mardi 30 juin 2015

Schaerbeek trinque aux échanges interconfessionnels

BOSCO D'OTREPPE 
La Libre


137 nationalités pour 125 000 habitants. Septante pour cent de la population âgée de moins de trente ans. On ne peut le dire autrement, Schaerbeek, si elle porte le sceau de la diversité bruxelloise, n’est pas une commune comme les autres. La carte qui la représente et qui trône au milieu d’une table de l’hôtel de ville, la confond d’ailleurs avec un vaste plateau qui requiert une vigilance de tous les instants pour être maintenu en équilibre.

Autour de cette table justement, Mireman Gjanaj, le président de l’association des mosquées de Schaerbeek (ADMS) se félicite avec des représentants de la commune du réel travail accompli depuis des années.

Trois jours plus tard, les conversations relèveront de la même tonalité.

Jeudi en effet, en bordure de la gare, dans la salle de fête "Mon Plaisir", les plats comme les invités attendent patiemment l’heure de la rupture du jeûne. Pour la première fois depuis son lancement en 2002, l’association des mosquées (qui en regroupera bientôt dix), organisait son premier iftar entouré de représentants communaux, d’acteurs de terrain, de citoyens, mais aussi et surtout de représentants des autres cultes et philosophies (catholiques, orthodoxes et laïques).

"C’EST VRAI, ON SE DÉBROUILLE BIEN"

La soirée était doublement exceptionnelle tant elle réunissait ceux qui "cohabitent sans toujours pouvoir se rencontrer", mais aussi en ce qu’elle célébrait le dialogue permanent au sein de la communauté musulmane par le biais de l’ADMS.

Il est vrai, expliquent des acteurs de terrain, qu’une commune comme Schaerbeek peut tanguer à tout instant. Et pourtant s’étonnent-ils, elle tient le coup à travers les bourrasques de l’actualité internationale qui pourraient trouver une certaine résonance auprès de la jeunesse.

"Il y a eu des départs", reconnaît l’équipe, "mais il n’existe pas dans la commune de lieux qui nous échapperaient totalement."

"Sans aucun doute la commune bénéficie-t-elle du climat de dialogue qui s’est renforcé depuis des années", poursuit l’échevin Michel De Herde, à l’unisson avec l’échevin des Cultes Etienne Noël.

"C’est vrai que nous nous débrouillons bien", confirme à son tour Ricardo Romero, coordinateur général des éducateurs de rue. "Mais les situations évoluent lentement, imperceptiblement parfois, et nous nous devons de rester vigilants pour pouvoir nous adapter sans cesse."

Dans son discours qui inaugure l’entame du repas, Mireman Gjanaj évoque la charte qui confirmera bientôt le travail entrepris en commun.

En attendant et sans occulter les défis permanents, l’assemblée porte à son tour le témoignage du dialogue permanent qu’essaye de cultiver la commune de Schaerbeek.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

EN AVANT LENTE

Certes , l’interculturel progresse mais infiniment lentement et c’est dommage. Toute initiative de ce type est un pas dans la bonne direction. 



L'ESCP EUROPE JOUE SA CARTE INTERCULTURELLE

Natacha Lefauconnier 

letudiant.fr



ESCP Europe, campus de Paris // © ESCP Europe

Approfondir l’identité multiculturelle de l’ESCP Europe : tel est le projet porté par son directeur général, Frank Bournois, à l’horizon 2019. Parmi les chantiers lancés : systématisation des parcours multicampus, développement de la recherche en management interculturel ou trilinguisme des étudiants.

“Cultures for Business” ou “C4B” : tel est le nom donné à la stratégie de l’ESCP Europe pour les quatre années à venir et dévoilée par Frank Bournois le 25 juin 2015. Elle repose sur dix chantiers, qui visent essentiellement à renforcer l’aspect interculturel de la business school.

FRANCK BOURNOIS VA PRENDRE LES RÊNES DE L'ESCP EUROPE18.07.2014

D’ici à 2019, tous les diplômés auront été formés dans au moins deux des six campus de l’école : Berlin, Londres, Madrid, Paris et Turin, et, à partir de cet automne, Varsovie. Cela est déjà largement le cas, puisque les élèves des programmes généralistes Grande école passent au moins 50% de leur temps à l’étranger, mais le système sera étendu progressivement à tous les MSc, mastères spécialisés et Executive MBA.

Dans l’optique d’internationaliser le recrutement, un Bachelor ouvrira à Londres à la rentrée 2015 : la première promotion de 45 élèves testera ce cursus en “3 ans, 3 pays et 3 langues”, la deuxième année pouvant se réaliser à Madrid ou à Turin, et la dernière année à Berlin.

DES DIPLÔMÉS MAÎTRISANT 3 LANGUES

Qui dit interculturalité dit multilinguisme. En plus de leur langue maternelle et de l’anglais, les jeunes diplômés devront tous maîtriser une troisième langue, “un moyen pédagogique puissant pour aller explorer la complexité qui existe en matière de managament interculturel, explique Frank Bournois, qui leur permettra d’être plus performants dans le monde des affaires.” 

Créer une plateforme pédagogique pour l’apprentissage des langues, favoriser la pratique de tandems entre élèves de langues maternelles différentes, poursuivre les “Compagny Projects” (qui permettent d’aborder des situations concrètes de management) sont trois des voies qui devraient mener l’école à cet objectif. “Fini le ‘lu, écrit, parlé’ sur les CV !, s’exclame le directeur de la Business School. Un dispositif de scoring sera mis en place pour mesurer précisément la pratique professionnelle des trois langues de chaque étudiant, avec un certificat à la clé.”

Parallèlement, de nouveaux programmes de l’Executive Education permettront aux cadres dirigeants d’entreprise d’adapter leur business modèle en fonction des pays où ils souhaitent se développer.

LA RÉFÉRENCE EN MATIÈRE DE MANAGEMENT INTERCULTUREL

La Business School veut ainsi devenir la référence en matière de management interculturel, avec plus de 50% de sa recherche axée dans des domaines comme les sciences de gestion ou le management comparé.

Parallèlement, un think tank “Cross-Cultural Management for Business Performance” sera lancé prochainement à Berlin, avec pour ambition d’accumuler les résultats portant sur la création de valeur liée au management interculturel pour les entreprises. Une création de valeur que l’ESCP Europe espère au rendez-vous pour sa propre stratégie.


Aucun commentaire: