mercredi 15 juillet 2015

Le «cours de rien» est voté: voici ce qui attend les élèves

L.Co avec Belga et Pierre Bouillon

Le Soir

Le texte a été voté par 50 voix pour, 7 contre et 26 abstentions.



                              ©Bruno D’Alimonte/Le Soir

Le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté ce mardi le projet de décret instaurant un mécanisme de dispense pour les cours de religion et de morale non confessionnelle dans l’enseignement officiel – autrement dit le « cours de rien ». Le texte a été voté par 50 voix pour, 7 contre et 26 abstentions.

Le projet organise un encadrement pédagogique alternatif (EPA) pour les élèves qui choisiront d’être dispensés du cours de morale ou de religion dès l’année scolaire 2015-2016.

Pour répondre aux délais courts avant la rentrée, les directions d’école disposeront cependant, si nécessaire, d’une période de quatre mois, soit jusqu’au 1er janvier 2016 au plus tard, pour organiser cet EPA (deux périodes de 50 minutes par semaine) et le proposer à leurs élèves.

1. LES HORAIRES

Il s’agira d’une activité, de 2 x 50 minutes, et que l’on appellera « encadrement pédagogique alternatif » (EPA). Il sera obligatoire pour les élèves réclamant la dispense.

2. UN COURS ÉVALUÉ

Cet EPA sera évalué, comme toute autre branche – à chaque directeur d’école d’arrêter les modalités pratiques de ceci.

Le décret réserve un même chapitre pour les élèves des 5e et 6e primaires et les 6 années du secondaire. On attendra d’eux des travaux écrits (seul ou en groupe) sur l’un des thèmes évoqués plus haut, une présentation orale (seul ou en groupe) et la lecture, pendant les heures d’EPA, de textes liés à la citoyenneté et la réponse à des questionnaires testant leur compréhension de ces documents.

De la 1ère à la 4e primaire, le texte parle de créations personnelles ou en groupe, de lectures en classe de documents liés à la citoyenneté, de visions de reportages, de films, d’activités au choix de l’école, etc.

3. LE CONTENU

D’une façon générale : «  L’EPA vise le développement par l’élève de prestations personnelles visant à l’éveiller à la citoyenneté et au questionnement philosophique.  »

Des thèmes sont proposés : l’éducation à la démocratie, l’éducation au questionnement. Le décret précise que celle-ci «  doit permettre d’appréhender les religions, les courants de pensée et philosophies et leurs histoires respectives, de développer une pensée propre, un discernement éthique et des questionnements philosophiques…  » On évoque aussi «  l’éducation au bien-être et à la connaissance de soi et des autres  », ce qui supposera de «  développer la compréhension de la psychologie et des relations humaines, de développer la maîtrise de soi, la gestion des conflits et l’éducation aux relations affectives.  »

L’EPA pourra comprendre aussi des «  initiatives librement décidées par le pouvoir organisateur  » et des activités communes avec les autres classes de religion/morale (ici, attention : l’accord des parents sera requis).


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN COURS DE RIEN C’EST DÉJÀ QUELQUE CHOSE ; FRANCHEMENT CE N’EST PAS RIEN.

 

Si j’étais jeune prof je me porterais aussitôt volontaire pour ce cours de rien qui offre une liberté sans borne et force à aborder le questionnement.  Autrement dit à s’attaquer aux questions difficiles, celles qui fâchent et qui clivent : le climat, l’inégalité, l’immigration, l’arbitraire des religions dogmatiques. Bref, il s’agit d’un vrai cours de morale ou d’éthique, les spécialistes se mettront d’accord sur le terme. Pour qui sait lire et surtout pour qui veut lire, ce sont la précisément les finalités du cours de morale dit laïque, dit du libre examen. Même retraité, je serais volontaire pour monter au créneau de ce cours de rien pour en faire vraiment quelque chose de bien : une initiation au futur cours de citoyenneté.

Il serait temps que le monde politique cesse de se voiler la face.

Il ne s’agit pas ici de trouver de médiocres compromis mais de jeter les bases de ce que sera demain un cours de deux heures d’initiation à la citoyenneté,de préférence cosmopolite et critique. Que ce soit également une information sur les religions et les philosophies ne dérangera personne mais que l’on sorte enfin les cours de religion du curriculum obligatoire des élèves.

Surtout, que l’on soigne la formation de celles et de ceux qui seront chargés de cette mission. Que ce soient des intellectuels critiques, cultivés et engagés dans la voie de la raison sans faire l’impasse sur les émotions.

MG

 

 

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