dimanche 28 juin 2015

Belgique requiem

Olivier Mouton Journaliste politique au Vif/L'Express


Source : Le Vif/l'express

Le photojournaliste belge Cédric Gerbehaye a sillonné la Belgique durant trois ans. Il pensait y saisir la crise institutionnelle. Il a surtout découvert une précarité sociale profonde. Et un instinct de survie singulier. Voici, en primeur, le portrait d'un pays toujours debout mais très fatigué. Très loin de la belgitude.


FABRICE, 51 ANS : la fin d'un monde à ArcelorMittal© Cédric Gerbehaye

Congo, Palestine, Sud-Soudan... Pendant de longues années, le photojournaliste Cédric Gerbehaye a bourlingué aux quatre coins du monde pour témoigner de ses souffrances. Ses clichés ont été publiés par le gratin de la presse internationale, il a décroché des prix prestigieux par dizaines... Avant de se réveiller, un jour, dans une Belgique en plein blocage politique. "En 2011, tout le monde évoquait un possible éclatement du pays, se souvient-il. Je me suis rendu compte que je connaissais très mal l'endroit d'où je viens." Littéralement perdu...


LA MARCHE DE SAINTE ROLENDE à Gerpinnes : après la procession. © Cédric Gerbehaye

Parce que la vie l'invite à poser son baluchon quelque temps et que cette menace qui plane l'interpelle, Cédric Gerbehaye décide de documenter ce malaise identitaire comme il l'a fait si souvent à l'étranger. En prenant le temps de rencontrer les gens. En captant leurs regards. Trois années durant, ce jeune homme de 38 ans vagabonde littéralement au gré de ses ressentis. Il multiplie les immersions : dans les services d'urgence et les prisons, au coeur des fêtes folkloriques, à l'intérieur d'usines en restructuration, dans les rues... "Tous ces lieux de vérité", résume-t-il.

"Le résultat, ce n'est pas un travail sur la Belgique. C'est un travail en Belgique, insiste aujourd'hui le photographe. C'est un reflet de la condition humaine actuelle, très loin de cette belgitude qui est une façon confortable de nous présenter à l'étranger." En effet. Le résultat est souvent âpre, tendre parfois. Il y a très peu de sourires, ou alors forcés. Mais énormément de solitudes, de perditions, de défaites et de désoeuvrement. De gestes de survie, aussi.

Ce travail de longue haleine est repris dans un livre, D'entre eux. Il sera aussi exposé dans le cadre de Mons 2015 à partir de novembre et, dès ce 26 juin, au FotoMuseum d'Anvers. "En plein fief de la N-VA", s'amuse le photographe. Qui se demande ce que Bart De Wever pensera de ce reflet d'un pays qui apparaît exténué. Jusqu'en Flandre.

D'entre eux, éd. Le bec en l'air, 144 p. Exposition au FotoMuseum d'Anvers, du 26 juin au 22 octobre, puis à la salle Saint-Georges de Mons, du 7 novembre au 3 janvier 2016.



LES DOCKERS ANVERSOIS, le 6 novembre 2014 à Bruxelles. © Cédric Gerbehaye




COMMENTAIRE DE DIVERCITY

NO COMMENT


Se rendre à Anvers, rien que pour voir si le climat a évolué depuis le changement e bourgmestre et en profiter pour aller voir l’expo Belgitude au musée de la photo. Ne pas oublier d’aller voir Charleroi photographié par un Brugeois au musée de la photo de Mont sur Marchienne.


« CHARLEROI » par Stephan Vanfleteren au Musée de la photo

         

Stephan Vanfleteren

CHARLEROI
23.05 > 06.12.15

Dernière exposition d’un cycle de cinq commandes photographiques entamé en 2010, c’est au photographe belge Stephan Vanfleteren après Bernard Plossu, Dave Anderson, Jens Olof Lasthein et Claire Chevrier, que le Musée de la Photographie a demandé de proposer sa vision de Charleroi.

Pour Vanfleteren, l’exercice ne fut pas entièrement neuf, pratiquant la ville depuis de nombreuses années : Charleroi est en effet présente au détour des pages de son désormais célèbre «Belgicum», par la photographie ou par les textes, reliant la ville à ces autres lieux, Bruxelles, Anvers, Liège ou Ostende qui composent l’itinéraire en noir et blanc de cet étrange pays, tour à tour sombre et joyeux, trivial et pudique, irritant et touchant.Charleroi n’échappe pas à cette impression, entre inquiétude et empathie. Ce pourrait être ailleurs et c’est pourtant ici, en cette ville qui n’en finit pas de renaître, que Vanfleteren tente d’embrasser du haut d’un terril autant que sous les néons d’un café où les solitudes s’escortent au bout de la nuit : Vanfleteren s’y immerge complice autant que témoin, n’emportant rien qui ne lui soit consenti. Toutes ces photographies sont nées de longues errances, de patientes conversations, de regards échangés.


Ni portrait-charge, ni plaidoyer, le Charleroi de Vanfleteren dit les blessures, la résistance et la solidarité d’une ville qui sait qu’elle a bientôt rendez-vous avec elle.







Stephan Vanfleteren
CHARLEROI 
23.05 > 06.12.15

Dernière exposition d’un cycle de cinq commandes photographiques entamé en 2010, c’est au photographe belge Stephan Vanfleteren après Bernard Plossu, Dave Anderson, Jens Olof Lasthein et Claire Chevrier, que le Musée de la Photographie a demandé de proposer sa vision de Charleroi.

Pour Vanfleteren, l’exercice ne fut pas entièrement neuf, pratiquant la ville depuis de nombreuses années : Charleroi est en effet présente au détour des pages de son désormais célèbre «Belgicum», par la photographie ou par les textes, reliant la ville à ces autres lieux, Bruxelles, Anvers, Liège ou Ostende qui composent l’itinéraire en noir et blanc de cet étrange pays, tour à tour sombre et joyeux, trivial et pudique, irritant et touchant. 
Charleroi n’échappe pas à cette impression, entre inquiétude et empathie. Ce pourrait être ailleurs et c’est pourtant ici, en cette ville qui n’en finit pas de renaître, que Vanfleteren tente d’embrasser du haut d’un terril autant que sous les néons d’un café où les solitudes s’escortent au bout de la nuit : Vanfleteren s’y immerge complice autant que témoin, n’emportant rien qui ne lui soit consenti. Toutes ces photographies sont nées de longues errances, de patientes conversations, de regards échangés.

Ni portrait-charge, ni plaidoyer, le Charleroi de Vanfleteren dit les blessures, la résistance et la solidarité d’une ville qui sait qu’elle abientôt rendez-vous avec elle.


Stephan Vanfleteren (1969, Courtrai) a étudié la photographie à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles (1988-1992). De 1993 à 2009, il a travaillé en tant que photographe free-lance pour le compte du journal De Morgen, tout en continuant à s’investir pleinement dans ses propres projets. Spécialiste des portraits en noir et blanc, il est également connu pour les reportages au long cours qu’il effectue en Belgique et à l’étranger. Actuellement, il travaille essentiellement pour des journaux et des magazines étrangers. Cofondateur des Éditions Kannibaal/Hannibal, Stephan Vanfleteren y occupe le poste de directeur artistique. Depuis 2010, il est également professeur invité de l’Académie des beaux-arts de la ville de Gand (KASK).

 




 

 

 

 

 

 



 

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