samedi 22 août 2015

Kris Peeters: "Charles Michel doit rétablir la confiance au gouvernement"

Martine Dubuisson

Dans un entretien accordé au Soir, le vice-Premier CD&V estime la confiance rompue au sein du kern après l’épisode du tax shift.



• Photo Le Soir.

C’est le Premier ministre qui doit organiser un kern et un gouvernement où règne la confiance. Et il y a beaucoup de travail à faire après le tax shift.» Kris Peeters, le vice-premier ministre CD&V du gouvernement Michel, est un homme blessé et qui ne décolère pas.

Interrogé sur son parcours personnel et ses racines dans le cadre de notre série d’été «Les Racines Elémentaires» – entretien durant lequel il se livre, sans éluder de questions–, c’est aussi sa fureur et son indignation que nous confie l’ex-ministre-président flamand qui a pris nombre de coups depuis qu’il est au fédéral. En cause? Des fuites, venant notamment d’un vice-Premier ministre – Peeters désigne l’Open VLD sans nommer précisément Alexander De Croo–, dans la foulée de l’accord «délicat» sur le tax shift fin juillet. Des fuites qui cherchent, estime-t-il, à le déstabiliser, lui et son parti. On veut le casser? «Oui, de temps en temps, j’ai l’impression que c’est le but.»

En juillet en effet, deux heures après que l’accord sur le tax shift a été conclu en comité ministériel restreint (composé du Premier ministre et des vices Premiers), le site d’information flamand Newsmonkey évoquait la «shit list» – liste d’horreurs – exigée par le CD&V durant ces négociations et dont aucun point n’avait été retenu. La «gorge profonde» du site flamand, dont l’identité était identifiable vu la précision des informations données, concluait ainsi à l’échec total de Kris Peeters et de son parti. «C’est du jamais vu. Moi aussi j’ai une shit list de la N-VA ou du VLD. J’en ai parlé avec Jan Jambon (vice premier N-VA, ndlr) et il m’a juré que cela ne venait pas lui. Ce n’est pas à moi de désigner l’un ou l’autre, mais cela ne se fait pas. Et a des conséquences énormes

SI CELA SE REPRODUIT, LE CD&V QUITTERA-T-IL LE GOUVERNEMENT?

«Non. Nous sommes des professionnels. Mais cette fois le dégât est énorme pour le CD&V. Et surtout pour moi. C’est très très grave. C’est à Charles Michel de faire quelque chose. On verra le 28 août, lors du premier conseil des ministres.» Kris Peeters nous précise qu’il en a parlé en juillet avec le Premier ministre, qui a visiblement entendu le message. Selon des sources gouvernementales relayées parDe Standaard dans son édition de ce week-end, Alexander De Croo s’est fait «taper sur les doigts».



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA SUÉDOISE EST DANS LES TURBULENCES.


Il semble bien que le CD&V regrette sa stratégie de départ : renoncer à reconduire la tripartite(avec Kris Peeters premier ministre) pour empêcher la N-VA de grossir encore en tant que parti d’opposition. En rejoignant la suédoise ET la majorité au gouvernement flamand, le CD&V s’est lui-même affaibli en devenant l’aile gauche d’une suédoise marquée à droite. Le taxshift réclamé par Kris Peeters devait rééquilibrer les choses. Que nenni. C’est dire que le CD&V est en train de perdre la face dans cette aventure et en particulier Kris Peeters. Ce dernier fait un boulot d’enfer au sein du cabinet Michel. Il est clair qu’il s’agit d’un bras de fer entre lui ( le CD&V) et la N-VA. Désormais la confiance est rompue et Charles Michel aura du mal à la rétablir. Suspense.

MG

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