samedi 22 août 2015

Crise des migrants en Belgique: le vrai du faux

Louis Colart

« Le Soir » a passé au crible trois commentaires d’internautes. 




           Theo Francken, secrétaire d’Etat à l’Asile. ©Pierre-Yves Thienpont 

 

C’est peu dire que le sujet déchaîne les passions. Alors que les migrants affluent en Belgique, que les centres d’accueil sont pleins à craquer et que les CPAS wallons appellent le fédéral à l’aide, l’accueil des demandeurs d’asile est devenu le sujet politique de l’été.

L’occasion de passer au crible quelques-uns de vos commentaires postés sur notre site. Et d’essayer de distinguer le vrai du faux.

Voici trois commentaires d’internautes que nous avons tenté de « fact checker ».

1. Liliane Noyelle : «  D’après le HCR (le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, NDLR) il y a 70 millions de réfugiés de guerre dans le monde à l’heure actuelle. Combien sommes-nous censés en recevoir ? Suffisamment pour nous mettre ici dans la situation qu’ils fuient là-bas ?  »

 « 70 millions de réfugiés dans le monde »

Selon les derniers chiffres de le HCR, quelque 59,5 millions de personnes, et non 70 millions, ont été forcées de quitter leur maison en 2014. C’est toutefois un triste record depuis que ces statistiques existent. Et c’est assez logique, compte tenu de la triste actualité au Moyen-Orient et dans certaines régions d’Afrique.



Infographies : Il n’y a jamais eu autant de réfugiés sur la planète

 « Combien sommes-nous censés recevoir de réfugiés ? »

C’est à la fois une question politique et une question statistique. Sur un plan purement statistique, toutes les réponses sont données par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA). Selon les derniers chiffres, le CGRA a auditionné 11.545 demandeurs d’asile en Belgique en 2015. La Belgique dispose d’une capacité d’accueil de 18.400 places, actuellement quasi toutes occupées. Le gouvernement prévoit la création de 2.500 places supplémentaires afin que des demandeurs d’asile ne se retrouvent pas dans le froid l’hiver prochain.

Ce qui change cette année, c’est le taux d’acceptation du statut de réfugié. De 22,4 % en 2012 il est passé à près de 60 % depuis le début de l’année. Cela est dû aux pays d’origine des migrants : on ne renvoie pas chez eux des familles qui viennent d’Irak, de Syrie ou d’Afghanistan, des pays en guerre.

Si on résume, depuis le début de l’année, près de 7.000 personnes ont obtenu le statut de réfugié ou de protection subsidiaireCela représente 0,06 % de la population belge. À plus large échelle, 625.000 demandeurs d’asile sont arrivés en 2014 en Europe, soit 0,1 % de la population de l’UE (507,5 millions).

2. Moses Fussganger : «  Expliquez-moi pourquoi chaque ressortissant étranger qui débarque chez nous est pris en charge, d’une façon ou d’une autre, alors que les SDF, d’origine belge pour beaucoup, s’empilent littéralement aux abords des grandes gares bruxelloises et que de véritables villages se créent sous les ponts.  »

 « Pourquoi chaque ressortissant étranger qui débarque chez nous est pris en charge » (cf Le Soir)

La Belgique a signé la convention de Genève, qui définit le statut de réfugié. En conséquence, le royaume «  s’est engagé à protéger les réfugiés se trouvant sur son territoire. Les demandeurs d’asile reconnus comme réfugiés reçoivent un permis de séjour de durée illimitée  », souligne Fedasil. Qui est réfugié ? Toute personne qui, «  craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ».

Cependant, le demandeur d’asile ne reçoit pas d’aide financière, mais simplement l’accueil. D’où la polémique récente sur le manque de places en centres d’accueil , et l’ouverture de places en urgence.

À lire : Statut de réfugié en poche, le début d’un autre parcours du combattant (cf Le Soir)

3. Nicole Marie Thonet : «  Ils ne viennent que pour profiter des avantages ! Lamentable ! Qu’est ce que le gouvernement obtient en retour ? Là est la question !  »

 « Ils ne viennent que pour profiter des avantages »(cf Le Soir)

Comme indiqué ci-dessus, le demandeur d’asile ne bénéficie pas d’une aide financière automatique. Il est en revanche évident qu’à côté de la misère ou la guerre, le simple fait de se voir accorder une place en centre d’accueil constitue un avantage. Enfin, si le demandeur d’asile obtient gain de cause – le statut de réfugié – le parcours du combattant n’est pas terminé : il a deux mois pour quitter le centre d’accueil collectif (ou le logement individuel) qu’il occupe temporairement. La recherche d’un logement constitue donc la priorité des priorités. D’autant plus que si, dès lors que son statut lui est accordé, il a droit au revenu d’intégration, il doit pour ce faire s’inscrire dans un CPAS… Et qu’il est plus judicieux d’émarger au CPAS de la commune dans laquelle on vit… Donc d’avoir déjà trouvé un logement. Le statut de réfugié ou la protection subsidiaire donne droit au revenu d’intégration sociale, soit à peu près 800 euros pour une personne isolée, 400 euros pour une personne cohabitante et un peu plus de 1.000 euros pour un/une chef de famille. Avancés par les CPAS, entièrement remboursés par le fédéral.

 « Quest ce que le gouvernement obtient en retour ? »

Le coût de l’accueil des migrants est connu : la dotation fédérale pour Fedasil en 2014 atteignait 303 millions d’euros , dont 56 millions de frais de personnel (qui sont donc, en quelque sorte, réinjectés dans l’économie). Pour se faire une idée, l’ensemble des dépenses de l’administration belge en 2014 se montait à 206 milliards d’euros en 2014 (hors charge d’intérêts). Le budget de Fedasilreprésente donc 0,15 % des dépenses du pays.

Mais l’interrogation de Nicole Marie Thonet est sans doute plus large et pose la question de l’intérêt pour le pays. Là, la réponse est beaucoup plus nuancée (et sujette à polémique). Selon un sondage réalisé par Ipsos, plus de 60 % des Belges pensent qu’il y a trop d’immigrés dans le pays. Qu’en pense Theo Francken ? «  Que j’ai encore beaucoup de travail ! L’immigration est positive et elle doit être un atout. Nous sommes au centre de l’Union européenne et un pays sans immigration est désastreux  ».

À condition de bien intégrer les étrangers. «  Cet afflux de migrants doit aussi être vu pour l’opportunité qu’il représente, d’un apport de main-d’œuvre pour combler le vide laissé par les populations vieillissantes d’Europejuge Béatrice Delvaux Beaucoup en Allemagne en ont conscience, tandis qu’en Belgique aussi, la Flandre va cruellement manquer de main-d’œuvre sous peu. Une opération d’intégration efficace des nouveaux arrivants permettrait de voir l’arrivée de ces populations comme une solution, et non un problème.  »



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

À CHACUN SA VÉRITÉ


Notre civilisation est minée par une série de problèmes qui menacent de mettre la démocratie à mal : la crise de la croissance, le réchauffement climatique, la finance folle, le radicalisme religieux et l’explosion démographique. Cette dernière combinée au réchauffement et à l’explosion de la pauvreté est en train de laminer la cohésion sociale, singulièrement en Europe. L’Allemagne doit absorber cette année 800.000 demandeurs d’asile. C’est tout simplement intenable. Il s’agit d’un problème de gouvernance mondiale, le plus gros des dossiers qui occupera l’humanité au XXIème siècle, lequel risque bien de voler au XXème siècle sa réputation de siècle des malheurs.  L’Europe est devenue une soft power, une puissance molle incapable d’intervenir efficacement sur le plan militaire quand il faudrait mater par la force et l’Etat islamique et la mafia des passeurs. Les Etats Unis ne veulent plus jouer le rôle de gendarme de la planète. Conséquence : le chaos s’installe partout : au Moyen-Orient, en Afrique, entraînant des flux énormes de réfugiés. On en vient même à tirer à la kalachnikov sur les passagers du Thalys. Quel rapport ? La réponse c’est la complexité générale dans laquelle tout est dans tout, ce qui nous oblige à penser globalement. Un exercice redoutablement difficile. D’autant plus que l’automatisation a tendance à détruire tous les jobs non spécialisés : 

Bijna de helft van de huidige jobs en functies zullen over twintig jaargewoonweg niet meer bestaanJe kan er gif op nemen da3alle jobs met eenrepetitief en voorspelbaar karakter zullen worden geautomatiseerd
Dat wil niet zeggen dat migratie niet kan plaatsvindenImmigratie zalplaatsvinden, of we dat nu leuk vinden of niet. (…)In de toekomst zullen mensenonheil blijven ontvluchten richting veiliger omgevingenwaaronder Europa.(…)Wie beweert dat beleidsmakers immigratie kunnen tegenhoudenkletst uit zijnnekZe kan in het beste geval kordaat gemanaged worden door strenge maar rechtvaardige voorwaarden te stellen(…)Europa verwacht dit jaar 1,5 miljoenvluchtelingenDuitsland rekent op 800.000, zo verklaarde CDU-minister De Maizière deze week. In België zouden in 2015 35.000 mensen een asielaanvraagindienen.
On peut donc légitimement considerer que l’immigration massive est de très loin le problème le plus difficile qu’aura à gérer l’union européenne suivi de près par son corollaire :le terrorisme islamiste.

MG 



EXPLOSION DU NOMBRE DE DOSSIERS LIÉS AU TERRORISME EN BELGIQUE 

Le Vif Source : Belga

Sept mois après la découverte d'une cellule terroriste à Verviers, le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw souligne que la lutte est loin d'être terminée. "Nous avons ouvert cette année davantage de dossiers liés au terrorisme que pour l'année 2014 dans son intégralité et il s'agissait d'une année record avec 195 dossiers. C'est une lutte qui va encore durer des années", indique-t-il samedi dans De Tijd et l'Echo.


Frederic Van Leeuw. © Belga

Le magistrat ajoute que plusieurs attaques ont été déjouées chez nous, mais ne peut pas en dire davantage. Ce n'est pas souhaitable, dit-il, de communiquer à chaque fois sur le sujet, car ce serait faire le jeu des terroristes. "Nous avons des dossiers où nous sommes sûrs que des attaques ont été déjouées, mais nous n'avons pas de preuves solides. Parfois, nous sommes dans l'obligation d'intervenir rapidement afin de ne pas prendre de risques. Ces gens parviennent alors à échapper à des poursuites ou à des condamnations, mais nous préférons un mauvais dossier judiciaire à un bel attentat", affirme-t-il. La plus grande partie des dossiers est liée au groupe État islamique et à la Syrie





BILAL BENYAICH     De Morgen

Immigratie hou je niet tegen, maar kun je wel managen

Bilal Benyaich is verbonden aan de beleidsdenktank Itinera Institute en het Ghent Institute for International Studies (UGent).



 Vluchtelingen wachten aan de Dienst Vreemdelingenzaken in Brussel om asielaan te vragenIedere dag staat er zo'n 300 man. ©EPA




©rv

DE EU MOET HET VOORTOUW NEMEN OM DE CONFLICTEN TE HELPEN OPLOSSEN, EN DESNOODS VREDE OP TE LEGGEN. ALLE OPTIES HOREN OP TAFEL TE LIGGEN

Europa verwacht dit jaar 1,5 miljoen vluchtelingenDuitsland rekent op 800.000, zo verklaarde CDU-minister De Maizière deze weekIn België zoudenin 2015 35.000 mensen een asielaanvraag indienen.

Duizelingwekkende cijfers? De mondiale migratiestromen zijn vanuit historischperspectief niet uitzonderlijk. In verhouding tot de wereldbevolking waren eraan het einde van de 19de eeuw meer migranten - tientallen miljoenenEuropeanen trokken tijdens de tweede industriële revolutie naar de VS. Maar de trend is onmiskenbaarLokale en mondiale ontwrichtingen van politiekeeconomische en klimatologische aard doen het aantal migranten envluchtelingen wereldwijd toenemen.

Terwijl u dit leest spoelen enkele duizenden vluchtelingen aan op Europesebodem. Wat te doen? Om te beginnen het juiste debat voerenDat over de oorzaken en oplossingen voor deze aanzwellende migratiestromen wordtoverschaduwd door debatten in de marge. Zoals recent toen vicepremierAlexander De Croo (Open Vldeen lans brak voor arbeidsmigratie.

Ten eerste kunnen andere Europeanen vrij aan de slag bij ons en bestaan erarbeidskaarten voor personen buiten de EU. Ten tweede zijn arbeidsmigrantenop korte termijn nodig om knelpuntberoepen in te vullen; maar op lange termijnwellicht niet of minder, door de onvermijdbare instroom van andere migrantenen technologische innovaties.

Wat dat laatste betreft komt onderzoek uit binnenen buitenland naar de mogelijke impact van technologie op werk haast tot dezelfde conclusiebijna de helft van de huidige jobs en functies zullen over twintig jaar gewoonweg nietmeer bestaan. Je kan er gif op nemen da3alle jobs met een repetitief envoorspelbaar karakter zullen worden geautomatiseerd. De nieuwe jobs zullenworden gekenmerkt door hun onvoorspelbaar karakter, door creatieve en socialeintelligentie dusMaar of het er genoeg zullen zijn? Laat staan dat bijkomendearbeidsmigratie op lange termijn nodig zal zijn om de economie te stuttenDaarkunnen we ons legitieme vragen bij stellen.

Dat wil niet zeggen dat migratie niet kan plaatsvindenImmigratie zalplaatsvinden, of we dat nu leuk vinden of niet. In de toekomst zullen mensenonheil blijven ontvluchten richting veiliger omgevingenwaaronder Europa, net zoals een geglobaliseerde wereld nu ook eenmaal transnationale relaties kentArbeidsmigratie kan een beleidskeuze zijnmigratie via de kanalen van gezinshereniging en asiel is dat minder - die moet je deels ondergaanDaar waarbeschaving heerstzijn het legitieme vestigingskanalen. Wie beweert datbeleidsmakers immigratie kunnen tegenhoudenkletst uit zijn nek. Ze kan in het beste geval kordaat gemanaged worden door strenge maar rechtvaardigevoorwaarden te stellen. Zo wordt misbruik weggefilterd en kan het maatschappelijk draagvlak worden verzekerd.

Conflictenbevolkingsexplosieseconomische achteruitgang enklimaatverandering liggen aan de basis van menselijk leed en aanzwellendemigratiestromen in de 21ste eeuw. Het migratiedebat zou dan ook gelinktmoeten worden met conflictresolutie en vredesoplegging, de nieuwe DuurzameOntwikkelingsdoelen, de Klimaatconferentie in Parijs in het najaar en onshandelsbeleid ten aanzien van ontwikkelingslanden.

Antwoorden op de migratiecrisis liggen voor een stukje in de Wetstraatvooreen groter deel bij de VN in New York en voor het grootste deel rondom het Schumanplein. Hoog tijd dat de EU de interne problemen en de politiekeintroversie overstijgt.

De EU moet het voortouw nemen om de conflicten te helpen oplossen, en desnoods vrede op te leggenAlle opties horen op tafel te liggenDat vergtdiplomatiekepolitieke en economische inspanningen. Militair ingrijpen is alleen een optie als het deel van een duurzame oplossing kan zijn.

We kunnen weinig doen aan de dalende grondstoffenprijzen die de economieënvan Afrikaanse landen in het rood duwen, net zoals we het niet kunnen helpendat de industrialisatie geen wortel heeft geschoten in grote delen van AfrikaWaar we wel een rol van betekenis kunnen spelen, is in het wegwerken van eenoud zeernamelijk handelsbelemmeringen, in hoofdzaak op landbouwvlak, die de ontwikkeling en groei van ontwikkelingslanden remmenOnze Europeseexportsubsidies zijn doorheen de jaren wat afgebouwd maar ze vernietigen nog steeds het concurrentieel voordeel dat Afrikaanse boeren hebben. Moet het onsdan zo verwonderen dat we migranten importeren als we hun landbouwgoederenwegprijzen?

Zolang op deze vlakken geen resultaten worden geboektzijn initiatieven die de vluchtelingenstroom in de Middellandse Zee in goede banen trachten te leiden - zoals Triton, EUNAVFOR MED en het spreidingsplan van Juncker - waardevol, maar niet meer dan symptoombestrijding.

 

 

 

 

 

 

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