vendredi 12 juin 2015

Bruxelles et la Flandre, enfin?

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef (Le Soir) 


Le ministre bruxellois de l’Emploi, de l’Economie et de la Formation FDF (mais oui) souligne le bon fonctionnement des relations entre les Régions, en particulier avec la Flandre : «  Il y a un changement fondamental de mentalité. Des verrous ont sauté. »

Gosuin n’est pas du genre naïf, pas plus qu’à tresser des couronnes à la N-VA, le parti du ministre-président flamand. C’est dire si ces déclarations valent leur pesant de surprise. D’autant que des éléments concrets viennent ou devraient venir vérifier ces déclarations : un accord avec le VDAB (le Forem flamand) et son équivalent bruxellois Actiris devrait être signé, accentuant la formation en immersion linguistique. Sur le front de la mobilité, les deux Régions négocient l’arrivée des trams bruxellois jusque Zaventem et des bus flamands dans Bruxelles. La Flandre, qui refusait il y a peu de discuter avec Bruxelles qu’elle ne reconnaissait pas comme Région à part entière, travaille désormais avec elle. On ne peut que s’en réjouir car c’est le bon sens même qui imposait depuis si longtemps aux Régions de trouver et d’élaborer ensemble les solutions à apporter à l’emploi et la mobilité des habitants des deux régions, et de ceux qui les traversent.

DIDIER GOSUIN: «ON A DÉCLOISONNÉ BRUXELLES»

Le vrai test de cette nouvelle ère viendra de la discussion du texte créant la Communauté métropolitaine, instance de concertation entre Bruxelles et ses voisines, créée en compensation à la scission de BHV (et dont nous vous révélons le contenu en pages intérieures). Si ce texte est approuvé au nord du pays, alors oui, on pourra dire que quelque chose a changé au Royaume de Belgique. Même s’il faut rester lucide sur le plan national : la N-VA concède peu de choses avec cette reconnaissance embryonnaire de Bruxelles, qui n’empêche en rien, au contraire, son rêve confédéraliste.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

COMMUNAUTÉ URBAINE MÉTROPOLITAINE DE BRUXELLES.


Lille, Barcelone, Berlin et bientôt Paris (c’était un des rêves de Sakozy) disposent d’une communauté urbaine très largement étendue qui assurent leur prospérité. Celle de Lille s’étend jusqu’à Courtrai. La superficie de la Communauté urbaine bruxelloise (autrement dit son hinterland socio-économique) recouvre toute l’étendue de ‘l’ancienne province du Brabant (désormais Brabant wallon et flamand), la région la plus prospère de Belgique qui a été enlevée à Bruxelles enfermée arbitrairement dans son carcan de 19 communes dont plus de la moitié sont vraiment très pauvres. A Paris les beurs vivent dans la banlieue, à Bruxelles le long de l’axe du canal, au centre de la région Bruxelles-Capitale. C’est en cela que Wallons et Flamands ont voulu et ont su dégraisser Bruxelles qui n’a plus -c’était prémédité- que la peau sur les os. La zone métropolitaine bruxelloise, c’est près de trois millions d’habitants et une ceinture de zonings industriels et commerciaux. Espérer un « rattachement » de Bruxelles au Brabant, ce serait rêver éveillé. Ce serait pourtant dans notre logique de Brusseleir la plus élégante des solutions. Jamais Wallons et Flamands n’y consentiront. Tout au plus  se rallieront-ils à une coopération partielle dont Gosuin se félicite et dont Béatrice Delvaux se réjouit. A juste titre.

MG



GEERT BOURGEOIS A DES «REMARQUES SUBSTANTIELLES» SUR LA COMMUNAUTÉ MÉTROPOLITAINE

Véronique Lamquin. Le Soir

Le ministre-président flamand n’a pas apprécié de découvrir le projet de Rudi Vervoort dans les colonnes du Soir.



Geert Bourgeois. © Pierre-Yves Thienpont/Le Soir

Geert Bourgeois n’a guère apprécié la lecture du Soir, ce jeudi. Nous y révélions que le projet d’accord de coopération visant la création de la communauté métropolitaine était prêt. Rédigé par le cabinet de Rudi Vervoort (PS), le texte a déjà été soumis à Paul Magnette, qui a marqué son accord. Reste à convaincre la Flandre, ce qui, nous précisait-on mercredi au cabinet du ministre-président bruxellois, « est prévu en juillet ».

LA FLANDRE VEUT UN CADRE PLUS SOUPLE

Sur le fond, le ministre-président flamand, par la voix de son porte-parole, nous a précisé qu’il « prenait acte » des propositions de son homologue bruxellois. Ajoutant aussitôt « avoir des remarques substantielles » à la proposition détaillée par Le Soir.

Parmi les points qui posent problème à la place des Martyrs : le fait de créer une nouvelle structure, dotée d’une personnalité juridique, d’un bugdet et d’un secrétariat. En clair, la Flandre veut bien d’une concertation, mais dans un cadre plus souple.

UNE CONCERTATION AVEC RUDI VERVOORT PRÉVUE

Sur la forme, Geert Bourgeois aurait manifestement préféré prendre connaissance du texte d’une autre manière. « Nous transmettrons nos remarques, comme il se doit, directement aux représentants de la Région bruxelloise, précise encore le porte-parole du ministre-président. Une concertation avec le cabinet de Rudi Vervoort est prévue, à ce propos, en juillet. Le fait que la proposition bruxelloise ait été communiquée via la presse n’est assurément pas un bon signal ».

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE PARI TÉMÉRAIRE DE RUDI VERVOORT

Rudi Vervoordt n’est pas un saltimbanque médiatique comme peut l’être le nouveau bourgmestre de Bruxelles qui aime se pousser du col et se faire mousser dans les medias. Notre ministre président est un coureur de fond, un diesel lent mais puissant qui a une vision de Bruxelles Capitale qui va bien au-delà du carcan des 19 communes. C’est tout à son honneur. C’est que cet everoispetit-fils de cultivateurs de chicons parle le néerlandais avec aisance et qu’il est à cheval entre la culture flamande et francophone ce qui, en l’occurrence, est un atout majeur pour s’imposer chez les Flamands. Il faut souhaiter bonne chance à son ambition métropolitaine. Geert Bourgeois est sur ses gardes : preuve que Rudi est dans le bon.

MG

 

Aucun commentaire: