mercredi 23 septembre 2015

Le réseau libre revoit ses méthodes

BOSCO D'OTREPPE La Libre Belgique


Un site Internet peut cacher une nouvelle politique.

Le Segec (le Secrétariat général de l’enseignement catholique) lance ce mercredi sa nouvelle "salle des profs", un site (www.salle-des-profs.be) qui offrira aux enseignants des propositions de cours et des outils méthodologiques adaptés à ses nouveaux programmes.

L’objectif est d’accompagner les profs, mais le site témoigne surtout d’une conception de la pédagogie que le réseau libre entend propulser pour se défaire de la pédagogie par compétences "qui avait été instituée comme seul chemin possible pour les enseignants depuis le décret Mission de 1997".

EQUILIBRER LES SAVOIRS ET LES COMPÉTENCES

"A l’époque", rappelle Godefroy Cartuyvels, secrétaire général de la Fédération de l’enseignement fondamental catholique, "on a mis cette pédagogie en avant car on souhaitait donner du sens au savoir. Le problème, c’est que les programmes et la méthodologie recommandée ont oublié de définir précisément ce que les élèves devaient apprendre, pour indiquer les savoir-faire qu’ils devaient être capables de réaliser ."

"On a très vite vu les difficultés de cette approche, poursuit-il pour le Segec .Elle accentuait les inégalités entre les élèves qui bénéficiaient ou non d’un bagage culturel, et les programmes étaient difficilement lisibles. Les profs ne voyaient plus ce qu’ils devaient enseigner et quand ils devaient l’enseigner. Bref, tout le monde était perdu. Sans totalement abandonner les compétences qui doivent rester une finalité, n ous donnons aux profs les outils suffisants pour qu’ils se sentent plus libres au niveau de la méthodologie à adopter."

UN MOUVEMENT GÉNÉRAL

L’intérêt de cette démarche est aussi qu’elle se retrouve au cœur des recherches du Pacte pour un enseignement d’excellence initié par la ministre de l’Education Joëlle Milquet (CDH).

"Il faut bien admettre qu’à bien des égards nous sommes en avance sur les ambitions de la ministre, précise Godefroy CartuyvelsOn repense l’équilibre savoirs/compétences, nos nouveaux programmes ont été écrits pour mieux articuler le passage entre le niveau maternel, le primaire et le secondaire, et on propose déjà des programmes aux enseignants de maternel comme la ministre ambitionne également de le faire."

Dans les autres réseaux, les réflexions vont dans le même sens, et le vent du "tout à la pédagogie des compétences" semble tourner. "Nos nouveaux programmes qui seront diffusés également via un site méthodologique en janvier chercheront aussi un équilibre entre savoirs et savoir-faire", confirme Fanny Constant, secrétaire générale du Conseil de l’enseignement des communes et des provinces (CECP).



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES GRANDES MANŒUVRES


Tout ceci ressemble à des grandes manoeuvres avant la vaste offensive dite du pacte d’excellence menée par la maréchale Milquet. 

Tout cela est très habilement conduit avec une apparente synchronisation entre lSegec(le Secrétariat général de l’enseignement catholique) et le Cabinet Milquet. De plus si on en croit la Libre Belgique, « l’Eglise met en joue la ville de Bruxelles ». L’utilisation d’un vocabulaire militaire est tout sauf fortuit. L’appellation « salle des profs » est un appel du pied à l’ensemble de la Communauté éducative enseignante catho. C’est finement joué.

De fait : « Un site Internet peut cacher une nouvelle politique.»  

Mais où est donc la riposte de l’enseignement officiel ? Sur le front des cours dits philosophiques. On est dans quelque chose qui ressemble singulièrement à la drôle de guerre.

MG 

 

 

L’EGLISE MET EN JOUE LA VILLE DE BRUXELLES

BDO La Libre

Le pouvoir organisateur des écoles de la Ville de Bruxelles et son échevine Faouzia Hariche (PS) n’en ont pas fini avec l’EPA (l’encadrement pédagogique alternatif), organisé pour les enfants n’ayant pas fait le choix d’un cours de religion ou de morale.

A la suite d’un article paru dans "La Libre" le 12 septembre dernier révélant que la Ville de Bruxelles avait demandé à ses écoles de ne pas organiser de cours de religion ou de morale avant le premier octobre, les évêques de Belgique ont déposé un courrier à la ministre de l’Education Joëlle Milquet (CDH) via Claude Gillard, président de l’instance pour le cours de religion catholique.

UNE MISSION D’INSPECTION MISE SUR PIED

Pour rappel, la Ville a demandé aux enseignants des cours philosophiques de ne pas débuter leurs cours tant que les parents n’avaient pas effectué le choix pour leurs enfants entre un cours de religion ou de morale et un cours d’EPA - ce qu’ils devaient faire pour le 15 septembre. Elle pouvait faire autrement. D’autres écoles ont fait débuter les cours dès la rentrée en fonction du choix des années précédentes ou du choix préalablement indiqué à l’inscription.

L’Eglise s’est inquiétée d’une telle pratique auprès de la ministre de l’Education Joëlle Milquet (CDH). Qui a aussitôt réagi. "Une mission d’inspection a bien été entamée par l’administration à la suite de ce courrier, confirme-t-on au cabinet. Elle a commencé il y a moins d’une semaine. Nous attendons les résultats."

Pour l’Eglise, il s’agit de savoir si la Ville a bien respecté le droit des élèves comme des enseignants. "Quoi qu’il en soit, explique Tommy Scholtès, porte-parole des évêques de Belgique, une telle pratique est dans les faits inacceptable."

Ce nouvel épisode ravive en tout cas les questions qui entourent la mise en place de cet EPA. Pratiquement - qu’y sera-t-il réellement enseigné, comment les écoles pourront-elles l’inclure dans leur programme, qui pourra l’enseigner ? Et philosophiquement - quelle est sa nécessité alors qu’existait déjà le cours de morale, cependant jugé "non neutre" par la cour constitutionnelle ? Il révèle aussi que ce nouveau "cours de rien", comme il fut surnommé, oppose toujours vigoureusement les profs de religion et de morale aux partisans d’une neutralité dure aux premiers rangs desquels se trouve le PS.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA GUERRE SCOLAIRE AURA-T-ELLE LIEU ?

Le réarmement allemand se mit en place longtemps avant le déclenchement des hostilités qui déboucha sur la seconde guerre mondiale. Ces deux articles montrent que l’enseignement catholique prépare son réarmement avant de lancer la grande offensive contre l’officiel. Et voilà que même l’Eglise s’en mêle. Avec la maréchale Milquet à la tête du département de l’éducation on peut carrément s’attendre à une reprise prochaine de la guerre scolaire.  

MG

 

 

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