mercredi 8 juillet 2015

Oum Sayyaf, femme d'influence dans les coulisses de l'Etat islamique

ELSA MAUDET LIBERATION



Photographie prise le 13 juin 2015 depuis la ville turque d'Alcakalé d'un drapeau de l'organisation Etat islamique flottant au dessus de la ville syrienne de Tal Abyad. (Photo Bulent Kilic. AFP)


Si les hommes ont le pouvoir au sein du mouvement terroriste, une femme a eu accès à nombre d'informations stratégiques. Elle est désormais aux mains de l'armée américaine.

D’autres femmes ont déjà fourni des informations sur l’organisation de l’Etat islamique (EI). Mais aucune n’occupait un rôle aussi important qu’Oum Sayyaf, à qui The Daily Beast consacre un article. Cette femme est la veuve d’Abou Sayyafprésenté par Washington comme le «financier» de l’EI, chargé en particulier de superviser la contrebande de pétrole et de gaz. Lui a été tué dans une attaque américaine au mois de mai, elle a été capturée. Elle est «la source de renseignements la plus précieuse» qui soit tombée entre les mains des Etats-Unis, estime The Daily Beast.

Il existe une hiérarchie entre les femmes de l’EI, qui correspond à celle de leurs maris. En somme, plus un homme occupe un poste élevé au sein du groupe terroriste, plus sa femme aura de responsabilités. Grâce à son mariage, Oum Sayyaf a eu accès à des informations stratégiques sur la façon dont les hommes géraient les opérations financières et tactiques, qui sont précieusement venues compléter ce que les Américains avaient trouvé dans les affaires personnelles d’Abou Sayyaf (ordinateurs, téléphones, documents) après l’avoir abattu. Elle a notamment donné des détails sur l’organisation, les hommes qui constituent le mouvement jihadiste et leurs moyens de communication, que les Etats-Unis n’avaient pas pu obtenir ailleurs.

RÉSEAU D’ESCLAVES SEXUELLES

Oum Sayyaf ne faisait pas partie de la chaîne de commandement de l’Etat islamique, ni ne prenait part aux stratégies de conquête des territoires. Mais plus qu’une simple observatrice, elle avait de réelles responsabilités et une grande influence : elle aidait à gérer les réseaux de femmes internes à l’Etat islamique (combattantes et chargées de la logistique) et chapeautait le réseau d’esclaves sexuelles. «Elle était une conseillère majeure», assure un officiel de l’armée. Selon plusieurs officiels, Oum Sayyaf possédait des informations relatives à tous les échelons hiérarchiques du groupe.

«Oum Sayyaf est une anomalie», estime Mia Bloom, professeure de communication à l’université de Georgie, qui a étudié le rôle des femmes dans les mouvements jihadistes, interrogée par The Daily Beast. Pourquoi ? Car elle remplissait les rôles considérés traditionnels d’une femme (satisfaction des désirs sexuels, tâches ménagères, reproduction afin de faire grossir les rangs des combattants) tout en ayant une visibilité sur le commandement de l’EI.

Oum Sayyaf a notamment expliqué à l’armée américaine le rôle prépondérant des femmes dans l’organisation de l’Etat islamique. Et notamment dans le recrutement, car on promet aux hommes des femmes dévouées à leur bien-être, qui resteront bien sagement à la maison lorsqu’ils iront au combat ; un argument qui n’est pas pour leur déplaire. A leur arrivée, les nouvelles recrues sont envoyées dans une auberge, où d’autres femmes estiment leur valeur, avant d’être rapidement mariées.

Les Etats-Unis n’ont pas encore décidé du sort d’Oum SayyafpréciseThe Daily Beast.

Elsa MAUDET

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

« DES FEMMES DÉVOUÉES QUI RESTERONT BIEN SAGEMENT À LA MAISON »


« On promet aux hommes des femmes dévouées à leur bien-être, qui resteront bien sagement à la maison lorsqu’ils iront au combat ; un argument qui n’est pas pour leur déplaire »

On touche un point très sensible qui explique la formidable séduction qu’exerce l’Etat Islamique sur des gamins frustrés et peu instruits, incapablede tenir tête aux filles musulmanes qui ont grandi dans nos écoles (ni putes ni soumises) qui prônent et pratiquent l’émancipation.

C’est que chez nous l’école émancipe les filles tout en intéressant très peu les garçons. Il se pourrait bien que comme ancienne ministre de l’Intérieur, et ancienne animatrice de la charte interculturelle Joëlle Milquet ait compris cela. Si son pacte d’excellence ne s’attaque pas radicalement à ce problème il est condamné à l’échec et la ministre contrainte à la démission.

MG

Aucun commentaire: