lundi 15 juin 2015

Le déclinisme réfuté

LAURENT JOFFRIN  Libération

Chez les intellectuels, l’idée de la chute est en pleine ascension. Le déclinisme est l’idéologie montante. Se présentant comme les martyrs d’une pensée unique introuvable (en général, on désigne par là les idées de la gauche), des penseurs le plus souvent très marqués à droite tiennent le haut du pavé en multipliant les prédictions catastrophiques. Tous ? Non, une petite escouade résiste à ce délitement général. Ils cherchent non à jouer les Bisounours du futur mais à donner une définition neuve du progrès. Disciple d’Alain Touraine et l’un de nos meilleurs sociologues, Michel Wieviorka fait partie de ces nouveaux dissidents.

Le règne de la liberté et l’ouverture des frontières ont suscité une peur du vide, ce que Wieviorka appelle «la perte de sens». Manque de projets, épuisement de l’espoir dans un monde meilleur, effacement des repères : dans ces conditions, les croisés du passé reprennent le dessus. Vous ne croyez plus à rien ? Nous avons ce qu’il vous faut : le retour à la tradition, l’entrée en religion, le refuge dans le nationalisme. Au magasin des doctrines, les revenants sont en vitrine. On ne peut se contenter d’y opposer le simple rappel aux principes, droits de l’homme, République, ouverture et tolérance.

Dans ce monde «liquide», où l’individu se noie dans les flux mondiaux de signes et de marchandises, les convictions démocratiques, aussi justifiées soient-elles, tournent à vide, n’accrochent pas, ne parlent qu’aux convaincus. Il faut sinon les réinventer, du moins les réincarner.

Tout l’intérêt du livre tient à la qualité du travail intellectuel de Wieviorka, qui s’appuie sur les travaux sociologiques les plus récents pour en donner un panorama pédagogique et en tirer les leçons les plus utiles. Universalisme revisité, relations entre religions et cultures, rôle des intellectuels, analyse de la violence, nouvelle donne du travail, il passe en revue les thèmes qui dominent l’actualité en se référant systématiquement aux travaux scientifiques parus dans le monde.

Ainsi, l’universalisme impérieux issu de l’Occident doit être repensé, en remarquant que ces valeurs ont été également développées et mises en œuvre ailleurs qu’en Europe ou dans le monde anglo-saxon, comme l’avait très tôt souligné Amartya Sen. Le travail des sociologues du Sud a amendé une grande partie de ces principes sans en changer l’inspiration générale, les rendant plus acceptables dans des régions où l’on est toujours prompt à en dénoncer les relents postcoloniaux.

De même, il établit une distinction utile entre le multiculturalisme, souvent réprouvé parce qu’il contient en germe un danger de libanisation des sociétés, et les droits culturels revendiqués par des minorités. Ces droits ne sont pas concédés à un groupe fermé chargé de les administrer, ce qui conduirait au communautarisme, mais aux individus libres d’être différents, qui peuvent légitimement réclamer plus de latitude dans le respect de leur identité propre. Les cultures minoritaires retrouvent leur dignité sans que l’individu passe d’une soumission à l’autre. Ainsi, les principes abstraits du républicanisme de stricte obédience sont-ils amendés et modernisés sans perdre leur pertinence.

Comment retrouve-t-on le goût de l’avenir ? Là aussi, Wieviorka se démarque des incantations sympathiques mais souvent creuses dont est tissé le discours public. Fidèle à son maître Alain Touraine, il met en exergue l’action foisonnante non plus des «mouvements sociaux», antienne tourainienne dans la société postindustrielle, mais des «mouvements» tout court, dont l’objet n’est plus seulement social mais aussi politique ou culturel. Luttes des minorités, des genres, reconnaissance des cultures régionales, combats écologiques particuliers, tous construisent, chacun dans leur domaine, une idée de l’avenir qui est aussi une idée de progrès. Etudier leur formation, leur message, leurs forces et leurs apories, en y incluant leur contraire, ces «anti-mouvements» qui sont aussi des manifestations de sens collectif («mariage pour tous» et «manif pour tous», qui expriment chacun une modalité du devenir social) : telle est la mission nouvelle du sociologue engagé. Le refus du retour aux idéologies fermées et identitaires trouve un point d’application vivant qui fait sortir le savant et l’expert de leur tour d’ivoire pour les frotter au monde qui vit et qui change.

Laurent JOFFRIN Libération


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

L’EFFACEMENT 


Tout se passe comme si d’accommodement en résignation, les Européens- les Français en particulier- doucement se résignaient en s’effaçant face aux revendications toujours plus visibles et insistantes des minorités de confession musulmanes venues d’ailleurs (nourritures hallal, foulards, jupes longues, subventions des mosquées, heures d’ouverture des piscines décalées pour les hommes et les femmes etc). La norme républicaine, démocratique, laïque s’efface et s’atténue devant l’arrogance croissante des droits revendiqués sans que soient renforcés pour autant les devoirs envers le corpus de valeurs de l’occident. Cet effacement, cet affaissement indirect des valeurs « d’ici » se fait à l’avantage des valeurs de « là-bas » qui prennent ici de plus en plus de place. Le flot incontrôlé des demandeurs d’asile d’Afrique noire est légitimé par la mauvaise conscience post-coloniale d’une gauche désorientée.

Effacement des normes et des exigences scolaires, effacement de l’identité et des valeurs européennes, effacement de la fierté d’être français, anglais, portugais, allemand et surtout européen. Dans les années soixante on parlait des Ugly Americans voici venu le temps des affreux Européens honteux de l’être ou peut-être de ne l’être pas assez . Dans ce monde «liquide», où l’individu se noie dans les flux mondiaux de signes et de marchandises, les convictions démocratiques, aussi justifiées soient-elles, tournent à vide, n’accrochent pas, ne parlent qu’aux convaincus. Il faut sinon les réinventer, du moins les réincarner pour lutter contre «la perte de sens», « le  manque de projets »« l’épuisement de l’espoir dans un monde meilleur, effacement des repères 

Mais voici quà côté du réveil des nationalismes délétères et dominateurson nous annonce une sorte de contre-feu organisé par des jésuites flamands

MG



WOORD "GOD" VERDWIJNT UIT NAAM STUDIERICHTINGEN KU LEUVEN

Belga

 De Faculteit Theologie en Religiewetenschappen van de KU Leuven past vanaf volgend academiejaar de benamingen van haar studierichtingen aanDe naam "God" verdwijnt uit alle benamingen. Dat meldt nieuw.kerknet.be.

Vijf jaar geleden werd de Faculteit Godgeleerdheid herdoopt tot Faculteit Theologie en Religiewetenschappen. De KU Leuven wou af van de beladenterm "godgeleerdheid", waarbij nog te vaak uitsluitend in termen van christelijkgeloof werd gedacht.

Vanaf het academiejaar 2015-2016 gelden de nieuwe benamingen. Bachelor in de theologie en religiewetenschappen is de nieuwe benaming voor Bachelor in de godgeleerdheid en de godsdienstwetenschappen; Master in de theologie en de religiewetenschappen vervangt Master in de godgeleerdheid en de godsdienstwetenschappen; Master in de wereldreligies komt in de plaats van Master in de wereldgodsdiensten, de interreligieuze dialoog en de religiestudieen Master in de gespecialiseerde studies in de theologie en de religiewetenschappen vervangt Master in de gespecialiseerde studies in de godgeleerdheid en de godsdienstwetenschappen.

"Opvallend is wel dat "theologieen "godgeleerdheideigenlijk perfectesynoniemen zijn", aldus Kerknet. De nieuwe benamingen zijn goedgekeurd doorde Vlaamse regering.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

L’EFFACEMENT DE DIEU

Dieu est mort même à l’université de Leuven dont le recteur est pourtant professeur de droit canon. Tout est paradoxe. On parlera donc de l’effacement du dieu catholique.  

 


UNE ÉCOLE ULTRA-CATHOLIQUE À OVERIJSE: QUI EST À LA MANŒUVRE? 

RTBF

Prières quotidiennes obligatoires, prêtres en soutane, discipline et excellence: des mots clés au travers desquels se définit Sint-Ignatius. L’école privée non-subventionnée, qui doit ouvrir en septembre 2015, revendique une filiation jésuite. Mais, derrière le vocabulaire, se cache peut-être une autre réalité: celle d’une nébuleuse chrétienne ultra-conservatrice. Notre enquête révèle en tout cas des éléments troublants.

 


Internat et Ecole Sint-Ignatius - Odile Leherte

Un couvent, une chapelle et un internat entourés d’un vaste jardin. Sint-Ignatiuss’est installée dans un cadre verdoyant et propret à quelques dizaines de mètres de la frontière linguistique qui sépare la commune flamande d’Overijse de celle de La Hulpe. Des prêtres en soutane nous accueillent. "C’est de la laine", sourit le père Verbeeck en cette chaude journée de juin. De la laine que les pères de la Congrégation des Servi Jesu e Mariae ont décidé de porter avec fierté. Chaque dimanche, ils disent la messe en latin. Une tradition quelque peu tombée en désuétude depuis les années soixante et le concile de Vatican II.

Les élèves devront se plier à cette discipline d’un autre siècle: ils alterneront catéchisme et messe ou célébration, dès le saut du lit. Et en fin de journée, ils réciteront un chapelet (rozenhoedje, en néerlandais): cinq "Notre père" et cinquante "Je vous salue Marie".

 


BRUXELLES : UNE ÉCOLE PROPOSERA DES MENUS 100% VÉGÉTARIENS

Patrick, cuisinier-jardinier, fait pousser les légumes que les élèves mangeront - RTBF

L'école Heilige Familie, dans le quartier Helmet, à Schaerbeek lance un projet de cantine uniquement végétarienne. Une manière, pour la direction de l'école, de garantir des repas sains pour tous les enfants, puisque tous les aliments seront cuisinés sur place. Une semaine de test aura lieu fin juin. Si elle est concluante, il n'y aura plus de viande à la cantine de l'école, dès la rentrée prochaine.

Dans la cuisine de l'école néerlandophone Heilige Familie, une casserole de soupe aux brocolis mijote. Patrick et Karima, les deux cuisiniers, font des essais sur le nouveau four à vapeur qu'ils viennent de recevoir. Dans 7 jours, ils serviront une centaine de repas aux élèves de maternelle et de primaire... alors que jusqu'ici, il suffisait de réchauffer les petits plats préparés par un traiteur. Pour Karima, c'est un véritable défi : "Je suis un peu stressée... mais j'ai confiance. On a déjà bien travaillé." Les repas seront désormais entièrement cuisinés sur place.

Pour le directeur de l'école, Stef Coolen, c'est un moyen de s'assurer que les élèves mangent sainement : "Manger sain donne aux enfants une certaine concentration, pendant la journée. C'est forcément important pour pouvoir apprendre ! Je suis à peu près certain que les enfants mangent assez de viande par jour, mais je ne suis pas certain qu'ils mangent assez de légumes pour avoir les vitamines et les minéraux nécessaires pour passer la journée". Le végétarisme est donc un choix posé par la direction de l'école. Les menus seront étudiés pour que les repas soient suffisamment riches en protéines, grâce à la présence de légumineuses, notamment.

SEULS DEUX ENFANTS ONT ÉTÉ RETIRÉS DE LA CANTINE

Qu'en pensent les parents ? D'après le directeur, "c'est un succès!". Cette année, 60 enfants prenaient leur repas à l'école. 40 élèves supplémentaires se sont inscrits pour la semaine de test, alors que deux parents ont retiré leur enfant de la cantine scolaire. Le projet s'intègre dans une dynamique plus large puisque des potagers ont été installés sur le toit. "Ce qu'on va faire avec les enfants, explique Patrick le cuisinier-jardinier, c'est planter des graines, une fois que les légumes seront murs, on va les cueillir, puis on va les cuisiner. Comme ça la boucle est bouclée".

Hélène Maquet

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ECHAPPER AU HALLAL


Voilà une manière tout à fait subtile d’échapper à la mode hallal imposée par certains parents soumis à la pression des moquées.

 

 

 

 

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