dimanche 26 juillet 2015

Borsus: "Il est vital de pouvoir développer nos exportations"

Le Vif

Source : Belga

L'exportation, et plus précisément encore la grande exportation, représente une opportunité mais aussi une nécessité pour l'agriculture et l'industrie agroalimentaire belges, dans le contexte de crise actuel, est-il ressorti d'un colloque sur le sujet tenu samedi à la Foire de Libramont à l'initiative du ministre fédéral de l'Agriculture, Willy Borsus.


Le ministre fédéral de l'Agriculture, Willy Borsus, à Libramont. © Belga

L'embargo mis en place par la Russie depuis près d'un an à l'encontre des produits agroalimentaires européens a mis en exergue la nécessité de trouver de nouveaux débouchés à l'étranger. Pour ce faire, les regards se portent principalement sur l'Asie du sud-est, Chine en tête, ainsi que sur le Moyen-Orient. L'augmentation de la population mondiale et l'amélioration du niveau de vie dans de nombreux pays émergents représentent des opportunités pour les exportations belges.

"Il est vital de pouvoir développer nos exportations vers les pays européens et surtout vers la grande exportation pour pouvoir bénéficier au mieux des perspectives qui s'offrent à nos producteurs et à nos transformateurs", a estimé Willy Borussoulignant la "très grande qualité" de l'agriculture et du secteur de transformation agroalimentaires belges.

Dans cette optique, le ministre a rappelé les moyens supplémentaires (1,47 million d'euros par an) qui seront accordés dès 2016 pour le renforcement du service des relations internationales de l'Agence fédérale de la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) en charge de l'exportation vers les pays tiers.

De son côté, la Fevia, la fédération belge de l'industrie alimentaire, compte sur le concept "Food.be - Small country. Great food." visant à mettre en avant la qualité, la diversité et l'innovation des produits alimentaires belges. "Nos standards de qualité sont parmi les meilleurs, voire les meilleurs du monde", a souligné Guy Paternoster, président de Fevia Wallonie.

Les exportations agroalimentaires s'élèvent à 39,4 milliards d'euros dont 16% sont réalisés en dehors de l'Union européenne.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SMALL COUNTRY, GREAT FOOD

La mondialisation met sur nos tables des moules en été et des fraises au cœur de l’hiver, des tomates insipides toute l’année. Est-ce bien utile, est-ce nécessaire ?

Nos jeunes agriculteurs galèrent et se désespèrent. Beaucoup mettent la clé sous le paillasson. Les grandes surfaces marchent au slogan « ensemble contre la vie chère». Les consommateurs que nous sommes sont obnubilés par le prix : moins la bouffe pénalise le porte-monnaie et plus on se payera des vacances, des gadgets sans utilité,et de brols obsolètes. C’est pervers. Il y a des Lidl, des Aldi et des Colruyt jusque dans les plus petits bourgs et plus la moindre petite épicerie de village.  On s’y rend nécessairement en voiture ou à moto.

Les producteurs sont pressurisés, leurs marges bénéficiaires écrasées, pulvérisées. Il y ceux qui bouffent hallal, d’autres kacher, d’autres  bio. Et si on ouvrait des magasins de nourriture belgo-belge de la ferme à la table ? Un peu plus cher, certes mais savoureux, gouteux, nourrissant et solidaires à l’égard de nos cul-terreux. Le vilain mot. Pas du tout, rien n’est plus noble que de travailler la terre. Faut qu’on arrête de bâtir brouillon façon Thomas Piron sur nos bonnes terres agricoles qui demain nous sauveront de la disette.   La Wallonie perd bon an mal an quelque 2.000 hectares de terres agricoles pour cause d'urbanisation ou d'extension de zonings industriels.Ajoutons et commerciaux.

Oui, certainement les grandes famines c’est pour demain, qu’on se le dise. Alors, jeunes agriculteurs, vous serez notre seule planche de salut et aussi les potagers des villes et de campagnes. Non je ne délire pas. Ecoutez les plaintes qui montent de la foire de Libramont. La terre coûte cher, le matériel agricole bourré d’électronique est hors de prix.

Il faudrait les détaxer, les stimuler, les booster, les chouchouter. "Terre en vue", déjà peut leur venir en aide. "L'objectif de cette coopérative est de rassembler l'épargne citoyenne pour acheter des terres que nous mettons ensuite à disposition d'agriculteurs » Un pas dans la bonne direction.

MG


LA FLAMBÉE DES PRIX DE LA TERRE CONSUME LES JEUNES AGRICULTEURS

Le Vif

Source : Belga

Quelque 30.000, 40.000 et même jusqu'à 50.000 euros l'hectare, voire plus encore dans certaines régions, les prix des terres agricoles ont flambé ces dernières années en Wallonie. Un problème qui ne facilite pas l'installation des jeunes agriculteurs, alors que l'accès à la terre via la location n'est pas forcément plus aisée.


© Belga

Une enquête de 2014 de la Commission européenne permet de mesurer l'ampleur du phénomène. Environ 60% des jeunes agriculteurs dans l'Union européenne citent comme problèmes principaux la disponibilité de terres à acheter ou à louer. En Belgique, cette proportion atteint même 80%.

"C'est un problème réel. Malheureusement, il existe très peu de chiffres qui permettent de l'illustrer", explique Guillaume Van Binst, secrétaire général de la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA). "L'accès au foncier est compliqué via l'achat, mais aussi via la location".

En l'absence de chiffres fiables et objectifs sur les prix des terrains agricoles, de nombreuses parties prenantes attendent la mise en place d'un observatoire des prix du foncier en Wallonie.

"La terre est devenue trop chère. Il y a un total décalage entre la valeur vénale et la valeur économique des terrains", constate Guillaume Van Binst.

CONCURRENCE EXTERNE

Cette flambée des prix, liée à la rareté de l'offre, découle d'une concurrence entre les agriculteurs eux-mêmes mais aussi d'une concurrence externe. "Depuis la crise financière de 2008, de plus en plus d'investisseurs étrangers au monde agricole ont vu dans les terres agricoles une valeur refuge", explique encore le responsable de la FJA.

De plus, la Wallonie perd bon an mal an quelque 2.000 hectares de terres agricoles pour cause d'urbanisation ou d'extension de zonings industriels.

Si l'acquisition de terres agricoles est rendue périlleuse par des prix exorbitants, la location, voie royale pour de nombreux agriculteurs -deux tiers des terres agricoles en Wallonie sont louées-, n'est pas forcément plus aisée. En effet, de plus en plus de propriétaires, échaudés par les contraintes liées au bail à ferme (fermage insuffisant par rapport au prix du terrain, "surprotection" du fermier, perte de valeur du terrain en cas de vente, ...), refusent de mettre leur fonds en location à des agriculteurs.

A nouveau, d'aucuns entrevoient dans la régionalisation du bail à ferme et dans une future réforme en Wallonie, "une opportunité à saisir" pour améliorer une situation devenue kafkaïenne.

ESPOIR

Mais l'agriculteur qui se voit barrer l'accès à la terre n'est pas totalement démuni. Une coopérative créée en 2012, "Terre en vue", peut lui venir en aide, qu'il soit jeune agriculteur ou non. "L'objectif de la coopérative est de rassembler l'épargne citoyenne pour acheter des terres que nous mettons ensuite à disposition d'agriculteurs. Jusqu'à présent, nous avons acheté 21 hectares et trois fermes ont été aidées, à WavreilleHotton et en région liégeoise", explique Zoé Gallez, juriste chargée de projets au sein de la coopérative.

Quatre autres projets sont en cours de finalisation aux quatre coins de la Wallonie. Les terres sont mises à disposition des agriculteurs, via un contrat d'emphytéose et moyennant le respect de certaines conditions, notamment environnementales (respect d'un certain taux d'humus, interdiction de pesticides, maintien des haies, etc.).

Selon Zoé Gallez, il existe deux types de citoyens coopérateurs: ceux qui se regroupent pour venir en aide à une ferme près de chez eux et ceux qui de facto sont solidaires de tous les projets. "Terre en Vue" compte plus de 600 coopérateurs dont la mise moyenne atteint 1.000 euros par personne.

Outre l'observatoire des prix et une réforme du bail à ferme, la coopérative appelle à la mise en place d'une "banque foncière" wallonne qui centraliserait la gestion des terres agricoles dont la Région est propriétaire, soit environ 1.000 hectares. Une telle banque foncière pourrait offrir aux agriculteurs, et singulièrement aux jeunes, un accès plus aisé à ces chères, très chères terres agricoles.

 

 

 

 

 

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