lundi 1 juin 2015

La majorité fédérale compte reconnaître le génocide arménien

Martine Dubuisson

Le Soir

Le chef de groupe MR Denis Ducarme précise que l’initiative a été prise avant les polémiques Kir et Ozdemir.


Les groupes politiques de la majorité fédérale (N-VA, MR, CD&V, VLD) discutent pour le moment d’une résolution à déposer à la Chambre visant la reconnaissance du génocide arménien par l’assemblée. «  Le texte est en cours de finalisation », nous affirme Denis Ducarme. Il ne devrait toutefois pas être débattu en plénière avant la fin de l’année. Le chef de groupe MR précise que l’initiative a été prise avant les polémiques Kir etOzdemir .

La N-VA est à l’initiative de cette résolution, cosignée par le MR, le CD&V et le VLD. Du côté du CD&V, on insiste sur la nécessité «  d’en parler aussi avec l’opposition : notre ambition est d’associer l’opposition 

Le parti d’Erdogan affirme «son soutien» à Mahinur Özdemir, exclue du CDH



Le Soir

L’AKP a qualifié l’éviction de la femme politique d’«  injuste  ».

• en 

 

La représentation à Bruxelles de l’AKP du président turc Recep Tayyip Erdogana affirmé dans une lettre ouverte «  son soutien  » à Mahinur Özdemir. La députée a été exclue du CDH pour avoir refusé de reconnaître l’existence du génocide arménien. Le parti a qualifié l’éviction de la femme politique d’« injuste  ».

Le parti revient sur la décision des humanistes d’exclure la femme politique d’origine turque dans une lettre diffusée samedi après-midi sur le réseau social Twitter : « L’AKP Bruxelles soutient fermement la députée Mahinur Özdemir. Personne ne devrait être obligé d’exprimer un point de vue spécifique à propos d’un événement particulier de l’histoire pour avoir le droit de servir ses concitoyens au parlement. Les actions du CDH élèvent les souffrances d’une religion et d’un groupe ethnique au-dessus des souffrances des autres et réduisent au silence ceux qui ont une opinion différente (…). »

 

 

GÉNOCIDE ARMÉNIEN: LES PARTIS, SEULS, ONT JOUÉ AVEC LE FEU

Béatrice Delvaux, Éditorialiste en chef 
Le Soir

Dans l’exclusion d’ÖzdemirLutgen applique la ligne défendue il y a une semaine.



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Ce vendredi, le CDH a décidé d’exclure sa députée Mahinur Özdemir , qui s’est refusée à reconnaître le génocide arménien. Cette décision est logique et surtout cohérente. Le président Lutgen applique ainsi la ligne défendue dans son interview au Soir, il y a une semaine .

Le sujet qui porte sur un épisode criminel de l’histoire européenne, est complexe et continue d’opposer deux communautés dans la manière de qualifier ces événements. Y-a-t-il eu ou pas génocide des Arméniens par les Turcs ? Certains Etats ont décidé de répondre oui, d’autres n’ont pas tranché, s’en remettant à une consultation internationale. Mais ce n’est pas cela qui est en cause ici. Personne, et certainement pas la presse, n’oblige les Belges, qu’ils soient ou non d’origine turque, à adopter l’une ou l’autre position. Personne d’ailleurs n’en a le droit car la Belgique fait partie de ceux qui n’ont pas tranché. Aucune loi n’a été adoptée, et personne ne peut être condamné pour déni de génocide arménien, contrairement à la Shoah.

Ce sont certains partis politiques, et eux seuls, qui ont allumé le feu qui risque de brûler désormais, et de rejaillir sur une partie de la société, en la divisant. Sans que personne ne les y pousse, certaines formations politiques ont adopté une position limpide revendiquée haut et fort au nom de leurs valeurs, en condamnant sans ambiguïté le génocide arménien. Ces valeurs sont-elles négociables ? Peut-on accepter que des membres et à fortiori des élus, pensent autrement sur ce sujet, que la ligne du parti ? Le CDH a tranché, c’est non. Chez Ecolo, la présidente Zakia Khattabi nous a déclaré que cela ne pouvait se produire chez eux, «  leurs listes n’étant pas composées de façon communautariste  ».


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PARTICRATIE


« Sans que personne ne les y pousse, certaines formations politiques ont adopté une position limpide revendiquée haut et fort au nom de leurs valeurs, en condamnant sans ambiguïté le génocide arménien. Ces valeurs sont-elles négociables ? Peut-on accepter que des membres et à fortiori des élus, pensent autrement sur ce sujet, que la ligne du parti ? »

Voici un magnifique exemple de l’omnipotence des partis politiques en Belgique et aussi des contradictions systémiques et des confusions qu’elles peuvent générer.

Cet exemple montre clairement les limites du communautarisme en politique. Le CDH a montré qu’il ne transigeait pas avec nos valeurs humanistes et refuse en conséquence les accommodements (dé)raisonnables. Ce choix l’honore.  C’est un véritable tournant qui met le PS en grand embarras. Il devra trancher ou perdre sa crédibilité éthique.

Ceci dit, la différence sémantique entre un massacre, un pogrome ou un génocide est un problème d’appréciation où seuls les historiens spécialisés devraient avoir la parole et, le cas échéant, le dernier mot. Qui suis-je, qui sommes-nous pour en juger ? Faudra-t-il parler de génocides des populations latino-américaines par les espagnols et les Portugais, des indiens d’Amérique du Nord par les yankees,  des Africains exportés massivement comme esclaves sur le nouveau continent, des koulaks par Staline ?

Il appartient à chacun de faire son opinion. L’imposer à tous, arbitrairement, relève du dogme en politique. La lucidité s’impose, comme toujours. Soulignons toutefois, pour terminer,  comme le fait un forumeur «  la curieuse conception de la liberté d'expression qui ressort des propos tenus par le représentant de l'AKP: "L’AKP croit que tous les citoyens – spécialement les parlementaires et les politiciens – doivent pouvoir être capables de s’exprimer librement sur ces matières historiques".
Je doute fortement qu'un député de l'AKP en Turquie puisse publiquement reconnaître la réalité du génocide arménien. » 

En effet !


MG 

 

 

 

 

 


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