lundi 24 août 2015

L’Etat islamique fait exploser un célèbre temple à Palmyre

Afp

Le Soir

Le temple de Baalshamin a été pris pour cible par les djihadistes.

 DR

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Les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont fait exploser le temple de Baalshamin dans la ville antique de Palmyre, classée au patrimoine mondial de l’humanité, a affirmé dimanche à l’AFP le directeur des Antiquités de Syrie.

«Daesh (acronyme en arabe de l’EI) a placé aujourd’hui une grande quantité d’explosifs dans le temple de Baalshamin avant de le faire exploser. Le bâtiment est en grande partie détruit», a indiqué Maamoun Abdulkarim.

«La cella (partie close du temple) a été détruite et des colonnes autour se sont effondrées», a-t-il précisé.

UN MONUMENT HISTORIQUE

Le temple de Baalshamin a commencé à être érigé en l’an 17 puis a été agrandi et embelli par l’empereur romain Hadrien en 130. Baalshamin est le dieu du ciel phénicien.

«Nos plus sombres prédictions sont malheureusement en train de se réaliser», a déploré M. Abdulkarim.

PALMYRE AUX MAINS DES DJIHADISTES DEPUIS FIN MAI

Les djihadistes «ont commis des exécutions dans le théâtre antique, ils ont détruit en juillet la fameuse statue du Lion d’Athéna, qui se trouvait à l’entrée du musée de Palmyre, et ont transformé le musée en tribunal et en prison. Ils ont également assassiné mardi l’ancien directeur des Antiquités de la ville Khaled al-Assad»a-t-il poursuivi.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a confirmé la destruction de ce monument historique.

Fin mai, les djihadistes ont pris aux forces du régime syrien la ville de Palmyre et sa cité antique mondialement connue classée par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MAIS DANS QUEL MONDE IMMONDE VIVONS-NOUS ?



Oasis dans le désert, Palmyre abrite les ruines monumentales d'une grande ville qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique. Le site est inscrit par l'Unesco au patrimoine mondial de l'Humanité.

Le nazis ont commencé par bruler les livres lavant de gazer des millions d’êtres humains, les Américains ont lâché leurs bombes sur Hiroshima et Nagasaki il y a septante ans et maintenant ceci : la barbarie aveugle, la cruauté inouïe de l’Etat islamique et la destruction symbolique d’un des piliers de la civilisation européenne : Palmyre métaphore de l’antiquité greco-romaine, tes colonnes se sont effondrées.

Et l’occident de ne pas riposter. C’est un coup particulièrement rude porté à l’inconscient collectif européen, mais cela perturbe peu le peuple d’Europe qui savoure ses vacances au soleilavide de confort et de consommation à outrance.

Ce que veut, ce qu’exige l’Etat islamique, c’est l’effacement de tout ce qui l’a précédé et aussi de la modernité et de la démocratie.

Et des milliers de jeunes gens frustrés et en colère contre cette modernité qui les ignore suivent le Daesh comme les rats suivent le joueur de flûte de Hamelin.

Ce qui est désespérant c’est la lâcheté de l’Occident qui encaisse coup sur coup et accepte de s’effacer face au retour en force des barbares, comme sous Tamerlan. 

Il y avait dans ma classe de latin une très ancienne photo sépia du temple et des colonnades de Palmyre, elle me faisait rêver.

Des salauds ont dynamité mon rêve. Et on voudrait que je continue à chanter les mérites du dialogue des civilisations ? Une envie glauque me saisit de lâcher ce blog inutile et de me terrer dans le silence et l’abnégation. Mais trois magnifiques jeunes héros et un audacieux vieillard me redonnent espoir et me font changer d’avis.


Les trois jeunes Américains qui ont réussi à maîtriser vendredi Ayoub El Khazzani dans le train Amsterdam-Paris ont jugé dimanche que le Marocain avait une motivation terroriste évidente et plaidé pour que les passagers ne restent pas passifs lors de ce genre d'attaque.

Anthony SadlerAlek Skarlatos et Spencer Stone, ont dit avoir agi "sans réfléchir" pour maîtriser l'homme lourdement armé qui venait de faire irruption dans leur wagon muni d'un fusil d'assaut kalachnikov.  "Ce qui m'a motivé, c'est la survie et permettre aux autres du train de survivre aussi", a dit Spencer Stone, 23 ans, le bras en écharpe. Après lui avoir sauté dessus, "j'ai commencé à l'étrangler, il sortait des armes de partout (...) Tous les trois, on lui a donné des coups de poing, je l'ai étranglé jusqu'à ce qu'il soit inconscient.

Interrogé sur les affirmations du suspect lors de ses premières heures de garde à vue niant toute velléité djihadiste et affirmant avoir uniquement voulu rançonner les passagers, Anthony Sadler a répondu: "On n'a pas besoin de huit chargeurs pour dévaliser un train". "Il avait beaucoup de munitions, ses idées étaient vraiment claires", a renchéri Alek Skarlatos.

Pour Anthony Sadler"LA LEÇON QU'ON DOIT RETENIR C'EST QUE DANS UN MOMENT DE CRISE COMME ÇA, J'AIMERAIS QUE LES GENS COMPRENNENT QU'IL FAUT FAIRE QUELQUE CHOSE.

L’attaque du Thalys est calquée sur celle du musée juif de Bruxelles : même armement, même modus operandi. Mais voilà, la « petite différence » c’est que cette lâche attaque d’un « loup solitaire » s’est heurtée à la résistance déterminée de trois hardis Américains et d’un pépé anglais. C’est une allégorie du bon comportement à adopter, celui d’une résistance farouche et téméraire qui rend coup sur coup et qui est l’exact contraire de l’attitude des nations occidentales. Comment ne pas admirer aussi Khaled al-Assaad, le très courageux ancien directeur général des Antiquités de Palmyre qui ne s’est pas couché devant les fauves et a payé de sa vie sa témérité : le groupe de l'EI a découpé sa dépouille  en morceaux après l'avoir accrochée durant un jour à un poteau.

Mais dans quel monde immonde vivons-nous ?

L’effacement n’est pas la solution face à ces tigres que la mort fascine et qui n’ont strictement rien à perdre car le paradis des martyrs leur est promis sans condition.

Quatre héros nous le hurlent sur le ton de feu Stéphane Hessel : Il faut faire quelque chose.

Ils n’ont que faire de la légion d’honneur, ils sont l’honneur de l’humanité, celle qui ne se couche pas devant l’infâme.

MG

 


LE CORPS DE L'EX-DIRECTEUR DES ANTIQUITÉS À PALMYRE MUTILÉ PAR L'EI APRÈS L'EXÉCUTION


La Libre

AFP 



Le groupe État islamique (EI) a mutilé le corps de l'ex-patron des Antiquités de la cité syrienne de Palmyre après l'avoir exécuté puis pendu à un poteau, ont indiqué dimanche un de ses fils et le directeur général des Antiquités. ledirecteur général des Antiquités.

"Des habitants de la ville m'ont dit que le groupe de l'EI avait découpé en morceaux le corps de mon père après l'avoir accroché durant un jour à un poteau", a déclaré Mohammad, un des fils de M. Khaled al-Assaad,

"Des habitants de la ville m'ont dit que le groupe de l'EI avait découpé en morceaux le corps de mon père après l'avoir accroché durant un jour à un poteau", a déclaré Mohammad, un des fils de M. Khaled al-Assaad, présent dimanche aux condoléances organisées par la direction des Antiquités dans le Musée national de Damas. "Mon père répétait souvent +je mourrai debout comme les palmiers de Palmyre+", a-t-il ajouté.

Khaled al-Assaad, âgé de 82 ans et chef des Antiquités de Palmyre de 1963 à 2003, a été exécuté par des djihadistes mardi dans la célèbre ville antique de la province centrale de Homs, prise par l'EI en mai. Des images circulant sur des sites djihadistes ont montré le corps de M. Assaad accroché à un poteau, la tête coupée sur le sol. "Les cousins de Khaled, qui travaillent au service des antiquités m'ont dit aussi que le groupe avait décroché le corps du poteau et l'avait mutilé", a confirmé le directeur général du département des Antiquités et des musées de Syrie, Maamoun Abdelkarim.

L'Unesco, la France et les Etats-Unis ont dénoncé un meurtre "brutal" perpétré par des "barbares". "Mon père a refusé de quitter Palmyre malgré les menaces qu'ils recevait. Il s'est caché dans un village du désert syrien, avant que l'EI ne le trouve et l'emmène le 20 juillet", a raconté Mohammad.

Auparavant, un des fils de Khaled al-Assaad, Walid, actuel directeur des Antiquités de Palmyre, avait été enlevé le 21 mai pendant une semaine par les djihadistes, à la recherche d'une cachette où se trouverait de l'or, a raconté son frère Omar.

Les djihadistes ont emmené Khaled et Walid al-Assaad dans le centre culturel de Palmyre, où "ils ont demandé pardon à Dieu pour s'être occupés des idoles et ont promis de devenir de vrais musulmans", avant d'être libérés.

Mais l'EI a de nouveau recherché le père le 20 juillet, l'a retrouvé et l'a conduit vers une destination inconnue. "Nous n'avons plus eu de nouvelles de lui jusqu'à que mon père soit conduit sur la place publique pour être exécuté", a indiqué Omar.

Omar et Walid, leurs femmes et leur mère ont furtivement quitté Palmyre après l'exécution pour se rendre à Raqa (nord) puis à Homs (centre). Mohammad était parti auparavant avec 400 pièces d'antiquités ayant échappé à l'EI.

Oasis dans le désert, Palmyre abrite les ruines monumentales d'une grande ville qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique. Le site est inscrit par l'Unesco au patrimoine mondial de l'Humanité.



Le New York Times qualifie la Belgique de «plaque tournante d’armes illégales»

LE MINISTRE DE LA JUSTICE, KOEN GEENS, VEUT S’ATTAQUER AU TRAFIC D’ARMES EN PROVENANCE DE L’EUROPE DE L’EST.



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Le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), veut s’attaquer au trafic d’armes en provenance de l’Europe de l’Est. C’est ce qu’il a déclaré dimanche midi dans Het Nieuws, sur VTM, en réaction aux informations disant que le tireur dans le Thalys vendredi avait acheté son arme en Belgique.

« IL Y A BEAUCOUP TROP DE KALACHNIKOVS ILLÉGALES »

Une source proche de l’enquête a indiqué à l’agence de presse française AFP qu’Ayoub El Khazzani a «plus que probablement» acheté son arme en Belgique. Le New York Times qualifie aussi la Belgique de «plaque tournante depuis des années pour les armes illégales» et rappelle que la piste des armes utilisées lors des attentats à la rédaction de Charlie Hebdo a mené en Belgique.

«On a dit toute sorte de choses dont je ne suis pas sûr. C’est un Marocain dont les parents habitent en Espagne, mais là s’arrêtent mes certitudes», souligne le ministre. Il dit ignorer si Ayoub El Khazzani s’est bien rendu en Syrie et encore moins savoir s’il s’est procuré sa kalachnikov en Belgique.

«Mais il est évident qu’il y a beaucoup trop de kalachnikovs illégales et démilitarisées qui arrivent en Belgique en provenance d’Europe de l’Est», poursuit Koen Geens.«Nous devons à nouveau nous y attaquer.»

Le ministre ne pouvait pas ne plus se prononcer sur le fait que les services de sécurité auraient peut-être pu faire plus, vu qu’Ayoub El Khazzani était connu.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UNE GUERRE LARVÉE D’UN TYPE QU’ON N’A PAS ENCORE CONNU JUSQU’ICI

Le ministre Geens est un type remarquable, sans doute la valeur la plus sûre du CD&V au sein de la suédoise. Il met enfin le doigt sur un problème essentiel après des décennies de laxisme. A quoi bon courir à Paris comme le fait Charles Michel pour remettre une breloque à nos héros. Geens veut agir enfin en amont contre le trafic d’armes dont Bruxelles serait la plaque tournante. Charles Michel prône une révision des règles régissant la libre circulation dans l’espace Schengen, apparaissant ainsi prêt (comme d’autres de ses collègues européens) à sacrifier sur l’autel sécuritaire, l’un des principaux acquis de l’Europe des citoyens, la liberté d’aller et venir dans l’espace commun. Ce retour qui ne dit pas son nom aux contraintes des frontières du passé serait une régression, tant pour l’idée européenne, que pour les libertés acquises. Les terroristes ne pourraient que se réjouir d’avoir ainsi dynamité l’un des piliers essentiels de la démocratie qu’ils veulent abattre. La liberté est le meilleur rempart contre l’insécurité. Marc Metdepenningen a sans doute raison mais il semble faire peu de cas d’un autre concept de plus en plus menacé par le terrorisme : la confiance en nos institutions. Elle suppose la fermeté et elle exige la vigilance. Que l’on imagine un seul instant ce qui se serait passé sans le sang-froid des quatre héros. Le forcené ne rencontrant aucune résistance dans ce train lancé à grande vitesse aurait pu massacrer des dizaines, voire des centaines de voyageurs du Thalys. Une fois de plus c’est Kroll qui met le doigt là où ça fait le plus mal. Il serait temps que les médias et nos politiques prennent conscience que nous sommes en guerre : une guerre larvée d’un type qu’on n’a pas encore connu jusqu’ici : une guerre civile inter-convictionnelle dont la haine aveugle est le carburant. On ne voit vraiment pas par quels moyens en venir à bout.

MG


 

THALYS: SE LEVER DE SON SIÈGE, AUSSI POUR DÉFENDRE LES LIBERTÉS

Marc Metdepenningen  Le Soir


Les nouvelles mesures annoncées par le Premier ministre Charles Michel s’ajoutent à une panoplie sécuritaire vouée à grossir indéfiniment tant la menace terroriste est appelée à perdurer. Charles Michel invite à « ne pas tomber dans la parano »

(…) L’attentat déjoué vendredi dans le Thalys débouche, cette fois, sur l’instauration de« contrôles aléatoires » des bagages et des personnes, qui contraindront les passagers à se présenter en temps utile à quai, a prévenu la ministre de la Mobilité. Ce désagrément est surtout intrinsèquement porteur du risque de déboucher, s’il n’est pas strictement encadré, sur des discriminations fondées sur l’apparence ethnique ou religieuse des personnes soumises à ces contrôles, promesse de nouveaux raidissements des populations concernées.

Charles Michel estime aussi qu’il faut « continuer à vivre en acceptant quelques contraintes », considérant que des «  équilibres devront être trouvés entre la liberté de circuler » et la contraction du risque terroriste. Il prône ainsi une révision des règles régissant la libre circulation dans l’espace Schengen, apparaissant ainsi prêt (comme d’autres de ses collègues européens) à sacrifier sur l’autel sécuritaire, l’un des principaux acquis de l’Europe des citoyens, la liberté d’aller et venir dans l’espace commun. Ce retour qui ne dit pas son nom aux contraintes des frontières du passé serait une régression, tant pour l’idée européenne, que pour les libertés acquises. Les terroristes ne pourraient que se réjouir d’avoir ainsi dynamité l’un des piliers essentiels de la démocratie qu’ils veulent abattre.

La liberté est le meilleur rempart contre l’insécurité. Celle de savoir la nature, réelle ou exagérée, de ces menaces agitées par le gouvernement pour soutenir son discours sécuritaire est bafouée. L’opinion publique est priée de se soumettre docilement sans être invitée à être le partenaire lucide de leur mise en œuvre.

Les héros du Thalys, eux, ont démontré que les arsenaux sécuritaires les plus sophistiqués ne contraindront jamais la possibilité d’un attentat, un événement qui demeure exceptionnel. Ils se sont levés de leurs sièges pour préserver leur liberté.

Il faut souhaiter que d’autres, dans les travées du Parlement notamment, n’hésiteront pas à se lever de leurs sièges si l’excès sécuritaire devait menacer les libertés fondamentales.

 

 

 

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