lundi 14 septembre 2015

L'Allemagne rétablit sa frontière : "Mama Merkel pousse Schengen au bord du précipice"

L'Obs


REVUE DE PRESSE. L'Allemagne a provisoirement rétabli les contrôles à ses frontières pour tenter de réduire le nombre de demandeurs d'asile arrivant sur son territoire. Un sérieux coup infligé à Schengen.



La frontière entre l'Allemagne et l'Autriche, dimanche 13 septembre 2015. (GUENTER SCHIFFMANN / AFP)

Au bord de la saturation, l'Allemagne a réintroduit dimanche les contrôles à ses frontières pour "contenir" l'afflux de dizaines milliers de migrants. Une volte-face pour un pays qui avait dans un premier temps ouvert ses bras à ces populations, une décision qui "assène" un "coup à Schengen", estime lundi 14 septembre la presse française.

 

La parenthèse enchanteresse de 'Mama Merkel' ouvrant les bras de l'Allemagne à tous les réfugiés syriens demandeurs d'asile est terminée", résume Dominique Garraud dans la "Charente Libre".

Cette décision est un "véritable ultimatum à ses partenaires, le forcing allemand est sans doute nécessaire pour que l'Union européenne surmonte ses désaccords et ses défaillances sur l'accueil, la sélection et la répartition des migrants candidats à l'asile", analyse-t-il.

Matthieu Verrier abonde dans ce sens dans la "Voix du Nord" :

Merkel avait donné un coup de canif au traité de Dublin en refusant de renvoyer les migrants dans le pays par lequel ils étaient entrés en Europe. Elle assène, avec sa dernière décision, un coup à Schengen."

Le retour des contrôles aux frontières intervient la veille d'un nouveau Conseil européen et "la décision allemande pousse un peu plus le système Schengen au bord du précipice". L'Europe est à la merci des brusques coups de volant de 'maman Merkel'", juge-t-il.

"MERKEL SE SENT POUSSER DES AILES"

"En suspendant temporairement les accords de Schengen, Berlin ne remet pas en cause l'idée d'une Europe ouverte, elle reprend simplement son souffle. Afin de s'occuper dignement des réfugiés déjà sur son sol et d'oeuvrer plus sereinement à la recherche d'une solution durable", considère pour sa part Pascal Coquis dans les "Dernières Nouvelles D'Alsace".

Avec cette décision prise sans concertation européenne, Angela Merkel "a pris l'habitude de donner le tempo en Europe", selon Alain Dusart ("l'Est Républicain"), pour qui la chancelière "se sent pousser des ailes".

CERTAINS Y VOIENT DE L'ARROGANCE, D'AUTRES UNE INCLINAISON HÉGÉMONIQUE AGAÇANTE... DANS TOUS LES CAS, L'ALLEMAGNE SÛRE DE SA TOUTE PUISSANCE, RISQUE DE SE PRENDRE LES PIEDS DANS LE TAPIS À FORCE D'IMPOSER SA VISION UNILATÉRALE", POURSUIT-IL.

Mais, Angela Merkel, "a dû capituler devant la réalité : son pays est au bord de la rupture et l'opinion risquait de ne plus la suivre. Certains conservateurs dénoncent même une grave erreur de jugement de sa part", écrit Pierre Freheldans le "Républicain Lorrain".

Enfin, "Libération", revient longuement sur l'accueil des réfugiés à Munich "qui a accueilli tant bien que mal 63.000 personnes depuis le 31 août" et dont le préfet se demande "première la fois comment [il] va s'en sortir".

Dans la ville la plus riche d'Allemagne, il n'est "plus possible de trouver des lits : certains réfugiés dorment sur des tapis de sol et des Munichois apportent des sacs de couchage. Voilà qu'on envisage d'ouvrir les installations olympiques", écrit le quotidien, qui décrit une situation de saturation qui a sans doute poussé le gouvernement allemand à revoir sa position initiale sur l'accueil des migrants.

(Avec AFP)

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

L'EUROPE EST À LA MERCI DES BRUSQUES COUPS DE VOLANT DE 'MAMAN MERKEL'"


Il ne suffit pas d’accueillir, encore fait-il être capable d’héberger d’abord, d’intégrer ensuite cette masse de réfugiés dans le tissu social allemand qui reste assez conservateur. A l’euphorie « Merkel se sent pousser des ailes » risque de succéder la gueule de bois : « son pays est au bord de la rupture et l'opinion risque de ne plus la suivre »

L’état de grâce européen de la fille de pasteur chancelière va se heurter dans les jours, les semaines et les mois qui viennent à la grogne populaire qui monte, qui monte. Ce n’est pas encore la panique à bord mais cela y ressemble : trop chargée, la barque tangue. Tout peut arriver dans l’ère de l’incertitude et le règne de l’imprévisible. Au très spectaculaire "Wir schaffen das", le « oh yes we can » d’il y a deux semaines, succède aujourd’hui  le "Wir schaffen es doch nicht.  Autrement dit « oh no we cannot ».

C’est un terrible aveu d’impuissance de la chancelière, le premier en dix ans. Il va parcourir l’Europe très divisée sur la question de l’accueil des réfugiés  comme une onde de choc. En annonçant que l’Allemagne accueillera 500.000 réfugiés par an, le gouvernement Merkel a pris un risque énorme qui a provoqué une pression sans précédent sur ses frontières que, submergées, elle se sent obligée de fermer.  Surtout Merkel n’a pas expliqué comment elle comptait s’y prendre pour arriver à ces fins. Wir können und wollen nicht alleaufnehmenDas ist die harte Lektion der FlüchtlingstragödieHerz und Verstand lassen sich nicht mehr in Einklang bringen;

On ne saurait et ne souhaiterait les accueillir tous commente lSüddeutsche. La terrible leçon de cette tragédie c’est que le coeur a des raisons que la raison ne saurait assumer.

De très sérieux remous en perspective donc en Allemagne et partout en Europe. 

MG



 

FLÜCHTLINGEWIR SCHAFFEN ES DOCH NICHT

Süddeutsche Zeitung

Deutschland vollzieht die Kehrtwende und führt Grenzkontrollen ein. Die Politik ist gescheitert an der eigenen Selbstüberschätzung und der europäischen Unbeweglichkeit.

Kommentar von Stefan Kornelius

Zwei Wochen ist es her, dass Angela Merkel die Großherzigkeits-Offensive Deutschlands gegenüber den Flüchtenden unter der Rubrik "Wir schaffen das" startete.


Am Sonntag hat die Bundesregierung eine spektakuläre Kehrtwendeunternommen und damit zugegeben: "Wir schaffen es doch nicht." Für die Bundeskanzlerin ist dies das Eingeständnis einer politischen Fehleinschätzungwie sie ihr in zehn Jahren Kanzlerschaft noch nicht unterlaufen istDer Nation steht eine schwere politische Auseinandersetzung bevor. Und für Europa lautetdie Botschaft: Deutschland hat verstandenes wird nicht im Alleingang die Flüchtlingspolitik der EU revolutionieren können.

Der Zustrom der vielen Tausenden Menschen übers Wochenende, der Kollaps der Erstaufnahme in München, die Verweigerung der Solidaritätauch unter den Bundesländern: Der Zumutungs-Darwinismus hat inzwischen auch Deutschland erfasst. Die für Europa längst diagnostizierteDoppelmoral hatte das Land ergriffen, das mit seiner Willkommenskulturein Trugbild in den vielen Flüchtlingslagern von Syrien bis Pakistan schuf: Nein, Deutschland konnte nicht offen für alle sein, weil die schiere Zahl der Flüchtenden das Land nicht finanziellaber wohl gesellschaftlich

SO SPEKTAKULÄR MUSSTE MERKEL IHRE POLITIK NOCH NIE KORRIGIEREN

Die deutsche Politik ist gescheitert an dem eklatanten Widerspruch zwischen der moralischen (und rechtlichenVerpflichtung, die jedem Kriegsflüchtling Asylzugesteht, und der schieren Größe des Problems. Sie ist gescheitert an der eigenen Selbstüberschätzung und der europäischen Unbeweglichkeit. Europa istin den vergangenen Wochen in eine gefährliche Schieflage gekommen

Die Spannungen etwa zwischen Ungarn und seinen Nachbarn oder zwischenDänemark und Deutschland gefährdeten die Freizügigkeit und damit den Rechtsraum Europa. Man kann die Unbeweglichkeit der Staaten Europasverdammenaber Solidarität ist ein zweischneidiges SchwertSie gilt auch füralle, die sich überfordert oder politisch bedrängt sehenDie waren diesmaleindeutig in der Mehrheit.


Streit in der UnionSpahn kritisiert deutsche Flüchtlingspolitik

Als erster führender CDU-Politiker zeigt Jens Spahn Verständnis für die Haltungder CSU. Er beklagt eine "beinahe euphorische Darstellung in den Medienüberdie FlüchtlingspolitikSie ignoriere die Sorgen vieler Bürger - das seigefährlich.

Bedrängt war am Ende die Kanzlerin vor allem von ihrer eigenen Partei. Aber auch der SPD-Vorsitzende hat sich angreifbar gemacht mit der Aussage, das Land werde jährlich weit mehr als 500 000 Menschen auf lange Zeit aufnehmenkönnenWie er das bewerkstelligen wollte, hat Gabriel nicht erklärt.

KONTROLLEN AN DEN GRENZEN UND DIE ZURÜCKWEISUNG vonFlüchtlingen etwa aus dem Balkan werden vermutlich zunächst wenig an der Zahl der Menschen ändern, die den mühseligen Weg auf sich nehmen. Die Kontrollen haben deswegen vor allem einen symbolischen CharakterSie sinddie deutsche Variante einer Botschaft, die etwa FrankreichGroßbritannien oderUngarn auf die eine oder andere brutale Weise aussprechenWir können und wollen nicht alle aufnehmen. Das ist die harte Lektion der FlüchtlingstragödieHerz und Verstand lassen sich nicht mehr in Einklang bringen.

 

 

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