jeudi 17 septembre 2015

Jacques Attali: «Il y a des moments où la guerre est nécessaire»

Béatrice Delvaux 

Le Soir

Pour l’intellectuel, la dérive du capitalisme conduirait à une prolifération de conflits menant à un « hyperconflit ».



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Jacques Attali est économiste, professeur, écrivain. Il fut aussi le conseiller spécial du président François Mitterrand. Premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement après la Chute du Mur de Berlin, il est aujourd’hui avec sa société PlanNet Finance, engagé dans la croisade de la microfinance. Mais, aujourd’hui, il fait surtout figure de prophète ou de devin. Dans son livre Une brève histoire de l’avenir, il « annonçait », dans la foulée du 11 septembre 2001, le déclin de l’empire américain, la toute-puissance de l’empire du marché, et prédisait qu’après la violence de l’argent, viendrait celle des armes. « L’hyperempire », né d’une dérive du capitalisme libéral, générerait des déséquilibres extrêmes et de profondes contradictions. Il s’effondrerait de lui-même laissant le champ libre à une prolifération de conflits. Ceux-ci embraseront alors la planète entière en un conflit global, « l’hyperconflit ». Et après, si l’humanité survit, Attali envisage une nouvelle utopie. Ces prédictions sont déclinées dans une exposition très interpellanteouverte ce vendredi 11 septembre aux Musées des Beaux-Arts de Bruxelles. Vision de notre présent ? Projection anxiogène de notre futur, proche ? «  Je suis frappé de voir que ce que j’avais prévu dans mon livre, s’est malheureusement produit  », nous confie Jacques Attali. Son livre n’a rien empêché…

SOMMES-NOUS À LA VEILLE DE LA PHASE DE L’HYPERCONFLIT ?

Non, on est encore entre la fin de la première étape – la fin de l’empire américain – et le début de la deuxième. Il devrait déjà être clair pour tout le monde, même si cela ne l’est pas, que personne ne remplacera les Etats-Unis comme superpuissance. Mais en même temps, quand vous êtes sur la côte et que vous regardez les vagues, il y en a qui sont loin, mais elles arrivent. La guerre se rapproche, c’est sûr, elle se prépare. Si je prends l’exemple des vagues, la prochaine vague est là, elle est énorme, devant nous. On peut encore la contourner, l’éviter, mais elle se rapproche.

ON A L’IMPRESSION QU’ON REGARDE, ÉVEILLÉ, LA CATASTROPHE SE PRÉPARER SANS AGIR ?

Les gens les plus sophistiqués manquent de courage. Or comme dans les années 30, face à la violence, la seule réponse c’est la violence, et face à la puissance c’est la puissance. Mais les gens sophistiqués n’aiment pas cela. On le voit bien avec Obama par exemple : c’est un grand président et un intellectuel, qui n’ose pas agir. La tragédie de la démocratie, c’est la procrastination. A la manière de la phrase d’un homme politique français : « il n’est pas de problème que l’absence de solution ne puisse résoudre ». Ce n’est vrai qu’en surface et par les temps faciles. Si on applique cette phrase à la Seconde Guerre mondiale, Hitler serait mort dans son lit.

LE PARALLÈLE AVEC LES ANNÉES 30 NE NOUS POUSSE PAS À L’ACTION ?

Cela ne fait pas encore assez peur. Et quand cela fait peur, cela entraîne une réaction de blocage, de fermeture, et pas de construction.

LES DIRIGEANTS DU MONDE NE SONT PAS IMPUISSANTS ?

Ils ont tous les moyens d’agir, il ne faut pas procrastiner, il faut vouloir. Si on a eu une Seconde Guerre mondiale c’est parce qu’on a procrastiné devant la dictature. Aujourd’hui on est dans le même état. Il faut que les démocrates réalisent que les barbares ne respectent que la force. Je ne suis pas un pacifiste. Il y a des moments où la guerre est nécessaire en légitime défense.

COMMENT CONSCIENTISER LES GENS ?

Ce matin, j’ai vu avec plaisir la réaction du patronat belge qui dit qu’il faut accueillir les réfugiés. Il faut passer à ce que j’appelle l’altruisme intéressé, c’est-à-dire comprendre que la forme la plus intelligente de l’égoïsme, c’est l’altruisme. Sur tous les sujets, il devrait être facile d’expliquer, si les hommes politiques avaient du courage. Ce qu’ils n’ont pas. Car c’est notre intérêt d’être altruiste. C’est notre intérêt de payer nos dettes et de ne pas les laisser aux générations suivantes. C’est notre intérêt de nous occuper de l’environnement ou de recevoir les migrants, comme c’est notre intérêt de les aider beaucoup plus chez eux pour qu’ils n’aient pas intérêt à venir chez nous.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

NE PAS PROCRASTINER

On ne commente pas Jacques Attali : on le médite ou on le contredit.

Nous avons choisi de le méditer. 

Il nous  prédit la forte probabilité d’une guerre et dénonce l’immobilisme d’hommes politiques peu courageux :« les gens n’ont encore rien vu  dans la crise migratoire que traverse actuellement l’Europe.

C’est sans doute vrai. Et de poursuivre : «  Un ami a eu récemment cette phrase très juste : Vous n’avez vu que la bande-annonce du film Les Migrants. Les migrants climatiques vont suivre et toutes les autres formes ensuite. A partir du moment où on admet que les libertés sont fondamentales, la première liberté c’est celle de circulation. Et donc les gens vont venir et c’est très bien. »

« L’ARRIVÉE DES MIGRANTS EST UNE INCROYABLE CHANCE »

Jacques Attali appelle à se doter de politiques d’intégration. « Ces gens-là vont faire de l’Europe, la première puissance du monde. L’intégration espagnole et italienne en Belgique est un succès. On ne voit que les problèmes de l’intégration musulmane mais pas les succès qui sont nombreux. En France, on a quelque 5 millions de musulmans dont 98 % s’intègrent, sont médecins, avocats, journalistesNormalement, ce qui se passe avec les migrants devrait entraîner la construction d’une Europe plus intégrée, plus puissante, se donnant les moyens de recevoir ces personnes. Leur arrivée est une incroyable chance car cela transforme la démographie européenne. Et nous, au contraire, on a une réaction de petits. »

Etienne Vermeersch, l’une des consciences éthiques de la Flandre intellectuelle est plus sceptique mais il confirme qu’il faut détruire l’Etat Islamique  de la façon la plus brutale :"We moeten IS volkomen verpletteren". Le sage Willy Claes, ancien secrétaire général de l’Otan ne partage pas cet avis, il redoute les retombées imprévisibles d’une guerre. Et surtout, il estime qu’il est douteux que le terrorisme puisse être éliminé par des moyens uniquement militaires. Of terrorisme met puur militaire middelen uitgeschakeld kan wordenis hoogsttwijfelachtig.

C’est sans doute oublier que nous sommes en guerre depuis le 11 septembre 2001 contre tous ceux qui entendent islamiser la modernité et sont les ennemis acharnés de notre civilisation démocratique. Il y a un autre chemin : la modernisation de l’islam. 


MG


ETIENNE VERMEERSCH: "IS MOET VOLLEDIG VERPLETTERD WORDEN"

De Morgen


 Etienne Vermeersch. ©PHOTO NEWS

"We moeten IS volkomen verpletteren", niet enkel met luchtaanvallenmaar ook met een efficiënt leger ter plaatseDat heeft moraalfilosoofEtienne Vermeersch vandaag op Radio 1 gezegd. "Daarnaast moet het gedaan zijn dat Assad zijn burgerbevolking bombardeert."

Vandaag staat de openbare omroep de hele dag in teken van vluchtelingen met 'Op de vlucht'. Ook Radio 1 bleef niet bij de pakken zitten en nodigdevanmiddag onder andere filosofen Ignaas Devisch en Etienne Vermeersch uit in de studio voor een debat.

"MET WORTEL EN TAK VERNIETIGEN"

Op de vraag wat er moet gebeuren met IS, is Vermeersch erg duidelijk: "We moeten IS volkomen verpletteren." Daarvoor moeten we niet enkelluchtaanvallen doen, maar ook met een zeer efficiënt leger ter plekke gaan.  

Er zijn volgens Vermeersch twee redenen waarom een militaire ingreeponvermijdelijk is. "De plaatselijke situatie wordt er stilaan onhoudbaar en zal datnog lang blijvenDaarnaast maakt IS nog altijd heel veel indruk op eenbelangrijk deel van de moslimjeugd, door zijn succes en door zijn fanatiekeinterpretatie van de sharia."

Daarom moet de groepering "met wortel en takvernietigd wordenOf wij ookin dat leger ter plekke moeten zitten. "De hele wereld", aldus Vermeerschalvoegt hij er wel aantoe dat de buurlanden het al lastig genoeg hebben: "Turkijemoet daaruit wegblijven. Maar er moet een alliantie gesloten worden - bijvoorbeeld in het kader van de NAVO - maar dan ook met contact met eenland als Egyptezodat er een duidelijke Arabische impact aanwezig is om IS tevernietigen."

AKKOORD MET ASSAD

Daarnaast moet er volgens Vermeersch een akkoord met Assad gesloten worden: "Het moet gedaan zijn met de burgerbevolking te bombarderen." Vermeerschhaalt twee manieren aan: "In de eerste plaats moeten we proberen een akkoordmet Poetin te vindenzodat er een soort tijdelijke vrede ontstaat tussen Assad ende meer democratische bevrijdingstroepen zonder IS en jihadisten." 

Als dat niet lukt moet men van Syrië een 'no-fly'-zone maken. "Iedere helikopterof vliegtuig dat van Assad opstijgtwordt dan neergeschotenDat is realiseerbaar - men heeft dat indertijd met Koerdistan gedaan - en dat is mogelijk met de middelen die men heeft."

'In de eerste plaats moeten we proberen een akkoord met Poetin te vindenzodater een soort tijdelijke vrede ontstaat tussen Assad en de meer democartischebevrijdingstroepen zonder IS en jihadisten'

ETIENNE VERMEERSCH



ZOWEL MILITAIR ALS POLITIEK EN DIPLOMATIEK ZIT ER GEEN GOEDE KANT AAN HET IDEE VAN MILITAIRE INTERVENTIE

De Morgen

Realiteitszin geboden in Syrië

Willy Claes is minister van staat en gewezen secretaris-generaal van de NAVO


De dramatische golf aan politieke vluchtelingen waarmee Europa geconfronteerd wordtleidt tot een politieke koortsaanval van irrationele en gevaarlijke voorstellenEr moet militair afgerekend worden met IS, meerbepaald in Syriëklinkt het.

Of terrorisme met puur militaire middelen uitgeschakeld kan worden, is hoogsttwijfelachtigDe ervaringen van de voorbije decennia in meerdere regio's wijzeneerder in tegengestelde richting. Syrië bovendienwaar men IS meerdere jarenstraffeloos heeft laten betijen, is verworden tot een onontwarbare militaireheksenketel.

Allerhande facties bevechten elkaar: het 'officiële' leger van Assad, bewapenddoor Rusland en gesteund door Iran en Hezbollah; IS, dat in wreedheid nietonderdoet voor de 'presidentiële strijdkrachten' (sic) van het regime; Jabhat al Nusra, de Al Qaida-dochterorganisatie in Syrië; het Islamitisch Front, eencoalitie van islamitische rebellengroepen waartoe Al Qaida niet behoort; de democratische opposanten van Assad, hoewel erg verzwakten de Koerdischevrijheidsstrijders, die hopen een onafhankelijke staat uit de brand te slependittot ontzetting van Turkije.

DE INZET VAN CHEMISCHE WAPENS EN ANDERE LIEFLIJKHEDEN ZIJN REALISTISCHE SCENARIO'S

Enkel IS pogen uit te schakelen komt neer op de versterking van de Assad-schurkenstaat. De janboel opkuisen zou veel aantrekkelijker perspectievenopenen én voor de zwaar beproefde bevolking én voor de stabiliteit in de regio.

Hoe dan ook, elk scenario vereist de aanwezigheid van een groot aantal zwaarbewapende grondtroepenZij zullen geruime tijd ter plaatse moeten blijvenwilmen een herhaling van de jammerlijk ontspoorde interventie in Libië vermijden.Bovendien moet er met ernstige verliezen rekening gehouden worden. De inzetvan chemische wapens en andere lieflijkheden zijn realistische scenario's.

Wie zal deze troepenmacht leveren? Eerdere ervaringenonder andere in ex-Joegoslaviëleren ons dat Europa op zijn eentje deze uitdaging niet aankan.Zowel op het vlak van 'intelligence' als voor meerder logistieke onderdelenmoeten belangrijke bijdragen elders gezocht. Op de Arabische staten moet nieterg gerekend worden. Iran en Saudi-Arabië, met acolietenverkiezen hungodsdienstoorlog uit te vechten. Dan zijn er nog de VS, al tegen IS actief met luchtaanvallen in Irak en SyriëNiets wijst erop dat president Obama, die wijzelessen getrokken heeft uit het lamentabel Bush-avontuur in Irakzich opnieuwdieper wil wagen in het wespennest van het Midden-Oosten in het algemeen envan Syrië in het bijzonder.

DE TOEKOMST VAN ASSAD EN ZIJN REGIME VORMT ZEKER NIET HET GEMAKKELIJKSTE ONDERDEEL VAN HET NA TE STREVEN AKKOORD

Om kort te gaanvoor een massale militaire interventie is de coalition of the willing nog mijlenver van huis. Diplomatiek ligt de kwestie al even ingewikkelden delicaat. Met welk mandaat intervene diërenOp de Veiligheidsraad moetniet gerekend worden. Ruslandbondgenoot van Syriëzal niet aarzelen het zoveelste veto uit te sprekenAssad zelf zal evenmin via de VN een beroep doenop buitenlandse militaire steun.

Blijft de 'elastischeinterpretatie van art. 51 van het Handvest dat stelt dat eenland bij gewapende aanval het recht heeft zichzelf te verdedigenVoorwendendat de VS of EU-landen rechtstreeks bedreigd worden, is een juridischespielerei, die Poetin later weleens als precedent zou durven inroepen.

Samengevatzowel militair als politiek en diplomatiek zit er geen goede kantaan het idee van militaire interventieBetekent dit dat geen einde kan wordengemaakt aan de onmenselijke moordpartijen, die een heuse volksverhuizing op gang hebben gebracht?

Toch niet! De EU moet een politiek proces op gang brengen waarbij de vijfpermanente leden van de VN-Veiligheidsraad, de EU, Iran, Irak, Turkije en de Golfstaten een vredesplan uitwerkenGezien de tegenstrijdige inzichten en belangen van de betrokken partijenwordt dit een aartsmoeilijke opdracht. De toekomst van Assad en zijn regime vormt hierbij zeker niet het gemakkelijksteonderdeel van het na te streven akkoord.

Eén punt delen alle actoren: de vrees en afkeer voor IS, een terreurorganisatiedie geen enkele regel eerbiedigt en zo de wereldorde fundamenteel bedreigtUitdeze gemeenschappelijke noemer moet een vergelijk gepuurd wordenInmiddels moet de EU in een evidente beweging van solidariteit de politiekevluchtelingen opvangen, de nodige bijstand verlenen, en de hulp opdrijven bijlanden als JordaniëLibanon en Turkije, die dreigen te bezwijken onder de drukvan de vluchtelingen.

België doet er het best aan de militaire trom niet te roeren met een leger waarvande militaire capaciteiten ver onder de nulgrens dreigen weg te zakken en zich te concentreren op de vluchtelingenhulp en EU-diplomatieke initiatieven.

 

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