mercredi 30 septembre 2015

Le parcours d’intégration obligatoire: enfin!

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef  Le Soir


La majorité PS-CDH wallonne s’est finalement décidée à suivre la Flandre après dix ans à tergiverser. Bruxelles devrait s’en inspirer.


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Elle vient tard, elle vient par paliers, et on dira que le coup d’accélérateur final doit beaucoup à l’air du temps et qu’il ne concerne « que » la Wallonie, mais au bout du compte, la décision est la bonne. Le parcours d’intégration en Wallonie va être rendu obligatoire, du début jusqu’à la fin, comportant un accueil, un apprentissage du français, 20 heures de cours de citoyenneté et une insertion socioprofessionnelle. Le tout, on le répète, obligatoire. L’opposition MR a très bien fait de maintenir la pression, et la majorité PS-CDH a intelligemment compris qu’elle devait d’une manière ou d’une autre montrer qu’elle devait faire comme si elle était à l’initiative.

La saga de ce parcours d’intégration est une des très mauvaises histoires écrites par le monde francophone belge qui franchit le cap, mais après avoir perdu dix ans. Ce qui n’est pas rien, au vu de l’enjeu difficile et crucial qu’a représenté durant cette période cette intégration pour la société belge et ses nouveaux arrivants.

Lorsqu’on regarde en arrière, les francophones – politiques et médias compris – ont eu tout faux dans leur long refus de suivre, en fait, l’exemple montré par la Flandre. Nous y vîmes un moment uniquement, de façon assez obsessionnelle et nombriliste, une manière déguisée pour le nord du pays de forcer les francophones installés en Flandre à s’adapter à leur langue et à leurs règles de vie. Mais il y a eu surtout la conviction nourrie spécifiquement à gauche, que ce chemin obligé était un manque de respect envers les primo-arrivants, de leur culture, de leur religion. Comme si apprendre la langue et les valeurs citoyennes du pays d’accueil était une forme de discrimination, par imposition d’une supériorité civilisationnelle.

Or aujourd’hui, que constate-t-on ? Si ce parcours obligatoire rassure certains citoyens belges car il impose aux primo-arrivants de respecter certains devoirs conditionnant les droits accordés, l’évidence est venue surtout des primo-arrivants eux-mêmes, qui sont demandeurs de cette aide à l’intégration. Savoir parler la langue, avoir accès à une aide à l’insertion socioprofessionnelle sont des conditions sine qua non pour décrocher un travail, s’assurer une subsistance, et in fine s’intégrer dans le pays d’accueil.

La Flandre, la droite francophone et la réalité de terrain ont mis la pression sur la gauche. La pression morale des électeurs du PS et du CDH, croissante dans le contexte de la crise des réfugiés, a fait le reste. On dénonce le temps précieux perdu, mais l’important aujourd’hui, est de saluer le réalisme de ceux qui sont (enfin !) passés à l’acte. Allô, Bruxelles ?

 

COMMENTAIRE DE BRUXELLES

MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS

Cette opération a un coût mais moins que d’une dépense, il s’agit d’un investissement, une traite sur l’avenir. Il serait hallucinant que Bruxelles ne suive pas

 


LA BELGIQUE RECENSE PLUS DE 800 "DJIHADISTES", LE CABINET JAMBON RELATIVISE

BELGA

La Libre




Pour les autorités belges, seulement quelques dizaines de Belges radicalisés ont actuellement des plans concrets pour se rendre en Syrie ou en Irak afin de soutenir Daesh. Le chiffre de 352 avancé mardi soir par RTL-TVI n'est pas correct, assure-t-on au cabinet du ministre des Affaires intérieures Jan Jambon.

RTL-TVI a évoqué une directive envoyée récemment aux communes du royaume par les ministres de la Justice Koen Geens et de l'Intérieur Jan Jambon, dans laquelle il leur est demandé de faire preuve d'une plus grande vigilance.

Il n'est pas question de chiffres dans cette directive, affirme le cabinet de M. Jambon. Le ministre table sur quelques dizaines de Belges prêts au départ, "certainement moins de 50".

Les autres chiffres cités correspondent bien à ceux de l'Ocam, l'organe d'analyse de la menace terroriste. On parle de 269 Belges actuellement en Syrie ou en Irak, 15 en chemin vers ces pays, 129 de retour et 62 empêchés de partir.

Le nombre total de combattants étrangers tourne donc autour de 400, souligne le cabinet ministériel. Pour ceux-ci, il existe de sérieuses indications de relations avec l'Etat islamique. Le nombre de radicalisés est, lui, beaucoup plus difficile à obtenir.

Dans son JT de 19h30, RTL-TVI indiquait que plus de 828 Belges étaient considérés comme étant radicalisés.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY


828 RADICALISÉS. 269 EN SYRIE OU EN IRAK, 15 ON THE ROAD, 129 DE RETOUR ET 62 EMPÊCHÉS DE PARTIR.


Le parcours d’intégration, le cours de citoyenneté les aurait-il retenus ? Pas sûr du tout, la plupart sont belges de naissance. En revanche  la formation d’imams par nos universités aurait de toute évidence limité ou éradiqué l’influence de religieux radicaux de là-bas dans les mosquées d’ici.

Ce n’est pas tout de l’affirmer, il faut, de toute urgence, concrétiser ce projet. Mais qu’est-ce qui empêche nos autorités de prendre cette initiative si ce n’est ce communautarisme électoraliste des partis au pouvoir à Bruxelles et en Wallonie ?

MG

 

 

 

 

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