jeudi 30 juillet 2015

"L'été peut nuire à la santé: passez vos vacances chez vous et fermez les volets"

Le Vif

Ann Peuteman

Ann Peuteman est rédactrice pour Knack

Les coups de soleil, l'eau de la piscine toxique, les tiques, l'air conditionné, les moustiques tigres. Il faut être prudent, c'est certain, mais n'exagérons-nous pas un petit peu ? Ou s'agit-il d'un complot de nos employeurs se demande Ann Peuteman, notre consoeur de Knack.

© iStock

"Un barbecue?" Sincèrement abasourdi, il me dévisage et me demande si j'ignore que les hamburgers et les ailes de poulet carbonisés sont cancérigènes. Que griller de la viande libère des substances chimiques dangereuses ? Non, si je persiste dans mon projet ridicule, il préfère ne pas venir.

Les barbecues entre amis ne sont qu'un des nombreux risques insensés à éviter en été. Car ne vous y trompez pas : l'été peut gravement nuire à la santé. Que vous restiez chez vous ou deviez travailler, que vous vous rendiez à la montagne ou à la mer, que vous preniez l'avion ou la voiture : le danger est partout. Sous la forme de tiques, par exemple. Comme un père inquiet publiait sur Facebook la semaine dernière : "Pour la première fois, nous ne ferons pas de séjour randonnée. Après tout ce que j'ai lu dans les journaux sur les tiques et la maladie de Lyme, je trouve que le risque est trop important". Ravis, les enfants et leur père séjournent à présent dans un resort agrémenté de trois piscines en Turquie.

Évidemment, là non plus ils ne sont pas en sécurité. Non seulement ils peuvent se casser le cou en plongeant accidentellement dans une eau trop peu profonde ou se noyer à cause d'une crampe au mollet, mais en plus il a été prouvé que l'eau de piscine est un poison caché. Les substances libérées par la combinaison de transpiration, d'urine et de chlore peuvent entraîner de graves problèmes pulmonaires ou endommager le coeur ou le système nerveux central. Aussi une maman que je connais a-t-elle vivement recommandé à ses fils de toujours garder la tête hors de l'eau, ce qui n'est pas toujours une sinécure dans un parc aquatique.

Alors, comment sortir indemne de l'été? Rester au bord de la piscine un bestseller à la main ? Cela vaut le coup d'essayer. Du moins si vous êtes de nature un peu aventureuse. Sinon, mieux vaut mettre un masque sur la bouche, car l'air n'est plus ce qu'il était. Particules fines ! Pollen ! Smog! C'est fou tout ce qui flotte dans l'air en été. Et je ne parle même pas des guêpes et des moustiques tigres qui vous épient en permanence. On n'est plus en sécurité nulle part.

Et certainement pas au soleil. Même vêtu d'une combinaison étanche ou enduit d'une couche de plusieurs centimètres de crème solaire à indice 50, vous courez le risque que les rayons UV endommagent votre ADN. Et l'ombre n'est plus un refuge non plus. Récemment, des chercheurs de l'Université de Yale ont mis en garde contre les effets néfastes du soleil, même à l'ombre.

DEPUIS QUAND CRAIGNONS-NOUS À CE POINT L'ÉTÉ?

Je n'ai rien contre un peu de bon sens. Mais n'exagérons-nous pas un peu ? Depuis quand craignons-nous à ce point l'été ? Il n'y a pas très longtemps, on disait encore que c'était une saison saine. À l'époque, nos mères nous envoyaient à l'extérieur autant que possible parce que vous avions besoin de soleil et d'air frais après un long hiver.

Parfois, je m'imagine que c'est complot. Ourdi par les organisations d'employeurs belges par exemple qui sèment la panique en catimini dans l'espoir qu'on restera tout l'été au bureau. Mais leur projet aurait un défaut : l'air conditionné. Un système qui rend malade: on a des chatouillis dans la gorge, ensuite on tousse et on éternue et on finit chez soi terrassé par une grippe estivale.

Mieux vaut donc prendre ses jours de congé. Mais à condition de rester chez soi avec les volets fermés. En espérant que l'été ne vous y atteigne pas.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES JOLIES COLONIES DE VACANCES

Les jolies colonies de vacances
Merci maman, merci papa
Tous les ans, je voudrais que ça r’commence
You kaïdi aïdi aïda.

Y a pas mieux que les vacances pour s’abîmer la santé.

La plupart en reviennent complètement éreintés.

Pour ma part j’ai suivi cet été un atelier d’écriture à Neufchâteau. 

Qu’en dire ? Une vraie découverte.

Cela se déroulaidans les locaux lugubres de l’athénée royal. J’avais choisi d’être externe par horreur de la promiscuité humaine et accessoirement pour arroser mes salades et promener mon chien. Je me trompais: j’y croisai des centaines d’hommes et de femmes originaux en recherche de soi, en mutation. Bref des mutants : des débutants comme moi, d’autres plus aguerris. Une fabuleuse initiative de la fédération Wallonie Bruxelles, des Chantiers du temps libéré pour aborder le monde qui vient.

.  

L’animatrice ? 40 printemps, un corps sculpté par Renoir rehaussé de quelques tatouages insolites. Fantasque, drôle, empathique, d’une rigueur de plume sergent major et ponctuelle, à l’allemande.

Je la cite librement

:

Les ateliers d’écriture sont l’athanor dans lequel je me perturbe pour chercher la mise en écriture pour les participants. Je construis des pistes de décollage, je reconsidère mes procédés de création, je fous tout à terre, je concasse, je récupère le sauvable et idolâtre le sauvage qui s’en extirpe.

Le processus d’écriture, considéré comme une mise à nu : l’atelier comme un laboratoire.  Y titiller sa langue, se conjuguer, (se) chercher, perdre-gagner, perméable à ce qui nous encercle.

L’écriture comme discipline, travail, intention, choix de vie, conquête de la liberté de penser, agir et dire pour désembuer les territoires de l’amour, de la vie, de la mort.  

En atelier la notion d’enseignement s’auto-délite. Surtout ne pas  poser en professeur. Entrer en écriture ou y revenir, écrire avec d’autres agités du bancal, trouver sa langue, s’écrire. 

Écrire ce qui vient. Ecrire ce qui devient

Sous son impulsion, nous avons écrit d’arrache plume sous extrême tension des textes qui nous ont surpris et pas forcément plu.

Plus qu’une expérience ce fut un happeningtension extrême entre agir et écrire.

J’en sors différent et plus encore le même.

MG

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