mercredi 29 juillet 2015

Comment élever la culture au rang de Trésor national ?

Le Vif

OPINIONS


Forum composé de jeunes provenant de divers horizons qui prennent du temps pour la réflexion et le débat

 

Aujourd'hui, c'est au tour de Soo Yang Geuzaine, responsable du département des arts décoratifs du Grand Curtius à Liège, de donner son opinion sans fard. Elle écrit cette colonne estivale en son nom.



Le Grand Curtius à Liège. © Belga

Idéalement, la culture devrait être comprise comme l'ensemble des modes d'accomplissement du vivre-ensemble. Il faudrait, dès lors, valoriser une argumentation en termes anthropologiques pour que la "culture cultivée" soit une des façons d'exprimer la culture générale d'une société.

Ce "billet" propose de susciter une réflexion concernant le financement et la promotion de la culture en Belgique. Elle dresse l'inventaire des mécanismes de financement et de promotion existants afin de définir le type d'acteur qui aurait un intérêt objectif et stimulant à investir dans le développement culturel.

Sincèrement inspirée par l'ensemble des expressions sociétales, une visibilité culturelle assumée permet de ciseler la personnalité d'un pays qui suspendrait, aux cimaises de sa vitrine internationale, ses valeurs et son savoir-faire, son identité et son dynamisme, sa recherche de l'excellence, sa créativité entrepreneuriale et son rayonnement intellectuel.

IL NOUS REVIENT D'IMPOSER CETTE ÉVIDENCE : LA CULTURE, CE SONT DES GAINS POUR TOUS.

Dans un État comme la Belgique, le financement de la culture provient essentiellement des subsides publics ou parapublics. Les divers niveaux de pouvoir ont mis en place une panoplie de modes de financement et de promotion, adaptés à la diversité des projets. Rares sont les acteurs culturels qui bénéficient d'une vue globale sur ces possibilités. Certaines initiatives s'étant plus naturellement développées à une échelle ou dans un domaine particulier, nous encourageons les acteurs culturels à adopter une vue transversale du phénomène afin d'identifier des expériences positives à adapter et à promouvoir dans d'autres domaines, à d'autres échelles.

Pour examiner comment la promotion et le financement culturels s'organisent dans d'autres nations occidentales, il faudrait étudier plusieurs types d'initiatives et leurs mécanismes, qu'ils s'agissent de montages publics originaux ou de dispositifs émanant du mécénat privé. Celui-ci s'avère nettement plus perceptible dans les pays anglo-saxons qu'au sein de nos frontières.

En conséquence, nous suggérons l'analyse des mécanismes et des opportunités issus du mécénat privé, de l'échelle d'un individu jusqu'aux grandes entreprises. En outre, il s'agit de démontrer l'intérêt réel pour le mécénat en Belgique. Sa faible implantation paraît liée à un manque d'information ou à une méconnaissance du secteur. Nous prônons in fine une meilleure diffusion et une publicité accrue de ses possibilités afin de construire peu à peu une culture mécénale au sein de la société belge. Une certitude demeure : la culture permet d'engranger des dividendes pour le plus grand bénéfice de chaque partenaire. Il nous revient d'imposer cette évidence : la culture, ce sont des gains pour tous.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

QUID DES HUMANITÉS ?

La culture n’est ni un luxe, ni un privilège (quoique) c’est avant tout un art de vivre qui se transmet et peut même s’enseigner. J’ai eu des profs cultivés, ils l’étaient à des degrés divers, un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout. Sans eux, nous demeurions des béotiens. 

Ensemble ils incarnaient le capital culturel dont nous nous efforcions de ramasser les miettes. Mes instituteurs me firent découvrir la Belgique in situ, mes profs admirés et forcément imités, nous emmenaient aussi au théâtre, au musée, au concert en excursion naturaliste, en voyage d’étude parfois (Paris, Londres, Rome, Berlin) jusqu’à faire un pèlerinage des caves à vin bourguignonnes au grand dam de mon père. Ils nous parlaient musique, peinture, littérature et politique aussi. Ils nous montraient les chemins de la culture, parfois avec rudesse mais généreusement. C’était ça les humanités.

On me dit que cela a changé quelque peu.

Enseigne-t-on multiculturel à l’école désormais ?

MG

 

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