mercredi 26 août 2015

Agression à l'hôpital public : «Il faut dire clairement que l'islam radical gagne du terrain»

HOME FIGARO 

 Par Lydia Guirous


 

FIGAROVOX/OPINION - Un soignant a été agressé au CHU de Bordeaux, après un refus d'auscultation d'une épouse par un homme. Lydia Guirous y voit l'expression du refus des valeurs françaises.

Lydia Guirous, Porte-parole des Républicains, son dernier livre «Allah est grand, la République aussi» paru aux éditions JC Lattès.

 

UN AIDE-SOIGNANT DU CHU DE BORDEAUX, AINSI QUE L'ÉTABLISSEMENT LUI-MÊME, ONT PORTÉ PLAINTE APRÈS UNE AGRESSION PAR UN HOMME QUI REFUSAIT QUE SON ÉPOUSE ENCEINTE SOIT EXAMINÉE PAR UN SOIGNANT MASCULIN, A-T-ON APPRIS HIER DE SOURCES CONCORDANTES. QUE CELA VOUS INSPIRE-T-IL?

Un peu de lassitude, ces incidents sont récurrents et quand on les dénonce soit on remet en question notre parole, soit on nous fait passer pour le diable. Pour de nombreuses personnes, il est plus confortable de ne pas voir ou de fermer les yeux. Ça se passe dans les écoles où l'on refuse la mixité, ça se passe dans les piscines municipales où il y a eu de nombreux incidents cet été, et ça se passe aussi à l'hôpital public... Ce n'est pas nouveau. Les revendications sont de plus en plus virulentes et de plus en plus nombreuses. Ce sont des tests sur la solidité de notre modèle républicain. Il ne faut rien céder. A l'hôpital public, on n'a pas d'exigence à avoir sur le sexe du soignant. Le soin est un droit mais l'hôpital public est laïc et mixte, il ne doit pas s'adapter aux réclamations ou aux menaces de certains individus. Si ces usagers ne veulent pas se plier aux règles et au fonctionnement de l'hôpital public, ils peuvent se diriger vers des cliniques ou des maternités privés dans lesquels ils pourront choisir leur médecin. Le personnel hospitalier s'investit énormément, et aujourd'hui la violence est entrée dans les services d'urgences, il faut y mettre un terme rapidement. J'espère que cet homme sera condamné fermement et que cela servira d'exemple.

SELON LE CHEF DU SERVICE DE GYNÉCOLOGIE-OBSTÉTRIQUE DU CHU, DOMINIQUE DALLAY, CITÉ DANS SUD OUEST, LES DEMANDES DE PRISE EN CHARGE DE FEMMES PAR UNIQUEMENT DU PERSONNEL MÉDICAL FÉMININ SONT «UN SUJET RÉCURRENT DANS LES MATERNITÉS». ET CE «POUR DIFFÉRENTS TYPES DE RAISONS, PAS UNIQUEMENT RELIGIEUSES», A PRÉCISÉ L'ÉTABLISSEMENT HIER. FAUT-IL VOIR DANS CETTE AGRESSION UN SIMPLE FAIT DIVERS OU LE SYMPTÔME D'UN MAL PLUS PROFOND?

Si ce n'est pas de caractère religieux, je ne sais pas de quoi il s'agit! Il y a une mode dangereuse à ne pas vouloir nommer les choses. Dès lors que des faits similaires se produisent, il y a un empressement à dire qu'il n'y a pas de caractère religieux. C'est un peu le nouveau «Pas d'amalgame». Ces faits, comme je vous le disais, ne sont pas nouveaux, il y a déjà eu des problèmes similaires dans des maternités et des services d'urgence, et cela est lié à des revendications religieuses. Pour éviter de dire qu'il s'agit de revendications religieuses certains avanceront certainement «la pudeur» ou une approche «culturelle». C'est encore une fois une façon de ne pas nommer les choses. Malheureusement, la radicalisation religieuse, notamment l'islam radical gagne du terrain en France et cela n'en est qu'une illustration de plus. Il faut le dire clairement, le combattre fermement. Quand ce n'est pas à l'hôpital, c'est à l'université avec le jilbeb et les salles de prières, c'est aussi au collège avec les jupes longues car la direction applique la loi de 2004 qui interdit le voile, c'est aussi durant les cours de sport, notamment de natation, que les parents refusent pour leurs filles. On retrouve également cela au sujet de la viande que l'on ne mange pas si elle n'est pas confessionnelle, des cours de sciences naturelles que l'on boycotte au nom de la «pudeur»... Arrêtons de céder. Arrêtons de culpabiliser et de trembler! Affirmons clairement, avec autorité, les valeurs de la France, de la République et notre mode de vie.

.

QUE PEUVENT FAIRE LES POLITIQUES FACE À LA MONTÉE DES COMMUNAUTARISMES?

Il faut rompre avec la culture de l'excuse, du relativisme culturelle, de la culpabilité post-coloniale. Il faut réaffirmer la République et la renforcer. Les politiques doivent être des combattants de la République. Nous voulons réinstaurer une République forte et une France fière. L'autorité républicaine doit s'exprimer à nouveau. La police et la justice ont un rôle important à jouer dans le rétablissement de cette autorité républicaine. Il convient également de refonder l'école pour réinstaurer la hiérarchie, le respect, la discipline et la rigueur. (…)La France doit cesser d'être une société de droits sans devoirs. Chacun doit apporter sa pierre à l'édifice en s'acquittant de ses devoirs de citoyen responsable.

Les politiques doivent dire les choses et arrêter les arrangements avec la laïcité ,avec la réalité que vivent les Français. Ils doivent être ancrés dans la vie quotidienne des Français, être à l'écoute pour apporter les bonnes solutions et arrêter de trouver des arrangements qui détruisent petits à petits notre modèle Républicain. Le cas des menus des substitution dans les cantines est un bon exemple. Aujourd'hui, des parents d'élèves refusent que leurs enfants mangent de la viande à l'école car elle n'est pas confessionnelle... alors certains élus veulent imposer un menu végétarien. Le menu végétarien est l'exemple même de la «solution-renoncement», une lâcheté de plus, car c'est celui qui refuse le système, qui réclame, qui gagne et prive les autres d'un droit. C'est le symbole d'une République faible et d'élus qui ne résistent à aucune pression communautaire. A force de renoncement la France et la République seront redessinées par ceux qui réclament le plus fort. Je le refuse.

NICOLAS SARKOZY A ÉTÉ AU POUVOIR PENDANT DIX ANS ET N'A PAS SU ENRAYER LE PHÉNOMÈNE COMMUNAUTAIRE... AU-DELÀ D'UN DISCOURS DE FERMETÉ NÉCESSAIRE, COMMENT RELANCER UNE VÉRITABLE POLITIQUE D'INTÉGRATION?

Je crois qu'il n'y a pas de politique d'intégration à relancer. Ce fût un échec, on ne peut que le constater. Je crois en l'individu, en la volonté de chacun de devenir ce qu'il souhaite devenir. On peut être issu de l'immigration et être pleinement français si on le souhaite, beaucoup de personne le font tous les jours et depuis de nombreuses années, ils sont totalement dans la société avec un amour pour la France et son mode de vie. Ils sont là et ne demandent pas que la France change pour eux. D'autres sont réfractaires, parfois ils ne connaissent pourtant que la France. Qu'importe les politiques, ils refuseront de vivre en s'adaptant à la France, ils sont dans un combat idéologique, politique. Face à cela il faudra que la République ne cède sur rien, ne doute jamais de ce qu'elle considère comme juste, notamment lorsqu'il s'agit de laïcité. Il faut que les règles soient les mêmes pour tous, qu'elles ne connaissent plus d'«exception» ou d'arrangement». Enfin, à mon sens, seule une politique claire d'assimilation nous permettra de retrouver pour les 

L'assimilation n'est rien d'autre qu'une intégration réussie.

 

Lydia Guirous



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DE L’EFFACEMENT AU SURSAUT


Face à l’effacement graduel, Lydia Guirous plaide pour un raidissement des valeurs républicaines. C’est faire peu de cas du dialogue interculturel qui,décidément, a du plomb dans l’aile. Mais il faut bien comprendre que ce dialogue est l’exact contraire de l’effacement. Les revendications communautaristes sont de plus en plus virulentes et de plus en plus nombreuses. Ce sont des tests sur la solidité de notre modèle républicain. Il ne faut rien céder.

(…)La violence est entrée dans les services d'urgences, il faut y mettre un terme rapidement. (…)

Il y a une mode dangereuse à ne pas vouloir nommer les choses. Dès lors que des faits similaires se produisent, il y a un empressement à dire qu'il n'y a pas de caractère religieux

(…)Arrêtons de culpabiliser et de trembler! Affirmons clairement, avec autorité, les valeurs de la France, de la République et notre mode de vie.

(…) Il faut rompre avec la culture de l'excuse, du relativisme culturel, de la culpabilité post-coloniale. Il faut réaffirmer la République et la renforcer.

Il convient également de refonder l'école pour réinstaurer le respect, la discipline et la rigueur. (…)La France doit cesser d'être une société de droits sans devoirs. 

A force de renoncement la France et la République seront redessinées par ceux qui réclament le plus fort.

Fin du renoncement et de l’effacement, il est grand temps de réaffirmer haut et clair nos valeurs de civilisation, y renoncer serait se renier. Il faut être pleinement soi pour dialoguer.

Boualem Sansal a intitulé son dernier livre "2084". Le sous-titre, c’est "La fin du monde", il y annonce qu’une islamisation galopante des continents est en marche.

On ne saurait s’y résigner, il faut au contraire se résoudre à résister de toutes nos forces comme trois soldats américains et un pépé anglais dans un train lancé à grande vitesse vers la mort.

 

MG



JE NE SAIS QUOI SUR PRESQUE TOUS


Par Jean Daniel L’Obs

Qui croire ? Qui admirer ? Sur qui se reposer ? Auprès de qui peut-on se sentir en confiance ? Soudain la réponse à ces questions est devenue incertaine.



Portrait de l'écrivain Albert Camus en 1944. (LIDO / SIPA)

 

Au bout d’une journée comme celle-là, du samedi 15 août, un homme de mon expérience et plus exactement de mon âge peut être plongé dans la perplexité en tout cas sur une question précisequi croire? Qui admirer? Sur qui se reposerAuprès de qui peut-on se sentir en confiance? Soudain la réponse à ces questions est devenue incertaine. Ce sont toutes les élites, toutes les idoles, tous les êtres dautorité et de prestige qui paraissent se détourner de nous.

D’abord une nouvelle publiée par la presse sur l’accueil fait d’une part aux chrétiens d’Orient et d’autre part aux migrants. Aucune grande voix n’a été entendue, sauf celle du pape François, encore lui; or on ne peut pas imaginer situation plus insupportable pour l’âme, lesprit, la morale, l’idéal. Quel que soit le nom que l’on trouve si l’on veut garder encore un peu le respect de soi. Mais pour cela il faut des voix qui viennent du cœur et même des entrailles.

Pour ce qui est des chrétiens d’Orient, je viens de lire un livre assez fascinant où il est question d’un massacre dont ils sont les victimes mais dont les bourreaux sont des Arabes juifs. L’auteur, un des historiens américains les plus réputés, s’appelle Glen Warren Bowersock. Il nous raconte que, bien avant l’islam, existait une Arabie, un royaume situé là où est aujourd’hui le Yémen, qui a duré plus d’un siècle et qui s’était converti au judaïsme. Fascinant. Il y avait aussi toute une histoire de coexistence avec des Ethiopiens et particulièrement avec des Perses qui aimaient beaucoup les Arabes, surtout lorsqu’ils étaient juifs. Ce livre s’appelle "Le Trône d’Adoulis".

L’autre livre qui m’a saisi est celui que l’historien Pierre Boncenne a consacré à son ami Pierre Ryckmans, le célèbre sinologue plus connu sous le nom de Simon Leys qui a passé une partie de sa vie à engranger sans pitié les réactions suscitées par la Chine de Mao et sur le maoïsme dans le monde.

Un des épisodes les plus cruellement drôles du livre de Pierre Boncenne, "Le Parapluie de Simon Leys", concerne la façon dont toutes les élites de France se sont imposé le voyage devenu rituel à Pékin et l’admiration sinon l’idolâtrie pour Mao. On est stupéfait devant la dévotion que manifestent tous les grands noms, de Charles de Gaulle à Mitterrand, de Malraux à Sartre sans parler du cas extrême de Merleau-Ponty.

MICHEL ONFRAY

Il faut maintenant parler de Michel Onfray qui a été présent ce mois d’août sur France Culture. Je n’ai rien à dire de concis sur ce philosophe qui se veut populaire, dont l’éloquence est à la fois enivrée, péremptoire mais assez souvent libératrice. Il avait choisi un exemple privilégié, en reprenant l’un de ses cours les plus accusateurs, celui qui interprète les humeurs de Vladimir Jankélévitch: "le Je-ne-sais quoi et le Presque-rien."

Car avec son espièglerie assassine et sa cruauté charmeuse, ce philosophe juif, qui a perdu des parents dans les camps, remet en question presque tout le monde. Ils sont deux ainsi à prendre un douloureux et sadique plaisir à démontrer que presque personne qui porte un nom dans la philosophie et lalittérature françaises n’a été dans la Résistance et n’a dénoncé le nazisme. Ce qui est bien entendu inexact.

BOUALEM SANSAL ET "2084"

Et voici que nous arrive un Algérien que j’aime, dont j’ai lu le premier roman, "le Serment des barbares", c’est Boualem Sansal. Son nouveau livre, je n’ai pas besoin de vous le faire découvrir, tout le monde en parle déjà, simplement parce qu’il finit mon article là où je l’ai commencé, c’est-à-dire qu’il rejoint George Orwell.

Vous vous souvenez, ce dernier était l’essayiste qui s’était engagé en militant révolutionnaire auprès des républicains pendant la guerre d’Espagne de 1936 et qui avait découvert les atrocités que les Soviétiques commettaient sur leurs amis anarchistes. C’est lui qui, un des tout premiers, avait inauguré, sinon inventé l’antitotalitarisme, sur le terrain en tout cas. Il a fait un roman célébrissime qui s’appelle "1984". Dans lequel il prophétise l’arrivée d’un nouveau système mondial à la fois religieux, despotique et dément.

Eh bien Boualem Sansal a intitulé son dernier livre "2084". Le sous-titre, c’est "La fin du monde", et il annonce qu’une islamisation galopante des continents est en marche. Ce n’est donc pas lui qui va me sortir de la perplexité. D’autant qu’il ne partage pas l’indulgence lasse et pourtant attentive que j’ai pour l’inquiétant sommeil de notre terre natale. Mais je désapprouve bien sûr toutes les mesures dont il est la victime et qui risquent de justifier ses prévisions.

IL RESTE CAMUS

Mais alors, dans cette journée du 15 août, qui reste-t-il? Eh bien, contre toutes les attentes, il est resté quelquun que jaurai passé une partie de ma vie àdéfendre du temps quil était attaqué comme Simon Leys. Ce quelquun, vous lavez deviné, cest Albert Camus. Bien sûr cela ne pouvait que combler Michel Onfray, qui a fait beaucoup de tapage, même si j’oublie que je l’ai précédé dans cette entreprise. Il a cédé la place à un jeune virtuose, Raphaël Enthoven.

Il est aussi rapide que Michel Onfray, le jeune Raphaël. Il sait faire des rapprochements inattendus, des citations opportunes, des commentaires personnels, il est le meilleur acteur de son texte, et puis il n’hésite pas, si le mot "génie" lui vient à la bouche après avoir été lui-même surpris, il le martèle. Alors voilà, il reste Camus. Pas seulement bien sûr. Ce n’est pas parce qu’on a cessé de croire qu’il faut perdre la foi.

Jean Daniel


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CE N’EST PAS PARCE QU’ON A CESSÉ DE CROIRE QU’IL FAUT PERDRE LA FOI.

 

 

 

 

Aucun commentaire: