samedi 1 août 2015

Le convoi exceptionnel ne passe pas... ils abattent 30 platanes

L'Obs


O"J'ai 75 ans, je ne reverrai jamais la route avec des arbres comme ça parce qu'il faut plusieurs dizaines d'années pour qu'ils soient aussi beaux", déplore un riverain.

"On est navrés. On n’a pas été prévenus et on a été mis devant le fait accompli. On avait une belle entrée sur la ville. Aujourd'hui, c’est comme un bras coupé." Dominique Bonnin, le premier adjoint au maire de Luçon, qui s'est confié à "Ouest France", n'en revient pas.

Une trentaine de platanes ont été abattus mercredi 29 juillet à l'entrée de sa ville, en Vendée... pour laisser passer deux coques de bateaux acheminées par un transporteur privé.

Le convoi, transportant les deux coques en aluminium de près de 10 mètres de large et 33 m de long de Fontenay-le-Comte aux Sables d'Olonne, s'est trouvé immobilisé ce mercredi matin à l'entrée de Luçon, sur la route départementale D746, empêchant "toute circulation", a indiqué le conseil départemental de la Vendée. Selon son président, Yves Auvinet, joint par l'AFP, "cinq arbres gênaient ; donc, effectivement, quelqu'un du département a donné l'autorisation (d'abattre) 5 arbres, pas 32". "C'est un petit peu lamentable", a-t-il déclaré.

Une "solution alternative"

Estimant avoir été "mis devant le fait accompli par le transporteur", le département a informé dans un communiqué qu'il allait demander à la société "de prendre en charge les frais de replantation". Le transporteur, Multi-Trans, avait déjà fait une demande "il y a une semaine" pour "couper quelques arbres", ce qui lui avait été refusé, a assuré le conseil départemental.

Une "solution alternative" avait alors été proposée au transporteur par les services routiers départementaux, celle "de passer par un champ à côté de la route", selon le communiqué du département. "Mais les pluies d'hier ont rendu le champ impraticable au passage du convoi qui était déjà en route, ce qui a rendu inéluctable la coupe des arbres pour débloquer la situation", a encore expliqué le conseil départemental, qui "déplore" que le transporteur n'ait pas "vérifié avant de partir que l'itinéraire qui lui avait été proposé était praticable". Mais une fois engagé, impossible de faire demi-tour...

Pour le département, qui a convoqué une réunion à la mi-journée, c'est "une attitude qui a des répercussions environnementales graves. C'est pourquoi le Département demandera au transporteur de prendre en charge les frais de replantation", est-il ajouté dans le communiqué.

Ils auraient pu attendre de passer l'après-midi, cela suffisait. [...] Ce n'est pas normal qu'on défigure le paysage comme ça. J'ai 75 ans, je ne reverrai jamais la route avec des arbres comme ça parce qu'il faut plusieurs dizaines d'années pour qu'ils soient aussi beaux", a témoigné Jean-Pierre Rousseau, qui vit à 150 mètres de la zone où ont été abattus les platanes.



CPMMENTAIRE DE DIVERCITY

IL Y A DES MOMENTS OÙ L’ON A ENVIE DE FRAPPER.

 

Un internaute commente : J'ai vécu une situation similaire dans une ville du sud de la France où un tranporteur de bateau s'est délibérément coincé sur un cours et où il a fallu abattre deux platanes. Mais la municipalité lui a facturé en francs de l'époque l'équivalent de 10 000 euros par arbre, ce qui représentait lefacture du transport... Manière de lui donner une leçon. Là si on facture le dommage au prix du plant de platane de 3m de haut à 100 euros, qui mettra 40 ans à devenir adulte, le transporteur doit bien rigoler...Tout ça pour des yachts de riches qui méprisent tout le monde.

Un autre :

Il y a bien un con qui a donné l'autorisation d'abattre ces arbres et d'autres cons qui en ont coupé bien plus que nécessaire ... et puis ce ne sont pas les autoroutes qui manquent pour faire circuler ces transports spéciaux non ?.....a oui !...il faut payer !... là , c'est le contribuable qui va le faire ... replanter !.... comment penser que cela compensera la perte de ces arbres ?....il y a des moments oul'on a envie de frapper !....

En effet et l’affaire des lions et des éléphants tirés par des ploutocrates va dans le même sens, celui d’une minorité de privilégiés qui croient que leur sale pognon leur permet de tout acheter. Ces corrompus qui se croient affublés des mêmes privilèges que les aristocrates d’ancien régime risquent de finir pendus à la lanterne face à la vindicte populaire des sans culottes, sans papiers, sans espoir.

MG  

 

 

32 000 EUROS POUR UN LION, 38 000 POUR UN ÉLÉPHANT... LE JUTEUX BUSINESS DES CHASSES DANS LA SAVANE



Adri Kitshoff, présidente de l'Association des chasseurs professionnels d'Afrique du Sud (Phasa), pose avec son «trophée», en juin. (Photo Stefan Heunis. AFP)

DÉCRYPTAGE 

A nouveau dans le viseur après l'affaire du lion Cecil, ces «trophy hynts» font l'objet d'un business très organisé et lucratif pour les Etats.

Depuis qu’il a tué le lion Cecil pour 50 000 dollars (45 700 euros), l’Américain Walter Palmer essuie un feu de critiques. Pourtant, il est loin d’être le seul à partir à la chasse aux grands fauves dans les plaines africaines. Sur le continent, les trophy hunts («chasse au trophée») sont légales dans une vingtaine de pays, notamment en Afrique du Sud et en Namibie. Pour éviter la disparition pure et simple de certaines espèces, des quotas – plus ou moins respectés – ont été instaurés dans chaque région. Selon la rareté et la dangerosité de l’animal, les tarifs peuvent varier ; de 90 dollars (82 euros) au plus bas pour abattre un babouin à 42 000 dollars (environ 38 000 euros) pour un éléphant.

RESSOURCE FINANCIÈRE PRIVILÉGIÉE

Si certains pays africains sont attachés au trophy hunting, c’est qu’ils y trouvent une ressource financière privilégiée. C’est une des raisons pour lesquelles la Zambie a levé l’interdiction de chasser les grands fauves sur son territoire au mois de mai. Selon le directeur du Fonds mondial pour la faune en Zambie, , cette décision fait suite aux recommandations d’experts estimant que les fonds pourraient «aider les communautés dans des zones défavorisées, avec un accès à des bénéfices financiers».

Les trophy hunts, bien qu’elles ne représentent qu’une infime part du tourisme, créent un business juteux. Avec des chasseurs prêts à payer 35 000 euros pour tuer un lion ou un léopard, les Etats ont un intérêt matériel à réguler ces pratiques. Ce sont en effet les autorités qui définissent les parcelles de territoires dédiées à la chasse et les quotas d’animaux pouvant y être abattus : les organismes de safaris louent les parcelles et reversent différentes taxes, faisant du gouvernement l’un des principaux bénéficiaires des revenus générés par cette activité.

En Tanzanie par exemple, 44% des revenus du tourisme de chasse vont dans la poche du gouvernement, selon un rapport de Vernon Booth, spécialiste de la gestion de la faune africaine. Joe Hosmer et Larry Rudolph, deux responsables du Safari Club International, estimaient de leur côté en 2011 que les trophyhunts rapportaient 100 millions de dollars (91 millions d’euros) en Afrique du Sud et près de 29 millions (26,5 millions d’euros) en Namibie. Les préférences des chasseurs varient selon les régions : au Mozambique et en Namibie, ce sont les éléphants qui rapportent le plus tandis que les buffles génèrent davantage de bénéfices en Tanzanie.

Cependant, les populations ne semblent pas voir la couleur de ces bénéfices financiers. Plusieurs études depuis 2008 estiment que seuls 3% environ des revenus créés par les trophy hunts atteignent l’économie locale et les communautés vivant sur place : la majeure partie va aux firmes et agences gouvernementales. Ces dernières sont censées les transférer à des fonds créés pour financer la conservation des espèces sauvages.

CONSERVATION DES ANIMAUX

Le débat crée une vraie fracture entre les associations de protection du monde animal et les défenseurs de la chasse : participe-t-elle à la conservation de la faune africaine ? Quelques rapports existent sur le sujet, notamment celui de Peter Lindsey, Stéphanie Romanach et Pierre-Armand Roulet datant de 2007. Ils ont analysé le rapport à la condition animale dans plusieurs pays autorisant la chasse, et concluent que celle-ci vient en aide à la cause animale.

La chasse attirerait en effet l’attention sur les problématiques liées à la survie de la faune africaine, exposée à d'autres menaces environnementales et humaines. En abattant des animaux, les chasseurs entraîneraient une prise de conscience nationale et internationale et donc une levée de fonds pour la conservation des bêtes sauvages qui serviraient ensuite à la réintroduction des espèces menacées. En Afrique du Sud, cela aurait permis le sauvetage des gnous noirs et des zèbres de la montagne du Cap, réintroduits dans un terrain privé. La population locale se sentirait alors beaucoup plus concernée par la protection de sa faune. Environ cinquante des quatre-vingts villages entourant la réserve de Selous en Tanzanie se sont unis pour promouvoir la richesse de leur faune et impliqués dans l’écotourisme. L’ensemble éviterait également de longs débats houleux sur l’existence des parcs protégés. Dans un contexte humanitaire difficile, où la population augmente et a besoin de terres pour vivre, la chasse justifie à elle seule que des territoires soient dédiés à la conservation animale.

Outre l’idée que la chasse entraînerait des levées de fonds pour la conservation animale et oblige les populations à s’interroger sur la valeur de leur faune, l’argent qu’elle rapporte financerait grandement la lutte contre le braconnage. Le Savé Valley Conservancy, un parc du sud-est du Zimbabwe, aurait financé grâce à l’argent de la chasse près de 150 sentinelles chargées d’empêcher tout acte de braconnage au sein de la réserve. Interviewé par l’AFP en juillet, Hermann Meyeridricks, président de l’association des chasseurs professionnels en Afrique du Sud (Phasa), explique que «la chasse évite les conflits et apporte des bénéfices».

Un constat qui n’est cependant pas à prendre pour argent comptant. Le Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw) a publié en 2013un rapport sur le même sujet et dont la conclusion est radicalement différente : les effets bénéfiques de la chasse sont minimes par rapport à l’impact néfaste qu’elle aurait sur le monde animal. Reste que l’argument des bénéfices financiers ne suffit pas à convaincre certaines associations de l’utilité des trophy hunts pour la conservation de la faune africaine.

Emilie COQUARDMorgane HEUCLIN-REFFAIT et Camille MALNORY

 

Aucun commentaire: