lundi 15 juin 2015

CEB: «Mieux vaut avoir obtenu dans les 80 à 90%»

Th. CA. Le Soir

Pour bien débuter les secondaires, les professeurs estiment qu’il faut avoir de bons résultats au CEB.

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L’heure approche tout doucement. Ce lundi, les quelque 49.000 élèves de 6e primaire vont passer les épreuves déterminant l’octroi du Certificat d’études de base (CEB).

Le CEB portera comme de coutume sur le français, les mathématiques et l’éveil (sciences, histoire, géographie).

Le CEB est attribué aux élèves qui obtiennent au moins 50 % dans chacune des matières évaluées. Mais de l’avis des professeurs, mieux vaux avoir de bons résultats.



MATHÉMATIQUES : « LES QUESTIONS SEMBLENT SIMPLES »

Marie Hennuy est professeur de mathématiques au Collège Saint-Quirinde, à Huy. Pour elle, les exercices des cahiers « mathématiques » manquent de raisonnements logiques. «  J’ai eu l’occasion d’en parler avec mes élèves. Eux aussi trouvent les exercices particulièrement simples. Non seulement par rapport à ce qu’ils ont pu voir tout au long de l’année. Mais aussi par rapport à ce que l’on attend d’eux en première secondaire. Clairement, la plupart s’attendaient à un examen bien plus complexe. Le calcul des surfaces est un bon exemple. Ils doivent calculer des aires de rectangles alors qu’à cet âge, ils ont déjà pratiqué les calculs de volumes. La manière de formuler les questions pose également problème. Entourer la bonne réponse parmi trois possibilités, c’est un peu faible. Pour bien débuter les secondaires, mieux vaut avoir obtenu dans les 80 ou 90 %. Si un élève n’obtient que la moyenne à ces épreuves, il aura probablement des difficultés. À tout le moins, des lacunes à combler. Par ailleurs les niveaux sont très hétérogènes lors de leur arrivée en première ».


SCIENCES : « IL N’Y A PAS ASSEZ DE PAR COEUR »

Emmanuelle Buelens est professeur de sciences à l’Athénée royal de Péruwelz. Pour elle, les épreuves sont bien faites mais pas très représentatives des attentes du secondaire.

«  Les consignes sont très claires et explicites. Les questions font appel aux capacités d’analyse de documents de l’élève. C’est une compétence très importante pour le secondaire. En outre, les thèmes des questions portent sur la reproduction, les plantes, etc. Ce sont des thèmes abordés dès la première année dans les programmes. En revanche, il n’y a aucune place pour la restitution brute. L’élève n’a pas forcément besoin d’étudier par cœur pour réussir. Et l’inverse est aussi vrai : si un élève étudie tout son cours par cœur, il n’est pas sûr de réussir. Les points obtenus en sixième primaire peuvent donc être très différents des points obtenus en sciences en première. On ne demande pas tout à fait la même chose aux enfants. Cette différence de compétences évaluées peut donc surprendre les enfants et leurs parents ».


HISTOIRE : « MIEUX VAUX AVOIR DE BON RÉSULTATS »

Alexandra Carlier est une jeune professeur d’histoire à l’Athénée royal de Waterloo. Selon elle, les questions du CEB sont pertinentes mais restent basiques. « L’accent n’est pas vraiment mis sur l’histoire dans les questionnaires. Quelques questions portent sur cette matière. Qui est donc abordée de manière succincte. Par ailleurs, les questions sont relativement basiques et assez simples. Un élève qui échouerait à ces questions risque d’avoir pas mal de difficultés dans le secondaire. Mais concrètement, dans la plupart des cas, les professeurs de primaire approfondissent davantage la matière tout au long de l’année. Les compétences des enfants sont donc souvent meilleures que ce qui leur est effectivement demandé au terme de leur sixième primaire. Cela dépend par contre de l’école ; certains sont mieux préparés que d’autres en arrivant en première. De toute façon, nous sommes obligés de reprendre à zéro en première de manière à remettre tout le monde sur un pied d’égalité ».

GÉORGRAPHIE : « DES ÉPREUVES CONFORMES AUX ATTENTES »

Véronique Van Basten est professeur de géographie à l’Athénée royal de Virton (Sud-Luxembourg) et enseigne notamment aux élèves de première année. Pour elle, les épreuves préparent parfaitement les jeunes à ce qui les attend dans le secondaire. « La géographie, en première année, n’est pas trop complexe. Le cours réside essentiellement en l’analyse de documents. En ça, les épreuves de géographie du CEB sont très bien faites. C’est de l’analyse. Il n’y a pas d’écart particulier, la transition est donc relativement douce. Mais cela n’empêche pas d’avoir des niveaux très variables au sein des classes, mais aussi d’année en année. Dans ces épreuves, on fait vraiment appel à la jugeote des enfants, à leurs capacités d’analyse. En revanche, les consignes sont souvent simplistes, et les questions trop fermées. Du coup, quand en secondaire, les élèves doivent répondre en construisant de vraies phrases, ils ont plus de difficultés. Idem lorsqu’ils sont confrontés à des consignes plus complexes ».

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

IL FAUT OBTENIR 90%, DISENT LES PROFS DU SECONDAIRE 


Et ils font comment pour les obtenir Mithad, Rachid et Aziza qui ne parlent pas un mot de français à la maison et regardent la parabole en boucle ?

Exiger est une chose, mettre l'élève-tous les élèves- dans de bonneconditions de passage au secondaire en est une autre. L’épreuve de passage au secondaire devrait porter surtout sur le français et le calcul et pour le reste sur les aptitudes sociales et les aptitudes dites cognitives: mémoire, observation, synthèse, analyse, expression, recherche d’information, communication, résolution de problèmes, toutes aptitudes qu’il faudrait entraîner intensivement à l’école primaire pour former l’esprit, le secondaire se chargeant de le meubler tout en parachevant sa formation.

Les meilleur(e)s enseignant(e)s savent cela depuis toujours mais ils/elles ne sont pas les seuls à la manoeuvre.


MG

 

 

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