mardi 22 septembre 2015

Alexis Tsipras: "Devant nous, s'ouvre la voie du travail et des luttes"

Le Vif

Alexis Tsipras, dirigeant du parti de gauche radicale Syriza, qui a remporté largement les législatives en Grèce dimanche, a déclaré sur Twitter qu'après cette victoire, "s'ouvre la voie du travail et des luttes".


© AFP

Premier ministre grec sortant Alexis Tsipras a remporté haut la main les législatives anticipées dimanche soir, son parti de gauche radicale obtenant près de 7,5 points d'avance sur le parti de droite, arrivé deuxième, selon les résultats officiels portant sur la moitié des bulletins.

Selon les résultats portant sur 66% des bulletins dépouillés, Syriza, qui obtient à lui seul 145 sièges sur les 300 du Parlement, disposera avec le renfort d'Anel de 155 sièges, ce qui lui assurera la majorité absolue.

"Le peuple grec a donné un mandat clair, nous allons continuer ce que nous avons commencé ensemble il y a sept mois (...) nous allons modifier l'équilibre des forces en Europe", a déclaré Alexis Tsipras.

"Dès demain, nous nous retroussons les manches pour travailler dur", a souligné l'ancien Premier ministre dont la démission en août après avoir perdu la majorité parlementaire, a précipité les législatives anticipées de dimanche.

"La reprise ne va pas venir par magie (...). Le mandat que le peuple grec nous a donné est clair, c'est un mandat de quatre ans, pour se débarrasser de la corruption qui dominait dans le pays", a-t-il ajouté.

TSIPRAS VA FORMER UN GOUVERNEMENT DE COALITION AVEC LA DROITE SOUVERAINISTE

Tsipras a annoncé un peu plus tard en soirée qu'il allait de nouveau s'allier avec le parti des Grecs Indépendants (Anel, souverainistes) de Panos Kammenos pour former un gouvernement de coalition.

"Nous allons unir nos forces, (...), nous allons continuer ensemble", a lancé Alexis Tsipras dans un discours devant les sympathisants du Syriza rassemblés sur une place du centre d'Athènes, avant d'être rejoint à la tribune par M. Kammenos.

Quelques minutes auparavant, Panos Kammenos s'était dit à coopérer de nouveau avec Alexis Tsipras, comme ils l'avaient fait entre janvier et août. A l'époque, Syriza et Anel avaient 162 des sièges au Parlement et Panos Kammenos avait décroché le portefeuille de la Défense.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

" SWEAT, TEARS AND BLOOD !

 

"Le peuple grec a donné un mandat clair, nous allons continuer ce que nous avons commencé ensemble il y a sept mois (...) nous allons modifier l'équilibre des forces en Europe", a déclaré Alexis Tsipras.

"La reprise ne va pas venir par magie (...). Le mandat que le peuple grec nous a donné est clair, c'est un mandat de quatre ans, pour se débarrasser de la corruption qui dominait dans le pays", a-t-il ajouté.

Libération commente :

Malgré l’échec des négociations avec Bruxelles, les Grecs continuent à le juger le plus apte à résister aux créanciers. Lesquels devraient méditer les leçons du scrutin de dimanche : c’est parce qu’il a insisté sur sa volonté et sa capacité à amoindrir les effets d’un accord qu’il a été contraint de signer qu’Aléxis Tsíprasa su conserver son crédit dans un pays désenchanté et épuisé. Même chose pour les Grecs indépendants, le parti nationaliste anti-austérité qu’on annonçait exclu de l’Assemblée. Et qui, malgré cet échec annoncé, est resté fidèle à ses engagements au côté de Tsípras. Avec dix députés dans la future Assemblée, cette petite formation offre le soutien indispensable aux 145 députés de Tsípraspour lui assure une majorité. Les frondeurs de Syriza qui avaient rompu pour créer un nouveau parti sont en revanche exclus du futur Parlement. Les néonazis d’Aube dorée resteraient la troisième force au Parlement, avec même une légère hausse. 


Le Figaro évoque l'incessante métamorphose du joueur :

Thierry Portes)

Début juillet, il remportait un référendum rejetant l'austérité. Dans la foulée, il capitulait devant les créanciers de la Grèce. Que va-t-il faire de sa nouvelle victoire ?

Alexis Tsipras vient de gagner un nouveau pari. Avec lui, on hésite encore à utiliser les métaphores militaires. Sans doute parce qu'il a perdu la grande bataille de sa vie politique, celle contre les créanciers de la Grèce, et qu'il a été contraint de capituler face à tous les leaders européens ligués contre lui.Certes, le combat était inégal et, comme le font remarquer ses plus ardents supporteurs, cette guerre idéologique n'est pas finie. Mais en attendant que, peut-être un jour, il remporte pour la Grèce une victoire digne de le faire entrer dans l'Histoire, on s'en tiendra à le comparer à un joueurL'homme, qui reste une énigme et dont on mesure mal la volonté d'imprimer sa marque sur la gauche grecque et européenne.


Un joueur certes, un mec hors normes, un homme neuf, un visionnaire. Avec lui et pour lui, les Grecs ont osé exprimer notre ras le bol du ronron des politicards marrons qui s’en mettent plein les poches  quand le peuple tire la langue.  Le problème de la Grèce, c’est la corruption, le clientélisme des vieux partis. 

Tsiprasce héros sorti tout droit de la Grèce antique fait rêver les Grecs. C’est, François Hollande l’a compris, un Européen à sa façon, partisan d’une gouvernance plus solidaire, moins allemande. Il essaye du neuf contre les créanciers européens humiliants.  Il pense à la Grèce d’abord. Cela fait de lui un nationaliste, un Clémenceau, un tigre, un Churchill aux petits pieds.

Ce qu’il faut désormais en Grèce c’est des vraies réformes et une bonne dose de renoncement. La Grèce se réveille différente. Fini l’espoir de résoudre la crise de la dette comme l’avait promis 

Tsipras 1. Tsipras 2 sera un pragmatique réaliste ou il ne sera pas longtemps à la tête de la Grèce. Gare au retour des militaires ! Il lui aura fallu sept mois pour enlever aux grecs leurs dernières illusions. Est-ce la fin du rêve. Non c’est un nouveau commencement. Il s’avère en effet que la grande majorité des Grecs accepte par ce scrutin d’assainir ses finances. Il existe en Grèce une écrasante majorité qui accepte que la solution ne saurait venir que de la Grèce et des Grecs eux-mêmes. Sans réformes profondes pas de salut. Il ne s’agit pas seulement de reconstruire un pays ruiné Il s’agit rien moins que de restaurer la confiance dans le politique et la démocratie. Il s’agit aussi de donner satisfaction aux créditeurs. Pas de quoi pavoiser ni se sabler le champagne."Devant nous, s'ouvre la voie du travail et des luttes". "Dès demain, nous nous retroussons les manches pour travailler dur", 

Sweat, tears and blood !

MG

 

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