samedi 1 août 2015

Plein soleil pour la suédoise

Thierry Fiorilli

Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

 

Premières vacances d'été pour le gouvernement Michel. Après dix mois d'exercice qui, pour un exécutif né dans l'incrédulité générale, se soldent par un bilan somme toute inespéré. Comme l'admettent, sous cape, certains pontes socialistes francophones eux-mêmes, pourtant les plus meurtris par la constitution de cet attelage fédéral inédit, et qui les a laissés sur le bord de la route, "ils jouent plutôt bien".

"Ils", c'est la coalition MR - N-VA - CD&V - Open VLD. Et " jouer bien", ça signifie consolider ses positions. Plus clairement : occuper le pouvoir de façon tellement efficace que ce qui apparaissait comme incongru il y a moins d'un an semble désormais tout à fait naturel. Evident. Et installé pour durer. D'autant que, toujours en coulisse, et toujours depuis les rangs de la principale force d'opposition à l'équipe de Charles Michel, on concède aussi que, face aux affaires qui roulent au fédéral, au PS, "on est dans le lac". Une façon de faire comprendre que, sauf coup de main, providentiel, des circonstances, il n'est plus question d'envisager sérieusement pouvoir déloger la coalition qui gouverne. Sous cette législature bien sûr, mais sans doute même après les prochaines élections, en 2019.

Ce sont les deux principaux enseignements du parcours effectué jusqu'ici par la suédoise : elle s'est renforcée avec le temps, malgré toutes les prévisions, laissant s'égosiller puis s'épuiser syndicats et opposition (essentiellement francophone) ; et le Parti socialiste, groggy, peut-être bien en panne de relève en son sein et clairement défaillant en termes de communication (qui était pourtant l'une de ses armes les plus redoutables durant son quart de siècle passé au pouvoir), s'apprête à affronter une deuxième traversée du désert, après celle des années 1980.

EN L'ÉTAT, LE PREMIER CINQUIÈME DE LA LÉGISLATURE BOUCLÉ, TOUT INDIQUE QU'UN MICHEL II N'EST PAS IMPENSABLE

Michel et les siens sont donc dans un fauteuil, pour l'instant. Et gèrent la boutique sans surprise : en bon gouvernement de centre-droit qui s'assume comme tel. Toutes ses mesures prises, du report à 67 ans de l'âge de la pension à l'abaissement de 33 à 25 % des charges patronales sur les salaires, en découlent, logiquement. Qu'on y adhère ou non, personne ne peut prétendre qu'elles sont inattendues ou follement audacieuses : comme l'a résumé Didier Reynders, à sa façon, limpide et lapidaire donc, "sans le PS, il ne fallait pas s'imaginer nous voir mener une politique de gauche". Dans quelque secteur que ce soit. Les électeurs du MR, de la N-VA et de l'Open VLD, probablement moins ceux du CD&V, ne peuvent dès lors que se réjouir des différents actes posés par l'actuelle majorité.

Bref, en l'état, le premier cinquième de la législature bouclé, tout indique qu'un Michel II n'est pas du tout impensable. Mais la route est longue et truffée de pièges : deux ministres MR (Galant et Marghem) symbolisent, pour l'opposition, les flancs vulnérables de la forteresse suédoise - c'est donc sur leurs dossiers que les attaques seront les plus virulentes ; la position des sociaux-chrétiens flamands dans l'équipe reste inconfortable, donc potentiellement problématique pour la cohérence et l'efficacité de l'équipe ; la N-VA présentera bientôt ses exigences en matière communautaire et institutionnelle, et ses partenaires auront du coup moins l'occasion de se pavaner.

Ce n'est qu'alors qu'on pourra juger si ce gouvernement ose et peut "décider" vraiment, comme aime à le répéter Charles Michel. Puisque, jusqu'à présent, il n'a fait que ce que n'importe quel autre gouvernement aurait fait : appliquer le mélange des programmes des différents partis au pouvoir. Celui, socio-économique et sécuritaire, du plus puissant d'entre eux pesant évidemment plus que les autres.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MARC DE CAFÉ

La Belgique, pays immensément complexe  doit être gouvernée, elle l’est et le sera jusqu’en 2019.

Ensuite on ne sait pas : tout est possible sauf, selon nous un Michel II. Sauf coup de main, providentiel, des circonstances, il n'est plus question d'envisager sérieusement pouvoir déloger la coalition qui gouverne

Coup de main providentiel ?  Allons donc ? Vande Lanotte, l’homme fort du SPa quitte la politique belge pour se consacrer « entièrement » à Ostende,- comme De Wever à la sienne- la ville dont il est désormais le tout puissant bourgmestre. C’est dire qu’il pourra dégager du temps pour organiser depuis son fief l’opposition flamande avec Crombez le nouveau et brillant président de la SPa. 

Un puissant axe de gauche peut ainsi se créer en Flandre avec groen et, qui sait le CD&V qui a besoin de se ressourcer à gauche : de quoi renverser la N-VA de son piédestal et au fédéral et à la Vlaamse Gemeenschap.

Il y a fort à parier que ce constitutionaliste intelligent et pragmatique succède à Louis Michel au 16 rue de la Loi à la tête d’un cabinet Vande Lanotte I de centre gauche. (PS, SpA, C&V, Cdh et les verts-groen).  Mais bien sûr, ceci participe plus de la lecture du marc de café que du commentaire politique.

MG



JOHAN VANDE LANOTTE QUITTE LA POLITIQUE NATIONALE

Vif


L'ancien ministre et figure de proue du SP.a, Johan Vande Lanotte, quitte la politique nationale, après 28 ans de présence, a-t-il indiqué samedi dans les journaux De Standaard et Het Nieuwsblad. "Je vais encore m'impliquer dans les débats à court terme mais certainement pas jusqu'aux prochaines élections", précise-t-il. Johan Vande Lanotte veut se concentrer à temps plein sur son maïorat à Ostende.

Selon ses dires, Johan Vande Lanotte a déjà discuté de son départ avec le président du sp.a John Crombez. Il fera place à quelqu'un d'autres d'ici la fin 2016 au plus tard. "A la fin 2016, je serais à la moitié de mon mandat (de député). Je n'aurais pas abandonné mes électeurs et je ne me serais pas non plus opposé au renouvellement du parti".

Johan Vande Lanotte souhaite se concentrer sur sa commune d'Ostende. Il sera candidat aux élections communales de 2018.

MG


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