mercredi 12 août 2015

L'"aveuglement" de Theo Francken

Le Vif

Le Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX) a dénoncé lundi l'"aveuglement" du secrétaire d'Etat à l'Asile Theo Francken qui via un "jeu de passe-passe" permet au gouvernement fédéral de "détériorer l'accueil" en faisant passer comme "humanitaire" un projet d'ouverture dans l'urgence de 2.500 places d'accueil alors qu'il venait d'en fermer presqu'autant.


© BELGAIMAGE

Le MRAX a condamné dans le même temps les propos du bourgmestre faisant fonction de Tournai Paul-Olivier Delannois (PS) selon lesquels une augmentation de réfugiés dans sa commune risquait d'augmenter le sentiment d'insécurité et le racisme.

De son côté, la plate-forme pour l'intégration des étrangers à Tournai a rappelé lundi qu'accueillir 700 réfugiés alors que la Wallonie picarde compte 350.000 habitants, constituait "une goutte d'eau" avec un réfugié pour 500 habitants. Dénonçant cependant le "manque de communication" du gouvernement fédéral, elle a appelé à une large concertation de tous les acteurs concernés afin de faire jouer à plein la solidarité. La plate-forme juge que les réfugiés doivent être considérés comme contributeurs de ressources plutôt que "pilleurs de ressources".

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN BARIL DE POUDRE 

Regarder les réfugiés « comme contributeurs de ressources plutôt que pilleurs de ressources » est un dogme, une pure vue de l’esprit et est loin d’être une évidence.

La pression migratoire est en train de faire bouillir la marmite en Europe. Le bon peuple européen (pour autant qu’il existe) se montre parfaitement allergique à l’arrivée massive de nouveaux demandeurs d’asile sur son territoire. Trop de passagers clandestins pourraient déstabiliser la paquebot Europe et le faire chavirer. Certes, la vague d’immigration est largement amplifiée par la caisse de résonance médiatique. Il n’empêche que nosdirigeants européens et nationaux sont complètement dépassés comme le montre, en Belgique la réaction populiste du bourgmestre de Tournai, Rudy Demotte qui réagit plus en municipaliste soucieux de ne pas perdre la prochaine élection communale qu’en socialiste. On ne voit pas comment résoudre cette crise que l’augmentation prévisible et permanente du nombre des migrants risque de rendre explosive dans les mois et les années à venir.

Danger majeur.

MG



LA POLICE ALLEMANDE SOUHAITE LA REPRISE DES CONTRÔLES FRONTALIERS

Le Vif

Le syndicat de la police allemande DPolG a jugé mardi souhaitable un retour au contrôle des frontières face à l'afflux de migrants, jugeant la situation "intolérable".


© Reuters

"D'un point de vue policier, un retour au contrôle des frontières serait le meilleur des moyens" pour affronter la situation, a estimé Rainer Wendt, président du syndidat DPolG, dans une interview au quotidien régional "Passauer Neue Presse". Il a également souhaité "un renforcement à court terme" des effectifs alors que le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière se rendait mardi après-midi à la frontière austro-allemande pour visiter un centre de la police fédérale chargé du recensement des migrants. Dans un communiqué envoyé par son syndicat, M. Wendt se réjouissait de voir le ministre venir "enfin à la frontière austro-allemande se faire une image de la situation intolérable dont souffrent (...) depuis des mois ses policiers fédéraux". "Soit le ministre de l'Intérieur de Maizière reprend enfin notre proposition et parvient à convaincre son collègue du ministère des Finances Wolfgang Schäuble de la nécessité urgente de recruter dès maintenant des agents supplémentaires au sein de la police fédérale, soit il doit dire clairement ce que sa police ne peut plus faire à l'avenir", a expliqué le syndicaliste, cité dans le communiqué. M. Wendt évalue à 3.000 le nombre de policiers manquants, auquel il ajoute "annuellement entre 700 et 1.000 départ en retraite" qu'il convient de remplacer. L'Allemagne est devenue la première destination européenne pour les migrants, servant notamment de refuge à ceux fuyant pauvreté, guerres et persécutions. Mais dépassé par ces arrivées, le pays cherche à réduire le flot de demandeurs d'asile, notamment en ce qui concerne les populations en provenance des Balkans qui représentent environ la moitié des demandes déposées depuis janvier.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Partout la tension monte, en Italie, en Grèce, en Hongrie, à Calais en Grande Bretagne et désormais aussi en Allemagne (300.000 demandeurs d'asile depuis janvier)On attend avec une certaine impatience la réaction de Angela Merkel, laquelle donnera sans doute le ton en Europe. Tout ceci est extrêmement préoccupant.

MG


POLICE ET MIGRANTS : LA TENSION MONTE À KOS

Le Vif

Sur l'île grecque de Kos, porte d'entrée de l'Europe, les autorités sont débordées par l'afflux de migrants en transit, au point que le maire a lancé mardi un cri d'alerte alors qu'une bousculade de réfugiés était réprimée à coup de matraques et extincteurs.


© Reuters

"Le sang risque de couler et la situation risque de dégénérer" sur l'île, a averti le maire de Kos, Giorgos Kiritsis, affirmant que 7.000 migrants, majoritairement des Syriens, se trouvaient à Kos en attente de rejoindre Athènes, avant de continuer vers le reste de l'Europe. "C'est mon dernier avertissement. La gestion du problème est devenu impossible", a-t-il ajouté, cité par les médias. La municipalité de cette île de l'est de la mer Egée, toute proche de la Turquie, pensait pourtant reprendre mardi les choses en main en organisant le transfert vers le stade de la ville d'un grand nombre de migrants qui, faute de structures d'accueil, avaient dressé des tentes ou des hébergements de fortune dans les parcs, les rues, sur les quais et plages de ce port touristique.

Or, selon un photographe de l'AFP présent, après avoir rassemblé leurs affaires pour se diriger vers le stade, plusieurs centaines de personnes, majoritairement des Afghans et des Syriens, ont tenté d'entrer en même temps dans le bureau prévu pour les enregistrements. Les sept ou huit policiers ont alors été dépassés, sont sortis du bureau, et quatre d'entre eux ont tenté de contenir la bousculade avec des matraques et en vidant le contenu d'extincteurs sur les migrants, selon le photographe. "Les gens criaient, les enfants pleuraient", a-t-il encore décrit. Une source policière, interrogée par l'AFP, a reconnu un épisode de "tensions". C'est le deuxième cas de violences en deux jours sur cette petite île de 30.000 habitants, très prisée par les touristes européens. Lundi, un policier de l'île a été suspendu après avoir été filmé, giflant un migrant qui s'approchait plus près que toléré du commissariat chargé de délivrer les laissez-passer.

"Quitter la Grèce, aller en Europe"

Les autorités grecques avaient été pointées du doigt par le Haut Commissariatdes Nations unies pour les réfugiés (HCR) après une tournée en juillet sur les îles de l'Egée, en première ligne des arrivées de migrants depuis la Turquie. Le HCR avait déploré au niveau local, comme au niveau de l'Etat, le manque d'organisation et de coordination des pouvoirs publics. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a estimé que la situation "dépassait" les possibilités de son pays, en appelant à l'aide de l'Union Européenne. Sur les plages de Kos, au pied des transats des touristes, accostent toutes les nuits depuis des mois des canots pneumatiques chargés de familles qui ont payé plusieurs milliers d'euros la courte traversée depuis les côtes turques. Comme sur les rivages de Lesbos, Chios, Leros, Kalymnos, ou Samos. Les migrants patientent plusieurs jours, parfois des semaines, pour être enregistrés par des policiers débordés et obtenir les documents pour continuer leur voyage. Selon le HCR, sur 224.000 réfugiés arrivés par la Méditerranée depuis janvier, près de 124.000 sont entrés par la Grèce, chiffre multiplié par sept par rapport à 2014. En Italie, les autorités ont arrêté plus de 880 passeurs présumés depuis janvier, selon un bilan rapporté par le quotidien italien Avvenire. Face aux caméras d'une chaîne de télévision grecque à Kos, une jeune femme syrienne explosait mardi: "Aidez-moi à partir d'ici, je ne veux pas rester en Grèce, je veux aller en Europe". Plusieurs dirigeants de l'Eglise italienne avait fustigé lundi l'égoïsme occidental face au défi de l'accueil de dizaines de milliers de réfugiés. Mais en Allemagne, première destination européenne pour les migrants qui a recensé 300.000 demandeurs d'asile depuis janvier, le syndicat de la police allemande DPolG a souhaité mardi un retour des contrôles aux frontières dans l'espace Schengen, jugeant la situation "intolérable".

 

 

 

 

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