mercredi 13 mai 2015

"Les Femmes d'Alger" de Picasso, la toile la plus chère jamais vendue

Focus Vif


Source : Belga

Un Picasso est devenu lundi la toile la plus chère jamais vendue aux enchères, en étant adjugé 179,3 millions de dollars (+/- 160 millions d'euros) chez Christie's à New York.



"Les Femmes d'Algers" de Pablo Picasso © REUTERS

"Les Femmes d'Alger (version 0)", toile peinte en 1955 par le maître espagnol Pablo Picasso, a battu le record détenu par le triptyque de Francis Bacon, "Trois études de Lucian Freud", qui avait été adjugé 142,4 millions de dollars chez Christie's en 2013, également à New York.

Cette toile colorée d'1m14 sur 1m46 qui représente une scène dans un harem, a été mise à prix 100 millions de dollars. Dans une salle comble, elle a été adjugée après 11 minutes, 179,3 millions de dollars (frais compris), sous les applaudissements.

"Les Femmes d'Alger (version O)" est la dernière d'une série de 15, (avec chacune une lettre allant de A à O) réalisée par Picasso en hommage à Henri Matisse décédé en novembre 1954. Il s'était inspiré pour cette série du peintre français du 19e siècle Eugène Delacroix.

"C'est un chef d'oeuvre à la hauteur de 'Guernica' ou des 'Demoiselles d'Avignon'", avait affirmé avant la vente Loïc Gouzer, vice-président de Christie's.

Selon la maison d'enchères, c'était aussi l'un des derniers grands Picasso dans une collection privée. Il avait été vendu chez Christie's en 1997 pour 32 millions de dollars.

Record mondial à 141,28 millions de dollars pour une statue de Giacometti aux enchères


"L'homme Au Doigt" d'Alberto Giacometti © REUTERS

Une autre record mondial a été atteint dans le milieu de l'art avec la statue "L'homme au doigt" d'Alberto Giacometti. Cette dernière est devenue lundi la statue la plus chère jamais vendue aux enchères, adjugée 141,28 millions de dollars (plus de 126 millions d'euros) chez Christie's à New York. Ce bronze longiligne d'1m77, était estimé 130 millions de dollars. Il a été adjugé en trois minutes, battant le précédent record établi par "L'homme qui marche I", également de Giacometti, qui avait été vendu 65 millions de livres (103,93 millions de dollars) en 2010 chez Sotheby's à Londres.

Lundi, un tableau du maître espagnol Pablo Picasso, adjugé 179,3 millions de dollars (environ 160 millions d'euros) chez Christie's à New York, est également devenu la toile la plus chère jamais vendue aux enchères. "Les Femmes d'Alger (version 0)", peint en 1955, a battu le record détenu par le triptyque de Francis Bacon, "Trois études de Lucian Freud", qui avait été adjugé 142,4 millions de dollars chez Christie's en 2013, également à New York.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE PICASSO ET LES SANS ABRIS

Il serait temps qu’on prenne la vraie mesure des choses. Ces prix payés pour des œuvres d’art son insensés. Liège fut fort critiquée  pour avoir voulu se débarrasser d’un Picasso pour renflouer ses caisses. 179 millions de dollars ! De quoi construire des centaines de logements pour des centaines de  sans-abris et démunis à la Vincent Van Gogh"Donnez un foyer à un sans-abri et vous résoudrez les problèmes de marginalisation", affirme Sam Tsemberis. (voirarticle ci-dessous)

Franchement ce Picasso alimentaire de Liège n’a rien d’émouvant ; sans la signature prestigieuse, il n’attirerait que de très rares regards. Au risque d’en choquer certains :  à ce prix-là je n’hésiterais pas un seul instant à le mettre en vente chez Christie’s pour sortir une brigade d’exclus de l’exclusion.

MG 

 

 

LE PICASSO DE LIÈGE

RTBF info


La famille Soler a été peinte par Picasso en 1903. - liege.be

C'était il y a 40 ans jour pour jour: Pablo Picasso disparaissait à l'âge 91 ans. Ce génie visionnaire est considéré comme l'un des plus grands artistes du 20e siècle. Peintures, sculptures, céramiques, il a réalisé plus de 50 mille œuvres. Une des plus célèbres, la famille Soler, est propriété de la ville de Liège et exposée dans un des musées de la Cité ardente. L'histoire de ce tableau est à l'image de la vie de l'artiste: totalement hors norme.

La tableau de la famille Soler a été peint en 1903. A l'époque, Pablo Picasso est sans le sou. Ses toiles, à défaut de les vendre, il les "troque". "Picasso a commandé trois ou quatre costumes chez son tailleur, Monsieur Soler, qui habitait à quelques pas du centre de Barcelone. En échange, Monsieur Soler a demandé à Picasso de lui faire un grand portrait de toute sa famille, lui et ses quatre enfants" explique Régine Rémon, la conservatrice du musée des Beaux-Arts de Liège.

Mais ce tableau ne plait pas du tout à la famille Soler qui s'en sépare. L’œuvre est acquise par un musée allemand puis confisquée par les nazis et vendue aux enchères en 1939. "Toute une série de tableaux, 150 environ, ont été vendus" poursuit Régine Rémon"Ce sont des tableaux qui étaient considérés par les nazis comme étant des œuvres dégénérées, donc qui sortaient des canevas d'un art académique classique. Liège a eu la grande intelligence de rassembler les fonds et a acquis 9 tableaux majeurs des collections communales liégeoises". Dont le fameux Picasso.

Fin des années 80, la Ville de Liège, nettement moins bien inspirée, envisagera de le vendre pour combler une partie de son déficit. Le tollé est général, les autorités communales sont obligées de faire marche arrière. Classé comme trésor par la fédération Wallonie-Bruxelles, ce chef d’œuvre est désormais à l'abri de pareille lubie.



UN HOMME A TROUVÉ LA SOLUTION POUR RÉSOUDRE LE PROBLÈME DE SANS-ABRIS

Marie Gathon  Levif.be

Sam Tsemberis est psychologue. C'est un peu par hasard qu'une idée inédite lui est venue pour venir en aide aux sans-abris. Mise en place depuis plusieurs années dans de nombreuses villes américaines, il s'est avéré que sa méthode est extrêmement efficace et durable.


© iStock

Les spécialistes s'accordent à dire que les résultats de cette méthode sont surprenants,rapporte le Washington Post qui a rencontré Sam Tsemberis. Elle a, depuis sa création, convaincu de nombreux politiques à travers le pays. Le mois dernier, les autorités de l'Utah ont déclaré qu'il avait pratiquement réussi à éradiquer le nombre de SDF dans cet État.

Quelle est l'idée révolutionnaire qui a permis à Tsemberis de reloger des sans-abris aussi facilement ? Il leur a donné un toit, tout simplement. Cela peut paraitre simpliste, mais c'est bien ce qui a permis de résoudre le problème de nombre d'entre eux. "Donnez un foyer à un sans-abri et vous résoudrez les problèmes de marginalisation", affirme Sam Tsemberis.

Si pour le commun des mortels cela peut sembler logique d'offrir un toit à quelqu'un qui n'en a pas, pour les autorités il est loin d'être évident de loger un toxicomane, un alcoolique ou un schizophrène sans exiger de conditions préalables. C'est exactement ce que Tsemberis propose.

Cela fait des années que les centres d'aide aux sans-abris travaillent sur des systèmes de récompense : supprime une dépendance, on t'offrira un toit. Prends tes médicaments, on te donnera des conseils. Mais le modèle de Tsemberis, appelé "logement d'abord" a inversé cette logique. Selon lui, une personne a de meilleures chances d'évoluer positivement si elle est installée dans un logement stable.

Tsemberis a suivi pendant plusieurs années les 139 premières personnes qui ont été relogées immédiatement. Il s'est avéré que 85 % d'entre elles étaient restées dans leur logement. Le psychologue a alors publié les résultats de ses expériences dans des magazines scientifiques renommés, ce qui a enflammé le débat au sein des organismes d'aide aux SDF.

Quelques années plus tard, le gouvernement fédéral a testé le modèle sur 734 sans-abris dans 11 villes. Il s'est avéré que le taux de toxicomanie avait été considérablement réduit et que les coûts liés à la santé avaient été diminués de moitié.

De plus, cette méthode, contrairement à ce que l'on pourrait croire, coûte beaucoup moins cher aux autorités. Dans l'Utah, les coûts de santé, de prison et de police liés aux sans-abris représentaient 20.000 dollars par personne. Après un relogement, cela ne coûte plus que de 12.000 dollars par personne.

 

 

 

 

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