mercredi 30 septembre 2015

Le parcours d’intégration obligatoire: enfin!

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef  Le Soir


La majorité PS-CDH wallonne s’est finalement décidée à suivre la Flandre après dix ans à tergiverser. Bruxelles devrait s’en inspirer.


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Elle vient tard, elle vient par paliers, et on dira que le coup d’accélérateur final doit beaucoup à l’air du temps et qu’il ne concerne « que » la Wallonie, mais au bout du compte, la décision est la bonne. Le parcours d’intégration en Wallonie va être rendu obligatoire, du début jusqu’à la fin, comportant un accueil, un apprentissage du français, 20 heures de cours de citoyenneté et une insertion socioprofessionnelle. Le tout, on le répète, obligatoire. L’opposition MR a très bien fait de maintenir la pression, et la majorité PS-CDH a intelligemment compris qu’elle devait d’une manière ou d’une autre montrer qu’elle devait faire comme si elle était à l’initiative.

La saga de ce parcours d’intégration est une des très mauvaises histoires écrites par le monde francophone belge qui franchit le cap, mais après avoir perdu dix ans. Ce qui n’est pas rien, au vu de l’enjeu difficile et crucial qu’a représenté durant cette période cette intégration pour la société belge et ses nouveaux arrivants.

Lorsqu’on regarde en arrière, les francophones – politiques et médias compris – ont eu tout faux dans leur long refus de suivre, en fait, l’exemple montré par la Flandre. Nous y vîmes un moment uniquement, de façon assez obsessionnelle et nombriliste, une manière déguisée pour le nord du pays de forcer les francophones installés en Flandre à s’adapter à leur langue et à leurs règles de vie. Mais il y a eu surtout la conviction nourrie spécifiquement à gauche, que ce chemin obligé était un manque de respect envers les primo-arrivants, de leur culture, de leur religion. Comme si apprendre la langue et les valeurs citoyennes du pays d’accueil était une forme de discrimination, par imposition d’une supériorité civilisationnelle.

Or aujourd’hui, que constate-t-on ? Si ce parcours obligatoire rassure certains citoyens belges car il impose aux primo-arrivants de respecter certains devoirs conditionnant les droits accordés, l’évidence est venue surtout des primo-arrivants eux-mêmes, qui sont demandeurs de cette aide à l’intégration. Savoir parler la langue, avoir accès à une aide à l’insertion socioprofessionnelle sont des conditions sine qua non pour décrocher un travail, s’assurer une subsistance, et in fine s’intégrer dans le pays d’accueil.

La Flandre, la droite francophone et la réalité de terrain ont mis la pression sur la gauche. La pression morale des électeurs du PS et du CDH, croissante dans le contexte de la crise des réfugiés, a fait le reste. On dénonce le temps précieux perdu, mais l’important aujourd’hui, est de saluer le réalisme de ceux qui sont (enfin !) passés à l’acte. Allô, Bruxelles ?

 

COMMENTAIRE DE BRUXELLES

MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS

Cette opération a un coût mais moins que d’une dépense, il s’agit d’un investissement, une traite sur l’avenir. Il serait hallucinant que Bruxelles ne suive pas

 


LA BELGIQUE RECENSE PLUS DE 800 "DJIHADISTES", LE CABINET JAMBON RELATIVISE

BELGA

La Libre




Pour les autorités belges, seulement quelques dizaines de Belges radicalisés ont actuellement des plans concrets pour se rendre en Syrie ou en Irak afin de soutenir Daesh. Le chiffre de 352 avancé mardi soir par RTL-TVI n'est pas correct, assure-t-on au cabinet du ministre des Affaires intérieures Jan Jambon.

RTL-TVI a évoqué une directive envoyée récemment aux communes du royaume par les ministres de la Justice Koen Geens et de l'Intérieur Jan Jambon, dans laquelle il leur est demandé de faire preuve d'une plus grande vigilance.

Il n'est pas question de chiffres dans cette directive, affirme le cabinet de M. Jambon. Le ministre table sur quelques dizaines de Belges prêts au départ, "certainement moins de 50".

Les autres chiffres cités correspondent bien à ceux de l'Ocam, l'organe d'analyse de la menace terroriste. On parle de 269 Belges actuellement en Syrie ou en Irak, 15 en chemin vers ces pays, 129 de retour et 62 empêchés de partir.

Le nombre total de combattants étrangers tourne donc autour de 400, souligne le cabinet ministériel. Pour ceux-ci, il existe de sérieuses indications de relations avec l'Etat islamique. Le nombre de radicalisés est, lui, beaucoup plus difficile à obtenir.

Dans son JT de 19h30, RTL-TVI indiquait que plus de 828 Belges étaient considérés comme étant radicalisés.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY


828 RADICALISÉS. 269 EN SYRIE OU EN IRAK, 15 ON THE ROAD, 129 DE RETOUR ET 62 EMPÊCHÉS DE PARTIR.


Le parcours d’intégration, le cours de citoyenneté les aurait-il retenus ? Pas sûr du tout, la plupart sont belges de naissance. En revanche  la formation d’imams par nos universités aurait de toute évidence limité ou éradiqué l’influence de religieux radicaux de là-bas dans les mosquées d’ici.

Ce n’est pas tout de l’affirmer, il faut, de toute urgence, concrétiser ce projet. Mais qu’est-ce qui empêche nos autorités de prendre cette initiative si ce n’est ce communautarisme électoraliste des partis au pouvoir à Bruxelles et en Wallonie ?

MG

 

 

 

 

mardi 29 septembre 2015

Les portes de l’interprétation de l'islam sont ouvertes


La Libre Belgique



Une opinion de Chemsi Cheref-khan, docteur en droit et licencié en Sciences sociales (ULB).

Après une période florissante de débats sur l’interprétation de l’islam, le courant religieux a connu un coup d’arrêt, désigné la "fermeture des portes de l’ijtihad". L’orthodoxie n’est pourtant pas l’unique voie existante. Nous avons besoin d’un islam européen, soutenu par nos dirigeants.

Dans une "libre opinion" (LLB du 31 août dernier), le chroniqueur Charles Delhez propose quelques réflexions avec lesquelles les intellectuels musulmans de notre pays ne peuvent être que d’accord. En particulier, quand il appelle de ses vœux l’émergence d’un "islam à caractère européen". Pour notre part, nous aimerions apporter à ce texte remarquable quelques compléments d’information et de réflexions. Parlons en premier lieu du titre : "Rouvrir les portes de l’interprétation", l’allusion étant faite à l’expression bien connue : "fermer les portes de l’"ijtihad". Ce dernier terme signifie, en arabe, "interprétation", aussi bien dans les domaines de la philosophie et de la théologie que dans le domaine de la jurisprudence.

TRADITION ORALE

Quel est le contexte et qui a décidé de fermer les portes de l’ijtihad ? Que fallait-il comprendre par là dans le contexte de l’époque ? Du vivant du prophète, et longtemps après sa mort, la "révélation" demeure une tradition essentiellement orale. On connaît le risque d’altérations qui guette la transmission orale. De fait, c’est en constatant que les gens racontaient n’importe quoi, en prétendant que c’était compris dans la révélation, que l’autorité politique décide de confier à quelques "érudits" le soin de mettre les choses par écrit. C’est ainsi que le Coran, en tant que "livre" est né. On sait aussi que plusieurs versions existaient, jusqu’à ce que l’autorité politique en choisisse et en impose une, c’est-à-dire, la "vulgate" qui est arrivée jusqu’à nous.

UNE PÉRIODE RICHE EN DÉBATS

Les années, voire les siècles, qui ont suivi la mort du prophète ont été riches en débats philosophiques et théologiques. Les Arabes, comme les peuples convertis à l’islam, découvraient d’autres philosophies et religions, s’interrogeaient sur les rapports entre la "foi" et la "raison", se demandaient si le Coran était "créé" ou "incréé", se permettaient de critiquer la description "anthropomorphique" de Dieu. Pendant ce temps, les théologiens jurisconsultes élaboraient le substrat normatif de l’Etat islamique.

C’est dans ce contexte que sont nées les quatre écoles juridiques du sunnisme dont l’école "hambalite", tout à fait minoritaire au départ mais qui, de nos jours, grâce au mouvement "wahhabite", porté par les pétrodollars saoudiens, est devenue largement majoritaire. Faut-il préciser que le wahhabisme-hambalitereprésente le courant le plus rétrograde du sunnisme, tandis que l’école "hanéfite", très répandue dans les anciens territoires ottomans, peut être qualifiée de "libérale", tout cela sur le plan des règles normatives, s’entend.

AU SERVICE DES TYRANS

Dans son remarquable "Islam et liberté, un malentendu historique", (éd. Albin Michel), le regretté M. Charfi, humaniste tunisien (professeur d’université, ancien ministre de l’Education de H. Bourguiba, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme), nous explique comment, au cours de l’histoire, les théologiens jurisconsultes se sont mis au service des tyrans, dans leur entreprise de confiscation du pouvoir. La confiscation du pouvoir par les tyrans allait de pair avec la confiscation du pouvoir de "dire le droit" par les théologiens de la charia qui estimaient qu’en matière d’interprétation, tout était dit.

Remarquons que ce processus n’a pas empêché les "penseurs philosophes", de leur côté, d’exercer leur "liberté de pensée", de proposer un "libre examen des textes dits sacrés", d’affirmer qu’en cas de conflit entre la foi et la raison, cette dernière devait primer, que le Coran, vu son processus d’élaboration, ne pouvait pas être de la même essence divine que Dieu.

Nous ne pouvons que regretter au passage que beaucoup de penseurs musulmans qui n’ont jamais accepté de fermer les portes de l’ijtihad ont payé de leur vie leur liberté de pensée et de conscience. De même que, avec le recul, on devrait admettre que ceux qui ont décrété la fermeture des portes de l’ijtihad n’avaient aucune légitimité, de même, de nos jours, il n’appartient à personne de déclarer "rouvertes" les portes de l’ijtihad.

Les intellectuels musulmans, en particulier ceux que Rachid Benzine appelle les "nouveaux penseurs de l’islam" (voir également Albin Michel), certains mouvements soufis, les Alévis d’Anatolie et autres mouvements religieux qualifiés d’"hétérodoxes" par les tenants d’une orthodoxie autoproclamée, n’ont jamais renoncé à l’"étude historico-critique" des textes dits sacrés, qu’il s’agisse du Coran, de la Sira (la biographie prétendument canonique du prophète), les recueils d’"hadiths" (les dires et les faits du prophète), ces derniers écrits datant de plus d’un siècle après la mort du prophète de l’islam.

ABSENCE D’INSTANCE LÉGITIME

On peut se réjouir ou se désoler de constater que la tradition musulmane ne connaît pas l’équivalent d’un pape, n’a pas de Vatican, ne peut donc pas avoir de "concile", ne connaît ni "directeurs de conscience", ni "magistère", ni même de "sacrements". C’est dire que l’on ne voit pas quelle instance aurait suffisamment de légitimité, de crédibilité, et d’autorité pour obtenir un consensus sur une hypothétique réforme de l’islam, concernant notamment les textes "fondateurs".

LA RESPONSABILITÉ DE CHAQUE CROYANT…

En revanche, il appartient à chaque musulman, en son âme et conscience, d’interpréter ces textes, de les considérer non pas comme des "textes sacrés qui enferment et qui opposent", mais comme étant des "écritures saintes, sources de guidance et d’inspiration", qui approchent. C’est le point de vue que nous avons défendu déjà, lors d’un colloque à l’Abbaye de Maredsous, en novembre 2007, "Quel islam pour notre pays ? Libérer la pensée musulmane contemporaine pour mieux vivre ensemble".

… ET DES DÉMOCRATIES EUROPÉENNES

Merci à Charles Delhez qui appelle de ses vœux un "islam à caractère européen" et qui en appelle à un dialogue de civilisations. Mais nous sommes en droit de nous demander où sont les autres intellectuels, les dirigeants politiques, les élites académiques de ce pays pour accompagner les jeunes musulmans nés ici dans leur élévation spirituelle ? Qui soutient les musulmans désireux de concilier leur islamité avec leur citoyenneté, de penser et vivre leur islam dans la démocratie et la modernité, en toute liberté ? Pour que les "portes de l’ijtihaddemeurent ouvertes à jamais", pour que la liberté de conscience prime la liberté de religion, trop souvent prétexte à faire de l’islam un catalogue de "permis/interdits", de "licites/illicites", de "haram/halal", pour que l’islam s’intègre, enfin, dans notre démocratie libérale de pacification, il est urgent de débarrasser les musulmans d’ici des théologiens de la charia et du djihad venus d’ailleurs.

Et là, nous sommes en droit d’attendre de l’Europe, de ses démocraties, de ses instances dirigeantes, qu’elles prennent aussi leur responsabilité et qu’elles ne laissent pas seuls les musulmans démocrates face aux islamistes radicaux.

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

«  LIBÉRER LA PENSÉE MUSULMANE CONTEMPORAINE POUR MIEUX VIVRE ENSEMBLE".

Nous ne pouvons que regretter au passage que beaucoup de penseurs musulmans qui n’ont jamais accepté de fermer les portes de l’ijtihad ont payé de leur vie leur liberté de pensée et de conscience. 

J’admire l’abnégation obstinée de Chemsi Cheref-khan et le belle lucidité de Rachid Benzine qui s’efforcent de Libérer la pensée musulmane contemporaine pour mieux vivre ensemble".

Je rejoins évidemment Charles Delhez qui appelle de ses vœux un "islam à caractère européen" et qui en appelle à un dialogue de civilisations. Mais nous sommes en droit de nous demander où sont les autres intellectuels, les dirigeants politiques, les élites académiques de ce pays pour accompagner les jeunes musulmans nés ici dans leur élévation spirituelle ? Qui soutient les musulmans désireux de concilier leur islamité avec leur citoyenneté, de penser et vivre leur islam dans la démocratie et la modernité, en toute liberté ? Pour que les "portes de l’ijtihad demeurent ouvertes à jamais", pour que la liberté de conscience prime la liberté de religion, trop souvent prétexte à faire de l’islam un catalogue de "permis/interdits", de "licites/illicites", de "haram/halal", pour que l’islam s’intègre, enfin, dans notre démocratie libérale de pacification, il est urgent de débarrasser les musulmans d’ici des théologiens de la charia et du djihad venus d’ailleurs.

Surtout j’applaudis quand Cheref-khan lance :

Nous sommes en droit d’attendre de l’Europe, de ses démocraties, de ses instances dirigeantes, qu’elles prennent aussi leur responsabilité et qu’elles ne laissent pas seuls les musulmans démocrates face aux islamistes radicaux. 

Soyons clair, de ce côté-là c’est le désert et le néant. En vérité, nos autorités politiques ne font pas grand-chose pour empêcher des imams douteux et importés qui ne parlent même pas la langue d’ici d’avoir une sorte de monopole de la parole dans nos mosquées. 

On évoque vaguement l’éventualité de former des imams européens dans nos universités. 

L’islamophobie et l’islamisme son carburant progresseront irrémédiablement tant que ne s’imposera  pas un  "islam à caractère européen" et qui en appelle à un dialogue de civilisations.

Tant qu’on n’aura pas discuté ensemble, les musulmans en Belgique vont s’enfoncer dans une crise identitaire permanente et vont continuer à tout exiger. Moi, petit, j’ai mangé des bonbons haribo par paquets, sans savoir qu’il y avait du porc dedans. Et aujourd’hui, allez dans une échoppe il y a même du vernis sans alcool, et ça marche auprès des femmes ! Comme si on allait se saouler avec ses ongles ! S’il n’y a pas de débat constructif entre musulmans et non musulmans, sans hommes politiques, où on se dit : « Je dois savoir ce qui te dérange chez moi », comme dans un couple, on n’en sortira pas. Pas pour qu’on puisse continuer à se taper dessus, mais pour continuer à vivre ensemble. On est en crise permanente : un homme politique balance un truc et il a un intérêt électoraliste, l’exécutif des musulmans lui en remet et surenchérit, alors qu’il devrait avoir intérêt à calmer le jeu. Ismaël Saïdi;

C’est dire qu’il n’y a pas de solution en dehors du dialogue interculurel. Mais qui en veut de ce dialogue ?

MG



ISMAËL SAÏDI, "MUSULMAN MADE IN SCHAERBEEK"

Les aventures d'un musulman d'ici - © Ismaël Saïdi

RTBF info




Ismaël Saïdi passe des planches à la littérature. Ce jeudi matin, il était l’invité de Vivacité Bruxelles pour présenter son livre qui sort aujourd’hui. "Les Aventures d’un musulman d’ici" - c’est son nom - se veut le prolongement de la célèbre pièce Djihad dont il est l’auteur, le metteur en scène et dans laquelle il joue.

"Après les représentations, raconte Ismaël Saïdi, il y avait à chaque fois des débats. Les questions que les jeunes me posaient n’avaient quasiment jamais à voir avec le djihad, mais plutôt avec 'C’est quoi être musulman en Belgique ?'. Alors, quand je rentrais chez moi, je gratouillais quelques notes sur du papier", des notes qui constituent l’essentiel du livre qu’il sort aujourd’hui.

Entre autres anecdotes, il y raconte son rapport trouble à Jean-Jacques Goldman pendant sa jeunesse. Un chanteur qu’il apprécie, jusqu’à ce qu’il apprenne par un ami que JJG était juif. "J’étais fan absolu. Mais c’était comme ça. C’est un juif, on ne peut pas. Cela m’a fait prendre conscience qu’il y avait un problème."

Pour Ismaël Saïdi, les jeunes font face à une véritable crise identitaire qui ne s’améliore pas avec le temps. "Les questions qu’on me pose lors des débats, ce sont les mêmes que celles que je me posais dans les années 90’. J’ouvre à chaque fois de grands yeux en me disant qu’ils ont les mêmes problèmes aujourd’hui."

Ismaël Saïdi entend s’attaquer au fossé qui sépare les jeunes de cultures différentes. "Il y a une méconnaissance de l’autre, déplore-t-il. Le problème vient de là, il faut le briser. J’espère que ce bouquin va y contribuer."



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE FOSSÉ QUI SÉPARE LES JEUNES DE CULTURES DIFFÉRENTES. 


"Il y a une méconnaissance de l’autre, déplore-t-il. Le problème vient de là, il faut le briser. J’espère que ce bouquin va y contribuer."

Nous voici plongé au cœur de la difficulté majeure du dialogue interculturel. Il est bien certain qu’un type comme Ismaël Saïdi le fait avancer d’un pas de géant muni d’une arme redoutable , l’humour attendri d’autodérision qui jamais ne tourne à l’esprit Caliméro.

Il en faudrait plus des comme lui.

MG

 

 

Syrie: l’habileté de Poutine ne doit pas nous leurrer

Le Soir

La grande ambition du président russe passe en Syrie par le maintien et même le renforcement d’un dictateur, Bachar el-Assad. L’édito de Baudouin Loos.



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Il n’y a plus de bonne solution pour la Syrie. Les « grands » de ce monde le savent, qui se contentent d’y protéger vaille que vaille leurs intérêts. La Russie a lancé les initiatives les plus spectaculaires. Envoi de troupes et de matériel militaire dans l’ouest syrien, appel à une vaste coalition internationale contre l’Etat islamique (EI ou Daesh).

Il n’y a aucun doute que ces djihadistes doivent être neutralisés. Et que cela se passera par le recours aux armes, qui a déjà commencé. Les bombardements n’y suffiront pas. On cherche des candidats pour envoyer des troupes au sol. On ne trouvera pas. L’Afghanistan et l’Irak ont les vertus de repoussoirs.

L’habileté de Vladimir Poutine qui consiste à réclamer une coalition antiterroriste ne doit cependant pas nous leurrer. La grande ambition du président russe, celle de restaurer la puissance russe à hauteur de celle de l’Union soviétique, passe en Syrie par le maintien et même le renforcement d’un dictateur, Bachar el-Assad, grand criminel de guerre.

L’intellectuel palestinien l’écrivait récemment sur le site d’Al Jazeera : « Le choix a été clair dès le début : sacrifier Assad pour sauver la Syrie ou sacrifier la Syrie pour sauver Assad. » L’Iran, le Hezbollah libanais et la Russie ont fait leur choix. Les intérêts, toujours.

Pourtant, tétanisés par Daesh, les Occidentaux se tâtent à propos d’Assad. Et s’il fallait composer avec lui, finalement et malgré tout ? L’idée fait son chemin. Parce que, va l’argument, un sanglant chaos bien pire encore s’imposerait dans tout le pays s’il disparaissait du paysage.

Le « hic », c’est qu’Assad fait bien plus partie du problème que de la solution, comme l’a dit hier François Hollande à l’ONU. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, l’expliquait dans les colonnes du Monde, le 25 septembre :« Collaborer avec Assad ne fera que pousser l’opposition dans les bras de l’EI (…). Le comportement d’Assad envers sa population est le meilleur recruteur de l’extrémisme »…

En somme, comme le dit le politologue français François Burgat, à l’AFP, « Daesh n’est point la cause mais la conséquence du verrouillage répressif et manipulateur du régime ». Cause et conséquence doivent être traitées, ce qui est plus facile à dire qu’à faire, certes.

Mais l’afflux incessant des réfugiés, qui préoccupe logiquement nos dirigeants, ne tarira de toute façon pas avec l’élimination éventuelle de l’Etat islamique. Ils ne rentreront pas dans une Syrie dont le président prend les civils des zones récalcitrantes pour cibles de bombardements au moyen de barils de TNT largués par hélicoptères.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

IMPASSE

Sadam Hussein était un voyou, on le savait. Son élimination par les Américains n’a rien résolu, au contraire. On veut remettre ça avec Bachar el-Assad, cet autre grand criminel de guerre.

Les Etats Unis hésitent, procrastinent tandis que des millions de réfugiés mettent le cap sur l’Europe qui au fond n’en veut pas mais ne sait comment dire non à cause de ses valeurs.

Là où il y a impasse, il y a issue dit la sagesse orientale. L’issue c’est une Europe fort et unie, parlant d’une seule voix et disposant d’une force militaire crédible. On en est loin, terriblement loin.

MG  

 

 

lundi 28 septembre 2015

Quand les leaders de la N-VA saluent la victoire indépendantiste en Catalogne

La Libre



Bart De Wever et Geert Bourgeois ont réagi après l'annonce des résultats des élections en Catalogne. Les deux hommes politiques N-VA ont salué la victoire des indépendantistes.

 

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois a ainsi félicité dans un communiqué son "collègue Artur Mas [leader du parti indépendantiste Junts pel Si - "Ensemble pour le oui"] pour sa victoire", se réjouissant de pouvoir "renforcer les relations entre la Flandre et la Catalogne durant les prochaines années". 

 

Quand à Bart De Wever, il a également congratulé le parti vainqueur, affirmant que "les Catalans ont envoyé un signal clair et qui ne peut être ignoré, en faveur d'une Catalogne souveraine." Le leader de la N-VA espère à présent que les gouvernements espagnol et catalan "collaboreront sans tabous pour parvenir à une solution politique".

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

DEMAIN L’ÉCOSSE ET EN 2019 LA FLANDRE


La Fédération Wallonie-Bruxelles est un concept qui, dans l'esprit de certains, permettrait, en cas de largage des amarres par la Flandre, de prolonger la Belgique sous une forme résiduaire: le fameux Wallobrux! Mais c'est une illusion, car lorsqu'on interroge les Bruxellois, il apparaît qu'une majorité d'entre eux se prononcent clairement pour une forme d'indépendance. Ils ne sont que 4% environ à vouloir s'unir soit avec la Wallonie, soit avec la Flandre.

Nous sommes, en fait, des Français, que les hasards de l'histoire ont contraints de vivre en dehors de l'Hexagone. Et, comme toute région de France, nous avons nos propres spécificités: dialectes, folklore, traditions culinaires... Mais notre identité est éminemment française!

Jean Gol, avait lancé le concept de "Nation francophone". Il savait que la Nation flamande existait et il a voulu, par stratégie, lui opposer cette Nation francophone. Dans l'hypothèse de l'implosion de la Belgique, il n'envisageait qu'un avenir français. (Jules Gheude)

Il est de bon ton de se moquer des velléités rattachistes de Jules Gheude, il n’en demeure pas moins, qu’en toute logique, son raisonnement tient la route. On me dira qu’entre logique et politique il y a un abysse. Certes mais il devient de plus en plus évident que sans transferts financiers, la Wallonie ne saurait survivre. On aura remarqué que curieusement notre presse francophone s’intéresse plus au destin de Claire Chazal qu’à celui de François de Brigode et aux dérapages de Moreno chez Ruquier qu’à ceux de Franck. Reste à savoir si La France décliniste serait prête à investir massivement en Wallonie comme la RFA le fit dans l’ancienne RDA. Une chose est certaine l’avenir est de plus en plus incertain, de plus en plus imprévisible. C’était à prévoir.

MG 



FÊTE DE LA FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES? PARDON, DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE DE BELGIQUE!

Le Vif


Jules Gheude

Essayiste politique

 

En ce 27 septembre, nous fêtons la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pardon, la Communauté française de Belgique, seule appellation légitime selon la Constitution! Elle m'a d'ailleurs toujours convenu dans la mesure où elle traduit fort bien notre identité française de langue et de culture. Cette réalité, on ne peut la nier.



La Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ici la scène installée Grand-Place. © BELGA

La Fédération Wallonie-Bruxelles est un concept qui, dans l'esprit de certains, permettrait, en cas de largage des amarres par la Flandre, de prolonger la Belgique sous une forme résiduaire: le fameux Wallobrux! Mais c'est une illusion, car lorsqu'on interroge les Bruxellois, il apparaît qu'une majorité d'entre eux se prononcent clairement pour une forme d'indépendance. Ils ne sont que 4% environ à vouloir s'unir soit avec la Wallonie, soit avec la Flandre.

Ne faut-il pas, dès lors, s'interroger sur l'utilité de maintenir la Communauté française? Elle était indispensable aussi longtemps que l'existence de Bruxelles comme troisième région à part entière n'était pas assurée. Désormais, le fait bruxellois est incontestable et force est de constater que la cause flamande ne progresse pas à Bruxelles.

"COMMUNAUTÉ FRANÇAISE" RESTE LA SEULE APPELLATION LÉGITIME SELON LA CONSTITUTION, ELLE TRADUIT D'AILLEURS BIEN NOTRE IDENTITÉ FRANÇAISE DE LANGUE ET DE CULTURE.

On me rétorquera que la Flandre a fait de Bruxelles sa capitale et que le risque existe de la voir un jour tomber définitivement dans l'escarcelle flamande. Certes, mais la Flandre devrait pour cela recourir au coup de force. Ce n'est pas dans son intérêt si elle souhaite obtenir, en tant qu'Etat souverain, la reconnaissance internationale.

Le socialiste flamand Louis Tobback avait évoqué en son temps, pour Bruxelles, l'idée d'un district européen. Mais il faudrait pour cela que l'Europe fédérale existe et que les Etats-membres marquent leur accord à l'unanimité. On en est loin! En revanche, Bruxelles pourrait fort bien s'ériger en Ville-Etat, dont l'ensemble des habitants définiraient la gouvernance par le truchement des élections. Ce qui n'est pas le cas des habitants de Washington DC. En tant que Cité-Etat, Bruxelles pourrait continuer à abriter le siège des institutions européennes et internationales. Et elle serait tout à fait viable sur le plan financier. Je note d'ailleurs que ce statut de Ville-Etat est également prôné aujourd'hui par Remi Vermeiren, l'ex-patron de la KBC et l'un des initiateurs, il y a dix ans, du fameux manifeste séparatiste de la Warande. Les choses, manifestement, bougent en Flandre.

Du récent sondage organisé par le MR, il ressort qu'une majorité de Wallons sont favorables à la régionalisation de l'enseignement. Voilà qui me semble aller dans la logique des choses, puisque la Région wallonne et la COCOF à Bruxelles dépannent déjà financièrement la Communauté française dans ce secteur. Je l'ai dit, tant que le fait régional bruxellois n'était pas établi, la Communauté française était nécessaire pour ne pas déployer le tapis rouge aux Flamands à Bruxelles. Cela étant, la Flandre tient comme à la prunelle de ses yeux à la notion de Communauté, qui lui permet d'encadrer la minorité flamande à Bruxelles.

La régionalisation de l'enseignement permettrait de mieux mettre celui-ci en adéquation avec les besoins du monde économique. En Allemagne, l'enseignement relève d'ailleurs de la compétence des Länder, avec une conférence commune pour assurer une certaine cohésion de l'ensemble.

J'ai évoqué, tout au début, notre identité française de langue et de culture. Et l'identité wallonne? me dira-t-on.

En Wallonie, on dénombre plusieurs dialectes wallons, en plus du picard et du gaumais. Ce n'est pas cela qui unit les Wallons, mais bien l'utilisation du français dans tous les actes de la vie quotidienne. Nous sommes, en fait, des Français, que les hasards de l'histoire ont contraints de vivre en dehors de l'Hexagone. Et, comme toute région de France, nous avons nos propres spécificités: dialectes, folklore, traditions culinaires... Mais notre identité est éminemment française!

Jean Gol, dont je fus proche au début des années 80, avait, comme on le sait, lancé le concept de "Nation francophone". Il savait que la Nation flamande existait et il a voulu, par stratégie, lui opposer cette Nation francophone. Mais j'ai eu suffisamment de discussions avec lui pour savoir que, dans l'hypothèse de l'implosion de la Belgique, il n'envisageait qu'un avenir français.

Dans l'un de ses livres (2), Paul-Henry Gendebien, ancien Délégué de la Communauté française à Paris, confirme d'ailleurs la chose au départ d'un entretien qu'il eut avec Jean Gol dans la capitale française: "(...) nous en arrivâmes bien vite à calculer le nombre de départements, de conseillers généraux et régionaux, de députés qui reviendraient à la Wallonie. Sa férocité se déchaîna quand nous évoquâmes ceux de ses amis politiques qu'il faudrait recaser à l'Assemblée nationale. "De toute manière, ajouta-t-il, ils seront fiers de porter l'écharpe tricolore et quelques décorations feront le reste..." Nous évoquâmes aussi diverses formes d'association ou de réintégration dans la République, le précédent de l'Alsace-Lorraine n'étant pas sans intérêt."

(1) Dernier livre paru: "François Perin - Une Plume / L'Oeuvre écrite", préface de Michel Hermans, Les Editions de la Province de Liège, 2015.

(2) "Splendeur de la liberté", Quorum, 1999.

 

 

L'extrême droite allemande se radicalise face aux migrants

Le patron des renseignements intérieurs allemands a mis en garde dimanche contre une radicalisation de l'extrême droite face aux flux de migrants, alors que plusieurs manifestations hostiles aux réfugiés ont eu lieu ce week-end dans le pays.

Le Vif


Lors d'une manifestation d'extrême droite le 12 septembre dernier à Hambourg. © AFP/Henrik Jopsef Boerger

"Ce que nous voyons avec la crise des réfugiés, c'est la mobilisation de l'extrême droite (...) dans la rue, mais aussi d'une partie de l'extrême gauche" qui s'oppose à eux, a déclaré à la radio Deutschlandfunk Hans-Georg Maassen, le chef de l'Office de protection de la Constitution (Verfassungsschutz).

"Nous observons (...) que presque tous les extrémistes en Allemagne, qu'ils soient de droite, de gauche où islamistes, se radicalisent" et "deviennent plus enclins à la violence", a-t-il souligné, ajoutant que ce phénomène était particulièrement répandu au sein de l'extrême droite.

L'Allemagne s'attend à accueillir entre 800.000 et un million de migrants et réfugiés en 2015. Ces derniers mois, manifestations et attaques contre les foyers de réfugiés se sont multipliées, notamment à l'Est du pays.

Selon M. Maassen, 22 foyers ont ainsi été la cible d'incendies volontaires depuis le début de l'année.

Ce week-end, des manifestations ont ainsi eu lieu, notamment dans l'Est, et certaines ont donné lieu à des heurts avec la police, comme à Niederau, près de Dresde, berceau du mouvement anti-réfugiés Pegida.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des policiers et des soldats ont protégé deux bus qui conduisaient une centaine de réfugiés dans un foyer. La nuit précédente, des militants d'extrême-droite, dont certains étaient alcoolisés, avaient déjà manifesté devant le foyer, un ancien supermarché qui était alors vide.

Vendredi soir, environ un millier de personnes au total ont manifesté dans plusieurs villes de Mecklembourg-Poméranie Occidentale (nord), comme à Stralsund où trois personnes ont été légèrement blessées lors de heurts avec des contre-manifestants.

A Leipzig, environ 400 sympathisants du groupe d'extrême-droite "Offensive pour l'Allemagne" ont manifesté samedi face à un millier de contre-manifestants. Les deux camps se sont jeté des pierres et des pétards.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

RADICALISATION

L’Allemagne terre d’immigration ! Les racistes du IIIème Reich se retournent dans leurs tombes"Nous observons (...) que presque tous les extrémistes en Allemagne, qu'ils soient de droite, de gauche où islamistes, se radicalisent et deviennent plus enclins à la violence" Il serait faux d’imaginer que le spectre hitlérien ne hante plus quelques têtes brûlées allemandes, singulièrement dans l’ancienne RDA (22 foyers ont ainsi été la cible d'incendies volontaires depuis le début de l'année)pas plus que l’esprit de Vichy n’a disparu des esprits échauffés en France, le venin VNV des veines des fils de Flandre ou l’ombre du Caudillo des terres espagnoles

Il y a quelque chose de cela dans la mentalité grégaire des hordes de motards bardés de cuir sillonnant nos plus belles routes touristiques, moteur hurlant, le dimanche, sous l’emblème de Thanathos

En Wallonie on vient de convoquer l’ombre du frère de Simenon au tribunal de l’histoire. Quant au culte napoléonien (ce fasciste notoire), la flamme en fut ranimée par quelques reconstitionistes enthousiastes très récemment dans la morne morne plaine. La montée du radicalisme en Allemagne est particulièrement préoccupante et doit donner du souci à Angela Merkel. Mais plus qu’Angela c’est Europa qui est ébranlée sur ses bases par cette lame de fond. Et tout se passe comme s’il y avait désormais quelque chose de pourri dans l’empire vermoulu qu’est devenue cette vieille Europe.

MG

 

dimanche 27 septembre 2015

Lettre aux islamophobes décomplexés ou encore inavoués

Le Vif

Ikram Ben-Aissa  écrivaine

 

Je vous écris car j'ai eu la possibilité de lire certaines de vos idées, et en réalité, je suis en partie, d'accord avec vous. Les informations ne font qu'apporter des thématiques en lien avec l'islam et les musulmans.


© Reuters

L'Etat Islamique (Daesh), la fête du sacrifice, le port du foulard (hejâb), l'absence de droits dans les pays musulmans, la lapidation, les jeunes partis en Syrie, les réfugiés syriens majoritairement musulmans ou encore ces incessants attentats en Europe, mais aussi ailleurs. Oui, vous avez raison de vouloir dire "stop". En entendant toutes ces informations, c'est complètement normal d'avoir une vision négative de l'islam et des musulmans.

Je suis belge de confession musulmane et je vais vous expliquer que cette manière de penser (celle décrite plus haut) n'est pas tout à fait la bonne. En effet, il est important de structurer ces diverses actualités afin de permettre à la raison d'apaiser l'effet "émotion". Tout d'abord, commençons par distinguer d'une part, l'islam et d'autre part, les musulmans. En effet, l'islam est une religion avec pour corpus principal le Coran, qui est sujet à plusieurs et différentes interprétations. Les musulmans sont ceux qui adhèrent à cette religion et qui, en fonction des différentes opinions et de la région où ils se trouvent, vont avoir une manière spécifique de vivre leur foi. Plus que cela : chaque croyant vit sa spiritualité personnellement et nous pouvons dire qu'il y a autant d'islams que de musulmans. Cette population musulmane, située partout dans le monde (oui partout), représente plus d'un milliard six cents millions d'habitants. Vous imaginez bien que si ces derniers étaient tous des terroristes, ma foi, il ne resterait plus personne sur la planète Terre. Ces musulmans qui vous effrayent tant sont donc en fait des citoyens comme les autres. Leur quotidien ne consiste pas à programmer des attentats ici et là, mais de travailler, de passer du bon temps avec leur famille et leurs amis, mais surtout, de contribuer à la société dans laquelle ils vivent.

Aussi, il est intéressant d'entendre certains de vos propos en lien avec les Etats islamiques (non là il ne s'agit pas de Daesh), mais bien de pays comme l'Arabie Saoudite, la Turquie ou encore l'Iran (là en réalité, il y a déjà une distinction à faire entre le système politique de l'Iran et de l'Arabie Saoudite, d'une part, et celui de la Turquie, d'autre part). Est-ce que la politique de ces gouvernements représente la religion musulmane ? Non. Evidemment que non. Le fait d'utiliser une pensée, une idéologie quelconque ne signifie pas que l'on honore correctement cette pensée - ici, cette religion. Des déviances et surtout des instrumentalisations politiques sont fréquentes et ce n'est pas une exception islamique. Aussi, les absences (pour beaucoup de cas) des droits de l'Homme dans ces pays sont des conséquences qui touchent directement les populations musulmanes elles-mêmes, puisque la majorité de la population dans ces pays est musulmane. Chaque population doit pouvoir réclamer ses droits et ce fut l'un des arguments lors des printemps arabes, en 2011. S'en est suivi toute une crise régionale instrumentalisée politiquement par les uns et les autres.

En observant la situation actuelle, on constate que le changement ne va pas forcément se faire du coté des libertés individuelles. Malheureusement. La faute à qui ? A l'islam ? Non. La faute est surtout due à l'utilisation de cette religion par certains extrêmes à des fins politiques personnelles ou partagées. Entendons-nous : un terroriste reste un terroriste, qu'il soit musulman, chrétien ou athée. Ce sont des individus qui vont instrumentaliser des idées afin d'aboutir à ce qu'ils souhaitent. Est-ce que toute la population musulmane vivant en Afrique ou en Asie ou en Europe doit se sentir responsable de cela ? Non. Pourquoi ? Parce que les premières victimes de ces atrocités réalisées au nom de l'islam sont les citoyens musulmans eux-mêmes. Là-bas, ils paient de leur vie ; ici, en Europe, ils subissent des discriminations et des actes islamophobes. Oui, du coup, ce prisme devrait peut-être bousculer certaines de vos idées, n'est-ce pas ? Ces populations européennes d'obédience musulmane ne sont pas responsables de ces extrêmes. Et les propos de certains imams ? Et ces jeunes partis en Syrie ? Vous avez raison : il serait malhonnête de ne pas montrer du doigt certains acteurs musulmans (mais tellement insignifiants par rapport aux intérêts politiques des grandes puissances de ce monde qui alimentent ces extrémismes et ces crises) qui ont leur responsabilité dans cette crise et ces catastrophes humanitaires.

Enfin, concernant ces réfugiés, musulmans en majorité, qui vous font si peur, sachez qu'Amnesty international a souligné qu'il ne s'agit finalement que de 5 % de toutes les personnes qui viennent en Europe. Les millions de réfugiés se retrouvent au Liban, en Jordanie ou en Egypte. Et puisque les droits de l'Homme vous tiennent tellement à coeur, ma foi, sachez que c'est le droit des réfugiés que de venir demander l'asile. Respecter ce droit est fondamental.

L'ISLAM ET LES MUSULMANS, C'EST BEAUCOUP PLUS COMPLIQUÉ QUE CE QUE L'ON ENTEND À LA TÉLÉ

Si, pour vous, la vision de l'islam est liée à l'arrivée de la Sharia au sein de l'Europe, je vais tenter de vous rassurer. En effet, dans la tradition sunnite comme dans la tradition chiite, il y a cette pensée qui persiste : un dirigeant juste, mais incroyant est supérieur à un dirigeant croyant, mais injuste. Oui, cela vient bien de penseurs musulmans et cette idée est arrivée au moins au 13e siècle du Calendrier grégorien et fait presque l'unanimité. A propos de certaines apparences islamiques, malheureusement je vais devoir souligner ceci : la liberté ne se limite pas à ce que vous voulez, la liberté c'est aussi de laisser les personnes choisir comment elles souhaitent exprimer leur spiritualité. Un foulard sur la tête d'une femme de confession musulmane n'a jamais tué personne ! Une barbe mal rasée, ou plus longue n'a (oui, je me dois de le dire aussi) jamais tué personne. En réalité, je vous invite à écouter la pensée des individus avant de vous fier à leurs apparences.

Il y aurait tellement de choses à dire, mais je pense que ce qu'il faut retenir, c'est que, finalement, l'islam et les musulmans, c'est beaucoup plus compliqué que ce que l'on entend à la télé. N'hésitez pas, chers islamophobes, à sortir de l'anonymat et à délaisser votre écran afin de venir vers nous. Pas pour nous cracher en pleine figure, mais pour débattre et discuter, d'humain à humain. Car sous ce foulard et ces barbes, il y a des êtres vivants qui ne souhaitent que vivre en paix dans leur pays (et cela inclut la Belgique !).



ISLAMOPHOBE, MOI ? OUI. ET VOICI POURQUOI


Denis Rousseau Le Vif

Journaliste d'enquêtes ayant travaillé dans l'audiovisuel public pendant 38 ans, franc-maçon depuis 25 ans

 

Le premier engrais de mon ADN maçonnique c'est bien sûr la tolérance religieuse ; but et base des constitutions d'Anderson. Le second c'est celui du renvoi du religieux dans la sphère privée ; un choix que les monothéismes ont abordé avec difficulté : les Juifs dès l'an 800 av. J.-C. sous le règne de Josaphat en Judée, renouvelé depuis sans interruption la formule talmudique : La loi du pays est la loi. Ce prescrit renvoie bien le religieux dans la sphère privée et à la synagogue.



La mosquée Al-Azhar, l'une des plus prestigieuses institutions de l'islam sunnite basée en Egypte. © Reuters

Les chrétiens ont dû accepter la laïcité en 1776 avec la déclaration d'indépendance des Etats Unis, la Révolution française, l'unification italienne et les lois de 1905. Je vous rappelle que 4 des 5 fondateurs étaient Maçons, que d'illustres maçons étaient membres des états généraux, que Cavour, Garibaldi, Jules Ferry étaient nos Frères tout comme Manuel Valls et deux des victimes de Charlie Hebdo.

L'Islam, non seulement, n'a jamais fait son aggiornamento (NDLR : son adaptation à l'évolution du monde, à la réalité contemporaine) mais de plus ses autorités, qu'elles soient chiites ou sunnites, prônent sans interruption le dogme de la charia et la lutte pour un état théocratique.

Le troisième engrais de mon ADN maçonnique c'est le droit à la liberté d'expression et en particulier au blasphème. Sade dans la philosophie dans le boudoir disait : Ce n'est qu'en vous moquant des dieux que vous les détruirez. Ne renversez point leurs idoles en colère, pulvérisez-les en jouant et l'opinion tombera d'elle-même. Les murs du plus ancien restaurant de Londres Rules, en activité depuis le 18e siècle sont couverts de caricatures virulentes, politiques, religieuses, sociales sous lesquelles les riches Emiratis dégustent aujourd'hui yorkshire pudding accompagné des meilleurs vins et alcools.

De Daumier à Caran d'Ache en passant par l'Assiette au beurre et Charlie Hebdo en France, Simplicissimus en Allemagne, le Punch au Royaume Uni, les caricatures rivalisent d'outrances politiques, anti religieuses, voire xénophobes. Elles font rire certains, offusquent l'idée de bon goût où le politiquement correct du vivre ensemble d'autres. Le propre des états démocratiques est de leur laisser leur liberté d'expression quitte, lorsque certains se sentent offensés, à ce que soit à la justice de voir si leurs auteurs ont enfreint la loi ou les droits constitutionnels. Seuls les états démocratiques, soit moins du tiers des membres de l'ONU, ont ce privilège.

La justice dans les états musulmans condamne jusqu'à la mort les blasphémateurs, beaucoup d'états de traditions chrétiennes en Amérique du Sud ont des lois anti-blasphèmes, on peut y adjoindre les états totalitaires ou la liberté d'expression est un vain mot.

De fait, pour moi le degré de liberté est celui de permettre l'expression sans aucune entrave de censure où d'autocensure, seule la loi du pays, légitimée par le vote démocratique permet de punir diffamation et appel à la haine. Dès que l'on cède à l'auto-censure comme malheureusement cela s'est passé après les meurtres parisiens, on donne à ceux qui ont déclaré la guerre à nos valeurs une petite victoire, celle de la lâcheté sur le devoir.

Les Espagnols avec l'ETA, les Britanniques avec l'IRA, les Allemands avec la Rote Armée Fraktion, les Italiens avec les attentats d'extrême gauche et d'extrême droite, les Français après la rue des Rosiers et le Métro St Michel ont-ils cédé à la peur et à l'autocensure ?

Je suis devenu islamophobe progressivement, j'ai bien dit islamophobe, englobant par-là l'ensemble du corpus islamique, comme j'aurais été christianophobe ou judéophobe si ces deux autres religions du livre n'avaient pas fait leur aggiornamento. Mais jamais xénophobe.

Malgré quelque voix isolées et jamais entendues, l'islam contemporain continue à nier l'histoire et les contextes historiques. Cet islam-là, et en particulier les Salafistes et ceux qui ne s'opposent pas à la vision fondamentaliste du Coran, détruit ou nie systématiquement ce qui est préislamique. Cet Islam contemporain réducteur vise à éradiquer ce qui relie que ce soit les siècles, les civilisations et les hommes et les religions dans leurs origines ou leurs références communes. Tant que cet islam contemporain présent universellement n'aura pas fait son aggiornamento, je resterai malheureusement et grâce à mon ADN maçonnique islamophobe.

Certains y compris parmi les Francs-Maçons mettent en avant les conditions sociales défavorables, l'échec scolaire, le racisme. Les dernières études sur ceux qui partent en Irak et en Syrie montrent que c'est faux, ce sont bien souvent des enfants de la deuxième et troisième génération, ayant bénéficié de l'état providence, apparemment bien intégrés qui partent. Comme le dit Ahmed Aboutaled, maire social-démocrate de Rotterdam, élu légalement de la deuxième ville des Pays Bas : "Ces gens-là veulent imposer leurs propres vérités à coups de kalachnikov ; c'est leur interprétation de la religion qui les pousse à agir, dire que l'islam n'a rien à voir avec leur action est absurde."

Ceux qui revendiquent le vivre ensemble doivent accepter la loi du pays, ceux qui s'y refusent n'ont qu'à faire leur examen de conscience et avoir l'honnêteté de reconnaître qu'il n'y a pas de place pour eux ici. Personnellement je suis pour que l'on prive de leur passeport et de leur nationalité ceux qui ont choisi de rejoindre l'Etat Islamique : un passeport c'est plus qu'un document de voyage, c'est une part de l'identité et un engagement de défendre la société ouverte qui est la nôtre. Je parle ici des majeurs y compris ceux de la deuxième ou de la troisième génération. Les mineurs, eux, il faut les protéger par tous les moyens de notre droit et de nos états providences.

Alors, mon ADN maçonnique me pousse maintenant à refuser la peur et à agir pour refuser la pusinillanimité, les sentiments de culpabilité hors contexte historique, les accommodements souvent clientélistes de certains partis démocratiques qui ont permis le halal à la cantine scolaire, le voile intégral dans l'espace public et les discriminations de genre.

Suis-je raciste ou xénophobe ou simplement fidèle à mon ADN maçonnique, librement réfléchi et examiné ?

Comme le dit Ahmed Aboutaled, la question est de savoir quelle est la place à donner à l'Islam en Europe. Plus ils embrasseront sincèrement nos constitutions, plus leur place est assurée. Inversement, s'ils pensent que l'Islam prévaut sur la constitution, leur place se réduira.

Ma conclusion c'est que nous ne devons pas rester inactifs face à la mise en cause de nos valeurs : 4 lignes d'un communiqué commun aux obédiences adogmatiques ne peuvent suffire (NDLR : Il s'agit du communiqué commun au Grand Orient de Belgique, à la Grande Loge de Belgique, au Droit Humain de Belgique et à la Grande Loge Féminine de Belgique publié après les attentats de Charlie Hebdo). Le combat est dans la vie profane, utilisons la force de nos convictions pour aider la communauté citoyenne à apporter sa pierre à la construction du temple de l'humanité contre ceux qui veulent le détruire.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

INACCEPTABLE

La lecture de ces divers articles m’a plongé dans un abîme de perplexité. Tous posent la question du vivre ensemble mais aucun n’y répond vraiment. L’inquiétude tourne toujours autour de l’islam, l’islam comme phobie, l’islam comme alibi, l’islam comme conviction. Il y a autant d’islams qu’il y a de musulmans, et ajoutons d’islamophobes. C’est sans doute vrai mais en même temps il règne un très grand conformisme  dans les communautés musulmanes où domine  la tradition bien plus que l’innovation.

LISLAM COMME PHOBIE

L'Etat Islamique (Daesh), la fête du sacrifice, le port du foulard (hejâb), l'absence de droits dans les pays musulmans, la lapidation, les jeunes partis en Syrie, les réfugiés syriens majoritairement musulmans ou encore ces incessants attentats en Europe, mais aussi ailleurs. Oui, vous avez raison de vouloir dire "stop". Autrement dit, le cliché est plus fort que la réalité. Fondamentalement, ce qui est reproché à l’islam c’est de se montrer incapable de faire son aggiornamento (autrement dit sa réforme, sa mise à jour, son européanisation) et surtout son obsession à vouloir être de plus en plus  présent et visible dans l’espace public. Il est intéressant qu’un franc mac fasse son coming out pour nous faire part de son indignation.C’est assez nouveau. Comme le dit Ahmed Aboutaled, maire social-démocrate de Rotterdam, de la deuxième ville des Pays Bas la question est de savoir quelle est la place à donner à l'Islam en Europe. Plus ils embrasseront sincèrement nos constitutions, plus leur place est assurée. Inversement, s'ils pensent que l'Islam prévaut sur la constitution, leur place se réduira.

Ca c’est une pure vue de l’esprit car avec les migrations de masse qui se préparent et la possible- mais de plus en plus incertaine- entrée de la Turquie en Europe, le nombre des musulmans va s’accroître considérablement et aussi leur poids relatif dans notre société. Voilà qui est de nature à susciter une vive inquiétude dans le chef de Européens de souche singulièrement dans les Etats de l’Est européen .

Dans un grand Journal consacré au thème du « politiquement correct »Maïtena Biraben a considéré que le discours de Marine Le Pen, présidente du Front National, était un « discours de vérité » dans lequel « les Français se reconnaissent ». Ca aussi c’est très nouveau sur un réseau de télévision et franchement préoccupant.

 L'ISLAM COMME ALIBI

Comme le dit Ahmed Aboutaled,: "Ces gens-là veulent imposer leurs propres vérités à coups de kalachnikov ; c'est leur interprétation de la religion qui les pousse à agir, dire que l'islam n'a rien à voir avec leur action est absurde." . 

« La faute est surtout due à l'utilisation de cette religion par certains extrêmes à des fins politiques personnelles ou partagées. Entendons-nous : un terroriste reste un terroriste, qu'il soit musulman, chrétien ou athée. Ce sont des individus qui vont instrumentaliser des idées afin d'aboutir à ce qu'ils souhaitent »

Que ne l’avons-nous dit, l’islamisme est une instrumentalisation de l’islam à des fins politiques.

L’ISLAM COMME CONVICTION

Il y a autant d'islams que de musulmans. La population musulmane compte plus d'un milliard six cents millions d'habitants. La liberté c'est aussi de laisser les personnes choisir comment elles souhaitent exprimer leur spiritualité

Un foulard sur la tête d'une femme de confession musulmane n'a jamais tué personne ! Une barbe mal rasée, ou plus longue n'a (oui, je me dois de le dire aussi) jamais tué personne. En réalité, je vous invite à écouter la pensée des individus avant de vous fier à leurs apparences.

L'islam et les musulmans, c'est beaucoup plus compliqué que ce que l'on entend à la télé

Certes, c’est pareil pour le trois religions monothéistes. Mais il faut bien voir que le grand mérite des Lumières fut de reléguer la religion catholique dans la sphère privée et personnelle en la chassant de la sphère publique où elle était extrêmement présente visible et audible : églises innombrables, carillons, journaux d’opinion chrétiens, écoles confessionnelles à projet pédagogique inspiré par les évangiles, partis catholiques ensuite sociaux-chrétiens, désormais humanistes. Et voilà qu’après un siècle d’intense sécularisation qui a touché la Flandre (le phénomène N-VA) autant que Bruxelles et la Wallonie  on assiste à une reconquête de l’espace public par une religion (foulards, hallal, mosquées etc etc. Oui, certes l’islam fait désormais partie des meubles en Europe. Mais l’envahissement de l’espace public ça c’est totalement inacceptable.

MG

 

 

LE DÉRAPAGE DE MAÏTENA BIRABEN SUR LE FN DANS LE GRAND JOURNAL

Le soir

La nouvelle présentatrice a estimé que le parti d’extrême droite tenait « un discours de vérité ».

 

Le grand Journal de ce jeudi était consacré au thème du « politiquement correct »Maïtena Biraben avait invité dans son émission le célèbre avocat pénaliste, Eric Dupont-Moretti.

Lors d’un échange, la présentatrice a, à deux reprises, expliqué que le discours de Marine Le Pen, présidente du Front National, était un « discours de vérité ». Elle explique également que « les Français se reconnaissent dans ce discours de vérité qui est tenu par le Front national ».

Son interlocuteur n’a pas réagi aux propos de la présentatrice mais les internautes n’ont pas manqué de les relever.

 

L’ENSEIGNEMENT OFFICIEL RISQUE DE PERDRE DES ÉLÈVES : VERS L'ÉMERGENCE D'ÉCOLES MUSULMANES?



POUR LES PROFS DE RELIGION, LA RÉDUCTION DE LEURS COURS SERA REGRETTÉE PAR LES PARENTS.

EVIDEMMENT QUE JE SUIS INQUIÈTE POUR L’ENSEIGNEMENT OFFICIEL. IL EST EN TRAIN DE SCIER LA BRANCHE SUR LAQUELLE IL EST ASSIS EN RÉDUISANT LES COURS DE RELIGION. JE SAIS QUE CERTAINS PENSENT DÉSORMAIS À LE QUITTER."

Avec son verbe volontaire, Hafida Hammouti n’en démord pas. Présidente de la coordination des enseignants de religion islamique (Ceri), elle n’hésite plus à monter au créneau pour défendre les cours philosophiques alors que leur légitimité est remise en cause. Dès septembre 2016 en effet, une heure de cours de citoyenneté sera donnée en lieu et place d’une heure de cours de religion ou de morale. Et ce ne serait qu’une première étape. A terme, les défenseurs de la laïcité, notamment au PS, ont l’ambition de supprimer définitivement ces cours dans l’enseignement officiel.

RÉPONDRE À LA QUÊTE DE SENS

"Si vous lisez le décret Mission de 1997 qui définit les objectifs de l’école, vous découvrirez qu’elle doit garantir la confiance en soi et le développement de la personnalité de chaque élève, poursuit Hafida Hammouti . Or, certains jeunes, pour répondre aux questions de sens qui traversent leur vie, prennent Dieu comme repère. Cela fait partie de leur identité. L’école doit prendre cela en compte et leur offrir un cours où ils peuvent interroger leurs références et s’exprimer en fonction de ce qu’ils sont. Si elle ne le fait pas et si elle ne prend pas en charge certains aspects de leur identité, comment voulez-vous qu’elle garantisse ces missions ?"

(...)