal le 8 juin sur cette nouvelle mesure, qu'il estime à caractère régressif, discriminatoire et humiliant. Il alerte sur le danger à considérer la jupe longue comme un signe religieux ostentatoire. La conseillère communale Zoubida Jellab dénonce le sentiment de rejet induit par ce type de mesures: "Les jeunes filles qui ne se retrouvent plus dans le projet pédagogique d'une école se replient sur elles et préfèrent parfois arrêter les cours. C'est une espèce de "check-point" alors que l'école doit être ouverte. Ce genre de règlement amène une crispation et nourrit la révolte des jeunes. Ils ne se sentent pas chez eux alors qu'ils sont nés ici".

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PURE PROVOCATION

Qu’on arrête de se voiler la face, la chevelure ou les jambes des filles. Tout cela est pure provocation orchestrée par les mosquées les plus fondamentalistes. La manœuvre vise à discréditer les écoles laïques dans le dessein de réclamer demain le financement d’un réseau scolaire musulman, lequel donnera le coup de grâce à l’enseignement officiel bruxellois. La mouvance écolo embraye sans réserve et les médias font caisse de résonance. Couvrez-moi ces guiboles et ces cheveuxque je ne saurais voirC’est quoi ces tartufferies ?

Ouvrez les yeux les filles :on vous manipule.

MG

Dany Laferrière fait entrer le Canada et Haïti à l'Académie française.

AFP l’obs



Incarnation de l'universalité de la francophonie, l'écrivain canadien d'origine haïtienne Dany Laferrière est devenu immortel jeudi en s'installant dans le fauteuil occupé jadis par Montesquieu à l'Académie française.

Perpétuellement en exil, Dany Laferrière, 62 ans, est le premier Québécois et le premier Haïtien à rejoindre la prestigieuse institution créée par le cardinal de Richelieu.

"Ce fauteuil est le siège de tant d’aventures reliées à l’Amérique que je ne serai pas étonné qu’il devienne un jour le fauteuil américain de l?Académie", a dit avec malice le nouvel académicien dans son discours d'hommage à l'écrivain Franco-argentin Hector Bianciotti, à qui il succède sous la Coupole du Quai de Conti.

Rappelant qu'un Alexandre Dumas avait également occupé le fauteuil numéro 2 qui est aujourd'hui le sien, il a précisé avec humour: "Ce n’était pas le Dumas des « Trois Mousquetaires » mais plutôt son fils, l?auteur de « La Dame aux camélias ».

"Je suis né à Haïti, mais né écrivain à Montréal", répète celui qui se définit avec un rire salutaire comme "un écrivain japonais". Dans son discours, il a cependant tenu à saluer "le Martiniquais Aimé Césaire, le Guyanais Léon-Gontran Damas, et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor".

"Ce dernier a occupé pendant dix-huit ans le fauteuil numéro 16. C’est lui qui nous permit de passer, sans heurt, de la négritude à la francophonie", a rappelé M. Laferrière, longuement applaudi par ses pairs et les nombreux invités dont le président de la République, François Hollande. A la fin de la cérémonie, d'environ une heure et demi, les deux hommes ont échangé quelques mots.

Fils d'un célèbre opposant au dictateur François Duvalier, il voit disparaître son père, contraint à l'exil, alors qu'il a à peine cinq ans. Il ne le reverra jamais vivant.

"CURIEUSE MANIÈRE DE NE RIEN FAIRE'

Confié à ses grands-parents, à Petit-Goâve, il est élevé par sa grand-mère, surnommée "Da", une femme envoûtante qui lui donnera le goût de lire. Il a raconté les années passés à Petit-Goâve dans son livre "L'odeur du café" mais leurs échos sont présents dans quasiment tous ses ouvrages dont les titres sont souvent une invitation au voyage et à la rêverie: "Le charme des après-midi sans fin" ou "Le journal d'un écrivain en pyjama".

Mais cette supposée nonchalance ne saurait longtemps abuser. "Vous ne cessez de faire l'éloge de la lenteur, des après-midi sans fin, des mangues mûres qui tombent de l’arbre dans vos mains. Le dernier en date de vos livres a pour titre: « L’Art presque perdu de ne rien faire ». Cependant, si j’ai bien compté, cet ouvrage est le vingt-troisième que vous publiez. Curieuse manière de ne rien faire! À vrai dire, cette nonchalance, c’est votre forme d’élégance", a fait remarquer l'écrivain franco-libanais Amin Maalouf, qui présidait la cérémonie.

En 1976, à la suite de l'assassinat d'un de ses amis, journaliste comme lui au "Petit Samedi soir", Dany Laferrière est contraint de quitter Port-au-Prince pour Montréal.

Il y aura des années de galère: le travail clandestin, des chambres insalubres mais jamais de renoncement. Il rêve de devenir écrivain et en attendant il lit, lit et relit "dans sa baignoire rose". Borges est son héros. Il ne se lasse pas de Cendras ou Voltaire. En 1985, il publie son premier livre au titre culotté: "Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer". C'est le succès immédiat. Traduit en onze langues, l'ouvrage sera adapté au cinéma. Dany Laferrière vient d'avoir 32 ans.

En 2009, il décroche le Médicis pour son roman "L'énigme du retour". La consécration arrive en décembre 2013 avec son élection, au premier tour, à l'Académie française.

Son habit vert a été créé par le couturier québécois Jean-Claude Poitras. Il a nécessité 650 heures de travail dont 500 consacrées uniquement la broderie. Quant à l'épée, autre attribut de l'académicien avec la cape et le bicorne, elle a été confectionné en Haïti par le sculpteur Patrick Vilaire. Un symbole du dieu vaudou Legba, "maître de toutes les cérémonies", est gravé sur son pommeau. La lame se termine par la pointe d'une plume.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"LA LAME SE TERMINE PAR LA POINTE D'UNE PLUME"


Ce magnifique coup de chapeau à Dany Laferrière se lit comme un hommage à l'interculturel dont il est une sublime et très élégante incarnation.

MG

 

 

vendredi 29 mai 2015

'Zonder internationale actie, valt Libanon binnen de vijf maanden'

Wided Bouchrika Redacteur Knack.be

'Libanon stevent af op de grootste humanitaire crisis in de geschiedenis van de mensheid. Als de internationale gemeenschap geen actie onderneemt, valt het land binnen de vijf maanden', waarschuwt zuster Hanan Youssef die helpt de miljoenen Syrische vluchtelingen in Libanon op te vangen.



Een Syrische vluchteling in het dorp Ketermaya, ten zuiden van Beiroet. © Reuters

De oorlog in Syrië heeft sinds 2011 miljoenen burgers op de vlucht gedreven.Het groeiende probleem van bootvluchtelingen heeft de Europese Commissie tot actie aangezet: de lidstaten moeten in totaal over een periode van twee jaar 40.000 vluchtelingen uit Syrië en Eritrea opvangen. Voor België zijn dat er 1.364.

BEELD JE IN DAT BELGIË ER DE HELFT VAN DE BEVOLKING AAN VLUCHTELINGEN BIJKRIJGT

Libanon dat rond de vier miljoen inwoners telt, heeft sinds de start van het conflict twee miljoen Syriërs zien binnenstromen. 'Dat is nooit gezien. Nooit eerder heeft een land zo veel vluchtelingen opgevangen. Beeld je eens in dat België - een goed ontwikkeld land - de helft van de bevolking er in een paar jaar bijkrijgt', getuigt zuster Hanan Youssef.

In de buitenwijken van Beiroet tracht ze in het gezondheidscentrum Sint-Antonius met haar congregatie Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur medische en psychologische hulp te bieden aan oorlogsslachtoffers. Ooit ging dat enkel om Libanezen: straatkinderen, armen, slachtoffers van de burgeroorlog die van 1975 tot 1990 aansleepte.

'70 PROCENT IS VLUCHTELING, 30 PROCENT RUIMTE OVER VOOR LIBANEZEN'

'Ik voel mee met de Syrische vluchtelingen, want ik was dat zelf ooit', herinnert Youssef zich. 'Midden in de nacht gewekt worden en in vijf minuten het belangrijkste meenemen. Ik ben nooit teruggekeerd naar mijn geboortestreek.'


Jezidi's vluchten weg van Islamitische Staat (IS) richting Syrische grens. © Reuters

Het is dan ook niet zo, meent Youssef, dat Libanon geen vluchtelingen wil opvangen. 'We hebben vluchtelingen altijd met open armen ontvangen. Dat begon met de Armeense genocide, Armeniërs die nu Libanees zijn. Dan volgden de Palestijnen in 1948, later de Irakezen toen het land instortte bij de valvan Saddam Hoessein en daarna de Syriërs. Maar een land kan maar zo veel aan.'

Toen de eerste Syrische vluchtelingen in 2011 aankwamen, werden zij inderdaad nog met open armen ontvangen. 'Syriërs hebben zowat dezelfde rechten alsLibanezen in Libanon, ze mogen er gewoon werken. Maar met zo'n toevloed, verliest de kleine man hier zijn job.' Ondertussen zijn de verhoudingen in Youssefs gezondheidscentrum erg verschoven: 70 procent is vluchteling, 30 procent ruimte blijft over voor Libanezen. 'De levensstandaard van de Libanese bevolking is ondertussen gewoon hetzelfde geworden als die van de vluchtelingen. We hebben het allemaal even moeilijk.'

'TERRORISTEN MENGEN ZICH ONDER VLUCHTELINGEN'

'Als de internationale gemeenschap niet snel actie onderneemt, Libanon helpt de infrastructuur te versterken, zal alles binnen de vijf maanden verloren zijn', waarschuwt Youssef. 'We stevenen af op de grootste humanitaire crisis in de geschiedenis van de mensheid.'

Volgens de zuster verlaten veel Libanezen hun land nu zelf: om plaats te laten in het land dat uit zijn voegen barst of uit voorzorg en angst voor wat komen zal. 'Er is onvoldoende controle aan de grenzen. Die zijn altijd open geweest voor Syriërs en Libanezen en daar is misbruik van gemaakt: terroristen mengden zich onder de vluchtelingen en vestigden zich over het hele land. Er zijn incidenten geweest, geweld, criminaliteit, moord.'

MET DE KOMST VAN DA'ASH HEEFT NIEMAND NOG HET RECHT TE BESTAAN

Daarom voerde Libanon in januari 2015 een maatregel in, volgens Youssef door buitenlandse media verkeerdelijk als 'een verplicht visum voor Syriërs' bestempeld. 'Wie het vluchtelingenstatuut heeft, krijgt nog steeds vrije doorgang. Anderen moeten toestemming vragen. Op die manier tracht het land een zekere controle te scheppen. Syrië zelf reageerde daarop met sabotage door de grenzen te sluiten voor onze handel naar Jordanië bijvoorbeeld.'


Palestijnse kinderen kijken naar het poppentheater van een UNRWA-school in Burj al-Barajneh in Beiroet. © Reuters

'ALS IS HOMS INNEEMT, VOLGT LIBANON'

Libanon is vooral bang voor een spillover van de oorlog bij de deur. 'Als Islamitische Staat (IS) Aleppo en Homs inneemt, is het gedaan. Na Homs volgt Libanon.'

'Met de komst van Da'ash (Arabisch acroniem voor IS) heeft niemand nog het recht te bestaan: of je bekeert je tot de islam, of je betaalt een belasting die eigenlijk onbetaalbaar is, of je wordt gedood of je vertrekt. De enige echte optie is vertrekken', vertelt Youssef. Het aantal maandelijkse chronische behandelingen in het gezondheidscentrum is dan ook enorm. 'En dat terwijl we amper voldoende middelen hadden voor de Libanese bevolkin alleen.'

'Toen IS het noorden van Irak innam, vluchtte de bevolking gedwongen te voet kilometers door de woestijn. Ouderen haalden het niet, werden niet eens begraven, volledig gedehydrateerde kinderen kwamen om het leven. Meisjes werden verkracht - hier is de maagdelijkheid van een vrouw alles, haar daarvan beroven is een einde maken aan haar leven - of uitgehuwelijkt aan terroristen. Het is moeilijk te geloven dat zo'n gruwel in de 21ste eeuw bestaat. Ik weet echt niet waar die mensen vandaan komen.'


Actrice Salma Hayek dient een poliovaccin toe aan een Syrische vluchtelingenbaby in de Bekavallei. © Reuters

VREES VOOR NIEUWE BURGEROORLOG

Elke dag komen er meer dan 200 nieuwe vluchtelingen binnen in Youssefs centrum in Beiroet. 'Ooit kwamen 8.000 mensen op consultatie per jaar, in 2014 waren dat er 18.000. Ondertussen werden ook 600.000 kinderen geboren onder de Syrische vluchtelingen', aldus de zuster. 'Libanon kent een gevorderde geneeskunde, polio werd hier lang geleden uitgeroeid. Maar we vrezen voor de terugkeer van de ziekte met de komst van Syriërs waar het recent weer de kop opstak.'

En behalve voor een spillover is er ook angst voor een nieuwe burgeroorlog in Libanon. Die werd destijds gestuwd door de Palestijnse vluchtelingen die de opvangkampen nooit verlaten hebben. Er heerste onvrede en ze leerden strijden. Sektarisch geweld tussen christenen, sjiieten en soennieten volgde. En de fragile vrede komt nu weer onder spanning te staan.

DE SPANNING TUSSEN SJIIETEN EN SOENNIETEN DRINGT DOOR TOT IN LIBANON

'Om een scenario als dat met de Palestijnse vluchtelingen te vermijden, werden er nu geen kampen opgezet voor de Syrische vluchtelingen. Dat betekent helaas ook dat er geen controle is en de vluchtelingen lukraak verspreid zijn in het land', verklaart Youssef. 'De spanning tussen sjiieten en soennieten die in het hele Midden-Oosten voelbaar is, dringt door tot in Libanon. De sjiitische Hezbollah scharen zich achter president Bashar al-Assad in Syrië om te voorkomen dat de soennieten controle krijgen over Libanon. Maar de Syriërs die ons land binnenvluchten, zijn soennitisch. De grote sjiitische concentraties naast het Perzische Iran zijn te vinden in Libanon en Irak. Dat staat dan tegenover de soennitische Golfstaten, die het terrorisme me dunkt een beetje financieren.'


Leden van Hezbollah en een vrouw bidden tijdens de begrafenis van Hezbollah-strijder Adnan Siblini, die gedood werd in gevechten in de Qalamoun-regio, in het zuiden van Libanon. © Reuters

'MENSEN ZIJN VERENIGD IN HUN LIJDEN'

Daarom is het doel van Youssefs centrum, naast het bieden van gezondheidszorg, om voor vrede en co-existentie te zorgen tussen de verschillende groepen. 'Ons centrum is voor iedereen, ongeacht ras of religie. Ook hier zijn er spanningen, maar dan zitten de mensen samen in de wachtzaal en delen ze hun leven beetje bij beetje. Ze zijn verenigd in hun lijden. De slachtoffers leren elkaar kennen en dat is belangrijk, want haat komt voort uit onwetendheid.'

Youssef gelooft in zulke initiatieven die de dialoog aanmoedigen. 'Als dat overal in Libanon doorgang vindt, zie ik daar een oplossing in. Maar natuurlijk is de internationale hulp een prioriteit, want eerst en vooral moet verzekerd worden dat Libanon kan blijven bestaan.'

'NOOD AAN POLITIEKE BESLISSING ZONDER EIGENBELANG'

'Er heerst een te grote stilte ronde het Midden-Oosten', vindt Youssef. 'Ja, jullie worden om de oren geslagen met berichten uit de media, maar het is frappant hoe actie uitblijft. Ondertussen leeft een hele generatie Syrische kinderen zonder opleiding en leren ze in de plaats daarvan oorlog voeren: wat is hun toekomst? Duizenden vrouwen worden verkracht of verkocht: wat is hun toekomst? En dan praten we nog niet over de 150.000 doden. Waar gaat dit heen?'

'We zien die zaken te vaak als een ver-van-mijn-bedshow, maar het gaat hier om terroristen, barbaren die doden zonder een krimp te geven. Als we ze het Midden-Oosten laten winnen, dan houdt niets ze tegen om hetzelfde in Europa en de Verenigde Staten te doen. Er is nood aan een politieke beslissing waarbij niet enkel naar eigenbelang wordt gekeken', besluit Youssef. '2015 is een keerpunt, maar de toekomst ziet er somber uit.'


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES DONNEURS D’ALARME

Dans son bel essai de traduction du Coran, Jacques Berque appelle les prophètes des donneurs d’alarme. Il y en eut de tout temps et ils sont nombreux à hurler dans le désert de la toile où tous les cris sont couverts par d’autres cris. Souvent,le donneur d’alarme -en l’occurrence, il s’agit ici d’une femme- qui embouche sa trompette pour sonner l’alarme n’est  qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. Notre temps est sourd aux alarmes pourtant celle-ci est particulièrement « alarmante ».

« We zien die zaken te vaak als een ver-van-mijn-bedshow, maar het gaat hier om terroristen, barbaren die doden zonder een krimp te geven. Als we ze het Midden-Oosten laten winnen, dan houdt niets ze tegen om hetzelfde in Europa en de Verenigde Staten te doen. Er is nood aan een politieke beslissing waarbij niet enkel naar eigenbelang wordt gekeken', besluit Youssef. '2015 is een keerpunt, maar de toekomst ziet er somber uit.”

Oui, l’avenir est sombre quand le Liban menace de sombrer dans une catastrophe humanitaire sans précédent.

MG 


VN: 85.000 MENSEN VOOR IS UIT RAMADI GEVLUCHT

De Morgen Bron: Belga


 

©REUTERS

Sinds de verovering van de Iraakse provinciehoofdstad Ramadi door de terreurorganisatie Islamitische Staat (IS) twee weken geleden zijn volgens VN-cijfers nog eens 85.000 mensen op de vlucht geslagen.

De mensen zijn door een gebrek aan een onderkomen en wegens de grote hitte op dringende humanitaire hulp aangewezen. Dat meldde de VN-Vluchtelingenorganisatie UNHCR in Genève.

Het overgrote deel van de jongste vluchtelingenstroom bevindt zich nog in de provincie Anbar, zei een zegsman van UNHCR. De IS had Ramadi, de provinciehoofdstad van Anbar, op 17 mei ingenomen. Sjiitische milities en regeringstroepen proberen de stad te heroveren. Sinds april hebben 180.000 mensen Ramadi verlaten, aldus de UNHCR


La fin des intouchables?

Christophe Berti, rédacteur en chef 


Christophe Berti, rédacteur en chef du Soir.

Christophe Ber

Une surprise ? Sur la forme, évidemment. Sur le fond, beaucoup moins. Si l’action spectaculaire menée mercredi matin dans leur palace zurichois par la justice suisse et le FBI est digne d’une super-production américaine (des cadors du football mondial, qui se croyaient au-dessus des lois, arrêtés dès potron-minet dans leur suite luxueuse : quel scénario !) et stupéfie par son ampleur, ses moyens et son côté ostentatoire, elle n’étonne pas grand-monde, par contre, sur sa pertinence et, même, sur son côté inéluctable. Voire tardif, ajouteront les journalistes lassés par des années d’enquêtes médiatiques sur la Fifa sans vraie conséquence jusqu’ici.

Car la Fédération internationale de football traîne des casseroles depuis des années déjà et donne l’image depuis plus d’une décennie d’un mastodonte financier opaque, tourné sur lui-même, hors de contrôle et où la transparence n’est qu’un leurre. On pourrait rire, en effet, si on n’en pleurait pas, de l’« autocontrôle » dérisoire de la Fifa à propos de l’attribution de la Coupe du monde au Qatar. On pourrait rire, si on n’en pleurait pas, du copinage à tous les étages au siège de Zurich, du cinquième mandat brigué par Sepp Blatter, 79 ans, à la tête de l’institution ou de l’archaïsme du mode de fonctionnement (24 personnes qui désignent par vote secret le pays qui organise un Mondial, c’est moyenâgeux). On pourrait rire de tout cela, mais on ne peut faire que pleurer. Car la Fifa, c’est tout simplement l’une des plus grandes institutions du monde, avec plus de membres qu’à l’ONU, une puissance financière énorme, une influence réelle sur les Etats (organiser un Mondial, ça change la vie d’un pays) et une présence sur tous les continents. Une espèce de « World Company » dans les mains d’une caste qui ne rend des comptes à personne ou presque.

Une caste aveuglée par son pouvoir, par l’argent, par sa puissance et qui, à cause de tout cela, n’a pas été capable de se réformer. Dans ces cas-là, c’est souvent la justice qui doit ramener les autocrates à la réalité. Comme ce fut le cas pour le CIO après le scandale des JO de Salt Lake City en 2002. Le Comité international olympique a eu le mérite de tirer (en partie) les leçons de ses dérives. En sera-t-il de même avec la Fifa ? Ce n’est pas certain, même après le tsunami de ce mercredi. Blatter a déjà résisté à bien des tempêtes, notamment lors du scandale d’ISL, qui était alors le premier groupe mondial de marketing sportif. On parlait alors, en 2001, de 50 millions d’euros. Une peccadille par rapport aux montants cités par la justice américaine.

Quoi qu’il en soit, une prise de conscience des dérives du football est plus que nécessaire. A la Fifa, en Europe et en Belgique. Car le processus est le même partout ; une petite poignée d’hommes qui gèrent souvent en vase clos les destinées d’un sport qui n’existe que grâce à une seule chose, l’enthousiasme incroyable de millions de supporters mus par une passion de plus en plus aveugle. 

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES PASSIONS AVEUGLES


Le foot est aujourd’hui l’opium des peuples, au même titre que les religions dans leur version intégriste. Le foot-spectacle, c’est le triomphe du nationalisme par d’autres moyens. Les peuples sont affamés de jeux qui leur fassent oublier les rudesses du quotidien.

Le foot, comme le monde des finances, est ivre de dérégulation et il se livre à des dérapages mal, voire non contrôlés. On constatera que, comme il n’existe pas d’opinion publique européenne, ni d’équipe de foot européenne, il n’y a pas de peuple européen, seulement des Etats exacerbés par la fibre nationaliste. Par chance, la Belgique est immunisée contre le virus nationaliste, nonobstant quelques faiblesses passagères en faveur de ses Diables rouges. En foot aussi, le régional prend chez nous le pas sur le national.

MG

 

 

Emir Kir intervient lors d’une expulsion: «Si c’était à refaire, je le referais»

CL.DD, avec belga

Le Soir

Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, et le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Theo Francken ont déposé plainte pour incitation à la rébellion dans un avion.



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Le député-bourgmestre Emir Kir ne regrette pas d’être intervenu lors de l’expulsion d’une ressortissante nigériane le 12 mai. «  Si c’était à refaire, je le referais  », a-t-il déclaré à l’agence Belga, en dénonçant les circonstances inhumaines du rapatriement qui ont suscité une réaction des autres passagers. «  J’ai d’abord réagi en tant qu’Homme, comme les autres passagers. Qu’on ait ou non des papiers, on reste un être humain. Nous avons réagi parce que nous étions confrontés à une violence physique et psychologique insupportable. Les cris de cette femme étaient insoutenables. Sans cette intervention, je ne sais pas comment les choses se seraient terminées  », a affirmé le député socialiste.

« La N-VA estime opportune l’utilisation de la violence pour des expulsions»

A la demande du ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, et du secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Theo Francken, le SPF Intérieur a déposé plainte contre Emir Kir pour incitation à la rébellion dans un avion.

Le bourgmestre de Saint-Josse n’est pas impressionné par la plainte. «  On se battra jusqu’au bout contre ceux qui voudraient changer les règles du fonctionnement démocratique de la Belgique. Cette réaction montre la logique de ce gouvernement, et en particulier de la N-VA, qui estime opportune l’utilisation de la violence pour des expulsions  ». Le député interpellera les deux ministres N-VA à la Chambre.

Les faits

Les faits se sont produits le 12 mai à bord d’un appareil d’Air Maroc, à destination de Casablanca, dans lequel avait été embarquée une Nigériane. La femme se débattait et criait.Selon Emir Kir, qui était à bord de l’avion le jour des faits, la situation était devenue humainement insoutenable, à tel point que les passagers s’en sont inquiétés. « C’était une situation insoutenable, avec une violence verbale et physique. Une situation indigne d’un Etat démocratique », affirme-t-il.

D’après le mandataire socialiste, ils ont été éconduits sans ménagement par les policiers. Certains ont même été malmenés. Il a fallu l’intervention d’un homme, africain lui aussi, qui s’est entretenu avec la femme pour que le calme revienne dans l’avion, a expliqué Emir Kir.

Des sources policières ont identifié le bourgmestre de Saint-Josse, comme l’un des instigateurs de la révolte des passagers, rapportent jeudi les journaux de Sudpresse, Het Laatste Nieuws et De Morgen.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CITOYENNETÉ ?

Décidément, Emir Kir a le chic de faire parler de lui. Je renvoie le lecteur au forum des internautes qui commentent cet incident. A l’évidence, il n’y a pas que nos élèves à qui un bon cours de citoyenneté ferait du bien…

Ceci dit, entre les socialistes wallons et la N-VA, la guerre est totale sans le moindre espoir de compromis, jamais. 

MG

 

mardi 26 mai 2015

Elif Shafak: "La Turquie a perdu la culture de la coexistence"

Gérald PapyKerenn Elkaïm

Source : Le Vif/l'express

Elif Shafak s'est imposée comme une auteure majeure en Turquie.L'architecte du sultan (Flammarion) nous renvoie à la Turquie d'aujourd'hui, à l'autoritarisme présumé du président Erdogan, la progression de l'islamisme, la non-reconnaissance du génocide arménien...



© REUTERS

LE VIF/L'EXPRESS :UN DE VOS PERSONNAGES AFFIRME QUE "LES FEMMES NE PEUVENT PAS CACHER LEURS SENTIMENTS PARCE QU'ELLES SONT FAIBLES ; ELLES ONT DE LA CHANCE DE POUVOIR SE CACHER DERRIÈRE LEUR VOILE". LA CONDITION DE LA FEMME A-T-ELLE FONDAMENTALEMENT CHANGÉ DANS LA TURQUIE D'AUJOURD'HUI ?

Elif Shaffak : En Turquie comme dans beaucoup de pays musulmans, de plus en plus de femmes portent le voile. Il faut en débattre. Pour autant, bannir le foulard ne me paraît pas être la solution. Car cela provoquerait un contrecoup violent. En revanche, il faut favoriser l'émergence des femmes dans l'espace public dominé par les hommes alors que les femmes sont repoussées dans la sphère privée. Peu importe que ce soit avec leur foulard ou avec leur minijupe, l'important est que les femmes pénètrent l'espace public. Trop de politiciens nous disent encore comment nous devons vivre.

CETTE TENDANCE S'EST-ELLE AMPLIFIÉE DEPUIS L'ACCESSION AU POUVOIR DU PARTI ISLAMISTE POUR LA JUSTICE ET LE DÉVELOPPEMENT (AKP) ?

Oui, en particulier Recep Tayyip Erdogan quand il était Premier ministre (NDLR : il est aujourd'hui président, des élections législatives ont lieu le 7 juin). Il a encouragé les femmes à avoir trois enfants. Certains dirigeants ont dit ne pas croire en l'égalité des genres et d'autres ont même recommandé aux femmes de ne pas rire de façon trop expansive en public... Or, quand des leaders politiques véhiculent ce type de message, beaucoup d'hommes turcs, qui les voient comme des modèles, les imitent. Résultats : les violences domestiques ont augmenté depuis dix ans, parmi lesquelles les meurtres à caractère sexuel dont le nombre a triplé...

POURTANT, LES DIRIGEANTS DE L'AKP SONT RÉÉLUS DEPUIS QUELQUES ANNÉES...

La Turquie est une société extrêmement polarisée, entre ceux qui éprouvent une véritable dévotion à l'égard du gouvernement et ceux qui lui vouent de la haine. Auparavant, des personnalités parvenaient encore à jeter des ponts. Plus aujourd'hui. Depuis les événements du parc Gezi en 2013 (NDLR : des manifestations contre le projet de destruction d'un parc d'Istanbul au profit d'un centre commercial débouchent sur une vaste contestation de l'autoritarisme présumé du Premier ministre Erdogan), la polarisation s'est encore accrue. Le langage de l'AKP divise. La Turquie a perdu la culture de la coexistence. On peut très bien voter de manière différente tout en partageant des valeurs communes : démocratie, Etat de droit, séparation des pouvoirs, liberté d'expression, liberté de la presse, droits de l'homme, droits de la femme... Cela a disparu. Donc, on se retrouve avec des ghettos à l'intérieur du même pays.

COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS QU'IL SOIT SI PROBLÉMATIQUE POUR LA TURQUIE DE RECONNAÎTRE LE GÉNOCIDE ARMÉNIEN DE 1915 ?

Beaucoup de gens sont obsédés par les mots. Plus intéressés par eux que par la réalité qu'ils représentent. Je ne veux pas débattre du nombre de tués, des mots ou des concepts ; je veux reconnaître une tragédie humaine massive qui s'est passée au coeurde l'Anatolie en 1915. Il est temps de nous remémorer celle-ci ensemble et de partager notre chagrin.

QUELLE PLACE VOYEZ-VOUS POUR LES MINORITÉS DANS LE MONDE MUSULMAN QUAND ON OBSERVE LE SORT QU'IL LEUR EST RÉSERVÉ EN IRAK ET EN SYRIE ?

Nous subissons encore au Moyen-Orient les conséquences des interrogations du XIXe siècle sur le nationalisme, l'Etat-nation, la place de la religion... Les minorités sont un baromètre du niveau de la démocratie. En Turquie, les politiciens croient que la démocratie est le "majoritarisme" (NDLR : terme anglo-saxon pour définir une forme de dictature de la majorité) : la majorité obtenue dans les urnes leur donnerait la légitimité pour faire ce qu'ils veulent. La démocratie n'est pas le "majoritarisme". La démocratie, c'est la coexistence, le pluralisme, la séparation des pouvoirs, les règles de droit... On juge la qualité d'une démocratie au niveau du bien-être de ses minorités, pas de celui de sa majorité. La situation des minorités en Turquie n'est pas bonne. C'est le cas dans la plupart des pays du Moyen-Orient.

L'architecte du sultan, Elif Shafak, Flammarion, 462 p.

Rencontre avec Elif Shafak ce jeudi 28 mai à 20 h, au BOZAR, dans le cadre de l'exposition L'Empire du Sultan

L'intégralité de l'entretien dans Le Vif/L'Express de cette semaine



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA TURQUIE EN EUROPE ?


Pour qui sait lire, toute ceci signifie que, de toute évidence, la Turquie n’est pas près, avec son exécutif islamique voire islamiste d’accepter les règles du jeu et les valeurs que défend l’Europe.

Jusqu’il y a quelques années nous nous étions persuadé du contraire.  Désormais, le nationalisme turc et l’arrogance d’Erdogan nous apparaissent comme de plus en plus insupportables. Et pourtant, la diaspora turque donne l’impression, tout en gardant son quant à soi, sa langue et sa culture de bien s’adapter aux pays d’accueil où sa classe moyenne exilée s’obstine à prospérer.

D’ici peu à l’occasion d’ Europalia, la Turquie tentera de nous montrer son meilleur visage. Il s’agira de se montrer très vigilant.

MG

 

 

lundi 25 mai 2015

Palmyre, une "bataille pour l'Humanité toute entière"

Le Vif

Source : Belga

Sauver la cité antique de Palmyre en Syrie de la destruction par les djihadistes de l'Etat islamique (EI) devrait constituer une "bataille pour l'Humanité toute entière", a estimé dimanche la mosquée-université d'Al-Azhar, l'une des institutions les plus influentes de l'islam sunnite.



© AFP

L'EI, qui a conquis jeudi ce joyau archéologique inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'Humanité, pourrait lui faire subir le même sort que plusieurs autres trésors de l'Antiquité pré-islamique qu'elle a pillés et détruits à Mossoul, Nimroud et Hatra en Irak, redoutent les experts et l'ONU.

"Protéger les zones archéologiques des destructions et des pillages (...) constitue une bataille pour l'Humanité toute entière", affirme Al-Azhar, la mosquée-université basée au Caire.

"Nous devons unifier nos efforts pour protéger l'un des plus importants sites archéologiques du Moyen-Orient des destructions menées par l'EI", ajoute Al-Azhar, appelant la "communauté internationale à prendre des mesures d'urgence pour empêcher cette organisation terroriste de détruire et raser les monuments culturels et archéologiques" de Palmyre.

"La destruction du patrimoine de l'Humanité et de l'héritage culturel est interdite par notre Charia (la loi islamique, ndlr), tout comme le vol d'antiquités", rappelle Al-Azhar.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Du passé faisons table rase.


Du passé faisons table rase
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout ! — (Eugène PottierL’Internationale, 1871)

C’est  bien la hantise du nouveau départ qui participe de ce raisonnement totalement irrationnel. Ces types sont fous, aussi fous, du reste que celles ou ceux qui veulent éradiquer le grec et le latin de nos programmes scolaires. Certes depuis Valéry, nous savons que nous autres civilisation sommes mortelles. Mais faut-il pour autant profaner les cimetières des civilisations défuntes qui nous rappellent leurs charmes et leur grandeur ? Palmyre c’est la seule chose de l’antiquité qui soit restée debout : un miracle que menacent ces fous de Dieu. Un Dieu qui n’en demande pas tant. Mais ces ignares entendent se montrer plus musulmans, autrement musulmans que Mahommed. Qu’attend l’humanité pour réagir avec énergie contre ce blasphème à sa mémoire ? La réaction de Al-Azhar est salutaire. Puisse-t-elle être entendue par les musulmans et les non musulmans. C’est une évidence : "Protéger les zones archéologiques des destructions et des pillages (...) constitue une bataille pour l'Humanité toute entière."

MG