jeudi 9 juillet 2015

Verhofstadt hurle à Tsipras: "Cessez de parler de réformes, faites-les!"

LE SOIR

 


Lors de son intervention remarquée au Parlement européen ce mercredi, Guy Verhofstadt, le président de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, a pris à partie Alexis Tsipras, le Premier ministre grec.

"Vous voyez, Monsieur Tspiras. Vous n'avez rien à craindre du Parlement européen. Vous aviez d'abord refusé de venir. Je me disais: 'Qu'un grand démocrate comme vous ait peur d'un débat, ça ne peut pas être vrai. Et vous êtes là aujourd'hui. J'en suis ravi", lance-t-il d'emblée avant de rentrer dans le vif de sujet. 

"Depuis 5 ans, et surtout ces derniers mois, nous marchons lentement vers le Grexit. Maintenant, nous courons même vers cette éventualité les yeux grands ouverts", a lâché très énervé l'ancien Premier ministre belge. "Ce n'est pas vous qui allez payer l'addition, ce sont les Grecs ordinaires! Vous voulez un Grexit? Ce n'est certainement pas le souhait de 80% de votre population!"

Verhofstadt a prévenu son interlocuteur: "Je vais être très clair avec vous: cessez de parler de réformes, d'affirmer vos intentions, ce qu'il faut, ce sont des réformes concrètes, un calendrier précis, un plan! Les intentions, c'est terminé!"

"FINI LES PRIVILÈGES"

Le libéral insiste sur la nécessité de réduire les effectifs dans les services publics et de lancer des propositions concrètes pour en finir avec le clientélisme et la corruption, accusant au passage le parti de gauche radicale Syriza de suivre les pas de ses prédécesseurs dans les pratiques et nominations politiques. Il plaide aussi pour la transformation des banques publiques en un système financier privatisé et assaini. Enfin, il appelle à ouvrir le marché de l'emploi aux  jeunes. "Nous avons besoin de savoir quand de telles mesures pourraient enfin être prises", a lancé Verhofstadt.

Après avoir énuméré cinq réformes qu'il voudrait voir mises en oeuvre par le gouvernement grec, le libéral a déclaré : "Cessez de parler de réformes, faites-le!".

Le chef de groupe a aussi mis en garde Alexis Tsipras sur le besoin de mettre un terme aux privilèges des "armateurs, de l'église orthodoxe, des militaires, des îles grecques et des partis politiques... dont le vôtre!". 

"Montrez que vous êtes un réel leader politique et non un faux prophète!" a conclu Verhofstadt.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY:

"FAITES-LES!".

Enfin il se réveille, le Guy et dans un anglais impeccable, Churchillien. Quel contraste avec ce mollasson de Juncker et ce rabat-joie de Tusk. Ce type était taillé pour diriger l’Europe mais ces messieurs les Anglais n’en ont pas voulu, bien évidemment. 

Il en faudrait trois ou quatre de cette trempe pour raviver la flamme européenne et nous faire rêver à autre chose qu’à des crispations nationalistes qui nous donnent des crampes d’estomac.

MG

 



 Odyssée


LAURENT JOFFRIN LIBÉRATION

Le non à l’austérité est-il un non à l’Europe ? Comment traduire en langage politique le oxi du peuple grec, qui fait résonner un coup de tonnerre ambigu dans l’agora européenne ? Cet oxi est aussi un oxymore… La simplicité, la logique voudraient que le vote de dimanche officialise une rupture nette et franche entre l’Union et son enfant terrible. Les uns veulent qu’on respecte les règles, les autres qu’on les change : c’est le divorce. Dans ce cas, la zone euro tentera de maintenir la confiance entamée par le drame grec ; la Grèce se jettera dans une odyssée solitaire digne des épreuves affrontées par Ulysse. Le tout sous les sarcasmes bruyants des anti-européens massés sur les gradins. On en connaît les premières conséquences : une austérité brutalement aggravée pour les Grecs déjà exsangues ; un euro chahuté avec, à la clé, le risque d’une dislocation monétaire de l’Union ; un argument en or pour les nationalistes ; un projet européen mis en berne.

Veut-on cela ? Veut-on rejeter un peuple qui légitime sa rébellion par sa souffrance ? Veut-on briser le long rêve d’une Europe unie, porté par plusieurs générations depuis la guerre, rassemblée sur des valeurs humanistes, seule à même de jouer un rôle sur la scène mondiale ? Il est une autre issue que cette tragédie. Au moment de la rupture, les positions n’étaient pas si éloignées les unes des autres. Les Grecs peuvent encore montrer à leurs partenaires qu’ils veulent enfin un vrai système fiscal, un Etat digne de ce nom, une réduction des dépenses militaires significative, une contribution de l’Eglise orthodoxe. L’argent est là et non dans la poche de retraités déjà misérables. Les Européens peuvent reconnaître enfin officiellement que l’austérité trop brutale imposée à tout un continent a eu des effets politiques désastreux dont le non grec n’est qu’un exemple. Ils peuvent réduire une dette que le FMI lui-même juge impossible à rembourser. A ces conditions, l’accord est possible. Entre austérité et décomposition politique, il faut maintenant choisir. Les responsables européens sauveront-ils l’Europe ?


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ON NE SAURAIT MIEUX DIRE

 


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