mardi 19 mai 2015

Des profs acteurs de changement

CONTRIBUTION EXTERNE La Libre



Au Centre de formation en alternance d’Anderlecht, des enseignants font la classe autrement pour lutter contre ces fléaux que sont le manque d’appétit scolaire, l’absentéisme, le décrochage.   Réaction de Cécile Thilly, enseignante au CEFA d'Anderlecht.


A la place d’un inutile coup de gueule en réaction à un énième article qui véhiculera dans l’opinion publique une image négative des enseignants ("La Libre Belgique" titrait en "Une", le mardi 14 avril, "Trop d’enseignants sont résistants au changement"), j’ai choisi de faire connaître le projet-pilote porté par et pour nos élèves du Cefa (Centre d’éducation et de formation en alternance) d’Anderlecht grâce à des enseignants, agents PMS, associations de quartier, médiateurs culturels, coordinatrice et directrice hypermotivés. J’ai nommé le "Gratin de Cultures", "Festivaleke culturel" mené par et pour les élèves !

De quoi s’agit-il ? Précisément de faire la classe autrement pour lutter contre ces fléaux que sont le manque d’appétit scolaire, l’absentéisme, le décrochage, souvent liés au manque d’estime de soi de nos élèves ainsi qu’à leur sentiment que l’école ne constitue pas un facteur d’émancipation sociale.

Du côté des élèves d’abord. Sur une période de deux à six semaines, les professeurs qui le souhaitent accueillent des animateurs extérieurs pour mener des activités artistiques ou animent eux-mêmes ces ateliers. L’un épaulera les aide-mécaniciens dans leur découverte des arts du cirque, l’autre initiera les électriciens aux délices de la cuisine en association avec un groupe de femmes du quartier, un troisième partira dans la folle aventure de la réalisation d’un film avec les carrossiers, un quatrième accompagnera les monteurs en sanitaire dans un atelier photo livrant des portraits aux allures de renaissance italienne, un cinquième, un sixième, un septième engageront les aide-familiales, les aide-logistiques, les agents administratifs et d’accueil, les encodeurs de données et autres vendeurs dans la réalisation de spectacles d’expression théâtrale de cinq à dix minutes, sans oublier ceux qui gèrent l’incontournable atelier chanson française pendant lequel les élèves créent leur propre chanson en quelques heures et les ateliers arts graphiques !

Deux à six semaines de découvertes, de peurs, de pleurs, de rires, d’excitation, de contacts différents, de travail d’un nouveau genre, de défi, tant pour les élèves que pour les enseignants qui n’ont pas peur de se mouiller ! Cerise sur le gâteau : tous ces ateliers débouchent sur une après-midi festive pendant laquelle chaque groupe présente les fruits de son travail devant tout le monde. Parents et amis bienvenus ! Lien et cohésion sociale garantis !

Du côté des enseignants ensuite. Il s’agit précisément de nous inscrire dans une démarche de réflexion et de remise en question continue de nos pratiques.

Le projet touche actuellement une quinzaine de professeurs volontaires… de cette petite communauté éducative du secondaire qui accueille chaque année environ 300 élèves dans le système de l’alternance : trois jours de formation professionnelle rémunérée en entreprise, deux jours de formation à l’école.

Nous collaborons avec la Boutique Culturelle et Cirqu’Conflex ainsi qu’avec plusieurs animateurs-artistes extérieurs.

Loin d’envisager notre carrière comme plane, modulée par la simple progression barémique en fonction de l’ancienneté, nous avons aussi initié une journée pédagogique d’un style nouveau (mars 2015) en partenariat avec l’ASBL Pierre de Lune : ateliers de danse, théâtre et arts plastiques pour les enseignants suivis d’une réflexion sur l’apport de ces pratiques dans nos classes.

Enfin, nous prenons soin d’évaluer le projet auprès de chaque élève et de chaque enseignant y ayant participé, grâce à une collaboration avec le PMS. Nous voulons aussi que l’école change, avec nous !

-> Pour en voir et savoir plus : http://enlignedirecte.be/a-la-une/gratin-de-cultures/



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Y CROIRE, LA FOI QUI DEPLACE DES MONTAGNES


C’est évidemment tout à fait sympathique mais le propre de ces initiatives, c’est qu’elle sont tout feu tout flamme et qu’elles crépitent comme un feu de paille mais souvent elles se révèlent éphémère. Ce n’est pas le cas par exemple du projet d’établissement de l’athénée Yourcenar fondé sur un véritable apprentissage de la démocratie, un thème à la mode.

Mais il est vrai que le plus beau projet ne peut réussir qu’avec l’enthousiasme d’une équipe animée et dirigée par un ou une cheffe qui y croit.

MG

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