mercredi 17 juin 2015

Une septième après la rhéto

La Libre Belgique

La septième année n’est pas seulement une option possible dans les filières techniques et professionnelles ! Quelques écoles générales offrent la possibilité de suivre un an de formation complémentaire pour se préparer à certaines études supérieures.  Focus sur ce concept en quatre questions.



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A QUOI ÇA SERT ?
Comme leur nom l’indique, les septièmes « PES » (préparatoires à l’enseignement supérieur) ont pour objectif d’aider les jeunes à mieux rentrer dans le monde des hautes écoles et universités. Cette préparation passe par une éventuelle remise à niveau, mais aussi par l’apprentissage de savoirs spécifiques dans un domaine d’études vers lequel les jeunes souhaitent se diriger. A cela s’ajoutent généralement des cours de méthode de travail et de maîtrise des codes et outils propres à l’enseignement supérieur. Peu importe la spécialité autour de laquelle s’articule la 7e PES, des cours d’informatique et de langues sont souvent au programme, en option ou non.
La mission des septièmes PES est aussi de conforter les jeunes dans leur choix d’études en leur permettant de voir ce qui les attend, tant au niveau que contenu que de la difficulté des cours. « Les élèves s’attendent souvent à ce qu’il y ait beaucoup de révisions, mais en réalité ce qui est connu est passé très vite en revue et il y a énormément de nouvelle matière à accumuler », explique Martine Sculen, secrétaire au Collège Saint-Barthélémy à Liège où sont organisées des 7e PES en sciences et mathématiques. « De ce fait, certains se rendent compte rapidement qu’ils ne sont pas fait pour ça et abandonnent même en cours d’année. » Contrairement aux cours préparatoires organisés par les universités et hautes écoles, le programme des septièmes PES est évidemment plus long (une année contre quelques jours ou semaines), plus varié et plus complet.

VERS QUELLES FILIÈRES ?
Les septièmes PES concernent seulement quelques domaines, quatre plus précisément : les sciences, les mathématiques, la littérature et les arts du spectacle et techniques de diffusion. Dans ce dernier secteur, la septième année vise par exemple à la préparation d’examens d’entrée dans des écoles comme l’IAD ou l’INSAS. A noter que les PES sciences comprennent généralement aussi des mathématiques et peuvent aider ceux qui souhaitent se lancer dans des domaines aussi divers que la médecine, la biologie, la chimie, l’agronomie, la médecine vétérinaire, etc.
Les septièmes orientées mathématiques peuvent quant à elle proposer des grilles horaires différentes en fonction des études visées : ingénieur civil, polytechnicien, architecte, sciences économiques ou informatiques, etc…

POUR QUI ?
Ces septièmes préparatoires sont ouvertes à tous les détenteurs d’un CESS, c’est-à-dire d’un diplôme du secondaire supérieur. L’année supplémentaire s’adresse surtout aux élèves qui ont des lacunes et des doutes vis-à-vis de leur filière d’études, mais aussi à ceux qui souhaitent acquérir plus de méthode ou tout simplement s’assurer une transition pour aborder au mieux les études supérieures, voire leur examen d’entrée.
Il n’est pas rare non plus de retrouver parmi les élèves de septième des étudiants qui se sont déjà essayés quelques mois aux études ou examens d’entrées dans le supérieur, mais sans succès.
Les septièmes PES sont également ouvertes aux étudiants étrangers qui rencontrent des difficultés pédagogiques et/ou administratives et souhaitent une année de transition avant de s’inscrire à l’université ou en haute école.
Les places sont généralement limitées et peu d’écoles proposent ce genre de septième, c’est pourquoi les inscriptions doivent idéalement se faire au plus tôt. « En mathématiques ils sont une vingtaine, mais en sciences nous avons dû pousser les classes à trente, voire sans doute à quarante pour l’année prochaine », témoigne Martine Sculen. « Cela s’explique par le fait que nous accueillons beaucoup d’étrangers, et que nous sommes très peu d’écoles dans la région à proposer ce genre d’année. »

OÙ ET QUAND ?
La septième est encadrée par des écoles secondaires et se déroule donc dans leurs locaux, avec des professeurs d’humanités. Certaines écoles proches des universités – comme le Lycée Martin V à Louvain-la-Neuve – permettent cependant à leurs étudiants de déjà profiter des infrastructures de l’enseignement supérieur : bibliothèques, laboratoires, locaux de cours, salles de sport, etc. Le programme de cours avoisine généralement les 30 heures par semaine mais peut varier d’une école à l’autre. Les septièmes PES ne délivrent ni de certifications ni de diplômes mais une attestation officielle de fréquentation ou de réussite. Même si cette année préparatoire entend se rapprocher le plus de l’enseignement supérieur – notamment en incluant beaucoup de prises de notes -, elle conserve certains codes propres aux secondaires. Les étudiants sont en effet évalués de manière régulière, reçoivent plusieurs bulletins par an et doivent satisfaire à des examens en décembre et juin même s’il n’y a aucune obligation de réussite pour poursuivre dans l’enseignement supérieur.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PROPEDEUTIQUE ?


Ouvrir l’accès à l’enseignement supérieur à quiconque a terminé le secondaire avec un certificat de réussite (dans le général, le technique ou le professionnel) est certes généreux mais c’est suicidaire. L’idée d’organiser un septième préparatoire n’est qu’apparemment séduisante. Ce n’est pas à l’enseignement secondaire de s’en charger. Jadis l’ULB chargeait la Promotion Sociale d’organiser en juillet et août une propédeutique de mise à niveau en langues modernes, en sciences et en math. Les cours très intensifs étaient donnés sur le campus de l’ULB par des enseignants triés sur le volet. Une idée de génie. Pourquoi ne pas confier une année entière de propédeutique à la promotion sociale  en synergie étroite avec l’université. Mais peut-être cela existe-t-il déjà.

Mais surtout il faut prévoir, au-delà des (re)mises à jour- matières un entrainement spécifique de la mémoire, de l’esprit d’analyse et de synthèse, de la communication orale et écrite, de la résolution de problèmes  et, last but not least, de la gestion du temps d’étude et de loisirs.     

C’est Rousseau qui affirmait dans l’Emile qu’en éducation, la meilleure façon de gagner du temps c’est encore d’en perdre.

La propédeutique est avec le jury central et le Tutorat une des meilleures stratégies d’échec à l’échec.

MG

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