mardi 4 août 2015

Le changement climatique, grand « défi » de Barack Obama

Le Monde




C’est l’une des composantes centrales du paysage énergétique américain. Le charbon est pourtant désormais la cible numéro 1 de l’administration de Barack Obama, qui a fait de la lutte contre le changement climatique l’une de ses priorités.

« Il n’y a pas de défi qui pose une plus grande menace pour notre avenir et pour les générations futures que le changement climatique. La plupart du temps, les problématiques auxquelles nous faisons face sont temporaires et nous pouvons nous attendre à ce que les choses s’améliorent si nous y travaillons dur.

Mais voilà l’un des rares cas qui, de par son ampleur, de par sa portée qui, si nous ne le réglons pas, ne pourra pas être inversé. Et nous ne pourrons probablement pas nous adapter suffisamment ».

M. Obama a présenté de nouvelles dispositions de régulation visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du Plan américain pour une énergie propre (America’s Clean Power Plan), amorcé l’an dernier et piloté par l’Environmental Protection Agency (EPA).

Les objectifs fixés seront plus ambitieux que ceux initialement dévoilés en juin 2014. D’ici à 2030, les Etats-Unis devront en effet réduire de 32 % leurs émissions de gaz à effet de serre liées à la production d’électricité, sur la base de celles enregistrées en 2005. La première version visait une réduction de 30 %.

Au niveau national, l’ensemble des structures fournissaient, en 2014, 39 % de l’électricité, devant le gaz naturel, le nucléaire et les énergies renouvelables (12 % avec l’hydraulique), selon l’agence américaine d’information sur l’énergie.

FORTE PART DANS LA PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ

M. Obama a décrit les restrictions imposées aux centrales électriques comme étant « l’étape la plus importante » jamais effectuée par les Etats-Unis, où 37% de l’électricité est encore produite par des centrales au charbon. Une source d’énergie problématique d’un point de vue environnemental.

Les 3 344 unités électriques fonctionnant aux énergies fossiles (518 au charbon, 1 101 au pétrole et 1 725 au gaz naturel) constituent en effet la première source de pollution du pays, occasionnant 31 % des émissions de gaz à effet de serre du pays, selon les chiffres de l’EPA pour 2013.

(…)

Même si le gaz naturel monte en puissance, en raison notamment de l’extraction toujours plus importante du gaz de schiste, le charbon garde une place prédominante dans le paysage énergétique américain. Il est extrait dans 25 Etats, Wyoming en tête, suivi de la Virginie-Occidentale, du Kentucky, de la Pennsylvanie et de l’Illinois.

Les centaines de centrales à charbon comptent encore pour plus de la moitié de la production d’électricité dans quatorze Etats et pour un tiers dans vingt-cinq. Dans trois Etats « charbonniers », la Virginie occidentale, le Kentucky et le Wyoming, cette part est même supérieure à 87 %.

(…)

LA PROMESSE D’UNE GUÉRILLA JURIDIQUE

Plusieurs soutiens politiques de la puissante industrie du charbon ont d’ores et déjà laissé entendre qu’ils se battraient contre le projet de l’administration Obama.

Elu du Kentucky, le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a depuis longtemps fait part de son opposition aux ambitions de l’EPA. Il a invité les Etats les plus dépendants du « roi noir » à s’engager dans une guérilla juridique en dénonçant l’intervention de l’Etat fédéral dans ce qu’il considère comme des affaires relevant de leur seule responsabilité.

D’autres ont misé sur l’argument pécuniaire pour rallier l’opinion publique à leur cause, arguant qu’une réduction de la part du charbon dans la production d’électricité serait indissociable d’une hausse des factures pour les ménages.

Mais le président des Etats-Unis a réfuté l’idée que son plan allait se traduire par un alourdissement de la facture énergétique des foyers américains, pénalisant les plus pauvres et détruisant les emplois. « C’est la chose juste à faire »a-t-ilaffirmé.

L’Union européenne a réagi par le biais du commissaire chargé du climat, Miguel Arias Canete, qui a salué « un pas en avant positif dans les efforts sincères des Etats-Unis pour réduire leurs émissions ».


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/08/03/le-charbon-au-c-ur-de-la-problematique-climatique-aux-etats-unis_4709903_3244.html#SfHhCWKm9p3puEU4.99

 

BARACK OBAMA: «NOUS N’AVONS QU’UNE PLANÈTE. IL N’Y A PAS DE PLAN B»

Le Soir



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Nous n’avons qu’une planète. Il n’y a pas de plan B  », a lancé Barack Obama ce lundi avec gravité alors qu’il présentait son nouveau plan pour l’environnement. «  L e changement climatique pose un problème de sécurité intérieure pour notre pays  », a poursuivi le président américain en référence aux récentes catastrophes naturelles qui ont touché le pays.

«  Nous sommes la première génération qui ressent le changement climatique et la dernière qui peut faire quelque chose pour changer ça  », a soutenu Barack Obama, affirmant toutefois que «  ces dernières années, les Etats-Unis ont réduit leur impact sur le climat plus que n’importe quel autre pays dans le monde  ».

(…) Obama a par ailleurs confirmé qu’il défendrait une baisse de toutes les émissions polluantes de 28 % d’ici 2030, lors de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre.

«  Il n’y a pas de défi qui pose une plus grande menace pour notre avenir et pour les générations futures que le changement climatique  », a affirmé Barack Obama, mettant en garde contre un «  retard  » dans la lutte contre ce phénomène. 

(…)L’Union européenne a immédiatement salué le plan Obama et ses «  efforts sincères  » pour réduire les émissions de carbone.

L’annonce de ce plan intervient à moins de six mois de la tenue à Paris de la conférence sur le climat (COP21). Elle réunira 195 pays qui devraient s’engager à limiter à 2 degrés Celsius la hausse de la température mondiale générée par les émissions de gaz à effet de serre.

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"LE CHANGEMENT CLIMATIQUE N'EST PAS UN PROBLÈME POUR UNE AUTRE GÉNÉRATION. IL NE L'EST PLUS", LE CHANGEMENT CLIMATIQUE EST UNE MENACE POUR L'ÉCONOMIE, LA SANTÉ, LE BIEN-ÊTRE ET LA SÉCURITÉ DES ETATS-UNIS.

(…)

Le président américain est attendu au cours des prochains mois en Alaska pour mettre en évidence l'impact du réchauffement climatique. Il recevra également le pape François à la Maison Blanche, où les deux hommes devraient lancer un appel commun à l'action.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

THERE IS NOTHING RADICAL ABOUT IT” (NYT)

 

Il s’agirait, selon Obama d’une avancée encore "jamais franchie" par les Etats-Unis dans ce combat

Le président américain est attendu au cours des prochains mois en Alaska pour mettre en évidence l'impact du réchauffement climatique. Il recevra également le pape François à la Maison Blanche, où les deux hommes devraient lancer un appel commun à l'action.

Given the rules’ importance — to the country, to Mr. Obama’s negotiating leverage and, not least, to the planet — the politicians will bear watching.

Barak Obama se veille environnementaliste sur le tard, comme François Hollande se découvrant soudain européen à mi-mandat.

C’est sans doute la seule manière pour lui d’entrer dans l’histoire et de mériter son prix Nobel reçu anticipativement et sans condition.

Mais ne gâtons ni notre plaisir ni notre vive satisfaction. Les élections présidentielles tourneront immanquablement autour de la problématique de l’environnement. Hilary et les Républicains ont annoncé la couleur. Hillary Rodham Clinton has said she supports the plan and will carry it out. Republicans are unanimously opposed. (NYT)

Autrement dit si Hilary l’emporte, la planète a une petite chance de s’en tirer, sinon notre civilisation sera menacée d’effondrement à très court terme. Même le pape François le dit, avec force.

It is as simple as that.

MG



PRESIDENT OBAMA’S TOUGH, ACHIEVABLE CLIMATE PLAN

By THE EDITORIAL BOARD

New York Times



CreditGolden Cosmos

President Obama’s Clean Power Plan, is unquestionably the most important step the administration has taken in the fight against climate change.

It imposes the first nationwide limits on carbon dioxide pollution from power plants, the source of 31 percent of America’s total greenhouse gas emissions. It will shut down hundreds of coal-fired power plants and give fresh momentum to carbon-free energy sources like wind and solar power, and possibly next-generation nuclear plants. And when taken together with the administration’s other initiatives, chiefly the fuel efficiency standards for cars and trucks, it reinforces Mr. Obama’s credibility and leverage with other nations heading into the United Nations climate change conference in Paris in December.

The plan’s opponents in industry, the states and Congress are already gathering their forces to try to undermine it on Capitol Hill and in the courts, claiming that the plan will cost thousands of jobs, drive electricity prices through the roof and irreparably damage the economy. But the truth is this: There is nothing radical about it.

For more than a decade, carbon emissions from power plants have been declining — a result of a shift in energy generation from coal to cheap and abundant natural gas, regulation of other pollutants, like mercury, which has caused utilities to shut down older plants, and investments in cleaner fuels and energy efficiency.

Coal generation, which 10 years ago provided just over half the nation’s electricity, last year provided 39 percent. Meanwhile, renewable energy sources like wind and solar power — driven by federal tax credits, improvements in technology and state mandates — have risen sharply in that time.

The new rules will codify and accelerate these trends, making sure that the shift to cleaner fuels continues quickly. Their main goal is a nationwide reduction in carbon dioxide emissions of 32 percent by 2030, from a 2005 baseline. Among their many selling points is flexibility: The rules assign each state a specific target for reducing carbon pollution from plants inside its borders, but allows them to develop custom-tailored plans for meeting these targets. States can choose from a menu of options to meet their targets: switching from coal to natural gas, ramping up wind and solar, reducing energy consumption with so-called demand-side efficiencies, engaging in cap-and-trade systems with other states.

 

 

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