lundi 29 juin 2015

Au coeur du piétonnier à Bruxelles: «C’est génial!»

Bastien Doyen

Les boulevards du centre sont fermés à la circulation depuis ce lundi matin. Reportage.


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Ce lundi, les Bruxellois et les navetteurs ont découvert pour la première fois le boulevard Anspach et ses rues avoisinantes… sans voiture ! Le piétonnier est donc devenu réalité, causant quelques embarras de circulation et des mécontents. « C’est lamentable. Le projet a été fait à l’envers, il aurait d’abord fallu prévoir l’infrastructure avant de tout fermer », estime un voisin. Mais, pour Yvan Mayeur, les sourires des piétons depuis la fête inaugurale de dimanche valent toutes les critiques du monde.« C’était un vrai succès. Les animations étaient appropriées pour les familles, ce qui était agréable. Toute la journée, on a entendu ‘ Merci, continuez, tenez bon face aux critiques… ‘ ».

Pour le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, les gens sont dans une situation où ils vont devoir apprécier eux-mêmes les choses. « Ils voient, ils observent, entendent les critiques, et puis ils viennent juger par eux-mêmes. Il faut s’en remettre au jugement personnel de chacun », estime-t-il. Arrivé vers 7h15 devant la Bourse, Yvan Mayeur ne pouvait que constater le calme olympien qui régnait dans le centre de la capitale.


INSALUBRITÉ DANS LES RUES

Mais l’apaisement du lieu était quelque peu perturbé par l’insalubrité des rues au réveil : les agents de Bruxelles-Propreté ne travaillent pas la nuit, offrant une image peu nette du nouveau piétonnier.

La Ville de Bruxelles n’est pas compétente en la matière, et renvoie la balle à la Région. Yvan Mayeur le souligne lui-même, le piétonnier va (doit ?) changer le rythme de travail des agents. « Ils devront nettoyer la ville plus vite  ».


LE PIÉTON N’EST PAS COMPLÈTEMENT ROI

Si vous pensiez ne pas croiser le moindre véhicule, détrompez-vous ! Sur la place De Brouckère, les voitures sont encore admises du côté du cinéma.

Et, pour parcourir l’ensemble de la zone piétonne, il vous faudra faire attention à deux carrefours où des automobilistes déboulent de rues perpendiculaires. Sans compter le va-et-vient (parfois incessant) des livreurs, jusqu’à 11 heures. Pour leur part, les taxis, qui ont provisoirement trouvé refuge en face de la Bourse, ont reçu un code pour pénétrer dans la zone piétonne en cas de course.

Pour les distraits n’étant pas munis du laissez-passer adéquat, la police était massivement présente pour les rappeler à l’ordre. « Certains n’ont pas encore compris, mais cela se met en place tout doucement  », lançait le bourgmestre.

Pendant ce temps, cyclistes et piétons s’appropriaient leur nouvel espace. Le tout, dans la bonne humeur. « C’est agréable. Rien que pour la qualité de vie au niveau du bruit et l’ambiance, c’est vraiment génial ! »assure une cycliste de longue date. Pas sûr que les milliers d’automobilistes bloqués lundi soient de cet avis...

 

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COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA MÉTHODE MAYEUR : J’AGIS, ENSUITE JE RÉFLÉCHIS.


Les anciens se souviendront de la devise d' Achille Van Acker dit Asil Sarbon : zazzi et puis ze reflesi. Mayeur l’a adoptée pour imposer le piétonnier et 100.000 Bruxellois lui ont emboité le pas avec enthousiasme à l’inauguration. Idée folle ou de génie ? L’avenir nous le dira. On ne peut pas dire que la méthode soit d’une grande souplesse ni le reflet d’un vrai élan démocratique. La fin justifie-t-elle les moyens ? L’exemple de Gand souvent cité ici montre que oui mais le Gantois est discipliné quand le Bruxellois l’est beaucoup moins.

L’idée de lancer le projet au cœur de l’été est excellente, elle permettra à des milliers de flâneurs de roder l’espace piétonnier et à de nombreux cyclistes de se risquer sur ce vaste parcours.

DiverCity souhaite bonne chance à cette expérience téméraire.

MGdit Asil Sarbon : zazzi et puis ze reflesi. Mayeur l’a adoptée pour imposer le piétonnier et 100.000 Bruxellois lui ont emboité le pas avec enthousiasme à l’inauguration. Idée folle ou de génie ? L’avenir nous le dira. On ne peut pas dire que la méthode soit d’une grande souplesse ni le reflet d’un vrai élan démocratique. La fin justifie-t-elle les moyens ? L’exemple de Gand souvent cité ici montre que oui mais le Gantois est discipliné quand le Bruxellois l’est beaucoup moins.

L’idée de lancer le projet au cœur de l’été est excellente, elle permettra à des milliers de flâneurs de roder l’espace piétonnier et à de nombreux cyclistes de se risquer sur ce vaste parcours.

DiverCity souhaite bonne chance à cette expérience téméraire.

MG

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