mardi 18 août 2015

Migrants : Merkel appelle à la mobilisation des Européens

 Le Figaro

 Par Jean-Michel Hauteville


 


La chancelière souhaite une plus grande harmonisation des procédures d'asile.

Angela Merkel s'est départie de son attitude jusqu'ici réservée sur la question des réfugiés pour peser de tout son poids dans ce débat qui n'en finit pas d'agiter l'Europe. Au cours d'une interview accordée dimanche à la chaîne publique allemande ZDF, la chancelière a appelé de ses vœux une politique européenne commune en matière d'asile. Elle a estimé que la crise des migrants allait occuper les Européens «bien plus que la Grèce et la stabilité de l'euro». L'Allemagne fait face depuis le début de l'année à un flot de réfugiés sans précédent. Officiellement, Berlin table sur environ 450.000 demandes d'asile déposées en 2015, contre moins de 203.000 en 2014. Mais, devant le rythme très élevé des entrées ces derniers mois, le gouvernement a revu ses prévisions à la hausse. La nouvelle estimation, attendue cette semaine, serait de l'ordre de 600.000 à 750.000 demandeurs d'asile, ce qui constituerait un record.

LA SITUATION OUTRE-RHIN, OÙ LES MIGRANTS SONT SOUVENT HÉBERGÉS SOUS DES TENTES OU DANS DES CONTAINERS D'HABITATIONS, «N'EST ABSOLUMENT PAS SATISFAISANTE».

ANGELA MERKEL

La situation outre-Rhin, où les migrants sont souvent hébergés sous des tentes ou dans des containers d'habitations, «n'est absolument pas satisfaisante», a déploré la dirigeante conservatrice. Toutefois, Angela Merkel a estimé que l'Allemagne n'était pas débordée et que des solutions adéquates pourraient être trouvées, notamment en mobilisant «toutes les réserves de personnel» des administrations compétentes. En mai, déjà, Berlin annonçait que l'Office fédéral pour la migration et les réfugiés (BAMF) allait recruter au moins 2000  nouveaux fonctionnaires pour traiter les demandes d'asile en rapide hausse: un quasi-doublement des effectifs de l'agence sise à Nuremberg.

PRÈS DU TIERS DES MIGRANTS ARRIVANT EN ALLEMAGNE PROVIENNENT DES PAYS DES BALKANS: KOSOVO, ALBANIE ET SERBIE EN TÊTE.

Merkel a aussi souhaité une plus grande harmonisation des procédures d'asile entre les pays de l'UE, notamment par l'établissement au niveau européen d'une liste de pays dits sûrs, c'est-à-dire dans lesquels les citoyens ne sont pas victimes de persécutions. Près du tiers des migrants arrivant en Allemagne proviennent des pays des Balkans: Kosovo, Albanie et Serbie en tête. En novembre 2014, le BAMF avait classé tous les pays de la péninsule balkanique comme sûrs, privant ainsi de façon quasi automatique leurs ressortissants du statut de demandeur d'asile. Les migrants venus de ces pays, attirés par les meilleures perspectives économiques, sont pourtant toujours plus nombreux à tenter leur chance. Selon le BAMF, 99,8% des demandeurs d'asile originaires des Balkans sont déboutés, mais leurs demandes encombrent toujours plus les circuits administratifs. L'Allemagne étudie à présent les moyens d'accélérer ces procédures pour se consacrer davantage aux réfugiés nécessitant vraiment une aide, comme les Syriens, les Irakiens ou les Afghans.

La convention de Dublin, en vertu de laquelle les migrants doivent demander asile dans le premier pays d'Europe qu'ils atteignent, «ne peut plus s'appliquer en l'état», a estimé la chancelière, qui a indiqué vouloir en parler avec François Hollande et avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. La thématique de l'asile «pourrait être le prochain projet européen où nous verrons si nous sommes vraiment capables d'agir ensemble», a-t-elle plaidé.

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

QUE FAIRE ?


La thématique de l'asile «pourrait être le prochain projet européen où nous verrons si nous sommes vraiment capables d'agir ensemble», a déclaré Angela Merkel.

Comme toujours quand on réfléchit à l’Europe, on est ramené à l’exemple de la Belgique qui en est le prototype. Flamands et Wallons se demandent en effet ce qu’ils peuvent et veulent vraiment encore faire ensemble. Pour l’Europe, la question de l’immigration risque bien -bien plus que l’affaire grecque- être l’épreuve de vérité. Ca passe ou ça casse. 

MG

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